Sujet Bac Blanc Français - Bac L Décembre 2017

Sujet Bac Blanc Français - Bac L Décembre 2017

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L'objet d'étude est "Écriture poétique et quête du sens du Moyen-Âge à nos jours". Vous devrez tout d'abord répondre à une question de corpus, puis choisir l'un des sujets d'écriture entre le commentaire composé, la dissertation, ou le sujet d'invention.

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Sujet Bac Blanc Français - Bac L Décembre 2017

Le contenu du document

 

 

L’usage du dictionnaire, de la calculatrice et de tout autre document est rigoureusement interdit.

 

TEXTE A : Les Rayons et les ombres, Victor Hugo, « Fonction du poète », 1840.

TEXTE B : Les Fleurs du mal, « La Beauté », Charles Baudelaire, 1857.

TEXTE C : Alfred de Musset, « Tristesse », 1840.

TEXTE D : Correspondances, Lettre de Gustave Flaubert à Charles Baudelaire, juillet 1857.

 

OBJET D’ETUDE : Ecriture poétique et quête du sens du Moyen-Age à nos jours.

ÉCRITURE

I. Vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

Ces quatre textes donnent-ils de la poésie une vision commune ?

 

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points) :  

1 : Commentaire.

Vous commenterez le texte B, « La Beauté », les Fleurs du mal, Charles Baudelaire, 1857.

 

2 : Dissertation

La poésie a-t-elle encore une place dans notre société ?

Vous vous appuierez sur les textes du corpus, les œuvres que vous avez étudiées en classe ainsi que sur vos lectures personnelles.

 

3 : Invention

Charles Baudelaire répond à Gustave Flaubert pour lui expliquer sa vision personnelle du travail du poète.

Votre réponse fera une cinquantaine de lignes. 

 

 

TEXTE A : Les Rayons et les ombres, Victor Hugo, « Fonction du poète », 1840.

Dieu le veut, dans les temps contraires,

Chacun travaille et chacun sert.

Malheur à qui dit à ses frères :

Je retourne dans le désert !

Malheur à qui prend ses sandales

Quand les haines et les scandales

Tourmentent le peuple agité !

Honte au penseur qui se mutile

Et s'en va, chanteur inutile,

Par la porte de la cité !

 

Le poète en des jours impies

Vient préparer des jours meilleurs.

ll est l'homme des utopies,

Les pieds ici, les yeux ailleurs.

C'est lui qui sur toutes les têtes,

En tout temps, pareil aux prophètes,

Dans sa main, où tout peut tenir,

Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,

Comme une torche qu'il secoue,

Faire flamboyer l'avenir !

 

Il voit, quand les peuples végètent !

Ses rêves, toujours pleins d'amour,

Sont faits des ombres que lui jettent

Les choses qui seront un jour.

On le raille. Qu'importe ! il pense.

Plus d'une âme inscrit en silence

Ce que la foule n'entend pas.

Il plaint ses contempteurs frivoles ;

Et maint faux sage à ses paroles

Rit tout haut et songe tout bas !

 

Peuples ! écoutez le poète !

Ecoutez le rêveur sacré !

Dans votre nuit, sans lui complète,

Lui seul a le front éclairé.

Des temps futurs perçant les ombres,

Lui seul distingue en leurs flancs sombres

Le germe qui n'est pas éclos.

Homme, il est doux comme une femme.

Dieu parle à voix basse à son âme

Comme aux forêts et comme aux flots.

 

C'est lui qui, malgré les épines,

L'envie et la dérision,

Marche, courbé dans vos ruines,

Ramassant la tradition.

De la tradition féconde

Sort tout ce qui couvre le monde,

Tout ce que le ciel peut bénir.

Toute idée, humaine ou divine,

Qui prend le passé pour racine,

A pour feuillage l'avenir.

 

Il rayonne ! il jette sa flamme

Sur l'éternelle vérité !

Il la fait resplendir pour l'âme

D'une merveilleuse clarté.

Il inonde de sa lumière

Ville et désert, Louvre et chaumière,

Et les plaines et les hauteurs ;

A tous d'en haut il la dévoile ;

Car la poésie est l'étoile

Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

 

 

TEXTE B : Les Fleurs du mal, « La Beauté », Charles Baudelaire, 1857.

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,

Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,

Est fait pour inspirer au poète un amour

Éternel et muet ainsi que la matière.

 

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;

J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;

Je hais le mouvement qui déplace les lignes,

Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

 

Les poètes, devant mes grandes attitudes,

Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,

Consumeront leurs jours en d'austères études ;

 

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,

De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :

Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

 

 

TEXTE C : Alfred de Musset, « Tristesse », 1840.

J'ai perdu ma force et ma vie,

Et mes amis et ma gaieté ;

J'ai perdu jusqu'à la fierté

Qui faisait croire à mon génie.

 

Quand j'ai connu la Vérité,

J'ai cru que c'était une amie ;

Quand je l'ai comprise et sentie,

J'en étais déjà dégoûté.

 

Et pourtant elle est éternelle,

Et ceux qui se sont passés d'elle

Ici-bas ont tout ignoré.

 

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.

Le seul bien qui me reste au monde

Est d'avoir quelquefois pleuré.


 

TEXTE D : Correspondances, Lettre de Gustave Flaubert à Charles Baudelaire, juillet 1857.

Mon cher ami,

J’ai d’abord dévoré votre volume d’un bout à l’autre, comme une cuisinière fait d’un feuilleton, et maintenant, depuis huit jours, je le relis, vers à vers, mot à mot et, franchement, cela me plaît et m’enchante. Vous avez trouvé le moyen de rajeunir le romantisme. Vous ne ressemblez à personne (ce qui est la première de toutes les qualités). L’originalité du style découle de la conception. La phrase est toute bourrée par l’idée, à en craquer. J’aime votre âpreté, avec ses délicatesses de langage, qui la font valoir comme des damasquinures sur une lame fine.

Voici les pièces qui m’ont le plus frappé : le sonnet XVIII : La Beauté ; c’est pour moi une œuvre de la plus haute (…) Ah ! vous comprenez l’embêtement de l’existence, vous ! Vous pouvez vous vanter de cela, sans orgueil. Je m’arrête dans mon énumération, car j’aurais l’air de copier la table de votre volume. Il faut que je vous dise pourtant que je raffole de la pièce LXXV, « Tristesses de la lune » : …

« Qui d’une main distraite et légère caresse

Avant de s’endormir, le contour de ses seins… »

Quant aux critiques, je ne vous en fais aucune, parce que je ne suis pas sûr de les penser moi-même, dans un quart d’heure. J’ai, en un mot, peur de dire des inepties, dont j’aurais un remords immédiat. Quand je vous reverrai cet hiver, à Paris, je vous poserai seulement, sous forme dubitative et modeste, quelques questions. En résumé, ce qui me plaît avant tout dans votre livre, c’est que l’Art y prédomine. Et puis vous chantez la chair sans l’aimer, d’une façon triste et détachée qui m’est sympathique. Vous êtes résistant comme le marbre et pénétrant comme un brouillard d’Angleterre.

Encore une fois, mille remerciements du cadeau ; je vous serre la main très fort.

À vous.

Fin de l'extrait

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