Correction Français - Bac L 2017 Polynésie

Correction Français - Bac L 2017 Polynésie

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Pour rappel, l'objet d'étude était "Ecriture poétique et quête du sens, du Moyen Age à nos jours". Notre professeur vous propose une correction complète et détaillée pour que vous puissiez vous évaluer facilement et vous améliorer.

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Correction Français - Bac L 2017 Polynésie

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QUESTION DE CORPUS 

Points de méthode :

* définir quelques thématiques centrales, communes aux différents textes du corpus. 

* réaliser une introduction qui présente les textes et les thématiques rencontrées. 

* citer les textes entre parenthèses. 

* analyser et ne pas simplement reporter ce que disent les textes.

 

Voici quelques pistes pour répondre à la question de corpus :

L'écriture poétique célèbre la nature en :

-jouant sur les nuances à travers le vocabulaire varié des couleurs. → Célébrer la nature et ses particularités en même qu'on célèbre la langue dans toute sa richesse avec toutes ses nuances, tous ses synonymes, tous ses hyponymes.

L'hyperonyme fait référence au nom générique d'un objet ou d'un état et l'hyponyme fait allusion aux entités particulières qu'on peut glisser dans cette classe générale. Ainsi, le bleu (texte A vers 2, 9) (= hyperonyme) peut être azur (texte A vers 6), turquoise(s) (texte A  vers 2) (= hyponymes) …

La nature est un spectacle tellement particulier et merveilleux qu'il faut puiser dans toutes les ressources du langage pour pouvoir la décrire. Ainsi, les locuteurs des poèmes établissent des comparaisons pour essayer d'établir une représentation mentale de la beauté de la nature (texte A vers 2 : « purs comme des cristaux »). 

  • personnifiant la nature ; faisant d'elle un protagoniste de la littérature. L'utilisation d'une telle figure donne de l'importance à la nature (texte A : vers 10 : « la montagne en extase contemple » + titre, texte D ligne 10 « la poussière danse », lignes 10 et 11 « les feuilles d'un noisetier tremblent » ...) .

  • référant à la divinité (texte A vers 3 « ange » + vers 12 « Dieu », texte B, 7, vers 1 « anges »). La nature peut être présentée comme étant l'ouvrage de quelque chose de transcendant (on la célèbre alors car on s'extasie face au travail d'un Dieu). D'ailleurs, dans les poèmes étudiés, il y a beaucoup d'allusions au bleu (titre + 2 occurrences dans le texte A, plus de cinq occurrences dans le texte C + titre, mention dans le texte D) et au blanc ; couleurs de la divinité et couleurs du ciel.

 

 

COMMENTAIRE 

Vous commenterez le texte C.

 

Points de méthode :

* citer le texte. 

* ne pas faire de la paraphrase. 

* introduire les enjeux du texte, ses ambiguïtés, ses particularités dans une introduction. 

* ne pas se répéter au sein des différentes parties. 

* conclure sans répéter ce qu'on a dit dans les parties mais en faisant un bilan = reprendre de façon différente ce qui a été dit en y ajoutant un dernier commentaire.

 

Voici quelques pistes qui permettaient de réaliser le commentaire :

Introduction :

Le texte étudié met en jeu la description d'une rade et de son « petit port ». Au sein de cette description se propagent des éléments organiques, humains, colorés … Il semble qu'on soit à la fois face à une description mais aussi face à un tableau. On a le sentiment, en lisant, que le poème doit nous amener à voir, lire, sentir, ressentir ce paysage. On est face à un vrai travail d'artiste complet. Nous nous demanderons alors quelles sont les figures d'artistes retrouvées au sein de ce poème.

+ Annonce du plan.

 

I) L'artiste graphique

a) le sculpteur

– Champ lexical du sculpteur

– Métaphore de Dieu et des dieux païens qui auraient modelé le monde ou du moins les Hommes (comme Prométhée avec « l'argile », ligne 11) :

⟶ « maître ouvrier » : créer le monde est un travail, tout comme celui de l'artiste qui le représente. Il y a l'évocation d'une potentielle figure divine (« qui boit la mer dans son verre », ligne 2). Cette figure se confond avec celle des artistes qui manipulent aussi le monde.

– Champ lexical de la manipulation : « ciselée », « posée », « en marbre ».

+ l'évocation des mains qui travaillent la terre, travaillent le matériel (lignes 6 et 7).

+ le « doigt » (ligne 7) comme le doigt de Dieu : celui qui donne vie à tout, celui qu'on retrouve sur le plafond de la chapelle Sixtine.

 

b) le peintre

- Les couleurs :

Le peintre joue avec les couleurs et use, comme en aquarelle (par exemple) d'une technique de la déclinaison de couleurs. Ici tout le tableau se décline autour de la couleur bleue, qui unit le paysage céleste et marin à celui de la terre. On retrouve le bleu partout (ligne 9 : « Tout est bleu, bleu, bleu »).  

 

- De l'arrière au premier plan :

Le poème, qui prend des airs de tableau, s'organise à partir des éléments les plus vastes, les plus larges pour aller jusqu'aux éléments plus précis, plus particuliers. On observe un mouvement de l'extérieur vers l'intérieur, comme si on était face à un tableau dont le haut serait composé d'un arrière-plan séparé entre deux ou trois couleurs (le rose/rouge, le blanc-bleu). En effet, le poème décrit le ciel puis les îles puis les objets puis les hommes puis les feuilles.

 

II) Le poète

a) Vers d'autres sens

Les mots permettent d'exprimer ce que les yeux ne peuvent parfois pas voir lors de l'observation d'une sculpture ou d'un tableau :

- l'absence de bruit : lignes 21 et 22  : « on n'entend pas parler. Les chiens n'aboient pas »,

- d'autres sens : le poème s'achève sur l' « odeur ».

 

b) Représentation particulière :

- Représentation mentale :

La poésie permet d'entrer dans les nuances des choses. Via les figures de style, on peut créer une image mentale particulière. Les mots suggèrent une représentation que le lecteur doit terminer à partir de son imagination, de sa capacité à se représenter les éléments :

Ligne 26 : le superlatif « vert le plus gris ».

Ligne 27 : personnification « une plante humble ».

Ligne 14 : comparaison : « le bordage, on dirait du sel ». → ce n'est pas du sel, c'est au lecteur de se représenter ce que c'est.

Le poème lie le travail du poète à son lecteur, comme il lie la nature à l'Homme. 

 

- La poésie lie la nature et l'Homme :

Elles les incluent. Ainsi, les vieillards ont une « peau d'oignon ». + ligne 22 : « réseau d'or noir ».

 

Conclusion : ce poème établit une description en mélangeant toutes sortes d'éléments en même temps qu'il les ordonne, par zones. Ainsi, les éléments de la mer se trouvent d'un côté alors que ceux de la terre d'un autre. Au sein de ce extrait, il y a une tension entre le fait que certains éléments soient séparés les uns des autres mais qu'en même temps ils se touchent sans jamais se détacher complètement : séparation du ciel et de la mer évidente mais que la couleur bleue lie inévitablement (par exemple). Le poème, dans la façon dont il décrit, lie tous les éléments ensemble et va même jusqu'à insérer l'Homme comme étant un élément du paysage naturel et non comme quelque chose qui lui est à part. Seul un travail d'artiste complet peut obtenir un tel résultat. Le poète est à la fois écrivain, sculpteur et peintre ; inspiré par les éléments naturels dont la beauté, (presque) divine, provient de son créateur : un maître ouvrier (ligne 2).

 

DISSERTATION

Points de méthode :

Une partie = une idée générale principale. Une sous-partie = un argument qui permet d'étayer notre idée générale. Au sein de la sous-partie, on développe diverses thématiques, à l'aide d'exemples pour donner de la consistance à notre propos. La plupart des affirmations (ou négations) doivent être appuyées d'un exemple. On ne peut, en effet, pas contredire une observation qui trouve sa vérité dans la réalité (= l'exemple).

Sujet : En quoi la poésie est-elle un moyen de renouveler le regard sur le monde ?

 

Voici quelques pistes de réponse :

Introduction : la poésie aborde le monde tout comme les autres genres de la littérature. Néanmoins, son travail sur la langue nous invite à nous intéresser, en général, à comment elle évoque le monde. Elle peut le décrire de façon à ce qu'on reconnaisse immédiatement le thème abordé ou être plus énigmatique. Elle peut offrir une vision concrète du monde ou plus abstraite. Elle peut être fidèle au monde ou donner l'impression de s'en écarter et d'en proposer un autre. La poésie est une source de création infinie, dont la forme et les thématiques se renouvellent sans cesse. Nous pouvons alors nous demander dans quelles mesures elle peut être un moyen d'offrir un regard nouveau sur le monde.

 

I) Universalité du poème

a) Universalité des thématiques

Un bel objet.

Les poèmes de description de femmes et d'amour : des sonnets, des ballades etc. 

Ex : Ronsard et ses Odes. + Aragon et ses poèmes à Elsa.

Des éléments prosaïques, à priori vulagaires.

Rimbaud et ses descriptions de villes comme Charleroi (ville minière belge). 

Apollinaire et ses descriptions de milieux défavorisés et de villes.

⟶ la poéticité du monde peut se trouver là où on ne l'attend pas.

 

b) Universalité de la forme

Récapitulatif (d'histoire littéraire) de la forme des poèmes : du poème épique, moyenâgeux raconté par les troubadours et trouvères, aux :

- balades et rondeaux (de la fin du Moyen-Âge). 

- sonnets. 

- poèmes en vers libre. 

- poèmes en prose. 

- poèmes sans ponctuation. 

- calligrammes.

 

→ Universalité des thématiques et de la forme de la poésie qui permet un regard très divers et complet sur le monde : tout montrer de toutes les manières. Parler du monde, dans la façon dont il se renouvelle = renouveler les regards en touchant toujours à de nouveaux thèmes et/ou en innovant du côté de la forme.

 

II) Appréhender un autre monde : celui de l'intériorité

a) Fascination pour la nature

Le Romantisme : montrer que le monde est une création de Dieu. Cette création est double, divisée entre la beauté des éléments naturels ainsi que divins (= le sublime) et le caractère étonnant et parfois peut noble de l'Homme (= le grotesque).

+ confusion de l'Homme et des éléments naturels. → ils ne font qu'un. Ex : Le Dormeur du Val, Rimbaud.

La nature est un miroir de l'intériorité de l'Homme. Ex : des métaphores comme les torrents de l'âme, les rivières de sentiments, les vagues de colère …

 

b) Le monde des sentiments

Décrire les sentiments et non plus simplement faire un portrait de ce que l'on voit de l'extérieur → se tourner vers l'intérieur avec la poésie du moi et le je lyrique. 

 

⟶La poésie propose de ne pas simplement se pencher sur le monde extérieur mais aussi de regarder l'intériorité humaine, en montrant en quoi elle communique avec les éléments naturels et en quoi elle peut prédominer sur tout : le plus important des éléments du monde pourrait être mon moi intérieur. Il peut, à vrai, dire constituer un monde à lui seul.

 

III) Un regard critique

a) Un monde sans sens ? 

Le baroque + le surréalisme + le symbolisme.

Avec les grandes guerres (de religions pour le XVI è siècle, la première guerre mondiale pour le début du XX è), les individus et les poètes remettent en question le monde dans lequel ils vivent :

- Via des images qui traduisent l'inconstance du monde (= le fait qu'il change toujours) comme le recours à l'eau, aux fontaines, aux flammes … (par les baroques).

- Via des pratiques d'écriture qui tentent de trouver un nouveau sens au monde :

Les cadavres exquis, l'écriture sous drogues, l'écriture automatique … (par les surréalistes).

- Donner un nouveau sens au monde. Chaque mot a une forme (= une suite de lettres) qui correspond à un sens (= une idée). L'association de cette forme à ce sens est (plus ou moins) arbitraire. Elle n'est pas forcément logique et paraît parfois hasardeuse. Les symbolistes offrent un nouveau regard sur le monde en donnant aux mots de nouveaux sens. Ex : « la terre est bleue comme une orange ». Éluard.

 

b) La poésie engagée

Renouveler le regard sur le monde en lui apportant une pointe de critique. La poésie ne décrit pas uniquement, elle permet de faire ressortir les défauts de certains éléments, de la société. 

- contre la guerre : Les Tragiques, Aggripa d'Aubigné. 

- contre la déforestation : Tant de forêts, Jacques Prévert.

(…)

 

Conclusion : nous avons constaté que la poésie peut être un moyen de renouveler le regard sur le monde dans la mesure où elle permet d'aborder diverses thématiques de diverses façons. Elle laisse donc la possibilité de renouveler le regard sur le monde. Il peut être multiple. En outre, certains mouvements littéraires proposent d'aborder le monde autrement. La poésie lyrique ainsi que les textes romantiques permettent à l'individu de se recentrer sur son moi qui évolue dans le monde et/ou se confond avec lui. Il s'agit alors de regarder le monde de l'intériorité. D'autres mouvements, comme le Surréalisme, le Romantisme, le Baroque, mais aussi des poètes isolés, donnent à voir un regard nouveau sur le monde, un regard qui le critique directement ou qui le remet en cause en posant des questions quant à son fonctionnement.

 

INVENTION 

Célébrez à votre tour un paysage dont vous révélez les beautés au lecteur.

Attention :

- il s'agit bien de célébrer les beautés > vocabulaire travaillé : le langage est une fête dont la vivacité et la beauté correspondent au caractère magnifique du paysage. 

- possibilité d'accumuler beaucoup d'éléments (comme dans le texte C du corpus).

- possibilité d'essayer de faire correspondre le poème à ce qui est décrit avec des jeux de sonorités. 

- si on a recours aux métaphores, il faut se poser la question si celles-ci sont compréhensibles par le lecteur (correcteur). S'il y a un doute, ne pas utiliser la métaphore.

- il est possible de reprendre certaines images et tournures présentes dans le corpus et de s'en inspirer. Mais, il faut faire cela intelligemment : ne pas faire du plagiat et ne pas faire un patchwork de différentes phrases des autres poèmes qui aurait tendance à ne pas laisser transparaître votre créativité au correcteur.

Voici un exemple de quelques lignes que vous auriez pu écrire :

C'est une courbe voluptueuse d'eau, sortant de la mer, entrant dans le sable, elle se déverse tel un torrent sur la terre sèche. On dirait qu'elle veut rejoindre un compagnon, un affluent. C'est sûrement cette envie qui lui donne cette vigueur, qui la fait recouvrir le sable d'une mousse blanche, dynamique et vive. Cette douce laine de la mer, son sel brille, rôti par le soleil. Un nuage d'émulsion s'échappe des mouvements répétitifs des vagues. Il monte au ciel tel un mirage. Vapeur de mer. Odeur d'algues. Porteur de rêves.

(…)

Fin de l'extrait

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