Sujet Français - Bac L Liban 2016

Sujet Français - Bac L Liban 2016

Découvrez le sujet de Français du Bac L du Liban 2016.

Cette année, l'objet d'étude était "La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIè siècle à nos jours". Le corpus de documents comportait 4 textes : Le Loup et le Chien de Jean de La Fontaine, Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset, Les Oiseaux de passage de Georges Brassens, et Tous les matins du monde de Pascal Quignard. Parmi les travaux d'écriture, le choix se porte entre le commentaire de texte de Pascal Quignard, une dossertation sur "Comment la littérature invite-t-elle à une réflexion sur les choix de vie ?" et une écriture d'invention basée sur la fable de Jean de La Fontaine.

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Sujet Français - Bac L Liban 2016

Quiz de Français :

Quelle métaphore surréaliste célèbre Eluard a-t-il écrite ?

  • A.La terre est bleue comme une orange
  • B.La terre est orange comme une planète
  • C.La terre est ronde comme une orange
  • D.La terre est bleue comme une ciel
Répondre aux 10 questions Voir tous les Quiz de Français

Le contenu du document

 

Texte A – Jean de La Fontaine, Fables, 1666.

Le Loup et le Chien

Un loup n'avait que les os et la peau,

Tant les chiens faisaient bonne garde.

Ce loup rencontre un dogue1 aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.

L'attaquer, le mettre en quartiers, Sire loup l'eût fait volontiers ; Mais il fallait livrer bataille,

Et le mâtin3 était de taille

A se défendre hardiment.

Le loup donc l'aborde humblement, Entre en propos, et lui fait compliment Sur son embonpoint, qu'il admire.

« Il ne tiendra qu'à vous beau sire, D'être aussi gras que moi, lui repartit le chien.

Quittez les bois, vous ferez bien : Vos pareils y sont misérables, Cancres, hères, et pauvres diables4,

Dont la condition est de mourir de faim.

Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :

Tout à la pointe de l'épée.

Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »

Le loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?

- Presque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens Portants bâtons, et mendiants ;

Flatter ceux du logis, à son maître complaire : Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs6 de toutes les façons : Os de poulets, os de pigeons, Sans parler de mainte caresse. »

Le loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.

« Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose. - Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

- Attaché ? dit le loup : vous ne courez donc pas

Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ? - Il importe si bien, que de tous vos repas

1 Dogue : chien de chasse et de garde.

2 Fourvoyé par mégarde : égaré par erreur.

3 Mâtin : race de chien puissant, ou gros chien de garde.

4 Cancres, hères et pauvres diables : personnes paresseuses, hommes misérables et qui inspirent de la pitié. 5 Lippée : nourriture, repas.

6 Force reliefs : beaucoup de restes.

7 Se forger : s’inventer, s’imaginer.

 

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »

Cela dit, maître loup s'enfuit, et court encor.

 

 

Texte B – Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, Acte I scène 1, 1833. Amoureux d’une femme mariée, Marianne, Coelio vient demander son aide à son ami Octave.

CŒLIO. (...) (On entend un bruit d’instruments.) Quelle est cette mascarade ? N’est-ce pas Octave que j’aperçois ?

Entre Octave.

OCTAVE. Comment se porte, mon bon monsieur, cette gracieuse mélancolie ? CŒLIO.Octave!ôfouquetues!tuasunpiedderouge1 surlesjoues!—D’où te vient cet accoutrement ? N’as-tu pas de honte, en plein jour ?

OCTAVE. Ô Cœlio ! fou que tu es ! tu as un pied de blanc sur les joues ! — D’où te vient ce large habit noir ? N’as-tu pas de honte, en plein carnaval ?

CŒLIO. Quelle vie que la tienne ! Ou tu es gris2, ou je le suis moi-même.

OCTAVE. Ou tu es amoureux, ou je le suis moi-même.

CŒLIO. Plus que jamais de la belle Marianne.

OCTAVE. Plus que jamais de vin de Chypre.

CŒLIO. J’allais chez toi quand je t’ai rencontré.

OCTAVE. Et moi aussi j’allais chez moi. Comment se porte ma maison ? il y a huit jours que je ne l’ai vue.

CŒLIO. J’ai un service à te demander.

OCTAVE. Parle, Cœlio, mon cher enfant. Veux-tu de l’argent ? je n’en ai plus. Veux-tu des conseils ? Je suis ivre. Veux-tu mon épée ? voilà une batte d’arlequin3. Parle, parle, dispose de moi.

CŒLIO. Combien de temps cela durera-t-il ? Huit jours hors de chez toi ! Tu te tueras,

Octave.

OCTAVE. Jamais de ma propre main, mon ami, jamais ; j’aimerais mieux mourir que d’attenter à mes jours.

CŒLIO. Et n’est-ce pas un suicide comme un autre, que la vie que tu mènes !

OCTAVE. Figure-toi un danseur de corde4, en brodequins5 d’argent, le balancier au poing,suspendu entre le ciel et la terre ; à droite et à gauche, de vieilles petites figures racornies6, de maigres et pâles fantômes, des créanciers7 agiles, des parents et des courtisans ; toute une légion de monstres se suspendent à son manteau et le tiraillent de tous côtés pour lui faire perdre l’équilibre ; des phrases redondantes, de grands mots enchâssés cavalcadent autour de lui ; une nuée de prédictions sinistres l’aveugle de ses ailes noires. Il continue sa course légère de l’orient à l’occident. S’il regarde en bas, la tête lui tourne ; s’il regarde en haut, le pied lui manque. Il va plus vite que le vent, et toutes les mains tendues autour de lui ne lui feront pas renverser une goutte de la coupe joyeuse qu’il porte à la sienne. Voilà ma vie, mon cher ami ; c’est ma fidèle image que tu vois.

CŒLIO. Que tu es heureux d’être fou !

OCTAVE. Que tu es fou de ne pas être heureux !

1 Un pied : unité de mesure : une trentaine de centimètres. Rouge (et blanc deux lignes plus tard) maquillage.

2 Gris : ivre.

3 Batte d’arlequin : accessoire du personnage d’Arlequin, personnage de la Commedia dell’arte. 4 Danseur de cordes : funambule.

5 Brodequins : bottines lacées utilisées par les personnages de comédie. 6 Racornies : rendues dures comme la corne, desséchées, insensibles.

7 Créancier : personne qui réclame un remboursement qui lui est dû.

 

Texte C – Georges Brassens, chanson (1969) adaptée du poème de Jean Richepin, paru dans La Chanson des Gueux, 1876.

Les Oiseaux de passage

Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.

Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;

Ça lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.

Ce dindon a toujours béni sa destinée.

Et quand vient le moment de mourir il faut voir

Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ; Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. "

Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncques. Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut

Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie

Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux 15 Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.

Ils n’ont aucun besoin de baiser sur les lèvres,

Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants, Possèdent pour tout cœur un viscère sans fièvres,

Un coucou régulier et garanti dix ans !

Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace, Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol

En forme de triangle arrive, plane et passe.

Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages. Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts, Et bois, et mer, et vent, et loin des esclavages. L'air qu'ils boivent ferait éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère3,

Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,

Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère, Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère, Ils pouvaient devenir volaille comme vous.

1 Oncques : jamais.

2 Jonque : bateau d’Extrême-Orient.

3 Chimère : rêverie illusoire ou un peu folle.

Mais ils sont avant tout les fils de la chimère, Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.

Regardez-les, vieux coqs, jeune oie édifiante !

Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux. Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente1.

Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

Fin de l'extrait

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