Corrigé de Français (1èreL) - Bac L 2018

Corrigé de Français (1èreL) - Bac L 2018

Retrouvez dès la fin de l'épreuve le corrigé de Français du Bac L 2018. Tous nos corrigés sont réalisés par des professeurs de l'Éducation nationale !

Corrigé de Français (1èreL) - Bac L 2018

Le contenu du document

Dans ce corrigé de l'épreuve de Français du Bac L 2018, notre professeur vous proposera un corrigé complet de la partie écriture de l'épreuve de Français. Notre prof a aussi proposé des éléments de correction et des axes de travail pour la partie écriture qui inclue la dissertation et la partie écriture d'invention afin que vous puissiez vous auto-évaluer et savoir ce qu'il en est de votre épreuve de Français du Bac L

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Le sujet comporte plusieurs écueils :

1 : Issu du groupement de l’objet d’étude le « personnage de roman du XVIIème siècle

à nos jours », il met en scène trois personnages féminins et cela ne doit pas vous

échapper : nombre de romans mettent en scène des héros masculins. Donc, le premier

point commun sur lequel le sujet attire votre attention est que les trois personnages

sont féminins.

2 : S’ils relèvent tous les trois du genre narratif, il faudra préciser que le premier est un

roman, le second un roman épistolaire et le dernier un roman autobiographique.

3 : Le terme passion doit être entendu en sons sens latin : « souffrir » et ensuite en sons

sens moderne. En d’autres termes, la dissertation insiste sur le fait que le personnage

de roman vit des passions (souffrances, épreuves…) et des événements, des péripéties.

I. Vous répondrez d’abord à la question suivante :

Quelles raisons ces personnages féminins invoquent-ils pour justifier leur

renoncement à l’amour ?

Trois extraits de romans, écrits par trois auteures à des époques différentes nous

présentent trois personnages féminins dont le leitmotiv est celui du renoncement à 

l’amour. Madame de La Fayette écrit dans cet extrait de La Princesse de Clèves en 1678,

le dialogue d’adieu de Mme de Clèves et de M. de Nemours, dans un XVIIème siècle où

l’art se doit de plaire et en même temps d’éduquer. Madame de Staël, peu de temps

après mais au siècle suivant, en 1802, sacrifie à la mode du roman épistolaire avec

Delphine et imagine la réponse de Delphine à Matilde, la femme qui a épousé celui

qu’elle aimait. Enfin, Colette, dans un roman autobiographique, La Vagabonde en 1910,

s’inspire largement, dans son personnage de Renée, de son histoire d’amour ratée avec

l’écrivain Henri Gauthier-Villars. Malgré les disparités d’époques, nous verrons que ces

trois personnages ne justifient pas lu renoncement à l’amour de la même façon. Si Mme

de Clèves et Delphine s’appuient sur des raisons morales d’une part, et arguent d’un

nécessaire sacrifice d’autre part, Renée, quant à elle, renonce à l’amour pour elle.

La morale traverse l’extrait de Mme de La Fayette par le champ lexical du devoir :

« vertu austère ; vertu ; devoir ; scrupules ; surmonter l’inclination ; interdit ; devoir ».

Ce champ lexical souligne l’opposition qui existe entre la passion et la raison, thème

cher aux écrivains et aux philosophes du XVIIème siècle : « je me défie de mes forces

au milieu de mes raisons dit la princesse, insistant sur la lutte qui s’établit entre son

cœur et sa morale. Cette morale est partagée par Delphine qui évoque un sacrifice,

s’instituant comme une figure christique de l’amour : « c’est pour votre bonheur que je

sacrifie le mien ». Par ailleurs le champ lexical de la morale se retrouve aussi dans la

lettre de Delphine : « morale ; devoir ; âmes vertueuses », champ lexical soutenu par la

thématique du sacrifice et de l’abnégation : « sacrifice ; les sentiments dont je

triomphe ; il faut déjà me compter parmi ceux qui ne sont plus », sous entendant par là

son possible suicide.

Cependant, la morale et le sacrifice ne se retrouvent pas dans le dernier extrait

où Renée annonce dès l’abord que son départ à elle est motivé par sa propre survie :

« je te rejette et je choisis… tout ce qui n’est pas toi ». C’est bien un acte de refus de la

part de notre héroïne en ce sens que ce refus est fondateur de sa liberté : « prendre ta

part », dit-elle, comme une façon de la part de son amant de la posséder, possession

qu’elle refuse. Si certains considèrent que l’amour se retrouve dans le regard de l’autre,

qui regarde dans la même direction que vous, Renée estime que l’amour reviendrait à 

voir le monde par le regard de l’autre et donc de façon trop réductrice : « les plus beaux

pays de la terre, je refuse de les contempler, tout petits, au miroir amoureux de ton

regard ».

Pour autant, les trois personnages féminins partagent le même sentiment de

doute, l’impression de déchirement : la princesse de Clèves regrette que « la destinée »

les sépare par « un obstacle si invincible » alors que Delphine prend le cil à témoin d son

désespoir : « Diu qui sait la douleur que j’éprouve, estime dans sa bonté cet effort ce

qu’il vaut ». Renée, enfin, révèle cette part de désir secret, ce désespoir de ne pas

vouloir aimer « je souhaiterai parfois l’ombre de tes murs » ; affirme-t-elle dans cet

aveu : je te quitte mais je t’aime dit-elle à Max. Qui plus est, les trois femmes sont des

êtres de désirs contrariés : « je te désirerai » assure Renée alors que Delphine demande

à sa rivale de donner à Léonce tout l’amour qu’elle a pour lui : « chargez-vous de lui

rendre tout l’amour dont vous le privez ». La princesse, enfin, avoue son amour : « les

sentiments que j’ai pour vous seront éternels ».

Trois femmes, trois auteures, trois époques mais trois passions déchirées et trois

passions qui se refusent. Si Jacques Brel chantait dans « la chanson des vieux

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un de sujets suivants :

1. Commentaire

Vous commenterez l’extrait de Delphine de Madame de Staël (texte B).

I. UNE LETTRE D’ADIEU SUR LE MODE SACRIFICIEL.

A : le thème du départ : « je quitterai Paris », futur de l’indicatif qui marque une

certitude. Soulignement de l’éloignement géographique « : et après, la France » +

ignorance de son devenir : « Léonce ne saura point » + séparation définitive : « si cela

dont je me sépare » (nous soulignons le « je » qui met en évidence le fait que Delphine

est actrice de ce départ même si elle en est la victime : « la douleur que j’éprouve » ou

encore « elle se résigne à souffrir », ramassant une fois encore dans cette expression la

lutte de sa raison et de sa passion. Enfin, une femme modèle qui respecte les lois de

dieu : « dieu » revient à deux reprises + vous m’avez adjurée au nom de la morale (…)

pouvais-je résister ? ». Cela induit le thème de la lutte : opposition passion raison dans

le thème de la faute : « j’ai plus qu’expié mes fautes ».

B : l’évocation d’un suicide : « il faut déjà me compter parmi ceux qui ne sont plus » et

« le dernier acte de ma vie ». Le lecteur et le destinataire ignorent s’il s’agit d’une mort

symbolique ou réelle : « quand il devrait m’en coûter la vie ». Enfin, portrait d’une femme

blessée, héroïne presque tragique : « mais priez pour une femme malheureuse, la plus

malheureuse de toutes », hyperbole qui renforce l’impression de désespoir qui se

dégage de cette lettre.

II. UNE LETTRE D’AMOUR PAR PROCURATION ET LA SUPÉRIORITÉ DE LA

PASSION SUR LA RAISON.

A : un registre lyrique : « je quitterai ; je fais ; je triomphe », marques de la première

personne + champ lexical de l’amour « + lutte de la raison et de la passion : « les

sentiments dont je triomphe » = affirmation de l’amour de Delphine pour Léonce et de

la précellence de cet amour qu’elle sacrifie pourtant aux lois du mariage : « mais je

l’aimais (…) avant de vous épouser ». De plus nombreux verbes à l’impératif qui

montrent que Delphine se pose comme supérieure : « écoutez-moi ; ne blessez point

son cœur ; plaignez ; soignez ; chargez-vous ». 

B : la revendication d’un amour réel et supérieur : « tout l’amour dont vous le privez »

+ opposition entre une femme de cœur et une femme de raison : « vous croyez qu’il

suffit du devoir pour commander » qui s’oppose à « il existe des âmes passionnées »,

opposition qui culmine dans l’accumulation : « de générosité, de douceur, de

dévouement, de bonté » et l’hyperbole « vertueuses en tout ». + Antithèse : « si le sort

ne leur avait pas fait un crime de l’amour ». + « c’est pour votre bonheur que je sacrifie

le mien » = opposition entre deux femmes dont l’une est une femme de cœur, Delphine

et l’autre de raison, Matilde.

2. Dissertation

Un personnage de roman doit-il vivre des passions pour captiver le lecteur ?

Vous répondrez à la question en vous appuyant sur les textes du corpus, sur les œuvres

que vous avez étudiées en classe ainsi que sur vos lectures personnelles.

Genre issu de la langue roman, dite vulgaire, le roman se présente dès les origines

comme un genre qui cherche à toucher le plus grand nombre : ceux qui ne parlaient pas

la langue de la schola pouvaient accéder à ce récit qui mettait en scène des personnages

exemplaires. Ainsi peut-on se demander si, pour captiver le lecteur, le personnage de

roman doit nécessairement vivre des passions. Il s’agira tout d’abord de montrer,

comme nous le révèle le schéma actantiel que la quête du héros suppose une passion

en ce sens qu’il cherche à surmonter une épreuve. Puis nous verrons combien le terme

de passion est ambigu et qu’il peut conduire à une désaffection du lecteur en ce qu’il

met en scène des personnages tellement hors du commun qu’ils en deviennent irréels.

I. Sans passion, pas d’histoire.

1 : le roman de chevalerie, Chrétien de Troyes, Lancelot ou le chevalier de la charrette

met en scène un personnage qui souffre littéralement une passion. Pour l’amour d’une 

femme qui n’est pas la sienne, Guenièvre, Lancelot doit tout accepter au sein d’une

quête périlleuse. Chaque péripétie apporte son lot de suspense, d’attente et d’angoisse,

proposant au lecteur une suite de péripéties captivantes.

2 : descendant du roman de chevalerie, Mme de La Fayette, dans la Princesse de

Montpensier, présente une héroïne que la passion va conduire à la mort. Dans ce cas-là,

le lecteur est captivé par la vie d’un personnage tiraillé entre sa passion et sa raison et

ce tiraillement la mènera à la mort.

3 : figure de la passion par excellence : Jean Valjean : tout le roman des Misérables se

construit autour de cette figure de la souffrance. Ainsi Jean Valjean meurt-il comme un

misérable après s’être sacrifié pour Cosette et Marius.

II. Cependant, le roman cherche-t-il nécessairement à captiver le lecteur ou

entreprend-il de rendre compte du monde de façon différente ? De plus,

« passions » signifie-t-il « passion amoureuse » vécue comme souffrance,

« passion » comme désir et soif de vivre ou encore « passion » comme

aventures ?

1 : le roman d’apprentissage : Georges Duroy dans Bel-Ami, va partir de rien et s’élever

dans la société parisienne du XIXème siècle au gré de passions amoureuses qui vont

faire de lui un homme qui réussit. Thématique de l’apprentissage par l’expérience, le

roman d’apprentissage captive le lecteur par le tableau souvent immoral d’un

personnage qui se cogne à la vie.

2 : les romans de Zola vont tenter d’approcher de façon différente la narration et la

construction du personnage : c’est l’approche naturaliste qui prétend faire du romancier

un expérimentateur qui se contente d’observer ses personnages en action dans un

milieu. Gervais, dans l’Assommoir, ira de souffrance en déception et finira par la

déchéance, sous les yeux d’un lecteur qui accompagne ce destin tragique.

3 : le roman historique : Balzac ou l’historien du XIXème siècle. Dans le Père Goriot,

l’auteur de la Comédie Humaine se livre à une peinture des mœurs de son époque mais

il le fait par des personnages qui vivent de passions : passion de l’argent et du meurtre

(Vautrin), de l’amour du pouvoir (Lucien de Nucingen) mais passion.

III. Le XXème siècle, le Nouveau Roman et ses tâtonnements : l’absence de

personnage.

1 : Camus, l’Étranger ou l’absence de passion. Après avoir assassiné l’Arabe sur la page

parce qu’il faisait « chaud », Meursault est jugé et c’est parce qu’il n’a pas pleuré à

l’enterrement de sa mère qu’il est condamné. Pour insensibilité ; Personnage dénué de

passion, l’Étranger saisit pourtant le lecteur par son étrangeté.

2 : par ailleurs, le Nouveau Roman va proposer des pistes par lesquelles le roman va

tenter de se renouveler. Le personnage doit renvoyer au lecteur une image de ce qu’il

est lui-même. Sarraute dans l’ère du soupçon, visait ce but : que le personnage de roman

devienne un être de papier si vivant qu’il rende compte de tous les états d’âmes que

l’on put ressentir.

3 : le roman n’est pas nécessairement récit de souffrance, de passion ni de passions : il

peut être aussi l’occasion pour le lecteur de découvrir l’aspect foisonnant de la vie réelle,

la richesse du monde : Les Faux-Monnayeurs de Gide se présente comme un formidable

jeu de piste dans lequel les points de vue, les personnages et les péripéties se croisent

et s’emmêlent. Pas un personnage unique qui vit des passions mais des personnages

multiples qui vivent leurs passions.

3. Invention

Imaginez la rencontre de Renée et de la Princesse de Clèves. Chacune défend sa

conception de l’amour. Écrivez, en une cinquantaine de lignes, leur dialogue

argumentatif. 

- Nous voilà en un lieu fort propice à la réflexion, Princesse, et la claire obscurité

du parc de ce couvent nous offre la chance de pouvoir nous parler à cœur ouvert.

Nous partageons une passion, une souffrance, celle d’avoir aimé. Sans pouvoir

le faire vraiment. Nous avons vieilli, désormais, mais pour ma part, la blessure est

toujours là sur mon cœur, sous la forme de cette lettre que je porte encore, copie

de la dernière que j’adressai à ma rivale.

La Princesse pencha doucement la tête en ce mouvement gracieux dont le duc de

Nemours s’était épris, il y avait de cela si longtemps. Elle se sentait prête, en cette soirée

de juin, à se laisser aller à des confidences. Et la douceur de savoir que sa souffrance

serait partagée, enfin, l’inclinait à parler.

- Je crois que l’amour est une passion, ma chère, une souffrance terrible et qu’une

femme honnête doit éviter à tout prix. Pour moi, il m’a fait souffrir plus qu’il ne

m’a rendue heureuse, déclara la princesse.

- Et pourtant, voudriez-vous ne l’avoir pas connu, cet amour malheureux ?

La Princesse hésita quelques instants.

- Non, souffla-t-elle.

Une brise légère agitait les feuilles des chênes séculaires qui avaient assisté avec

bienveillance à des amours naissantes et recueillaient ce soir-là des confidences

attristées.

- J’ai sacrifié, pour le bonheur de celui que j’aimais, mon propre bonheur, et je ne

le regrette pas. Il le fallait, je l’ai fait. Son épouse attendait un enfant, je n’étais

plus à ma place.

- Votre place, reprit la Princesse, amère. Je n’ai jamais su quelle était ma place :

aux côtés de mon mari ? Auprès de Monsieur de Nemours ? Auprès de celui que

j’aimais en réalité. Mais le mariage et l’amour sont différents.

- Vous avez raison, Princesse, répondit Delphine. On ne se marie pas par amour.

Et l’on n’aime pas par raison. 

La Princesse prit doucement le bras de Delphine qui se laissa aller à ce geste d’amitié.

Le partage de deux solitudes.

- Je me suis sacrifiée, je me suis oubliée moi-même.

- Pourtant, est-ce là la définition de l’amour ? S’oublier ? Se sacrifier ? s’exclama la

Princesse. J’ai moi aussi sacrifié à la morale, pour ne pas bafouer mon époux qui

était mort. Et qu’ai-je vécu ? La solitude ; les affres du désespoir ; la lutte de mon

cœur et de mon esprit. L’amour, n’est-ce pas la réunion du corps et de l’âme ?

- Je le croyais. Mais je crois aujourd’hui que l’amour c’est la désunion de l’être.

Qu’aimer, c’est se perdre. Je lisais quelque part que les Stoïciens visaient

l’ataraxie : l’absence de passions. C’est ainsi que je vis aujourd’hui. Sans passion,

sans amour, mais sans tristesse. Je n’attends plus une lettre de mon aimé. Je

n’attends pas un regard. Je ne cherche pas à la voir, le sentir. Je suis calme.

- Mais quel ennui … j’aime toujours le duc de Nemours et ne cesserai de l’aimer,

jusqu’au dernier jour. Je pense que c’est cela l’amour : une marque, indélébile et

qui reste à l’âme, comme une cicatrice.

Dans la nuit, deux femmes s’éloignaient. On devinait la blancheur de leurs robes qui

traînaient ; leur pas semblait mélancolique et dans la lumière bleue de la lune, leurs

ombres s’étiraient dans le jardin du vieux couvent.

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