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Le Cinema : Pré-Cinema - Histoire des Arts au Bac L

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  • Ce document est une fiche de révision du Bac L sur le Pré-cinéma en Histoire des Arts. Pour toutes les personnes qui suivent l'enseignement de spécialité d'Histoire des arts au baccalauréat littéraire, cette fiche sera intéressante pour réviser ce chapitre sur le Cinéma.

     

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    Introduction

     

    Le 28 décembre 1895, à Paris au Salon Indien du Grand Café, a lieu la première projection publique des films du cinématographe des frères Lumière. C'est généralement à cette date que l'on fait remonter la naissance du cinéma. Pourquoi?

    L'histoire du pré-cinéma tente de répondre à cette question par la mise en exergue des différentes techniques et idéologies qui ont présidé à cette naissance.

     

     

     

     

    I. Le pré-cinéma : vers la synthèse du mouvement

     

    Le cinéma est considéré comme l'art du mouvement par excellence. Et bien avant que les spectateurs du cinématographe se laissent impressionner par cette locomotive se dirigeant à vive allure sur eux dans le film L'arrivée d'un train en gare de la Ciotat, de nombreuses techniques se sont efforcées de réaliser la synthèse du mouvement.

    En 1825, John Ayrton Paris commercialise un jouet optique des plus rudimentaires. Son Thaumatrope se constitue d'un disque illustré sur ses deux faces et bordé de deux ficelles. En tirant sur ces ficelles le disque se met à tourner sur lui-même entrainant, par l'effet de la persistance rétinienne, la superposition des deux illustrations.

    En 1832, Joseph Antoine Ferdinand Plateau présente un dispositif de persistance rétinienne plus élaboré. Le phénakistiscope comporte un disque sur lequel un mouvement a été décomposé en plusieurs images fixes. Des fentes ont été disposées sur le disque. Ainsi si on porte le disque à son visage et que l'on se tient devant un miroir, on peut voir à travers les fentes les diverses images se refléter sur le miroir. Le disque est actionné manuellement et les fentes jouent le rôle d'un obturateur, il nous semble alors voir une seule image en mouvement.

     

    Que ce soit avec le thaumatrope, avec le phénakistiscope ou avec d'autres techniques du même type, la synthèse du mouvement repose essentiellement sur le principe de la persistance rétinienne. Autrement dit, ces dispositifs reposent sur une alternance d'images qui par le fait d'une rétention de la rétine vont conserver une image pour la combiner à celle qui suit.

    Avec le praxinoscope d'Émile Reynaud en 1876, la synthèse du mouvement va désormais reposer également sur l'effet phi. L'effet phi se présente comme une activité du cerveau. Son principe stipule que la sensation du mouvement n'est pas tant produite par la persistance d'une image sur la rétine que par sa prise en charge par le système sensori-moteur. Chez Reynaud donc nul usage de fente ou d'obturateur qui avaient pour effet d'assombrir et de flouter les animations. Le praxinoscope se présente comme un tambour tapissé d'images d'un mouvement décomposé, en son centre est placé un jeu de douze miroirs autour duquel tourne la bande d'images. Il suffit alors de fixer l'un des miroirs du tambour pour observer le flux de la bande. Du fait de ses douze miroirs, ce dispositif présente également l'avantage de pouvoir être utilisé à plusieurs.

     

     

     

     

    II. Le pré-cinéma : l'idéologie d'un spectacle populaire

     

    Le succès des frères Lumière tient également à leur volonté de faire du cinéma un spectacle populaire, visible et accessible au plus grand nombre. Les projections du Salon Indien du Grand Café invitaient un large public à se distraire autours de scènettes telles que L'arroseur arrosé ou encore Le repas de bébé, films aux titres évocateurs. Cette idéologie du cinéma comme spectacle populaire nous conduit à considérer l'avènement du cinéma autour des éléments combinés du récit et de la technique de la projection.

     

    À cet égard l'un des premiers ancêtres du cinéma réside dans l'invention des lanternes magiques. Fonctionnant sur le principe inverse de la chambre noire, la lanterne magique dispose de sa propre source lumineuse qui va impressionner puis projeter sur un écran des illustrations peintes sur des plaques de verre. Le procédé fut tellement populaire du moyen-âge jusqu'au 18ième siècle qu'il est encore aujourd'hui bien difficile d'en déterminer la paternité. Phénomène de société la lanterne magique va profiter de l'ingéniosité et de la créativité de maints et maints artistes pour se constituer en véritable spectacle. Histoires fantastiques, fables populaires, contes traditionnels ou encore simples drames de la vie quotidienne, les spectacles de la lanterne magique, servis par la technique de la projection, recèlent déjà de ce qui fera l'essentiel de la dramaturgie cinématographique.

    En 1853 le Kinesticope de FranzVon Uchatius va concrétiser la technique de la projection rapportée au principe de la synthèse du mouvement. Dans un dispositif similaire à celui des lanternes magiques, Von Uchatius va remplacer les plaques de verre par un disque en rotation. Les récits de la lanterne magique acquièrent ainsi le mouvement.

     

    Le théâtre optique de Reynaud en 1888 va lui aussi être un tournant majeur dans l'histoire du cinéma de spectacle. Avec son précédent appareil, le praxinoscope, on percevait déjà la volonté chez Reynaud d'offrir des animations visibles par plusieurs spectateurs en même temps. Le théâtre optique reprend le procédé à tambour et miroirs du praxinoscope. De bien plus grande dimension et bénéficiant d'un mécanisme permettant de modifier le rythme et l'ordre de leurs images, ces dispositifs disposés derrière un écran de projection offrent une plus grande variété d'animation. Avec Reynaud les instruments optiques quittent la sphère de l'animation simpliste et cyclique pour donner lieu à ce qui deviendra l'univers du dessin animé.

     

     

     

     

    III. Le pré-cinéma : vers l'usage du support photographique :

     

    Bien inspiré par leur père Antoine, photographe et industriel, les frères Lumière se sont d'abord illustrés dans le domaine de la photographie. Dans cette perspective, leur cinématographe est un peu l'aboutissement de tous les travaux concernant le domaine de l'animation photographique.

    Eadweard Muybridge s'est d'abord attaché à l'analyse du mouvement. Ces diverses photographies d'hommes et d'animaux en mouvement tendent à saisir des postures que la vision naturelle ne permet pas. L'une des plus célèbres montre ainsi qu'à certains moments de son galop, un cheval adopte une position de façon à ce qu'aucune de ses pattes ne touche le sol. En 1881, il invente le zoopraxiscope, appareil de projection qui lui permet de recréer le mouvement à partir de la juxtaposition d'une multitude de photographies. La prise de vue de ses multiples images s'effectuait à partir d'un lourd dispositif d'appareils photographiques disposés le long d'un parcours. Chaque prise de vue est alors déclenchée par un sujet dont le passage va casser un fil relié à l'obturateur des appareils.

     

    À travers les inventions du fusil photographique (1882), du chronophotographe (1882) et du chronophotographe sur bande mobile (1888), Etienne Jules Marey va tenter de perfectionner le rendu du mouvement. Le fusil photographique est composé d'un disque rotatif qui tourne au rythme des prises de vues, de port léger il permet une plus grande mobilité. Le chronophotographe permet de juxtaposer différentes poses sur une même plaque fixe. Le chronophotographe sur bande mobile va reprendre ce procédé en l'appliquant sur du film celluloïd, ce qui aura pour effet d'accroitre le nombre de prises de vue enregistrées. Cependant, ces instruments présentaient un problème d'équidistance entre les différentes prises de vue, et le rendu du mouvement demeurait ainsi saccadé et flou.

     

    C'est en 1894 avec son Kinétoscope que Thomas Edison résout définitivement le problème de la synthèse du mouvement. Munissant la bande mobile de son appareil de perforations à intervalles réguliers Edison parvient à réaliser des films aux mouvements fluides. Seul bémol à l'invention d'Edison, son lourd dispositif qui ne permettait pas une projection sur grand écran. Le spectateur du Kinétoscope devait regarder par la lorgnette de l'appareil pour assister à ce spectacle cinématographique.

    Le cinématographe des frères Lumière va lui remédier à ce dernier problème. Il est muni d'un mécanisme d'entrainement alternatif à griffes qui permet un meilleur contrôle de la bande mobile. Chaque image de celle-ci peut ainsi être momentanément immobilisée devant une fenêtre de projection.

     

    Industriels de renom et inventeurs de génie, les frères Lumière ont su associer les diverses techniques des précurseurs du cinéma à leur propre savoir faire. Ils firent ainsi de leurs projections du Salon Indien du Grand Café un véritable événement populaire qui marquera les mémoires comme naissance du cinéma.

     

     

     

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