Vous êtes ici : Accueil > Document > Philosophie > La perception en Philosophie - Révision Philo du Bac L
TRIER PAR
MATIÈRE
Antoine
Bac +4 ES
Voir ses contributions
La perception est une notion que tous les élèves de la série Littéraire vont abordés durant leurs années lycées en Philosophie. Une notion très large qu'il est nécessaire de comprendre avant de se présenter à l'épreuve de Philosophie du Bac L.
Ce document est une fiche résumé de tout ce qu'il faut savoir sur la notion de Perception en Philosophie : la problématique, les différentes pensées des philosophes et grands auteurs, les citations, etc...
Téléchargez gratuitement cette fiche de révision via le bouton rouge "Voir ce document" présent en bas de page. N'hésitez pas à partager cette fiche à vos camarades de classe pour obtenir les meileures notes possibles à l'épreuve de Philosophie.
La perception est le rapport du sujet au monde par le biais de son corps, de ses sens. Mais ce rapport au monde implique aussi une représentation du monde. En ce sens la perception serait tout autant objet de l'esprit. L'enjeu philosophique de la perception réside principalement dans cette dualité du monde sensible et du monde de l'intelligible.
Autour de cette problématique gravitent divers thèmes tels que la réalité, la vérité ou encore la connaissance. Ces questions seront traitées ici de manière transversale.
Dans un souci de méthodologie cette fiche de révision s'organise suivant la structure thèse, antithèse, synthèse.
Dans cette première perspective on retrouve des théories ayant la volonté de renvoyer la perception au monde sensible et de l'en distinguer ainsi du monde de l'intelligible.
Platon opère un dualisme métaphysique entre les sensations (aisthêsis) et l'intelligible. Les sensations sont labiles, en perpétuel devenir, si bien qu'on ne peut s'y fier. La sensation de l'un n'est pas celle de l'autre, celle du moment présent n'est pas celle de l'instant d'avant. Apparentées à de simples opinions (doxa), elles ne présentent que peu d'intérêt pour un philosophe antique en quête de vérité éternelle et universelle. C'est dans le monde des Idées, dont les sensations ne sont que la copie, que Platon invite à trouver la ''connaissance vraie''. Au prix d'un véritable ascétisme, les sensations sont ici ce à quoi il faut s'arracher pour atteindre aux réalités objectives de l'esprit et de l'âme.
« Le corps est le tombeau de l'âme » Platon, Cratyle
Chez Kant la perception est ce par quoi nous connaissons le monde, toutefois cette connaissance ne nous donne pas le principe même de la connaissance. Il y a ainsi des conditions à priori de l'expérience sensible, sans lesquelles aucune connaissance ne peut opérer. L'expérience empirique n'est que la matière d'une connaissance dont la forme demeure à priori. Il s'agit alors de transcender la connaissance perceptive, qui n'est donc connaissance qu'à postériori, afin de saisir ce qui la rend possible. L'idéalisme transcendantal de Kant finit donc par congédier l'expérience empirique d'une logique qui la fonde et dont elle ne peut rendre compte. Seul l'entendement serait alors en mesure d'accéder aux vérités aprioriques du réel.
« Si toute notre connaissance débute avec l'expérience, cela ne prouve pas qu'elle dérive toute de l'expérience » Kant, Critique de la raison pure.
Nietzsche fait de la perception l'expérience primordiale de l'être. Ici le corps percevant est une entité avec son champ d'investigation et des limites relatives à la portée de nos sens. C'est ce champ restreint, cette déformation particulière du monde vu à travers le prisme de nos sens que nous appelons réalité. Pour autant ces limites perceptives ne visent aucunement à faire l'apologie d'un quelconque entendement. Chez Nietzsche ce monde de la perception est inexprimable, dès lors toute tentative de formulation de celui-ci ne conduit qu'à d'abscons concepts.
« La perception, mesure de l'existence, n'est qu'erreur en soi », Nietzsche, Aurore
Dans cette seconde perspective la perception est rabattue sur l'entendement, elle en reprend les principes opératoires.
Descartes prend l'exemple d'un bâton plongé dans l'eau qui semble brisé par l'effet de la réfraction. Il entend démontrer qu'il ne nous est pas nécessaire de toucher ce bâton pour nous rendre compte que celui-ci est en fait intact. Si le bâton se redresse à notre perception c'est par le fait de l'entendement. C'est celui-ci qui détermine à quel sens il nous est permis de nous fier. Par l'entendement nous serions donc en mesure de dégager une forme de vérité idéel de nos expériences empiriques. La perception s'apparente ici à une opération de l'esprit, une interprétation intelligible des sensations corporelles.
« Sa perception, ou bien l'action par laquelle on l'aperçoit n'est point une vision, ni un attouchement, ni une imagination, et ne l'a jamais été, quoiqu'il semblât ainsi auparavant, mais seulement une inspection de l'esprit » Descartes, Méditations métaphysiques
Pour Berkeley il ne peut y avoir d'existence de soi et du monde en dehors de la perception que l'on en fait. Ici plus que l'acte empirique la perception s'entend d'abord comme représentation, c'est la chose en tant qu'elle est perçue. Berkeley n'accorde pas d'existence en soi aux choses, et partant de là à la matière corporelle. Dans cet immatérialisme l'entité perceptive c'est l'esprit percevant.
« Cet être actif percevant est ce que j'appelle esprit, intelligence, âme ou moi ». Berkeley, Principes de la connaissance humaine.
Alain reprend l'idée de la perception comme acte de l'esprit pour l'instituer en opération systématique. Il invite à multiplier les descriptions d'expériences sensibles du quotidien. Dans l'une d'elle il fait apparaître que les visions successives des faces d'un dé s'assimilent aux opérations intelligibles de comptage et d'association. Les sensations répondraient donc bien à une forme de logique mais qui ne leur seraient pas propre. Alain invite à saisir la part effective de l'intellect dans toute entreprise d'expérience perceptive.
« La perception est déjà une fonction d'entendement » Alain - Les passions et la sagesse
Dans cette troisième perspective on est invité à penser monde sensible et monde de l'intelligible en dehors de tout dualisme.
Dès Aristote, on sent la volonté d'accorder au corps les puissances d'un entendement sensoriel. Aristote analyse les divers sens du corps humain et leur trouve une logique propre. Celle-ci a à voir avec notre adaptation et notre adhésion au monde. Cette logique, en ce qu'elle organise la communication entre nos divers sens, est nécessairement de même nature que ceux-ci. Aristote introduit ainsi la notion de sens commun pour désigner cette unification des sens propres.
« C'est donc le même sens qui se prononce. Par conséquent, c'est pour autant qu'il se prononce qu'à la fois il pense et perçoit » Aristote, De l'âme.
Husserl invoque pour sa part le terme de champ perceptif comme cadre des expériences sensibles et intelligibles de l'être. Il s'attache à discerner ce qui dans le phénomène de l'être au monde constitue l'élément premier. Sa réduction phénoménologique entend dire qu'il n'y a pas de sujet pensant en soi, que tout sujet pensant ne peut être envisagé qu'au regard d'un monde qu'il vise.
« Toute conscience est conscience de quelque chose ». Husserl, Méditations Cartésiennes
Le propos de Merleau-Ponty repose sur la notion du primat de la perception. L'ensemble de la connaissance, y compris celle de l'entendement, se fonde sur l'expérience primordiale de la perception. S'il nous est donc possible de rendre compte du monde sensible de manière intelligible c'est à la fois parce que nous sommes nous même des êtres sensibles, et à la fois parce que l'intelligible est lui-même d'essence sensible.
« L'énigme tient en ceci que mon corps est à la fois voyant et visible » Merleau-Ponty, L'oeil et l'esprit.
Pour télécharger cette fiche de révision de Philosophie sur la notion de Perception, cliquez sur le bouton rouge ci-dessous "Voir ce document".
Aperçu du document
Document suivant ››
Le Cinema Muet - Revision Histoire des Arts au Bac L
‹‹ Document précédent
Le Cinema Muet - Revision Histoire des Arts au Bac L
Top documents Philosophie
Faut-il craindre les machines ? Fiche Bac Philo
de Antoine | Philosophie | 01/09/2011
Le désir suppose-t-il la connaissance préalable de son objet ? Fiche Bac Philo
de Antoine | Philosophie | 01/09/2011
Autrui est il condition ou limite à ma liberté ? Fiche Bac Philo
de Antoine | Philosophie | 01/09/2011
Nouveaux documents Philosophie
EN DIRECT DES FORUMS
597 messages 1977 réponses
Les Bac L qui participent le plus
BRAVO !
Zoom ecoles
Formations populaires
Bachelor RH - Ecole de commerce - Master Humanitaire et Social - BTS Notariat