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Antoine
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Cette seconde fiche sur le chapitre du Cinéma en Histoire des Arts s'intéresse au Cinéma Muet. Le cinéma étant un partie importante du programme d'Histoire des arts au Bac Littéraire, cette fiche de révision pourra vous être utilise. Vous pouvez la consulter directement ci-dessous ou bien la télécharger gratuitement via le bouton rouge "Voir ce document" en fin de page. Bon courage !
Né officiellement en France, avec les premières projections des frères Lumière le 28 décembre 1895, le cinéma muet va rapidement connaître une expansion internationale. Il sera principalement marqué par les productions françaises, américaines, russes et allemandes. Période d'effervescence il donna lieu aux expérimentations visuelles les plus audacieuses. Bien que l'on se plaise à faire coïncider sa fin avec l'avènement du parlant et plus particulièrement avec la réalisation du premier film parlant Le chanteur de jazz (1927), le cinéma muet va offrir quelques unes de ses plus remarquables œuvres à l'orée des années trente.
Les deux figures de proue des débuts du cinéma muet français se nomment les frères Lumière (Auguste et Louis) et Georges Méliès.
Dès L'arrivée d'un train en gare de la Ciotat ou encore La sortie de l'usine Lumière à Lyon, tous deux réalisés en 1895, on devine le style documentaire qui fera la renommée des frères Lumière. Par la suite nos deux pionniers enverront leurs opérateurs aux quatre coins du monde pour récolter des images de contrées encore inconnues du grand public.
Le style du cinéma de Méliès est diamétralement opposé à celui des Lumière. Travaillant essentiellement en studio, Méliès démontre d'emblée un irrépressible goût pour le genre de la fiction. Issu du monde de la prestidigitation, Méliès va se rendre maître dans l'art du trucage cinématographique. Effets de trompe-l'œil, surimpressions, fondus enchaînés, procédé de coloriage de la bande film, et une multitude d'autres innovations techniques, vont lui permettre de créer l'atmosphère illusionniste et fantastique de films tels que L'homme à la tête en caoutchouc (1901), ou encore Voyage dans la lune (1902).
Dès 1905, les frères Pathé, ainsi que Léon Gaumont vont donner une nouvelle dimension au cinéma français. Sous leur direction il entre dans l'ère de l'industrialisation, de la production en masse. Des réseaux de salles de cinéma voient le jour. Le cinéma français s'exporte par le biais de nombreuses succursales de production et de distribution. Le monde découvre l'univers dramatique de Ferdinand Zecca, le cinéma théâtralisé d'Alice Guy, les aventures périlleuses de Judex et de Fantomas imaginées par Louis Feuillade, les audaces esthétiques de Léonce Perret, et surtout le talent comique de Max Linder.
En ce début de siècle le monopole de la production cinématographique est français, mais la première guerre mondiale et la montée en puissance de l'industrie du cinéma américain vont peu à peu entraîner le déclin de l'empire cinématographique français.
Distancé dans la course à l'industrialisation, le cinéma français va se relever dans le courant des années 1920 par la voie des innovations esthétiques. Marcel L'Herbier, Jean Epstein, Abel Gance, Germaine Dulac et René Clair sont les étendards de ce que l'on appellera la première avant-garde du cinéma. Désireux de se démarquer de l'idéologie de la mise en scène issue du monde théâtral, l'avant-garde française va se livrer à maintes expérimentations visuelles.
Ainsi, dans La roue (1923), Abel Gance travaille sur les effets de rythme du montage. Avec Napoléon (1927) il s'essaie au procédé de la polyvision en projetant son film sur trois écrans, montrant tantôt un plan élargi par juxtaposition des écrans, tantôt des plans différents d'une même scène, etc.
De son côté Jean Epstein, avec notamment La glace à trois faces (1927), aspire à scruter l'âme du monde par le biais entre autres de cadrages serrés et d'images projetées au ralenti. Le concept de cinégénie (en référence à la photogénie) trouve ici sa réalisation.
La fête espagnole (1920) de Germaine Dulac, L'inhumaine (1924) de Marcel L'Herbier, ou encore Paris qui dort (1925) de René Clair, contribuent à installer l'atmosphère de poésie visuelle qui entoure le courant de l'avant-garde française.
Le cinéma américain des premiers temps est rythmé par de nombreuses productions indépendantes, ainsi que par les premières sociétés de productions que furent la Motion Picture Patents Company, créée par Thomas Edison, et la Biograph Company. L'un des films les plus remarquables de cette époque fut Le vol du grand rapide (1903) de Edwin S.Porter qui travaillait alors pour la compagnie d'Edison. Ce film peut être considéré comme le précurseur du genre du cinéma de western. On y retrouve déjà les procédés narratifs de la poursuite à cheval et des scènes de fusillades qui feront la renommée du genre.
Hollywood, ses décors majestueux et variés, son climat propice et sa fiscalité avantageuse, va constituer un tournant majeur du cinéma américain. Dans le courant des années 1910, de nombreux entrepreneurs s'y installent, les maisons de productions et les studios de réalisations y fleurissent: La Biograph qui verra peu à peu son hégémonie cessée, la Vitagraph, la United Artist dont Charlie Chaplin fut l'un des fondateurs, les studios Keystone, etc. La plupart de ces entreprises finiront par péricliter pour laisser place à celles qui deviendront les majors du cinéma américain, parmi lesquelles la Fox Company, la Metro-Goldwyn-Mayer, ou encore la Warner Bros.
Le cinéma muet américain fut foisonnant, et il a laissé parmi les plus grands noms de l'histoire du cinéma.
Avec Mack Sennett c'est tout le cinéma burlesque américain qui prend son essor. Charlie Chaplin et Buster Keaton en seront les plus célèbres représentants. L'allure débonnaire de leurs personnages, les mimes de Charlot, le visage impassible de Keaton demeureront dans toutes les mémoires.
Dans un tout autre genre David Wark Griffith fut, à travers des fresques historiques telles que Naissance d'une nation (1915) et Intolérance (1916), l'un des pères du langage cinématographique de fiction. Entre autres, son usage du montage parallèle pour créer une tension dramatique demeure un des fondements de la narratologie cinématographique contemporaine. Plus tard Cecil B. DeMille marqua lui aussi le genre du film historique avec notamment le monumental Les dix commandants (1923), l'une des plus grosses productions de l'époque.
Il convient aussi de citer Douglas Fairbanks, l'égérie des films de cape et d'épée, et Mary Pickford, ''la petite fiancée de l'Amérique'', qui furent les premières vedettes du star system américain.
Enfin, cette époque vit aussi l'émergence de John Ford qui allait donner ses lettres de noblesses au genre du western.
Dans le sillon de l'avant-garde picturale qui bouleversa l'univers esthétique russe, le cinéma russe pris véritablement son essor à l'orée de la révolution de 1917. Ses représentants, avec notablement Sergueï Eisenstein et Dziga Vertov, comptent parmi les plus grands innovateurs du langage cinématographique.
Auteur d'un cinéma engagé Sergueï Eisenstein voyait dans le cinéma une manière de réveiller les masses par l'édification du langage universel de l'image. C'est par l'enchaînement des images qu'il entend créer le sens du film. Le montage des attractions, sur lequel il théorisa abondamment, vise à établir un sens spécifique aux images en fonction de la longueur des plans, du rythme de l'action, de la force émotionnelle et symbolique des éléments de l'image, et de la réception sensible, physiologique de l'image. Plus qu'une simple grammaire cinématographique pensée sur le modèle de la langue parlée, le langage cinématographique d'Eisenstein se rapporte au choc émotionnel et sensible des images. La grève (1924), Le cuirassé Potemkine (1925), ou encore Octobre (1928) sont autant d'expérimentations des ses théories sur le montage.
L'œuvre de Dziga Vertov reste pour sa part marquée par la réalisation de L'homme à la caméra (1929). Vertov partage cette volonté commune à l'avant-garde russe de réaliser des films en dehors du modèle narratif. Son ''ciné-oeil'', comme il le nomme, entend privilégier les impressions sensibles aux articulations dramatiques. L'homme à la caméra se présente ainsi comme l'enregistrement d'images d'une journée ordinaire du peuple russe. Eisenstein lui fit publiquement le reproche de ne réaliser là qu'un film de pur formalisme sans le moindre engagement. Et il est vrai que Vertov s'intéresse de prime abord aux seuls effets visuels et harmoniques de ses surimpressions, fondus enchaînés, images ralenties ou accélérées, et autre superpositions d'images.
Pour autant il convient de rappeler l'importance des différentes mises en abyme qui jalonnent son film. Ainsi Vertov va par exemple substituer des images d'un objectif de caméra et du montage d'une séquence à celles d'un œil et d'un visage humain. Ce qu'il entend rappeler ici c'est que son ''ciné-oeil'' est une invitation à s'imprégner de la neutralité du regard mécanique sur le monde, et de s'abstraire ainsi des préconçus de l'esprit humain.
À l'image des frères Skladanowsky et de leur bioscope, appareil de projection inventé pourtant avant le cinématographe des frères Lumière, le cinéma allemand s'est montré innovant mais peu productif à ses débuts. Il faut attendre la période de la première guerre mondiale et le déclin de l'industrie cinématographique française pour assister à la véritable éclosion de la cinématographie allemande. La société de production Universum Film AG prend de l'ampleur sur la scène internationale, et Ernst Lubitsch avec ses comédies en devient le plus digne représentant.
La période d'après-guerre, marquée par la défaite de l'allemagne, va profondément influencer les sujets de sa cinématographie. Le cinéma allemand va alors se diviser en deux courants principaux, à savoir l'expressionnisme, et le strassen film.
Le style expressionniste du cinéma allemand, dans la continuité du mouvement pictural, va s'astreindre à rendre compte visuellement des états d'âmes de la société allemande. Les lignes sont marquées, géométriques, les espaces confinés, les décors sinistres, la lumière blafarde, les thématiques abordées morbides. Les trois lumières (1921) de Fritz Lang, récit où la mort prend apparence humaine, ou encore Nosferatu le vampire (1922) de Friedrich Murnau, empruntent à la métaphore pour décrire l'âme d'un peuple meurtri.
Le style strassen film se veut pour sa part plus réaliste. Il aspire à décrire de la manière la plus objective possible les réalités sociales de ses contemporains. Mais dans le contexte d'après-guerre, de l'aveu même des représentants de la strassen film, l'objectivité ne peut se départir d'une certaine forme de jugement. C'est précisément cette ambivalence que l'on retrouve chez Georg Wilhelm Pabst. Ainsi La rue sans joie (1925) à recours à divers emprunts symboliques à l'expressionnisme, comme une manière d'affirmer sa dimension fictionnelle. Ailleurs dans Loulou (1929) on perçoit la volonté de provoquer le spectateur par une surenchère de la violence morale et physique (certaines scènes du film furent d'ailleurs censurées).
Issu primordialement de lacunes technologiques, difficulté de synchronisation du son à l'image, le cinéma muet a fini par se constituer en véritable genre cinématographique. Le défaut initial de son aura permis au cinéma d'inventer un véritable langage visuel dont bénéficiera par la suite le cinéma parlant.
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