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TRIER PAR
MATIÈRE
Antoine
Bac +4 ES
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Qu'est-ce qu'une tragédie ?
Pour Aristote, c'est l'imitation d'une action, dans une forme dramatique, et non pas narrative comme dans la poésie épique; cette « action dramatique » (c'est-à-dire jouée sur scène par des acteurs) comporte des péripéties qui se terminent par une situation très malheureuse, laquelle suscite chez le public les deux sentiments de pitié et de peur. Une tragédie se compose de six éléments, qui sont respectivement la fable (ou intrigue de la pièce), les personnages, la diction, la pensée, le spectacle, et enfin la mélodie (car le spectacle tragique était accompagné de musique).
La tragédie grecque, d'origine religieuse, s'inscrit dans le culte de Dionysos (dieu de la vigne, du vin et de ses excès). Fortement marquée par des conventions strictes, la tragédie grecque, jouée uniquement par des hommes libres, masqués et vêtus de façon conventionnelle, fait alterner les parties dialoguées (acteur, choryphée : celui qui était à la tête du choeur et qui portait la paroles) et chantée (le choeur).
Les règles de la tragédie antique définies et fixées par Aristote (philosophe grec), serviront de base à la tragédie classique : elle doit comporter cinq actes (le premier acte étant celui de l'exposition, les trois suivants faisant progresser l'action dramatique et le dernier contenant le dénouement toujours malheureux), écriture en vers, événements exceptionnels, personnages de rang élevé, fin malheureuse.
L'unité d'action : des trois unités, elle est la moins contestée. Elle précise que l'intérêt doit être centré sur une seule intrigue, dépouillée de tout épisode secondaire. Cette règle a pour conséquence l'unité de ton : le dramaturge évite tout mélange des genres, d'où l'absence d'interruptions comiques dans la tragédie.
L'unité de lieu : l'action doit se dérouler dans un lieu unique. Il s'agit de la règle d'unité la plus difficile à respecter et, parfois, les auteurs la déjoue en y en étendant le cadre de l'action à une ville entière.
L'unité de temps : l'action doit se dérouler en un jour, en 24 heures, certains ajoutent du lever au coucher du soleil. Des 3 unités, celle-ci est, sans conteste, la plus invraisemblable et, par conséquent, la plus controversée.
Le mot « bienséance » désignait, au XVIIe siècle, un ensemble de règles implicites qui avaient pour objectif de ne choquer le public ni sur le plan moral ni sur le plan esthétique. La première de toutes les bienséances pourrait constituer une quatrième unité: il s'agirait de l'unité de ton, qui veut que l'on ne mélange pas les genres. L'univers de la tragédie doit toujours s'exprimer d'une manière noble et conforme à son rang, même si c'est pour dévoiler un caractère ignoble.
Les classiques pratiquent également l'art de la litote qui consiste à dire moins que l'on ne pense. En général, les bienséances consistent à ne pas choquer le goût ni les préjugés du public. Les personnages doivent être présentés tels que le public les imagine, même si cela revient à flatter les idées toutes faites que les Français de l'époque pouvaient avoir sur d'autres peuples.
La tragédie, pour avoir sur le public l'effet recherché qui est de lui inspirer pitié et peur, doit offrir aux spectateurs une histoire crédible, qui pourrait avoir lieu en réalité. Mais cela ne suffit pas: non seulement on doit bannir de l'intrigue des éléments fantastiques ou impossibles, mais l'on doit même éviter de présenter des situations qui, bien que théoriquement possibles dans la vie réelle, sont trop rares et extraordinaires.
Il faut, en d'autres termes, que le public puisse s'identifier aux personnages et se reconnaître dans les situations qu'ils vivent. Il faut donc que ces événements apparaissent non seulement possibles, mais probables, courants. La vraisemblance, comme les unités, n'est donc pas une règle totalement artificielle: elle sert esthétiquement le but même de la tragédie, qui est, selon Aristote, de provoquer compassion et terreur chez les spectateurs. Une histoire invraisemblable, précisément, ne saurait provoquer de tels sentiments.
Les personnages sont la plupart du temps des nobles, légendaires ou réels -héros antiques, rois...- qui se lamentent face à leur destin.
Nous pouvons dire que le but de la tragédie classique prétend remplir une fonction morale, conforme ainsi au principe d'Aristote appelé la catharsis (purification). En montrant les conséquences ultimes et catastrophiques des passions, la tragédie purge l'âme du spectateur de ces mêmes passions et l'incite à ne pas imiter leshéros tragiques. Le théâtre rendrait ainsi les hommes meilleurs...
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