Mise en abyme, mise en abîme : définition - Français - Première L

Mise en abyme, mise en abîme : définition - Français - Première L

DigiSchool Bac L met à votre disposition aujourd'hui un cours de français sur la mise en abyme ou mise en abîme, rédigé exclusivement pour vous par notre professeur de première L.

Vous étudierez dans un premier temps les origines de cette expression et l'explication de la mise en abyme puis les intérêts de celle-ci avant de conclure sur ce cours.

Vous pouvez télécharger ce cours de français sur la mise en abyme / mise en abîme de 1ère L gratuitement ci-dessous.

Mise en abyme, mise en abîme : définition - Français - Première L

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Présentation : La mise en abyme est un procédé artistique, qui s'applique à des champs de l'art différents, comme ceux de la littérature, du cinéma, de la peinture, de la photographie … Nous allons étudier ce procédé dans un court dossier composé de deux fiches.

Cette première fiche sera composée d'une définition de la mise en abyme, notamment en tant que procédé littéraire. En outre, nous expliquerons quelle est l'origine de cette expression et quel est l'intérêt de ce procédé littéraire ainsi que les effets qu'il produit.

I. Origines de l'expression 

L'expression mise en abîme peut aussi s'écrire mise en abyme. La faute à ne pas commettre quant à cette orthographe est d'attribuer un -y- au verbe mettre (*myse / mise). En outre, quand vous avez recours à cette expression, il peut paraître judicieux de l'écrire d'une seule et même façon au sein de votre copie.

Cette expression a été employée pour la première fois et donc créée par André Gide, un auteur des 19 è et 20 è siècle (ayant notamment gagné un Prix Nobel de littérature).

En effet, ce dernier a écrit, en 1893 dans son Journal :

« J'aime assez qu'en une œuvre d'art on retrouve ainsi transposé, à l'échelle des personnages, le sujet même de cette œuvre ». 

II. Explication de l'expression 

La citation d'André Gide parle d'elle-même. Néanmoins, nous pouvons l'expliquer davantage pour être certain(es) de l'avoir réellement comprise.

  • « une œuvre d'art » : livre, peinture, représentation théâtrale, film, photographie, sculpture ….
  • « transposé » : changé de place, de position, de rang …
  • « à l'échelle des personnages » : au sein de l'intrigue, dans la vie des personnages (fictionnels) et non dans la réalité.
  • « le sujet même de cette œuvre » : ce dont parle l'œuvre, ce qu'elle nous montre. Exemple : autoportrait, photo de deux personnes, histoire d'amour ...

Paraphrase 

J'aime assez qu'on reconnaisse, qu'on retrouve, dans une œuvre d'art (comme un livre, une peinture, un film etc.), l'œuvre d'art elle-même, c'est-à-dire le fait qu'elle existe en tant qu'œuvre d'art et possède un sujet.

L'œuvre est donc démultipliée à plusieurs échelles. En effet, on perçoit l'œuvre à l'échelle de l'œuvre entière (exemple : le livre Les Faux-Monnayeurs, André Gide) mais aussi de ses personnages (exemple : un personnage écrivain, Édouard, écrit un livre, qui s'intitule exactement comme celui dans lequel il apparaît : Les Faux-Monnayeurs).

Il s'agit en quelques sortes d'un clin d'œil à la personne qui lit ou regarde l'œuvre.

III. Définition littéraire 

La mise en abyme est un procédé littéraire (= une stratégie d'écriture) qui instaure, au sein du texte, des éléments qui réfèrent directement au texte et à son écriture.

Plus généralement, par extension, notamment au cinéma, on peut avoir recours au terme de mise en abyme lorsque l'œuvre que nous consultons représente la création d'une œuvre du même type que celle que nous sommes en train de regarder.

Intérêts et effets 

En général, il s'agit pour l'artiste de faire réfléchir au processus de création et au fait que cette dernière entretient des relations avec le réel.

Rappel : le processus de création 

L'œuvre est à la fois, dans une certaine mesure, une représentation du réel mais aussi une invention d'un nouveau réel (Exemple : Harry Potter).

Cette invention se crée en association avec la réalité puisque l'œuvre d'art n'existe pas sans le spectateur et/ou lecteur.

Chaque œuvre a au moins un destinataire, même si ce dernier est l'auteur même de l'œuvre.

On peut alors retenir ces intérêts/effets majeurs :

  • instaurer un clin d'œil (de l'auteur) vis-à-vis du lecteur.
  • Amener à réfléchir sur le processus de création. Dans Les Faux-Monnayeurs (d'André Gide),  le lecteur a accès aux notes d'Edouard (le personnage écrivant un livre justement appelé Les Faux-Monnayeurs) par rapport à son geste de création, d'écriture. En fait, les notes d'Edouard sont représentatives de celles de Gide. Le lecteur est alors mêlé indirectement à l'acte de création puisqu'il a accès à certains éléments relatifs à ce dernier.
  • Se peindre. Selon ce que nous venons de définir dans le précédent point, alors qu'il écrit son œuvre, l'auteur Gide devient, dans une certaine mesure, le personnage de son œuvre. En effet, on retrouve Gide dans le personnage d'Édouard.
  • Partager ses doutes, ses intentions quant à la création. Par exemple, un personnage de film qui joue le rôle d'un acteur peut partager ses doutes quant à son travail en tant qu'acteur, quant à son jeu. D'une certaine façon, l'acteur se justifie, de façon préalable, quant aux possibles critiques qu'il pourrait recevoir.

Dans l'épilogue de La Tempête, on retrouve Shakespeare dans la figure de son personnage Prospéro. Ce dernier demande à être délivré « par le secours de (...) mains bienfaisantes » (= applaudissements du public et non critique) et évoque le fait qu'il faille « que votre souffle favorable [celui des autres personnages mais aussi du lecteur-spectateur] / Enfle mes voiles, ou mon projet échoue [celui de Prospéro mais aussi celui de Shakespeare, c'est-à-dire la réussite de son œuvre] ». De façon subtile, Shakespeare évoque alors son œuvre au sein même de l'oeuvre. Il réalise une mise en abyme, qui évoque les doutes qu'il a quant à la cohérence et réussite de La Tempête et invite le public à faire preuve de bienfaisance, de compréhension.

  • Rompre l'illusion de la réalité (notamment au théâtre). Par exemple, le fait de représenter des personnages qui sont des spectateurs (au sein de l'œuvre) nous invite à questionner les limites qu'il existe entre réalité et théâtre. La réalité n'est-elle pas un spectacle permanent, une représentation factice, une mise en scène (cf mise en scène de notre vie sur les réseaux sociaux, le mensonge qu'on établit en modifiant le réel, en écrivant/racontant une nouvelle réalité, le souvenir qui se joue et rejoue dans notre esprit comme une pièce de théâtre etc.) ? Pourquoi vouloir tant imiter le réel ?

Pour étudier quelques effets concrets de mise en abyme, appliqués à la vie quotidienne et à l'art, je vous invite à lire la deuxième fiche de ce petit dossier, dans laquelle seront commentés huit différents types de mise en abyme.

IV. Conclusion 

En réalisant une mise en abyme, l'auteur établit des clins d'œil selon lesquels les personnages connaissent aussi l'œuvre que nous sommes en train de regarder ou lire. Cela ne veut pas dire que les personnages sont conscients de faire partie de l'œuvre (que nous consultons) mais cela signifie que l'œuvre existe aussi dans leur réalité, c'est-à-dire dans le réel de la fiction inventée par l'auteur. De fait, l'œuvre est démultipliée à plusieurs échelles et le processus peut sembler infini. La mise en abyme est une démultiplication d'une réalité.

En outre, en ayant recours à un tel procédé, l'auteur assume le geste créateur qu'il fait et permet au lecteur et ou spectateur de prendre du recul vis-à-vis de l'œuvre et de se rappeler qu'elle est bien le résultat d'un processus de création et non le réel lui-même. 

Fin de l'extrait

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