Corrigé de Latin du Bac L 2018

Corrigé de Latin du Bac L 2018

Retrouvez dès la fin de l'épreuve le corrigé de Latin de l'épreuve de Langues et cultures de l'antiquité du Bac L 2018. Tous nos corrigés sont réalisés par des professeurs de l'Éducation nationale !

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Corrigé de Latin du Bac L 2018

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PREMIÈRE PARTIE – Questions (/60)

Question 1 (/15)

« Voca », « despolia » et « exintera » sont des impératifs présent. À chaque occurrence, Trimalcion interpelle directement d’autres personnages et leur donne des ordres qui mènent à des actions : Trimalcion peut être considéré comme le metteur en scène de la farce qui se joue.

« Oblitus [es] » est un indicatif parfait. Ici, Trimalcion répète ce que vient de dire le cuisinier en changeant de personne et de temps, il s’agit d’un polyptote. L’effet de répétition renforce la dimension comique de la situation théâtrale. « Putes » et « mittas » sont des subjonctifs présent. Dans le premier cas, Trimalcion emploie le mode subjonctif afin de proposer une phrase exclamative : l’aspect théâtral est souligné par le ton employé. Dans le second cas, le subjonctif est induit par le verbe « rogamus » : les spectateurs qui ont assisté à la scène interviennent et s’adressent directement au metteur en scène, Trimalcion.

Question 2 (/15)

Le court extrait proposé met en scène la colère de Trimalcion après que le cuisinier a avoué avoir oublié de vider le goret. La première partie est composée du discours de Trimalcion. Chacun des trois traducteurs a conservé le style direct du discours, qui traduit bien la vivacité de la réaction. Les verbes de parole varient mais rendent bien la violence contenue dans le verbe latin « exclamat » : peut-être « vocifère », employé par L. Tailhade, renforce-t-il encore cette dimension. H. de Guerle va jusqu’à rajouter un adverbe, « en fureur », pourtant absent du texte latin : si cet ajout renforce la violence de la confrontation, il est injustifié. L’interjection « quid », qui inaugure la prise de parole, est rendue par « comment » chez H. de Guerle, et de manière plus spontanée par « quoi » chez les deux autres traducteurs. La ponctuation peut être soulignée : les traducteurs emploient différemment points d’interrogation et d’exclamation afin de renforcer l’impression de violence.

Quant à la suite de la phrase, H. de Guerle a le défaut de la rallonger par des ajouts (« à l’entendre », « seulement », « négligé de ») qui atténuent par trop la vivacité du latin. Dans cette perspective, l’étude de la traduction du simple mot « despolia » est intéressante : L. Tailhade le traduit justement par un simple impératif, alors que H. de Guerle y ajoute une interjection (« allons »), une apostrophe (« drôle ») et utilise une expression qui paraît aujourd’hui bien terne (« habit bas »). A. Ernout, lui, transforme la deuxième personne du singulier en deuxième personne du pluriel : cette entorse au texte latin vise à montrer le cuisiner en position passive de victime.

Après le discours direct suit une phrase narrative qui traduit en actes le dernier impératif employé par Trimalcion. La traduction de « non fit mora » est différente chez chacun des trois traducteurs : H. de Guerle rend bien l’idée de vivacité avec un seul mot, alors que les deux autres proposent des expressions un peu plus longues. Analyse opposée avec « despoliatur » : les impersonnels de L. Tailhade et A. Ernout rendent l’action plus immédiate, alors que H. de Guerle propose un passif et une expression plus longue qui diluent l’impression de violence. Le cuisinier devient « le coupable » chez H. de Guerle, ce qui fait à nouveau référence à son statut de condamné.

Néanmoins, chacun des trois traducteurs a respecté la formule prépositionnelle latine qui clôt l’extrait, afin de laisser le lecteur sur une image violente.

Question 3 (/30)

Le sujet propose de lier le thème du festin, la dimension théâtrale et le thème de l’illusion. Pour le critique J.-N. Robert, le récit du festin chez Trimalcion montre « une dialectique constante du réel au mensonge, du signe à la réalité » (Les plaisirs à Rome).

1. Le festin chez Trimalcion : une mise en scène orchestrée a) Un festin-spectacle : interludes musicaux et dansés entre les services, le plafond qui s’ouvre pour faire descendre des mets (la machina du théâtre latin), un esclave déguisé en Ajax qui rejoue la pièce de Sophocle, un esclave déguisé en Dionysos (dieu du théâtre) b) Un art culinaire en trompe-l’œil : le porc qui ne semble pas avoir été vidé, les coings hérissés d’épines qui ressemblent à des hérissons, des marcassins faits en pâte,

2.Les masques tombent : des personnages de théâtre a) Des esclaves comédiens : le cuisinier qui n’a pas vidé le porc, les esclaves qui cassent les cruches b) Trimalcion, un inculte déguisé : description de son costume luxueux au début du récit, mais une ignorance crasse qui mêle Troie, Hannibal et Corinthe, le type du « snob » (anachronisme)

3. Illusions littéraires : un latin théâtral ? a) Jeux de mots, signifiant et signifié caché : l’esclave qui s’appelle Coupez, le ciseleur qui s’appelle Corinthe, calembours de la loterie b) Une parodie théâtrale de discours littéraires : les discussions philosophiques du Banquet de Platon, reproduction d’un latin méridional de comédie (dans l’extrait, « cocus » au lieu de coquus, « o » au lieu de au) DEUXIÈME PARTIE – Version (/40) Cum Ilium captum est, Hannibal, homo vafer et magnus stelio, omnes statuas aeneas et aureas et argenteas in unum rogum congessit et eas incendit ; factae sunt in unum aera miscellanea. Ita ex hac massa fabri sustulerunt et fecerunt catilla et paropsides et statuncula. Sic Corinthea nata sunt, ex omnibus in unum, nec hoc nec illud. Lorsque Troie fut prise, Hannibal, homme rusé et grand fourbe, fit entasser toutes les statues de bronze, d’or et d’argent sur un seul bûcher et les brûla ; les métaux mélangés se transformèrent en un seul matériau. Ainsi, les fabricants prélevèrent à partir de cette masse et firent des petites assiettes, des plats allongés et des statuettes. Voilà comment les Corinthe sont nés, à partir de toutes ces choses transformées en une seule, ni l’une, ni l’autre.

Fin de l'extrait

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