Corrigé Français - Bac L Liban 2016

Corrigé Français - Bac L Liban 2016

Découvrez le corrigé de Français du Bac L du Liban 2016.

Notre professeur de français a tout d'abord répondu à la question de corpus "Quelles images de la liberté ces textes représentent-ils ?", puis a rédigé tous les travaux d'écriture, à savoir le commentaire de texte de Pascal Quignard, la dissertation "Comment la littérature invite-t-elle à une réflexion sur les choix de vie ?" et vous explique ce qu'il fallait faire pour l'écriture d'invention.

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Corrigé Français - Bac L Liban 2016

Quiz de Français :

Quelle métaphore surréaliste célèbre Eluard a-t-il écrite ?

  • A.La terre est bleue comme une orange
  • B.La terre est orange comme une planète
  • C.La terre est ronde comme une orange
  • D.La terre est bleue comme une ciel
Répondre aux 10 questions Voir tous les Quiz de Français

Le contenu du document

 

 

QUESTION DE CORPUS

Quelles images de la liberté ces textes présentent-ils ?

Le corpus qui nous est présenté se compose de quatre textes : une fable de La Fontaine, "le Loup et le chien" (texte A), un extrait des Caprices de Mariane d'Alfred de Musset (texte B), une chanson de Brassens, "les Oiseaux de passage" (texte C), et un extrait du roman Tous les matins du monde, de Pascal Quignard (texte D). Ces quatre textes proposent différentes images de la liberté.

La liberté est tout d'abord liée à l'errance et au voyage. Ainsi, dans "le Loup et le Chien", le loup préfère renoncer à tous les bienfaits que le chien lui propose (nourriture, amour du maître), pour éviter d'être mis à l'attache. De même, dans "les Oiseaux de passage", les oiseaux qui volent dans le ciel, qui se risquent à aller vers des horizons lointains, sont perçus de manière positive, et décrits en contraste avec les oiseaux de basse cour, métaphore des bourgeois, qui vivent tranquillement, et sans se déplacer. Enfin, dans l'extrait des Caprices de Mariane, Octave apparaît plus libre que Coelio, en partie parce qu'il a délaissé sa maison pendant toute une semaine pour se livrer à l'errance carnavalesque.

Par ailleurs, la liberté est liée au refus de l'obéissance. Ainsi, dans le texte de Quignard (texte D), le refus de Monsieur de Sainte Colombe de rejoindre la cour du roi est en partie lié à l'ordre qu'il en reçoit ; de même, le loup de la Fontaine (texte A) devrait accepter d'obéir au maître, ce qu'il refuse, tout comme les oiseaux en plein vol de Brassens ne pourraient se résoudre à devenir des animaux de basse-cour.

Enfin, la liberté rejoint le renoncement aux biens matériels, ainsi qu'au sentiment amoureux. Par exemple, dans le texte de Musset, Octave est plus libre que le malheureux Coelio, rendu mélancolique par son amour impossible pour Mariane. De même, dans la fable de La Fontaine, le loup renonce volontiers aux biens matériels, incarnés par la perspective de la nourriture, comme à l'amour d'un maître qui lui caressera la tête, pour pouvoir vivre libre. Enfin, Monsieur de Sainte Colombe renonce à l'attrait de la cour, à ses richesses et à sa gloire, pour être libre dans sa musique. Mais le texte des "Oiseaux de passage" de Brassens précise que ceci n'est pas un renoncement à l'idée de l'amour : "Ces pauvres gens ont aussi femme et mère / Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux" (lignes 30 et 31).

 

TRAVAUX D'ECRITURE

SUJET D'INVENTION

  • Le sujet vous propose d'écrire une fable, en prose ou en vers libre. Vous devrez donc veiller à respecter les caractéristiques de la fable : décidez d'une morale à défendre avant de commencer l'écriture, veillez à ce que vos personnages soient la métaphore d'une qualité, d'une position sociale, etc.
     
  • Le sujet, qui fait intervenir le personnage du chat pour nuancer les propos du loup, appelle à l'argumentation. Mettez en place les outils de l'argumentation dans votre texte : conviction, persuasion, usage de figures de style caractéristiques, etc.
     
  • Le loup devra défendre son point de vue : il s'agit donc de mettre dans sa bouche un argumentaire pour la liberté, envers et contre tout, qui répondra aux critiques du chat.

 

 

DISSERTATION

Comment la littérature invite-t-elle à une réflexion sur les choix de vie ?

Pour répondre à ce sujet :

  • Vous deviez définir "choix de vie" au-delà du concept de liberté, illustré dans les textes du corpus. Les choix de vie peuvent inclure l'amour, la moralité. Cependant, vous pouviez bien entendu illustrer votre développement grâce aux textes du corpus.
     
  • Vous deviez considérer la littérature dans son ensemble, en considérant différents genres littéraires : le roman, le théâtre, la poésie, le texte argumentatif.
     
  • Bien que le sujet implique le lecteur, dans la mesure où la "réflexion" à laquelle la littérature invite est sienne, vous deviez bien penser le texte écrit, et non sa réception – ce qui serait hors sujet, et qui plus est bien subjectif.

 

 

Introduction

La littérature, dans la diversité de ses genres, invite régulièrement son lecteur à questionner ses choix de vie, en mettant en scène des personnages en proie à ces choix, ou défendant l'un de ces choix, à propos de moralité, d'amour, de travail, etc. Dépassant l'exemple, les formes de l'argumentation littéraire invitent directement à penser les choix de vie, et incitent le lecteur à une mise en acte.

Comment la littérature invite-t-elle à une réflexion sur les choix de vie ?

Après avoir pensé l'illustration du choix de vie en littérature, nous verrons qu'une forme de littérature argumentative se donne pour objectif de convaincre le lecteur à acter ses choix de vie. Enfin, une certaine tradition littéraire pense le non-choix de vie comme un choix, ou une nécessité.

 

La littérature propose des illustrations de choix de vie pour inviter à une réflexion

A. L'exemple et le contre-exemple

La littérature est parsemée d'exemples de choix de vie, défendus par des personnages, et au-delà, par des auteurs.

Exemple de la littérature courtoise : la littérature courtoise présente des modèles de conduite exemplaire. (ex. Yvain et le chevalier au lion, de Chrétien de Troyes).

Exemple de la Princesse de Clèves de Madame de Lafayette : l'auteure décrit une femme en proie au doute, mais qui fait le choix de la conduite morale par-delà son sentiment amoureux.

 

La littérature fourmille également de contre exemples : elle décrit des choix de vie à ne pas reproduire, afin d'inviter son lecteur à une réflexion.

Exemple : les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. L'auteur présente la déchéance de ses héros libertins, et particulièrement de la marquise de Merteuil, pour inciter son lecteur à la moralité, et décrier le libertinage.

Exemple : Dom Juan de Molière. Molière met en scène un Dom Juan incapable de rédemption, et bravant les interdits divins, afin de décrier la conduite libertine.

 

B. Présenter la diversité des choix de vie

D'autres oeuvres, sans n'effectuer aucun jugement de valeur, présentent différents choix de vie.

C'est le cas de Musset, dans le texte B de notre corpus, extrait des Caprices de Mariane.

 

C.Le réalisme et le choix de vie non acté

La littérature décrivant les choix de vie prend un parti romanesque : celui de décrire des situations parfois éloignées du réalisme, plus romanesques, afin de décrire des choix de vie des personnages. Le mouvement romanesque du réalisme, au XIXème siècle, prend le contrepied de ce parti : certains auteurs décrivent des personnages réalistes, en ce qu'ils ne prennent pas de choix de vie déterminants, et le regrettent leur vie durant.

Exemple : Madame Bovary de Flaubert. Le personnage d'Emma s'avère incapable de faire les bons choix : en épousant Charles, elle pensait échapper à sa condition sociale ; en ne parvenant pas à séduire Rodolphe, elle échoue dans son destin romantique, etc.

Exemple : l'Education sentimentale de Flaubert. Frédéric veut vivre de grandes choses, mais dans l'excipit du roman, il se rappelle d'un moment anodin en proclamant : "C'est là ce que nous avons eu de meilleur !"

 

II.Mais la littérature argumente également pour inviter le lecteur à prendre certains choix de vie

Au-delà de la mise en scène de personnages effectuant leurs choix de vie, la littérature argumente également, afin d'impliquer plus directement le lecteur et de lui permettre de penser ses propres choix de vie.

 

A. Décrire le bon choix de vie

C'est le cas par exemple de la tradition de la littérature humaniste avec le thème de l'éducation :

Exemple : Montaigne, les Essais, "De l'éducation des enfants

Exemple : Rabelais, Gargantua, la bonne et la mauvaise éducation

 

B. Plaider pour le choix de la moralité

Toute une littérature de l'argumentation plaide pour la moralité.

Exemple : Victor Hugo, Claude Gueux

Exemple : La Fontaine, les Fables, par exemple "Le loup et l'agneau"

 

C.Plaider pour l'engagement dans le monde

Enfin, une forme de littérature engagée invite le lecteur à prendre des choix de vie concret. Elle plaide pour l'engagement du lecteur dans le monde. C'est le cas par exemple de la poésie engagée, durant la seconde guerre mondiale.

Exemple : "Liberté" de Paul Eluard

Exemple : "Couplets de la rue Saint Martin" de Robert Desnos

 

III.La littérature permet de penser l'impossibilité du choix de vie

En revanche, une certaine littérature invite à penser l'impossibilité du choix de vie, et le tragique qui en résulte.

 

A. La fatalité

Toute une littérature de la fatalité montre des personnages dont les désirs ne pourront jamais être satisfaits. Le roman ou la pièce de théâtre montre alors ces personnages oeuvrant en vue de la réalisation de leurs désirs, et se heurtant à l'impossibilité d'accomplir ces choix.

Exemple : le théâtre classique, par exemple Phèdre de Racine.

Exemple : le réalisme social, par exemple l'Assomoir ou Germinal de Zola.

 

B. Le dilemme

Le dilemme entre deux choix de vie montre, au contraire, la contradiction entre deux choix de vie opposés, et la nécessité de choisir... entre ses choix de vie !

L'exemple type est bien sûr le dilemme cornélien, par exemple le choix de Rodrigue entre honneur et amour, dans le Cid.

 

C.Le non-choix

Enfin, toute une littérature du XXème siècle permet de penser le choix du non choix. C'est le cas bien sûr du théâtre de l'absurde : par exemple En attendant Godot ou Oh ! Les beaux jours de Samuel Beckett.

C'est aussi le cas du personnage de Meursault dans l'Etranger d'Albert Camus, qui fait le choix de ne pas s'engager au monde.

 

Conclusion

La littérature, dans tous ses genres et toute sa diversité, invite le lecteur à une réflexion sur les choix de vie. Donnant traditionnellement l'exemple du bon choix de vie, ou au contraire celui du mauvais, la littérature de l'argumentation veut convaincre son lecteur d'acter ses choix de vie ; tandis qu'une certaine littérature pense l'absence du choix.

 

COMMENTAIRE COMPOSE

Vous commenterez le texte de Pascal Quignard (texte D)

 

Introduction

Dans Tous les matins du monde, publié en 1991, le romancier Pascal Quignard revient sur l'histoire de deux musiciens célèbres du XVIIème siècle, M. de Sainte Colombe et Marin Marais. L'extrait qui sera l'objet de notre étude est une scène opposant M. de Sainte Colombe à deux personnages envoyés par le roi, monsieur Caignet et l'abbé Mathieu, venus convaincre le célèbre musicien, qui vit retiré à la campagne, de rejoindre la Cour. A cette demande, M. de Sainte Colombe réagit violemment, défendant des idéaux de simplicité et d'absolu face à l'opulence et à la mode, représentée par le monde des courtisans. Ce faisant, il relie sa conception de la musique à trois idéaux.

Quels sont les idéaux incarnés et défendus par le personnage de M. De Sainte Colombe ?

Résistant à l'obligation sociale pour prouver sa liberté, M. De Sainte Colombe conçoit la musique comme un absolu, et non comme un apparât. Ce faisant, il apparaît comme le véritable personnage religieux du texte.

 

I. La liberté contre l'obligation sociale

A. Echapper aux ordres royaux

Monsieur de Sainte Colombe défend un idéal de liberté, dans la mesure où il refuse d'obéir aux ordres royaux.

  • Omniprésence du roi dans le texte, à travers le champ lexical de la royauté : "roi" l. 1, "carosse" l. 5, "les empereurs ou les princes" l. 14, "Seigneur" l. 16, "roi" et "cour" ligne 17, "palais" l. 35, "roi" l.48, etc.
     
  • Le roi est lié à l'idée d'obligation : à la ligne 1, il est mécontent de ne pas "posséder Monsieur de Sainte Colombe", ce qui objectifie l'individu qu'est Sainte Colombe ; il doit être "obéi" ligne 3, il "renvoya" ligne 4, et le carosse, symbole royal, "menait" les deux hommes entourés de deux "officiers", symboles du maintien de l'ordre, à la ligne 5.
     
  • Le roi est celui à qui revient le dernier mot : ainsi, quand ses deux émissaires rentrent bredouille, c'est lui qui "dit qu'on laissât en paix le musicien", ligne 49.

 

 

B. L'individu contre le groupe

Monsieur de Sainte Colombe incarne également la liberté dans la mesure où il défend son individualité, contre la pression du groupe.

  • Contraste entre "les musiciens et les poètes" dans le discours de l'abbé (l. 13) et la position de Sainte Colombe, illustre son individualité par rapport au groupe des artistes cherchant la reconnaissance
     
  • ligne 22 à 24, anaphore des "Je préfère" répétés trois fois, pour marquer son refus d'aller à la cour + contraste entre les pronoms personnel et les possessifs de première personne, et ceux désignant le roi et sa cour
     
  • Assimilation de soi même à la mode : "Votre fraise est passée de mode..." déclare l'abbé à la ligne 19. La suspension marque l'interruption violente du discours par Sainte Colombe, qui utilise la mode comme métaphore pour montrer son inadaptation au monde courtisan : "... c'est moi qui suis passé de mode"

 

 

C. Le choix de la pauvreté, contre l'opulence

  • L'abbé est caractérisé par l'opulence : ligne 6 description de sa tenue, énumération ternaire avec gradation dans les syllabes (7/11/11) et augmentation progressive des compléments du nom, décrit l'abondance et la richesse de sa tenue
     
  • Le champ lexical de la richesse ("satin", "dentelles", "diamants"...) est antithétique du champ lexical des animaux campagnards, qui désigne Sainte Colombe : dindons, poules, poissons, souris...
     
  • C'est la richesse et la pauvreté qui opposent drastiquement les personnages de Sainte Colombe et de l'abbé. Ligne 8 à 11, le parallélisme de construction les oppose : "L'abbé Mathieu, devant la cheminée, posa ses mains garnies de bagues sur sa canne en bois rouge à pommeau d'argent. Monsieur de Sainte Colombe, devant la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin, posa ses mains nues sur le dossier d'une chaise étroite et haute". Ici, les deux compléments circonstanciels de lieu en viennent à incarner les personnages : la cheminée devant laquelle se tient l'abbé est signe d'intériorité et d'opulence, alors que Sainte Colombe se tient devant le jardin, le naturel, la simplicité. Les mains de l'abbé sont "couvertes de bagues", signe d'opulence, celles de Sainte Colombe sont nues (l'image des mains est reprise tout au long du texte). Enfin, l'abbé pose ses mains sur une canne luxueuse (bois rouge, pommeau d'argent), les deux compléments du nom soulignent cette opulence ; alors que Sainte Colombe s'appuie sur un accessoire dénudé.

 

 

II. L'art comme absolu, et non comme objet de reconnaissance et d'admiration

A. La nécessaire reconnaissance de l'art des courtisans

La cour est un univers de reconnaissance. Dans le discours des deux émissaires royaux, le musicien a besoin d'être reconnu pour être un véritable artiste : "Les musiciens et les poètes de l'Antiquité aimaient la gloire et ils pleuraient quand les empereurs ou les princes les tenaient éloignés de leur présence" : notez ici le parallélisme entre les deux sujets doubles, qui met "les musiciens et les poètes" sur le même plan que "les empereurs ou les princes", sans lesquels ils ne pourraient pas exister.

Les émissaires accusent Sainte Colombe de gâcher son talent : "Vous cachez un talent qui vous vient de Notre Seigneur" : ici la référence au Christ devient une référence à l'oppression du pouvoir royal. Ils l'accusent également de "détresse orgueilleuse", ce qui est un oxymore.

Le refus de Sainte Colombe de rejoindre l'univers de la Cour est l'objet d'une condamnation à mort ; "Vous mourrez desséché comme une petite souris au fond de votre cabinet de planches, sans être connu de personne". Ici, la comparaison "comme une petite souris" rejoint le lexique animalier qui qualifie Sainte Colombe (qui porte par ailleurs le nom d'un animal).

Cette mention du déssèchement entre en antithèse avec la condamnation suivante, qui évoque au contraire la noyade : "Vous allez pourir dans votre boue, dans l'horreur des banlieues, noyé dans votre ruisseau". L'idée de la noyade dans le ruisseau, tout comme la référence à la banlieue, est une référence à l'humilité qui caractérise Sainte Colombe.


B. La révolte de Monsieur de Sainte Colombe

Face aux accusations, Sainte Colombe se révolte avec violence :

  • Champ lexical du cri : "s'écria", "cria encore", "hurlant de nouveau", etc
  • Bris de la chaise, qui était le symbole de son individualité, sur le manteau de cheminée, devant lequel se tenait l'abbé
  • Comparaison implicite des visiteurs à des porcs l. 24

 

 

C. Le parti pris pour l'art comme absolu

Sainte Colombe prend parti pour l'art comme absolu : "Votre palais est plus petit qu'une cabane et votre public est moins qu'une personne" : deux comparaisons, l'une positive l'autre négative ("plus" antithèse de "moins"), chacune comparant deux termes antithétiques, le premier connotant toujours la grandeur et renvoyant à la cour, le deuxième connotant l'humilité et renvoyant à la personne de Sainte Colombe.

Le musicien renvoie à la vanité du palais et du public, face à la grandeur de la musique jouée dans une cabane, pour une seule personne. Son art se passe de reconnaissance.

 

Sainte Colombe ne joue pas pour être reconnu, mais en soi, comme absolu. En cela, son art renvoie à la religion.

 

III. La véritable sainteté contre la religiosité d'apparât

A. La conception courtisane de la religion

La conception courtisane de la religion renvoie à la richesse : cf. Champ lexical de la richesse et de l'opulence.

Elle renvoie également à l'obéissance : ainsi, l'abbé Mathieu obéit au roi, et espère que Sainte Colombe lui obéira à son tour.

De même, le Dieu de l'abbé Mathieu est le "Seigneur", ce qui connote une idée de hiérarchie sociale. Enfin, le nom même de Mathieu renvoie à l'apôtre de Jésus, et donc à une personne qui s'était rangée derrière le Christ.

 

B. La symbolique religieuse dans le texte se rapporte à Sainte Colombe

En revanche, la véritable symbolique religieuse se rapporte à Sainte Colombe, faisant du musicien le véritable saint du texte, au contraire de l'abbé :

  • Thématique de l'humilité, contre la richesse de l'Eglise dogmatique
     
  • Onomastique : Sainte Colombe, idée de sainteté + la colombe incarne l'esprit saint ; Madeleine, sa fille, est le prénom de la pécheresse qui incarne l'humilité, puisqu'elle lave les pieds du Christ et les sèche avec ses cheveux. De même, Toinette, prénom abrégé, connote l'humilité
     
  • La solitude du personnage, envers et contre tous, rappelle la figure de l'ermite saint
     
  • La prédiction de Sainte Colombe, aux lignes 46 et 47, rappelle les paroles christiques....
     
  • ... tout comme le champ lexical de l'eau qu'il convoque, et l'appel à la salvation

 

 

C. L'image de la main

La main, main qui bénit, main qui baptise, est une image récurrente du texte. Celle de Sainte Colombe évoque l'humilité et la simplicité christique, et elle est reliée directement à l'instrument qu'il joue.

Au contraire, les mains des émissaires sont gantées ou couvertes de bijoux : spoliées.

 

Conclusion

Ainsi, le personnage de M. de Sainte Colombe incarne des idéaux de liberté, d'art comme absolu, et de sainteté. Ces trois vertus, que le romancier relie à la pureté de la conception musicale de Sainte Colombe, qualifient en réalité l'art en général : la littérature comme la musique, comme nous le comprenons à la ligne 13, qui met en parallèle musiciens et poètes.

En écrivant le scénario de Tous les matins du monde pour son adaptation au cinéma par Alain Corneau, Pascal Quignard incluera le cinéma dans cette conception de l'art pur.

Fin de l'extrait

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