Lieux et formes du pouvoir / Lugares y formas de poder : La presse à Cuba - Espagnol - Terminale L

Lieux et formes du pouvoir / Lugares y formas de poder : La presse à Cuba - Espagnol - Terminale L

digiSchool Bac L vous propose de consulter ce cours d'Espagnol réalisé par notre professeur, consacré à une des notions pour l'oral d'espagnol : Lieux et formes du pouvoir (Lugares y formas de poder).

Ce cours va aborder la situation des journalistes et de la presse à Cuba. Vous pourrez ainsi avoir des arguments et des exemples précis pour évoquer les limites de la liberté de la presse à Cuba. Vous étudierez tout d'abord la situation des journalistes à Cuba, puis dans une seconde partie vous saurez comment Fidel Castro a contrôlé la diffusion de l’information dans l’île. Enfin, dans une dernière partie, vous découvrirez une célèbre blogueuse cubaine : Yoani Sanchez, qui lutte pour pouvoir diffuser des informations.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours d'Espagnol sur la liberté de la presse à Cuba pour l'oral d'espagnol du Bac L !

Lieux et formes du pouvoir / Lugares y formas de poder : La presse à Cuba - Espagnol - Terminale L

Le contenu du document

 

I. La liberté de la presse à Cuba

Le gouvernement cubain dit que les moyens de diffusion sont au service du peuple, mais à l’intérieur et à l’extérieur de l’île, beaucoup affirment tout le contraire.

Souvent accusé par des groupes non gouvernementaux ou des organisations internationales de violer les droits de l’homme, le gouvernement cubain est aussi pointé du doigt pour ne pas respecter la liberté d’expression dans l’île.

Des organisations comme la Société Interaméricaine de Presse (Sociedad Interamericana de Prensa), Reporters sans frontières (Reporteros sin Fronteras), et le Comité pour la Protection des Journalistes (Comité para la Protección de Periodistas) ont plus d’une fois inscrit Cuba dans la liste noire des pays qui poursuivent et réprimentles journalistes, et dans celle des pays les plus dangereux au monde pour exercer le journalisme.

Manifestation pour la liberté de la presse et des journalistes. Sur les pancartes, on peut lire "Stop aux morts de journalistes" ou encore "ne tire pas, je suis journaliste".

 

Les autorités de l’île quant à elles soutiennent tout le contraire et rétorquent que dans les sociétés capitalistes les moyens de diffusion « sont entre les mains de forces plus puissantes économiquement », c’est pourquoi c’est dans ces sociétés qu’on ne peut pas parler de liberté de la presse. En revanche, ils affirment qu’à Cuba les moyens de diffusion sont au service « de tout le peuple ».

Selon la presse indépendante, le gouvernement cubain considère les journalistes comme des « soldats de l’information » (soldados de la información), ce qui signifie que ceux qui s’éloignent de la ligne de pensée tracée par le Parti Communiste Cubain peuvent être considérés comme des traitres (traidores) pour les intérêts de l’État.

Le journaliste indépendant et ex prisonnier politique Raúl Rivero, dit à la Voz de América que :

« durante muchos años y mediante una gestión represiva impecable, se ha vivido (en la isla) sin libertad y sin prensa » (Pendant de nombreuses années et moyennant une gestion impeccable de la répression, on a vécu (dans l’île) sans liberté et sans presse.). Selon lui, « se impone un partido único, y el pensamiento político que trate de desbordar esas talanqueras se condena y se encierra » (On impose un parti unique, et la pensée politique qui tente de franchir ces barrières est condamnée et enfermée).

Dans un article publié par le journal Granma, journal officiel du Parti Communiste Cubain, Ernesto Vera tient un discours totalement différent : «Somos los periodistas más libres porque formamos parte del pueblo más libre, donde hay una Revolución, que es el proceso más justo, ético y digno que haya tenido nación alguna » (Nous sommes les journalistes les plus libres car nous faisons partie du peuple le plus libre, où il y a une Révolution, ce qui est le processus le plus juste, éthique et digne qu’ait suivi une nation)

La Ley 88 ou “Ley Mordaza” (Loi 88) promulguée dans l’île en 1999 et officiellement appelée Ley de Protección de la Independencia Nacional y la Economía de Cuba (Loi de Protection de l’Indépendance Nationale et de l’Économie de Cuba), punit de prison ces « actions qui en accord avec les intérêts impérialistes poussent à aller à l’encontre de l’ordre interne de la nation et à détruire son système politique, économique et social. »

Pour Claudia Cadelo, auteure du blog indépendant Octavo Cerco, ni l’embargo commercial ni aucune autre justification n’est valide : La libertad de prensa es un derecho ciudadano y no existe ninguna justificación para que no pueda ejercerse” (La liberté de la presse est un droit et il n’existe aucune justification pour qu’elle ne soit pas exercée) dit-elle.

Yoani Sánchez, célèbre blogueuse cubaine, affirme que el simple hecho de que en Cuba no se pueda decir públicamente que no hay libertad de expresión es la mejor evidencia de que ésta no existe (Le simple fait qu’à Cuba on ne puisse pas dire publiquement qu’il n’y a pas de liberté d’expression est la meilleure façon de prouver qu’elle n’existe pas).

Un autre blogueur, Reinaldo Escobar, souligne le fait que la Constitución cubana […]reconoce a los ciudadanos la libertad de palabra y prensa”, [pero cualquiera que recurra a] “su inalienable derecho a expresarse libremente para criticar al sistema o a sus dirigentes, puede ser sancionado por severas leyes”.(La Constitution cubaine reconnait aux citoyens la liberté de parole et de presse, mais quiconque utiliserait son inaliénable droit à s’exprimer librement pour critiquer le système ou ses dirigeants pourrait être sévèrement puni). C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à un peu plus du tiers du « Groupe des 75 dissidents » (el grupo de los 75 disidentes) qui furent jugés et emprisonnés pendant la Primavera Negra (le Printemps noir) de 2003 ; ils étaient journalistes et ont été condamnés à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison en vertu de la "Ley Mordaza". (Nous développerons ces derniers éléments dans la seconde partie).

 

II. Le lourd héritage de Fidel Castro

Le dirigeant cubain Fidel Castro, Antonio Milena, Ralf Roletschek, 2003

 

Le 4 décembre 2016, les funérailles de Fidel Castro ont eu lieu à la Havane. La mort de l’une des figures les plus emblématiques du XXème siècle, « el padre del pueblo cubano » (le père du peuple cubain), annoncée le 25 novembre dernier, a suscité de multiples réactions. Derrière l’image romantique du révolutionnaire Fidel Castro se cache l’un des plus grands prédateurs de la liberté de la presse. La répression des voix dissidentes est une des marques de fabrique de ses 49 ans au gouvernement et aussi la plus sombre partie de son héritage.

La situation actuelle à Cuba en est un échantillon : en 2016, Cuba a été une fois de plus le pays d’Amérique Latine le plus mal classé par rapport au respect de la liberté de la presse et est arrivé en 171ème position sur 180 pays dans le classement mondial de Reporteros Sin Fronteras (Reporters sans Frontières).

À Cuba, la Constitution autorise seulement la presse officielle, qui se trouve sous le contrôle direct de l’État. Des Agences de presse, des moyens de communication indépendants et des blogueurs continuent à s’opposer au fait que l’État monopolise l’information, c’est pourquoi ils subissent des intimidations, des arrestations arbitraires et une censure féroce. Face à cette importante répression, il ne leur reste pas d’autre option que de s’exiler et diffuserl’information depuis l’étranger.

De même, à Cuba, il y a deux journalistes emprisonnés, ce qui convertit ce pays, ainsi que le Vénézuela et Panama, en un des peu de pays du continent dans lesquels il y a encore de reporters en prison.

Avec Fidel Castro au pouvoir la situation est encore pire. Le « père de la révolution cubaine » a instauré ce climat de censure et empêché la circulation d’une information différente de celle diffusée par la presse officielle, utilisant souvent des méthodes violentes.

En 2003, cette répression a atteint son apogée ; en mars, plus de 75 dissidents (el grupo de los 75 disidentes) ont été arrêtés par les autorités cubaines. Parmi eux, 27 journalistes indépendants qui furent condamnés à des peines allant de 14 à 27 ans de prison. Ils ont été condamnés lors de procès sommaires, pour avoir parlé de démocratie dans leur pays.

Ricardo González Alfonso, le correspondant (corresponsal) de l’époque de RSF (Reporteros Sin Fronteras), faisait partie de ce groupe de dissidents et a passé 7 ans en prison. Pendant cette période connue comme « la primavera negra » (le printemps noir), les vagues d’arrestations se sont succédées. Les journalistes non autorisés étaient accusés de collaborer avec les États-Unis et étaient poursuivis par le régime quand ils exprimaient dans leurs textes leur opposition au castrisme, les violations des droits humains, ou quand ils parlaient de la vie quotidienne des cubains.

Cette persécution des voix dissidentes a continué pendant les années suivantes. En 2007, quand Fidel Castro se préparait à passer les rênes du pouvoir (las riendas del poder) à son frère, Cuba est devenue la seconde prison du monde pour les journalistes : dans l’île, 25 étaient sous les verrous. (Entre rejas).

Les conditions de détention sont catastrophiques et les tortures que les prisonniers subissent en prison ont été dénoncées par les famille de ces journalistes et opposants politiquesDétentions arbitrairespassages à tabac (palizas), interférence de leurs communications… la liste des attaques et agressions contre ceux qui se consacrent à l’information à Cuba est trop longues. Cette censure permanente, avant et après le printemps noir, est définitivement une constante des années Castro.

Depuis sa création en 1985, RSF n’a pas cessé de dénoncer cette situation à travers des campagnes de sensibilisation, des actions chocs (acciones de choque), des mobilisations internationales. Certains de leurs collaborateurs et correspondants ont reçu des menaces et ont été emprisonnés, comme Roberto Jesús Guerra Pérez, condamné en 2005 a deux ans de prison pour trouble de l’ordre public et remis en liberté en 2007.

Courageusement, Roberto a continué sa lutte pour la liberté de la presse à travers l’agence indépendante Hablemos Press, créée en 2009 et de laquelle il était le directeur. Lui et ses collaborateurs ont été harcelés (acosado) et la police cubaine les a plusieurs fois empêchés de travailler. Mais depuis octobre 2016, après avoir reçu des menaces de mort anonymes, Roberto n’a pas eu d’autre choix que de s’exiler pour garantir sa sécurité et celle de sa famille.

Enfin, pour que l’exil ne soit plus une fatalité, cette lutte entreprise (emprendida) par RSF et beaucoup d’autres organisations locales et internationales doit continuer. La vie quotidienne des journalistes cubains est encore aujourd'hui marquée par la peur et l’autocensure. À la mort du « père de la révolution », la vague de répression ne doit pas continuer, comme le craignent les journalistes cubains. Au contraire, une nouvelle ère doit commencer : celle du pluralisme et de la liberté d’opinion.

 

III. Yoani Sanchez

Yoani Sanchez, Gregor Fischer, 2013

 

Yoani Sanchez est née le 4 septembre 1975 à La Havane. Licenciée en philologie, c’est une blogueuse et une journaliste. Depuis avril 2007, elle alimente son blog GENERACIÓN Y, et depuis mars 2014 elle travaille comme journaliste et directrice d’un journal digital appelé 14ymedio.com.

Selon Yoani Sanchez, travailler sur son blog est un « exercice de lâcheté » (un ejercicio de cobardía) qui lui permet de dire dans cet espace ce qui lui est interdit dans la vie. En effet, dans Generación Y, Yoani Sanchez critique le gouvernement cubain.

En 2008, Yoani a gagné le prix de journalisme Ortega y Gasset dans la catégorie journalisme digital. Elle a été sélectionnée par la revue Time comme l’une des 100 personnes les plus influentes du monde dans la catégorie « Héros et pionniers », et son blog a été classé dans les 25 meilleurs du monde, dans une sélection faite aussi par le Time et CNN. Elle a également reçu le prix du jury dans le concours espagnol bitácora.com et la plus forte récompense dans les prix de The BOBs, qui incluent plus de 12000 participants du monde entier. La revue hebdomadaire de El País a publié une sélection des 100 hispano-américains les plus remarquables de l’année, aussi la revue Foreign Policy a élu les 10 intellectuels les plus importants de l’année. Et la havanaise est inclue dans toutes ces énumérations.

En 2008, alors que Yoani Sanchez devait se rendre à Madrid pour récupérer son prix Ortega y Gasset, elle s’est vue refuser le droit de quitter le pays. La blogueuse explique qu’on ne lui a pas donné de raison, qu’on ne lui a pas non plus interdit de sortir du pays, mais à chaque fois qu’elle a demandé des explications sur son cas, on lui a répondu « no hay respuesta, su caso se está analizando » (il n’y a pas de réponse, votre cas est en cours d’analyse). Et le dernier jour pour prendre l’avion elle est allée au bureau de l’immigration et on lui a répondu qu’il n’y avait « toujours rien ». Yoani Sanchez n’avait donc pas pu se rendre à la cérémonie, et avait dû retarder son voyage vers l'Espagne.

 

IV. Vocabulaire

La liberté de la presse : La libertad de (la) prensa

Le gouvernement cubain : el gobierno cubano

Des groupes non gouvernementaux : grupos no gubernamentales

Des organisations internationales : organizaciones internacionales

Les droits de l’homme : Los derechos humanos

La liberté d’expression : la libertad de expresión

Réprimer : reprimir

Un journaliste : un periodista

Le journalisme : el periodismo

Les sociétés capitalistes : las sociedades capitalistas

La presse : la prensa

Le Parti Communiste : el Partido Comunista

Une blogueuse : una bloguera

Une des figures les plus emblématiques du XXème siècle : una de las figuras más emblemáticas del siglo XX (=veinte)

Un révolutionnaire : un revolucionario

Un prédateur : un depredador

Un héritage : un legado

La presse officielle : la prensa oficial

Des agences de presse : agencias de prensa

Des moyens de communication : medios de comunicación

Des intimidations : intimidaciones

Des arrestations arbitraires : arrestaciones arbitrarias

La censure : la censura

S’exiler : exiliarse (l’exile : el exilio)

Diffuser : difundir

Un reporter : un reportero

La prison : la prisión / la cárcel

Des méthodes violentes : métodos violentos

Le correspondant : el corresponsal

Collaborer : colaborar

Les États-Unis : los Estados Unidos (E.E.U.U.)

Le régime (politique) : el régimen (político)

Le castrisme : el castrismo

Les voix dissidentes : las voces disidentes

Les rennes du pouvoir : las riendas del poder

Sous les verrous : entre rejas

Les opposants politiques : los opositores políticos

Des détentions arbitraires : detenciones arbitrarias

Des passages à tabac : palizas

Une attaque : un ataque

Une agression : una agresión

Des actions chocs : acciones de choque

Harceler : acosar

Garantir: garantizar

Entreprendre : emprender

La peur : el miedo

L’autocensure : la autocensura

Le pluralisme : el pluralismo

La liberté d’opinion : la libertad de opinion

Fin de l'extrait

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