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Le Néoréalisme Italien au Cinéma - Histoire des Arts Bac L

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  • Cette fiche est un résumé complet du cours de Cinéma sur le Néoréalisme Italien. Il s'agit d'un fiche que vous pouvez télécharger pour réviser l'épreuve d'Histoire de l'Art au Bac Littéraire. Tout est résumé et détaillé pour que vous puissiez apprendre facilement ce chapitre du programme de terminale.

     

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    Introduction - Le néoréalisme Italien au Cinéma

     

    Autour des années 50, alors que l'hégémonie de l'industrie cinématographique hollywoodienne connait quelques mésaventures (loi antitrust, avènement de la télévision, maccarthysme qui condamne maints réalisateurs à l'exil, etc.), les regards se tournent vers l'Italie où une poignée de réalisateurs prépare le renouveau du cinéma.

     

    Le néoréalisme italien rompt radicalement avec le cinéma du faste et de l'artifice d'Hollywood. Ici il y a la volonté de filmer la vie réelle, loin des studios, dans la rue, avec des passants engagés au gré des rencontres. Ici il y a la volonté que la représentation de la collectivité prime sur celle de l'individualité, celle du personnage ordinaire sur celle de la vedette. Ici encore il y a la volonté que les thèmes abordés plongent dans l'apprêté d'un quotidien qui porte les stigmates de la guerre.

     

    Toutefois, au regard des œuvres qui le composent, le néoréalisme s'est autorisé quelques entorses à sa volonté initiale, préférant la singularité de l'expression de ses auteurs à l'austérité de règles de mise en scène trop dogmatiques. C'est aussi de ces ambivalences dont il sera question ici à travers l'étude des œuvres des trois principaux réalisateurs qui ont fait l'histoire du néoréalisme italien.

     

     

     

    I. Roberto Rossellini

     

    1.1 Trilogie sur la Guerre

     

    C'est par des films traitant du traumatisme de la seconde guerre mondiale que Rossellini inaugure son parcours néoréaliste.

     

    Rome, ville ouverte (1945) :

    Économie des moyens de production, mise en scène épurée, souci prégnant de la contemporanéité avec les thèmes de l'occupation nazi et de l'organisation de la résistance en Italie, personnages inspirés de personnes ayant réellement existé, Rome, ville ouverte marque les débuts du néoréalisme rossellinien. Le caractère documentaire du film augure de l'émergence d'une nouvelle façon de raconter des histoires au cinéma. Toutefois une certaine propension au lyrisme, notamment autour de la narration d'histoires d'amour tragiques, et la dimension quelque peu populiste du propos du film, laisse la critique sur sa faim.

     

    Païsa (1946) :

    Païsa applique de manière plus radicale ce que la critique nommera les principes néoréalistes. Rossellini s'y montre moins partisan. Organisé autour d'acteurs non professionnels, le récit est morcelé, la narration parcellaire. Le spectateur déambule aux quatre coins de l'Italie, et partage simplement des fragments de vie de personnages authentiques dépourvus de destinée héroïque.

     

    Allemagne, année zéro (1948) :

    Sur le thème de l'errance, Allemagne, année zéro, s'intéresse aux maux de la population allemande après la capitulation du pouvoir nazi. Edmund, symbole d'une jeunesse en déréliction, nous rappelle que le peuple allemand fut lui aussi une victime de la guerre. Si ce dernier volet de la trilogie de Rossellini peut paraître plus lyrique que les deux premiers, il faut toutefois souligner l'aspect particulièrement épuré de sa mise en scène. De longs plans séquences des tribulations du jeune Edmund dans les paysages en ruine de son pays, en disent bien plus long que tout autre procédé narratif.

     

     

     

    1.2 Un néoréalisme de la modernité

     

    Dans la poursuite de sa carrière, certains reprocheront à Rossellini d'être moins en rapport avec les réalités sociales de ses contemporains. Ses personnages sont moins engagés et les sujets traités plus individualistes. Mais d'une certaine manière c'est à travers ce détachement même des thématiques privilégiées du mouvement artistique italien que Rossellini touche au cœur du néoréalisme.

     

    Libérée de ses idéologies populistes, l'œuvre gagne en pureté. La narration se fait plus visuelle, elle s'attache moins à la psychologie des personnages et aux discours moraux pour s'adonner au simple déroulement du temps, à l'inscription des corps dans celui-ci. Dépeindre la réalité ce n'est plus argumenter son point de vue sur celle-ci, mais simplement de s'en faire un témoin discret.


    Se faisant, Rossellini finit tout de même par rejoindre ces réalités sociales dont le néoréalisme s'est fait le chantre. Car en effet ses personnages attentistes, comme en dehors du monde, cette étrangère exilée sur une île dans Stromboli (1950), cette femme bourgeoise ahurie devant la misère humaine dans Europe 51 (1952), ce couple perdu dans les rues de Voyage en Italie (1953), sont autant de signes de la modernité, autant de signes d'une humanité plongée dans une réalité privée d'idéal.

     

     

     

     

    II. Vittorio de Sica

     

    À la fois scénariste, réalisateur et acteur Vittorio De Sica possède une carrière des plus fécondes et aussi des plus éclectiques. Figure emblématique du cinéma néoréaliste, il s'illustre ainsi également dans le genre de la comédie sentimentale ou encore dans celui de la comédie burlesque. Son œuvre néoréaliste se laissera à son tour gagner par ce goût de l'éclectisme.

     

     

    2.1 Les oeuvres néoréalistes pures 

     

    Avec Sciuscià (1946), Le voleur de bicyclette (1948) et Umberto D. (1952) De Sica va filmer l'Italie dans l'intimité de son âpre quotidien d'après-guerre, dans ses foyers exigüs, dans ses rues délabrées, dans ses institutions vétustes. De Sica, sans jamais tomber dans le misérabilisme, installe sa caméra et son empathie dans les couches populaires. Accordant ses rôles à des individus authentiques, bien souvent des acteurs non professionnels, il s'attache à montrer l'Italie populaire dans sa dignité, son sens de l'honneur, mais aussi sa fragilité, sa vulnérabilité.

     

     

    2.2 Un néoréalisme baroque

     

    Avant Federico Fellini, De Sica s'essaya au néoréalisme baroque. Le Miracle à Milan (1951) réussit ainsi le tour de force d'allier préoccupations néoréalistes et univers teinté d'extravagance. On y retrouve ainsi les descriptions crues et épurées d'un quotidien précaire qui parcourent ses autres œuvres néoréalistes, mais celles-ci sont parsemées de scènes insolites, voire incongrues. Ainsi voit-on un ange descendre du ciel, une colombe exauçant des vœux tel le génie de la lampe, ou encore des vagabonds emprisonnés dans un fourgon s'en libérer comme par enchantement.
    Ces diverses scènes, loin de nous éloigner de toute réalité, nous rappellent que l'imaginaire est une manière de se l'approprier.

     

     

     

    III. Luchino Visconti

     

    Plus que tout autre le néoréalisme de Visconti suscite, ou même cultive la controverse. Il scrute ainsi tout aussi bien les bas-fonds avec une verve populiste, qu'il semble affirmer son obédience aristocratique dans les grands salons.

     

     

    3.1 Un néoréalisme cru

     

    Le néoréalisme cru de Visconti c'est la cruauté morale de ses personnages dans Les amants diaboliques (1943) et Bellissima (1951), lorsque que la candeur et la sincérité rencontrent la vilénie et l'infamie. Ce néoréalisme c'est aussi l'authenticité d'une mise en scène quasi documentaire du quotidien précaire de pêcheurs siciliens dans La terre tremble (1948). Ce néoréalisme c'est enfin cette démonstration de violence physique qui parcoure les quartiers malfamés de Rocco et ses frères (1960). Il y a là comme la description d'une société en perdition, de valeurs humaines en déclin.

     

     

    3.2 Un raffinement néoréaliste

     

    Le néoréalisme devait viser à rendre compte, de la manière la plus objective possible, des meurtrissures et de la précarité de ses contemporains. Dès lors, lorsque Visconti décide d'investir les demeures aristocratiques du 19ième siècle, la visée du mouvement artistique paraît lointaine. Trop de préciosité, de sophistication, de raffinement, de goût pour l'ornement semblent entourer des films comme Senso (1954) ou Le guépard (1962).

     

    Pourtant une analyse plus profonde nous fait remarquer que cet univers d'expression emphatique est en fait la mise en exergue d'une unité esthétique de toute l'œuvre de Visconti. Ainsi ces plaisirs ornementaux se révèlent être l'expression ultime de ce souci du détail d'un mouvement artistique qui voulait se tenir objectivement au plus près de la réalité. Quant à ce monde dépeint de l'aristocratie, il apparaît en définitive comme la description surannée d'un univers dont on sait le déclin inéluctable. D'une certaine façon, il se fait alors le miroir de la société contemporaine.

     

     

     

     

    Conclusion

     

    Le cinéma néoréaliste italien ne saurait se résumer par une simple économie de moyen, en opposition au faste hollywoodien. Dans le mouvement de cette réalité financière il a offert une description plus authentique, plus vraie de la réalité humaine. Les divers mouvements dits des ''nouvelles vagues'', qui affleureront dans les années 60 et 70, sauront s'en inspirer.

     

     

     

     

     

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