Correction Histoire Géographie - Bac L 2017 Pondichéry

Correction Histoire Géographie - Bac L 2017 Pondichéry

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Correction Histoire Géographie - Bac L 2017 Pondichéry

Le contenu du document

 

PREMIERE PARTIE

SUJET 1 : HISTOIRE : LE PROCHE ET MOYEN-ORIENT, UN FOYER DE CONFLIT DEPUIS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Thème concerné : Un foyer de conflits

Chapitre concerné : Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits

Niveau global du sujet : Très complexe

Le chapitre vu en classe porte sur le Proche et Moyen-Orient depuis la fin de la Ière guerre mondiale. Quelques éléments de contextualisation peuvent être mentionnés, mais le sujet porte bien sur la question depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il ne faut donc pas redire l’intégralité de son cours, sous peine de hors-sujet.

 

L’expression « Moyen-Orient », s’est imposée depuis un siècle sous l’influence des Anglo-Saxons, notamment à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Le Moyen-Orient se définit comme l’ensemble des pays de l’Asie de l’Ouest et du Sud-Ouest, de la Turquie à l’Iran, voire l’Afghanistan, et du Sud du Caucase à la péninsule Arabique, ensemble qui comprend en outre l’Égypte. Région stratégique et foyer de tensions pendant la période coloniale, le Moyen-Orient occupe une place spécifique dans les relations internationales. Quelles sont les origines, les évolutions et les répercussions des conflits au Proche et Moyen-Orient ? Elle cristallise toujours aujourd’hui de nombreuses tensions d’ampleur internationale et dans plusieurs domaines : énergie, religion, tensions ethniques, politiques. Les risques de déstabilisation de la région sont donc multiples et les situations, souvent dramatiques, font souvent présager un conflit international majeur. Le jeu des alliances, et le nouveau tournant fixé dans les relations internationales depuis 2001, n’ont fait que renforcer le poids majeur du Moyen-Orient dans le jeu diplomatique.

 

Historiquement, le Moyen-Orient est un lieu de naissance et de coexistence de nombreuses civilisations (arabe, kurde, iranienne, turque, etc.) mais c’est aussi le berceau et le lieu de rencontre des trois religions monothéistes. Les juifs sont aujourd’hui présents essentiellement dans l’Etat d’Israël créé en 1948, et peu de communautés existent encore dans des pays où elles étaient implantées anciennement (Irak, Egypte par ex.). Les chrétiens, forment encore quelques communautés importantes dans certaines régions, mais les confessions sont multiples (coptes en Egypte, maronites et orthodoxes au Liban, catholiques en Israël, Irak, Syrie, Liban) et l’unité n’est donc pas véritable. Les musulmans majoritaires dans cet espace, sont divisés en sunnites et chiites, division héritée du conflit de succession au Ier siècle de l’Hégire (622) entre Ali (gendre du Prophète) et ses partisans (chi’a ‘Ali : le parti de ‘Ali : les chiites) et d’autres membres de la famille du Prophète qui fondent les dynasties Omeyyade et Abbasside et se définissent par la suite comme les véritables tenants de la tradition du Prophète (sunna al- nabiy : les sunnites). Les conflits entre les deux confessions sont souvent violents, ainsi en Irak tout au long des années 2000 et les communautés s'attaquent par attentats interposés (Irak depuis 2000). Par ailleurs, les lieux saints ont tout au long du XXe siècle été l’un des enjeux importants autour desquels les rivalités entre États arabes et entre religion se sont cristallisés : l’Arabie saoudite possède les deux premiers lieux saints de l’islam sunnite : la Mecque (Ka’aba) et Médine. Le troisième lieu saint étant à Jérusalem, là où se trouvent également les lieux saints du judaïsme et du christianisme. Les pèlerinages vers ces lieux sont sources de tensions régulières, notamment en Irak entre sunnites et chiites où les attentats sont réguliers.

Enfin, l’un des principaux conflits ethniques, qui reste encore source de violentes tensions aujourd’hui est la question kurde : les Kurdes sont un peuple sans Etat, partagés entre 4 pays (Turquie, Syrie, Iran, Irak), et leurs droits sont difficilement reconnus par les puissances régionales. Saddam Hussein a ainsi été condamné en 2006 pour avoir fait massacrer en 1988 plus de 200 000 kurdes à Halabja dans le Nord Est de l’Irak. Les tensions ethniques ont été parfois extrêmes dans la région, depuis 1915-1916 et le génocide contre les populations arméniennes de l'Empire ottoman.

 

La ligne de tension qui reste cependant aujourd’hui la plus instable et dangereuse pour toute la région est celle qui sépare l’Etat d’Israël des pays arabes voisins qui ne l’ont pas encore vraiment accepté, malgré des rapprochements diplomatiques et économiques avec les principales puissances régionales (Egypte, Jordanie en particulier). Les Etats arabes sont en lutte constante et les relations diplomatiques entre tous les Etats de la région sont souvent tendues. Il faut en effet considérer qu’ils sont toujours en rivalité pour l’hégémonie régionale et tous se veulent les piliers du panarabisme. L’Irak de Saddam Hussein disparaît en 2003, mais il fut dans les années 1980 le pôle « laïc » appuyé par ces mêmes Etats-Unis contre le République islamique de Khomeiny en Iran (chiite), ennemi déclaré du monde occidental et détenteur d’immenses réserves de pétrole dans une position de domination sur le Golfe persique (guerres Iran-Irak). La Turquie est un pôle économique majeur qui fait figure de cas particulier car sous régime démocratique et laïc depuis la prise du pouvoir en 1919 par Mustapha Kemal qui fonde la nation turque moderne. Entrée dans l’Otan et candidate à l’entrée dans l’UE, elle est une puissance majeure de la région. Enfin, les Etats pétroliers défendent leurs propres intérêts, Arabie Saoudite en tête, sous la domination de la dynastie saoudienne depuis 1953.

Pourtant, depuis 1945, tous ces Etats sont réunis au sein de la Ligue Arabe, dont le siège est au Caire. Cette organisation réunit aujourd’hui 22 Etats arabes (dont 9 sont en Afrique), avec l’autorité palestinienne. Elle est issue de l’idéologie du panarabisme, développée durant la période coloniale pour se sortir du sous-développement et pour lutter contre les pressions occidentales et contre Israël. Aujourd’hui cette organisation n’a que peu de poids au niveau international, elle n’a qu’un rôle d’observateur à l’ONU. Un déséquilibre se crée entre les pays du Moyen-Orient richement pourvus en pétrole, et les autres qui leur sont parfois ouvertement hostiles. Les milliers de membres de la famille des al-Saoud vivent tous des extrêmes largesses que le pétrole leur confère, sans se soucier de la solidarité politique, religieuse ou ethnique, proclamée nécessaire par les diverses organisations. Exploité dès les années 1850 (Etats-Unis, Roumanie), il ne devient une source majeure qu’au début du XXe siècle, marquant l’entrée dans l’ère de la géopolitique du pétrole. Les grandes compagnies occidentales exploitent les gisements à leur profit : les puissances coloniales convoitent la ressource et la possession des régions pétrolifères du Moyen-Orient deviennent le lieu de la lutte d’influence entre Grande-Bretagne, France et Etats-Unis. Alors que le mouvement de décolonisation s’opère par vagues à partir des années 1930 mais surtout après 1945, les leaders des pays décolonisés constatent rapidement que la décolonisation économique ne se fait pas, ou très peu : il va s’agir pour les nouveaux Etats de réussir à contrôler leurs propres ressources. Le premier pas dans ce sens au Moyen-Orient est la nationalisation des exploitations pétrolières en Iran par le premier ministre Mossadegh en 1951. Le président égyptien Nasser va dans le même sens en nationalisant le canal de Suez, en 1956. Cet acte marque le début d’une crise opposant l’Etat égyptien aux propriétaires du canal (France et Grande-Bretagne) et à Israël. Etats-uniens et URSS interviennent et font reculer les anciennes puissances coloniales : elles se retirent donc de la région à cette date. En ce qui concerne le pétrole, les pays du Moyen-Orient passent de la tutelle européenne à la tutelle américaine. Mais l’URSS concurrence sérieusement les Etats-Unis dans tous les autres domaines. Il s’agit donc d’intégrer à son camp le plus grand nombre d’Etats, malgré la volonté d'indépendance affichée par les nouveaux pays décolonisés. L’URSS s’allie dès 1956 les régimes dictatoriaux d’Egypte, de Syrie et d’Irak, trois pays qui adoptent un modèle socialiste de développement. Les Etats-Unis organisent des coups d’Etat et instaurent des dictatures qui leur seront fidèles : ainsi en 1953, un coup d’Etat renverse Mohammed Mossadegh, symbole du nationalisme arabe, et place à la tête de l’Etat iranien le shah Mohammed Reza Pahlavi qui instaure une dictature jusqu’à la révolution islamique de 1979. Dès 1954, un accord est signé pour confier une grande partie de la production pétrolière iranienne à un Consortium de compagnies occidentales : l’Anglo-Iranien Oil Company (future BP) ; cinq compagnies américaines, une compagnie française (Cie française des Pétroles, future Total) et la Royal Dutch Shell. En 1991, avec la disparition de l’URSS, les Etats-Unis deviennent incontournables au Moyen-Orient. La guerre du Golfe en 1990-91, menée pour libérer le Koweït de l’invasion irakienne de Saddam Hussein, place les Etats- Unis à la tête d’une coalition de grandes puissances qui lui reconnaissent ainsi une supériorité stratégique sur la région : c’est l’opération « Tempête du désert ». Les Américains vont, à la faveur de ce conflit, s’implanter militairement dans toute la région. Ils s’appuient sur de multiples bases militaires implantées en Turquie, en Arabie, au Koweït, et sur le soutien d’Israël. Suite à ce conflit, les oppositions s’amplifient dans le monde arabe, et dans l'opinion publique des alliés traditionnels des américains. Les champs pétrolifères irakiens passent sous contrôle américain et britannique. La condamnation sommaire et l’exécution de Saddam Hussein, les tortures et traitements dégradants subis par les prisonniers dans les prisons américaines ont scandalisé le monde et discrédité le champion de la démocratie. Surtout, le pays est en proie à de profondes tensions politiques, ethniques et religieuses et subit quotidiennement des attentats, même dans les zones les mieux protégées.

 

Le sionisme, mouvement théorisé par Theodor Herzl et fondé lors du Congrès de Bâle en 1897, entraîne une amplification de l’émigration juive vers la Palestine au début du XXe siècle. Dans un second temps, Lord Balfour, ministre des Affaires étrangères anglais, publie en 1917 une lettre adressée au baron Walter Rothschild dans laquelle il promet la création en Palestine d’un « foyer national juif ». Après la 1ère GM et la défaite de l'Empire ottoman qui contrôlait cette région, la SDN confie aux britanniques un mandat sur la Palestine et l’Irak à partir de 1920. La France obtient quant à elle mandat sur la Syrie et le Liban. Les conflits entre arabes et juifs sont bien antérieurs à la création de l’Etat d’Israël, car dès 1920 des émeutes et des soulèvements arabes contre les Britanniques et les juifs nouvellement installés se multiplient. De 1936 à 1939 éclate la Grande Révolte Arabe, toujours dirigée contre la puissance mandataire, pour l’instauration d’un véritable Etat palestinien et contre l’immigration juive qui se poursuit. Il faut 3 ans aux Britanniques pour venir à bout de la Révolte et maîtriser la situation. C’est durant ces émeutes que naît l’Irgoun en 1931, organisation armée radicale juive. Face à de multiples oppositions, de la part des juifs comme des arabes, les Britanniques ne peuvent plus gérer leur mandat et la seconde GM les affaiblit d’autant plus. En février 1947, ils remettent leur mandat entre les mains de l’ONU, qui est chargée de décider de l’avenir de la région. En novembre 1947, l’ONU propose par sa résolution 181 un plan de partage de la Palestine en deux entités : un Etat juif sur 55 % du territoire et un Etat arabe, Jérusalem devant être placée sous contrôle international. Cependant, si le plan est approuvé par la communauté internationale, les Arabes palestiniens et tous les Etats arabes voisins refusent le plan, de même que l’Irgoun. C’est pourquoi dès le mois de décembre 1947 éclate une guerre civile en Palestine entre juifs et Arabes, qui dure jusqu’au 14 mai 1948, fin officielle du mandat britannique et date de création de l’Etat d’Israël, dont l’indépendance est proclamée, de manière unilatérale, par David Ben Gourion. Durant cette guerre civile, de nombreux arabes de Palestine fuient ou sont expulsés vers les Etats arabes voisins : c’est l’Exode palestinien de 1948. Sitôt le nouvel Etat proclamé, la Première guerre israélo-arabe commence, le lendemain 15 mai 1948 et s’achève en juillet 1949. Une armée officielle de l’Etat d’Israël est instaurée : le Tsahal. Cette nouvelle armée doit affronter l’attaque coordonnée des Etats arabes voisins dès le 15 mai 1848 : Tsahal écrase les armées arabes inexpérimentées. Pour les Palestiniens, c’est la Nakba (« catastrophe ») : près d’un million d’entre eux se réfugient dans les Etats arabes voisins. Durant ce premier conflit Israël annexe une partie des territoires qui devaient constituer l’Etat palestinien selon le plan de l’ONU, tandis que les autres parties sont annexées par la Jordanie (Cisjordanie) et l’Egypte (Gaza). Jérusalem est divisée en deux, mais aucune paix n’est signée entre les belligérants. En juillet 1949, le nouvel Etat israélien fait figure d’exception dans le paysage politique régional : c’est une démocratie dans laquelle le pouvoir est détenu par l’Assemblée (Knesset) et le Premier ministre. Puis de 1949 à 1956 a lieu une Guerre des frontières, le long des frontières de la Cisjordanie et de Gaza ou des combats et des milliers d’incidents ont lieu entre réfugiés palestiniens et civils et soldats israéliens. En 1956 a lieu la crise de Suez. Israël se joint à la France et la Grande-Bretagne contre l’Egypte de Nasser qui vient de nationaliser le canal de Suez : Israël souhaite conserver un passage maritime pour le transport de marchandises, et la France et GB craignent de perdre tous leurs intérêts économiques et politiques. Mais les américains et l’URSS interviennent pour stopper le conflit et exiger de la France et de la GB de se retirer sans conditions. Le conflit qui va opposer ensuite Israël aux Etats arabes voisins est un conflit majeur dans l’histoire du Moyen Orient, dans la mesure où il remet en question le jeu diplomatique international, et amène différents pays à choisir un camp. Dans un climat de fortes tensions et dans la crainte d’une nouvelle attaque des Etats arabes, Israël déclenche une « attaque préventive » contre la coalition de l’Egypte, la Jordanie et la Syrie : du 5 au 10 juin 1967, c’est la Guerre des Six Jours. Israël l’emporte rapidement et prend possession de la Cisjordanie et de Gaza qui deviennent alors des territoires occupés. Par ailleurs la vieille ville de Jérusalem est également prise, ce qui constitue un symbole fort, dans la mesure où l’Etat israélien veut faire de la ville sa capitale, non reconnue par la majorité des Etats du monde. Tsahal s’empare aussi du Golan en Syrie et du Sinaï en Egypte. En 1973, un 3e conflit majeur éclate : l’Egypte souhaite sa revanche et veut l’obtenir en déclenchant une attaque surprise contre Israël le jour de Kippour 1973 (6 octobre au 24 octobre). Tsahal, l’emporte difficilement et le conflit a plusieurs conséquences internes et externes : Golda Meier, 1er ministre, doit démissionner car elle n’a pas su prévoir l’attaque ; l’Egypte qui est défaite une nouvelle fois se retrouve en situation de crise économique. Sadate entame dès lors des pourparlers de paix avec Israël. Enfin, au niveau international, les pays de l’OPAEP décident de punir les alliées d’Israël en quadruplant le prix du baril de pétrole (choc pétrolier).

 

A travers tous ces premiers conflits, il apparaît que la lutte contre Israël permet aux dirigeants arabes de rester populaires, car ils utilisent la cause palestinienne au service du nationalisme arabe. Dans la réalité, la solidarité affichée entre Etats arabes, et envers les Palestiniens est moins évidente. Ainsi, en septembre 1970, le roi Hussein de Jordanie chasse avec violence les organisations palestiniennes de son pays : c’est « Septembre noir ». Hussein accusait les palestiniens de Yasser Arafat de vouloir le déposer, sinon de créer un Etat dans l’Etat. Arafat trouve refuge au Liban, soutenu par la Syrie. Les Palestiniens resteront pendant les décennies suivantes souvent cantonnés dans des camps situés sur les frontières des Etats arabes qui ne veulent pas les accueillir. Des Palestiniens créent alors une organisation terroriste, appelée « Septembre Noir », qui va défrayer la chronique en prenant en otage les athlètes israéliens aux JO de Munich en septembre 1972 : les athlètes sont exécutés alors que les caméras du monde entier sont braquées sur l’événement. Le nationalisme palestinien se renforce peu à peu autour d'une organisation créée en 1964, l’OLP, dirigée par Ahmad Choukeiry, son fondateur, puis Yasser Arafat. La charte de l’OLP se donne pour objectif la création d’un Etat palestinien par tous les moyens, notamment la guérilla et le terrorisme. Elle ne reconnaît pas l’existence d’Israël. Pour détruire l’OLP, installée au Liban après avoir été chassée de Jordanie, Israël envahit le Liban en 1982 (Opération « Paix en Galilée ») qui connaît depuis 1975 une guerre civile. La Guerre du Liban est une nouvelle épreuve dont les répercussions internationales sont fortes : notamment lorsque Tsahal laisse les milices libanaises chrétiennes massacrer les réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila suite à l’assassinat de leur leader le président Bachir Gemayel en septembre 1982 par un membre de l’OLP. L’opinion internationale s’émeut de ce massacre dont elle fait porter la responsabilité sur l’armée israélienne pour sa non-action.

Le cessez-le-feu est signé en septembre 1982, mais Israël reste présent au Sud Liban jusqu’en 2000. L’OLP de Yasser Arafat se réfugie alors à Tunis. Affaiblie, l’OLP doit modifier sa politique et condamne officiellement le terrorisme, mais soutien toute révolte contre Israël. Ainsi, en décembre 1987 éclate dans les territoires occupés la 1ère Intifada (« Soulèvement »), appelée aussi la « guerre des pierres » car la révolte est médiatisée autour des images d’enfants palestiniens jetant des pierres sur les chars de Tsahal. C’est un moment clé du nationalisme palestinien, qui dure jusqu’en 1991, et qui ouvrira la voie à des négociations sérieuses, et un dialogue entre OLP et Israël. Une seconde Intifada débute en septembre 2000, plus violente que la première, mais se heurte à la répression du gouvernement d’Ariel Sharon : elle commence lorsque le 1er ministre Sharon visite l’esplanade des mosquées à Jérusalem. La révolte prend alors le nom d’Intifada al-Aqsa, et ne s’achève qu’en 2003. Le Hamas, mouvement religieux et politique palestinien qui souhaite la destruction d’Israël, entame alors une campagne d’attentats-suicides en Israël. C’est à cette occasion qu’Ariel Sharon décide d’édifier dès 2002 la « barrière de protection », à savoir un mur de séparation des territoires palestiniens long de plus de 700 km.

 

Cette Intifada ne prend officiellement fin qu’en 2005 lors du sommet de Charm el-Cheikh entre Mahmoud Abbas, représentant de l’Autorité palestinienne, et Ariel Sharon. La trêve signée n’est cependant pas respectée par le Hamas qui continue les attaques depuis la Bande de Gaza. En 2006, alors que les miliciens chiites du Hezbollah libanais poursuivent des tirs de roquettes sur le Nord d’Israël, le gouvernement décide d’intervenir en juillet 2006 par la force en déclenchant la deuxième guerre du Liban. Le conflit prend fin en août à la suite d’une résolution de l’ONU qui marque plusieurs éléments : la victoire politique est acquise pour le Liban considéré comme agressé par Israël, d’autant que de nombreuses infrastructures du pays sont détruites et celui-ci toujours plus instable ; Israël considéré par de nombreux pays comme responsable d’une guerre meurtrière. Au final, entre 1993 et 2000, le processus de paix n’a que très peu avancé et fait surtout le jeu de ses adversaires. Il n’est plus possible d’étendre le territoire palestinien sans toucher aux colonies juives, et les extrémistes des deux camps se sont renforcés. Le premier ministre Netanyahu décide d’ailleurs en 1996 de l’extension des colonies dans les territoires occupés. En 2000, la seconde Intifada vient perturber encore plus le processus de paix. Avec la construction du Mur de protection en 2002, la paix semble s’éloigner encore un peu plus. La diplomatie américaine tente alors de relancer encore une fois le processus par l’adoption d’une « Feuille de route » en 2003, destinée à mettre un terme au conflit israélo-palestinien. Le revirement du 1er ministre Ariel Sharon en 2005 marque une certaine avancée dans le processus puisqu’il décide de manière unilatérale d’évacuer en totalité la Bande de Gaza. Arafat meurt en novembre 2004 et Sharon est victime d’attaques cérébrales et est plongé dans un coma artificiel depuis 2006. Depuis, le processus de paix est toujours enlisé, et la rencontre d’Annapolis en novembre 2007 entre George Bush, Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas n’a rien donné non plus.

 

Mahmoud Abbas remplace Arafat en tant que président de l’Autorité palestinienne, il a pour objectif de créer un véritable Etat palestinien tout en administrant deux territoires séparés (Gaza et Cisjordanie), dont l’un est aux mains du Hamas. Abbas reste dont aujourd’hui contesté, et l’Autorité toujours en situation d’instabilité. En effet depuis sa victoire aux élections de 2006 dans la bande de Gaza, le Hamas, considéré comme groupement terroriste par les États occidentaux, tente de prendre la totalité du pouvoir face à une Autorité palestinienne (Fatah) largement affaiblie. Il capte les contestations les plus virulentes et ses leaders tiennent des discours des plus radicaux, à la fois contre Israël évidemment mais aussi contre le Fatah accusé d’être soumis aux occidentaux. Pourtant c’est bien le Fatah qui obtient en 2011 un siège de droit au sein de l’Assemblée générale de l’UNESCO qui siège à Paris (malgré l’opposition des Etats-Unis et d’Israël) : cela est considéré comme une étape pour l’Autorité palestinienne en vue de la reconnaissance officielle d’un État palestinien à l’ONU. La situation au Proche-Orient, est encore brûlante et la région reste instable, comme le prouve, par exemple, le nouveau découpage suggéré par Daech, ainsi que les enjeux (exemple : les hydrocarbures) qui sont toujours primordiaux dans la bataille énergétique du début du XXIe siècle.

 

SUJET 2 : HISTOIRE : EN VOUS APPUYANT SUR LES EXEMPLES ETUDIES AU COURS DE L’ANNEE, VOUS TRAITEREZ LE SUJET SUIVANT : MEDIAS ET OPINION POLITIQUE DANS LES GRANDES CRISES POLITIQUES EN FRANCE DEPUIS L’AFFAIRE DREYFUS

Thème concerné : Médias et opinion publique

Chapitre concerné : Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l’Affaire Dreyfus.

Niveau global du sujet : peu complexe.

L’enjeu clair de ce sujet, est de présenter la maîtrise que vous avez de ce chapitre en utilisant des exemples importants vus en cours. Les connaissances ne suffisent pas, il faut les illustrer !

Depuis le XIXe siècle, les progrès techniques ont permis la multiplication des supports de diffusion massive de l’information et de la culture auprès de la population. Ces médias permettent aux Français de s’informer sur les événements et, ainsi, de se forger un avis. Un ensemble de personnes va dès lors pouvoir partager le même point de vue, dicté par les médias. C’est la naissance de l’opinion publique. A partir de 1870, les médias mobilisent l’opinion publique au moment de nombreuses crises politiques. Comment les médias participent-ils à la formation et à l'expression de l'opinion publique ? Quelle est l'évolution des relations entre opinion publique et médias dans le contexte politique ? De 1890 à 1944, l’opinion publique est surtout façonnée par la presse malgré l’émergence de nouveaux médias. Ceux-ci, la radio et la télévision, prennent le dessus sur la presse, entre 1944 et 1968, et influencent dès lors l’opinion. Après 1968, de nouveaux médias font leur apparition dont Internet, modifiant les rapports entre les Français et les médias.

 

A la fin du XIXe siècle, la presse française vit un véritable âge d’or. Environ 300 quotidiens sont publiés pour un total de 10 millions d’exemplaires, rédigés par près de 6 000 journalistes. Les quotidiens les plus populaires, Le petit journal et Le petit parisien, tirent ensemble à 2,5 millions d’exemplaires par jour. La presse devient donc un média de masse. Cette situation s’explique, tout d’abord, par des évolutions techniques qui favorisent l’industrialisation de la production, la transmission rapide de l’information (télégraphe électrique puis téléphone), la diffusion sur tout le territoire (train) et, donc, une baisse des prix accentuée par l’apparition de la publicité. Ensuite, la généralisation de l’instruction, achevée par les lois Ferry de 1881-82, élargit le lectorat potentiel. Enfin, l’enracinement de la République se traduit par un régime extrêmement libéral de la presse, symbolisé par la loi du 29 juillet 1881. Celle-ci traduit le fait que la liberté de la presse est une valeur fondamentale de la République. Pour permettre le débat démocratique, la presse doit permettre l’expression de toutes les opinions et donc être libérée du contrôle politique (suppression de l’autorisation préalable, du cautionnement et de la censure), seule la diffamation est interdite. Le citoyen devient désormais un acteur politique, par le suffrage, il doit avoir les moyens de s’informer. La liberté de la presse permet une multiplication des types de presse. La production est dominée par les quotidiens populaires, sans réelle orientation politique, qui proposent toujours la même recette : des faits divers en une, de brefs éditoriaux politiques, des chroniques sportives, quelques reportages et des échos concernant la vie des célébrités. Elle met aussi les grands romans, découpés en feuilletons (Alexandre Dumas, Eugène Sue), à la portée du public populaire qui se passionne pour les aventures d’Arsène Lupin, de Sherlock Holmes ou de Fantômas.

Cependant, la liberté de la presse permet surtout l’apparition d’une presse d’opinion, moins diffusée mais influente, qui traduit à la diversité des sensibilités politiques : la gauche (L'Humanité de Jean Jaurès pour les socialistes, L'Aurore de Georges Clémenceau pour les radicaux), le centre (Le temps), la droite (Le Figaro, La Croix), l'extrême-droite (La libre parole, L’Action française), les syndicats disposent de leurs journaux.

 

La presse reflète les crises de la IIIe République. Lorsque la République est menacée par ses opposants, la presse est utilisée pour réduire cette opposition. Après les attentats anarchistes des années 1890, des lois limitent la liberté de la presse et interdisent la publicité pour les idées anarchistes. La presse doit servir les objectifs démocratiques du régime. La presse intervient aussi dans le cadre de scandales politiques à la fois pour les dénoncer mais aussi en tant qu’acteur de ces scandales. En 1892, la presse fait éclater le scandale de la Compagnie de Panama : des hommes politiques ont été corrompus pour faire voter des mesures favorables à cette compagnie. En 1904, Le Matin révèle que le ministre de la guerre, le général André, a établi des fiches sur les opinions politiques et religieuses de nombreux officiers, retardant ou accélérant les promotions en fonction de ces fiches. Le ministre et le président du Conseil sont contraints de démissionner. Mais, c’est surtout l’affaire Dreyfus qui révèle la nouvelle importance prise par la presse. En 1894, éclate une affaire d’espionnage au profit de l’Allemagne dans laquelle le capitaine Dreyfus est déclaré coupable et condamné à la prison à perpétuité. L’enquête donne lieu à un véritable feuilleton d’un an raconté, au jour le jour, par les journaux. En 1898, Emile Zola publie dans L’Aurore, une lettre ouverte au Président de la République, J’accuse, dénonçant les irrégularités du procès de Dreyfus ce qui déclenche alors une véritable guerre médiatique : les articles et les caricatures se répondent. D’un côté, les journaux dreyfusards poursuivent l’enquête et veulent obtenir l’acquittement de Dreyfus au nom de la justice et de la vérité. Ces journaux prônent un certain anticléricalisme car l’Eglise catholique soutient la culpabilité de Dreyfus. De l’autre, les journaux antidreyfusards défendent la raison d’Etat et la nécessité de protéger l’armée. Ces journaux font l’apologie de l’antisémitisme (Dreyfus est juif donc un traître), de la xénophobie et du nationalisme (Dreyfus est Alsacien donc un traître).

 

La 1ère GM marque le retour du contrôle de l'Etat sur l'information. Les autorités surveillent le contenu des journaux pour assurer le maintien de l’Union sacrée, le moral des soldats et le secret des opérations militaires (censure). La majorité des journaux participe à la propagande gouvernementale en diffusant les communiqués, en exaltant le patriotisme et en dénigrant l’adversaire. Après la Première Guerre mondiale, la presse doit reconquérir son lectorat et faire oublier la participation des journaux au « bourrage de crâne » organisé par l’Etat. Près de la moitié des journaux d’avant-guerre ont disparu en 1918. Pour cela, les journalistes se professionnalisent (syndicat national des journalistes et charte de déontologie en 1918, première école de journalisme à Lille en 1924, statut des journalistes défini en 1935) afin d’asseoir leur légitimité. Les journaux innovent aussi : grands reportages, recours plus important à l’image, diversification de l’offre, développement de la presse quotidienne régionale... La presse d’opinion reste malgré tout influente en particulier dans le contexte de crise économique des années 30 et de montée des totalitarismes. Cette presse accentue les tensions politiques en France, en exploitant le moindre scandale politique ou financier pour affaiblir le camp adverse (crise de février 1934).

 

Dans les années 30, un nouveau média apparaît, la radio. Elle informe en direct les Français. D’abord à usage militaire, la radio entre dans les foyers dans les années 20. Les stations sont placées sous le contrôle de l’Etat (Radio Paris), quelques stations privées (Radiola) sont autorisées mais doivent se limiter au divertissement. Dans les années 30, la radio devient un média de masse (60% des Français équipés en 1939) et concurrence la presse. Les Français apprécient sa grande réactivité ainsi que sa riche offre de divertissements dans le contexte anxiogène des années 30. Le succès de la radio pousse l’Etat à accroître son contrôle. La radio devient un enjeu politique permettant de délivrer directement aux Français un message. Les élections législatives de 1936 sont, d’ailleurs, les premières où la radio est utilisée. L’opposition de droite dénonce à ce sujet l’existence d’une TSFIO (fusion de TSF et SFIO), instrument de propagande gouvernementale. L’autre média qui apparaît timidement, dans les années 30, c’est le cinéma. Les actualités filmées apparaissent au début du XXe siècle et deviennent parlantes en 1929. Elles s’appuient sur un réseau de distribution de 5 000 salles en 1939 mais les sujets abordés sont souvent en décalage avec l’actualité immédiate, ce qui réduit son influence sur l’opinion publique.

 

Au début de la Seconde Guerre mondiale, de septembre 1939 à juin 1940, le gouvernement instaure, à nouveau, la censure. Le premier ministère de l’information est créé en mars 1940. Avec la défaite, les médias passent sous le contrôle des Allemands, en zone occupée, et du gouvernement de Vichy, dans la zone libre, jusqu’à l’invasion de la zone libre en novembre 1942 où l’ensemble des médias passe sous contrôle allemand. La plupart des journaux soutient la propagande des vainqueurs, certains journaux collaborationnistes sont même subventionnés par les services de propagande nazis. En réponse, dès 1940, des parutions clandestines se mettent en place. Elles paraissent de façon artisanale et irrégulière mais permettent la renaissance d’un débat démocratique. Entre 1940 et 1944, ce sont plus de 1 000 titres qui sont publiés et, en 1943, est fondée la fédération nationale de la presse clandestine. La presse légale voit ses tirages s’effondrer en raison d’une perte de confiance de la part d'une partie des lecteurs qui choisit la presse clandestine considérée comme plus fidèle à la réalité. A côté de la presse, la radio prend une importance croissante. C’est à la radio que Pétain annonce la demande d’armistice avec l’Allemagne ou que De Gaulle lance son appel du 18 juin. Une véritable « guerre des ondes » a lieu entre les radios légales (Radio Paris) qui soutiennent la propagande de Vichy et de l’occupant allemand et la BBC, en Angleterre, qui, par l’intermédiaire de Radio Londres, coordonne l’action de la résistance intérieure et soutient le moral des Français. D’ailleurs, l’écoute des radios étrangères est interdite par Vichy, leurs ondes sont brouillées mais, selon un sondage clandestin de 1944, 70 % des Français ont écouté Londres.

 

A la libération, la presse française est réorganisée. A l’été 1944, des ordonnances interdisent les journaux ayant continué à paraître sous l'occupation pour collaboration mais rétablissent la liberté de la presse et garantissent son indépendance par le financement de l’Etat et la création de l’Agence France Presse (AFP) fournissant une information impartiale et égale à tous les médias. Les journaux de la résistance bénéficient d’un certain prestige, permettant à quelques-uns (Combat, Libération) de se maintenir. D’autres, enfin, sont créés (Le Monde par Hubert Beuve-Méry) ou recréés (Le Figaro de François Mauriac). Ce dynamisme cache une réalité moins rose : la pénurie de papier limite le contenu des journaux. Surtout la presse doit faire face à la concurrence de plus en plus forte des autres médias. La presse française poursuit sa transformation. Si la presse d’opinion reste présente (L'Humanité, Libération, Le Figaro), elle est concurrencée par la presse quotidienne régionale et par de nouveaux magazines d’informations (L’Express, Le Nouvel Observateur, Le Point), construits sur les newsmagazines américains. Cette diversification n’empêche pas une certaine crise de la presse quotidienne nationale en raison d’une hausse du prix des journaux, de doutes sur l’objectivité des journalistes vis-à-vis des propriétaires et du pouvoir politique mais surtout de la concurrence des autres médias, en particulier de la radio puis de la télévision.

Dans les années 1950, la radio devient le média préféré des Français grâce au transistor (10 millions de postes en 1958). Dans le même temps, la télévision se répand lentement sur le territoire : 1,3 millions en 1960, 11 millions en 1970. Cette diffusion lente provient de difficultés techniques (50 % du territoire couvert en 1957) et d’une offre assez réduite (premier journal télévisé le 30 juin 1949, deuxième chaîne en 1963). Mais, progressivement, la télévision devient la première source d’information des Français grâce à l’image (16 h par semaine devant l’écran, en 1973). Devant l’essor de ces deux médias, les politiques cherchent à les utiliser et à les contrôler. Ainsi, entre 1954 et 1955, le Président du Conseil, Pierre Mendès-France, tient des «causeries» hebdomadaires à la radio. De même, De Gaulle, méfiant vis-à-vis de la presse, utilise la radio mais surtout la télévision (59 interventions entre 1958 et 1969) pour montrer sa capacité à faire face aux crises. Enfin, lors des élections de 1965, la télévision permet à des candidats de se faire connaître (Mitterrand, Lecanuet) et donc d’influencer les résultats. Radio et télévision donne une voix et une image aux hommes politiques. Il est nécessaire de les contrôler. Dès 1945, l’Etat impose, de nouveau, un monopole sur la radio puis sur la télévision. Ce contrôle est exercé par des institutions successives : de 1945 à 1949 la Radiodiffusion Française (RDF), puis de 1949 à 1964 la Radiodiffusion-Télévision Française (RTF), enfin à partir de 1964 l’Office de Radiodiffusion-Télévision française (ORTF). L’objectif est d’assurer l’impartialité de l’information mais souvent cela se traduit par l’expression des idées du pouvoir et par un espace de parole réduit pour l’opposition. Seules échappent à ce contrôle, les radios périphériques (Radio Monte-Carlo, Radio Luxembourg, Europe n°1), émettant depuis l’étranger et offrant une liberté de ton qui tranche avec le style de la radio d’Etat.

 

Lors des guerres d’Indochine et d’Algérie, la télévision et la radio soutiennent le pouvoir en place. Après 58, De Gaulle multiplie les conférences de presse télévisées pour affirmer son contrôle sur les événements. De plus, la radio est la principale source d’informations pour les soldats, en particulier pour les appelés du contingent en Algérie, elle ne doit donc pas décourager les combattants. A l’inverse, la presse est beaucoup plus critique. Pendant la guerre d’Indochine, elle conteste la politique menée par le gouvernement. En Algérie, elle dénonce la violence de la guerre, en particulier le recours à la torture. Face à cela, le pouvoir rétablit la censure sur le territoire algérien et multiplie les saisies administratives, en France, contre les journaux de gauche (L'Humanité, Le Monde, L’Express). Certains journalistes font même l’objet de poursuites judiciaires. La situation est plus complexe au moment de mai 1968. En effet, si l’opposition entre audiovisuel public et presse reste identique, les radios périphériques vont jouer un rôle accru. Ces dernières donnent la parole aux manifestants, parfois en direct à partir de véhicules qui circulent entre les barricades. Malgré tout, les principaux acteurs du mouvement privilégient la presse, média d’opposition traditionnel. De son côté, l’ORTF se met en grève, par lassitude de la censure qui s’exerce sur elle. Le 30 mai 1968, De Gaulle reprend le contrôle de la situation après un discours à la radio et, en juin, une centaine de journalistes de l’ORTF sont licenciés. L’audiovisuel reste donc sous contrôle de l’Etat. La presse s’avère être le seul contre-pouvoir.

 

Après 1968, la liberté de l’information dans l’audiovisuel devient un thème récurrent du débat politique. En 1974, Valery Giscard d’Estaing décide de la suppression du ministère de l’information et de la division de l’ORTF en sept sociétés autonomes. C’est le début de la libéralisation des médias mais l’audiovisuel reste un monopole d’Etat et la pression du pouvoir forte. Pour contester cette situation, des radios libres ou pirates se multiplient malgré les brouillages réalisés par l’Etat. La situation change avec l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République. En effet, dès le 29 juillet 1982, des radios libres, non contrôlées par l’Etat, sont autorisés à émettre ; on en compte près de 1 400 à la fin des années 80. Elles représentent des publics très variés et sont lancés par des organes de presse, des collectivités territoriales, des associations, des groupes politiques ou des syndicats. Sous la pression de grands groupes, la Haute Autorité de l’Audiovisuel attribue des fréquences précises pour limiter les nuisances réciproques, puis autorise la publicité faisant ainsi entrer la radio dans une logique commerciale. Les radios indépendantes, héritières des premières radios libres, disparaissent progressivement, le plus souvent par manque de financement. En 1989, est créé le CSA, Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, organe de contrôle de la liberté de communication à la radio et à la télévision. Le CSA a plusieurs missions : contrôler le respect des lois par les éditeurs et diffuseurs de programmes audiovisuels, veiller à l'impartialité des chaînes publiques, délivrer les autorisations de diffusion aux chaînes de télévision et aux radios, organiser les campagnes électorales, veiller à la protection du jeune public... Son président est nommé par le président de la République, les 9 autres membres (conseillers) par le président de la République, le Sénat et l'Assemblée Nationale. Cette proximité avec le pouvoir politique le soumet à de nombreuses critiques sur son impartialité. L’évolution est similaire pour la télévision. La loi du 29 juillet 1982 déclare la communication audiovisuelle libre. Les premières chaînes privées apparaissent : Canal + en 1984, TV6 et La Cinq en 1985, enfin TF1 en 1987. La concurrence devient féroce entre les chaines qui surveillent fiévreusement leur audimat, duquel dépendent ensuite leurs recettes publicitaires et donc leur rentabilité. Les années 1990 sont marquées par une accélération de la diversification de l’offre télévisuelle : câble, satellite, TNT... Les Français ont un accès croissant aux médias internationaux ce qui favorise l’apparition d’une opinion publique européenne voire mondiale. La presse poursuit son déclin. La presse quotidienne nationale doit faire face à une hausse des coûts de production, à la réduction de son lectorat et à la concurrence des autres médias. Elle subit donc d’importants problèmes financiers, en partie, résolus par des subventions de l’Etat (1,4 milliards d’euros en 2010), par des investissements de riches hommes d’affaires et par le recours de plus en plus important à la publicité. Cette dépendance financière soulève des questions quant à l’indépendance de la presse. La presse quotidienne régionale résiste mieux, de même que les magazines visant un public très précis. A la fin des années 80, des journaux gratuits ont fait leur apparition, affaiblissant encore plus les quotidiens nationaux en attirant une partie des recettes publicitaires. Eux-aussi connaissent un ralentissement de leur activité devant la hausse des coûts de production, la baisse du lectorat et la chute des rentrées publicitaires dans un contexte de crise économique.

 

Au début des années 1990, Internet fait son apparition dans les foyers français. Entre 2000 et 2011, le nombre d’utilisateurs passe de 8,5 à 45 millions. Le Web offre une grande variété d’espaces numériques permettant la formation d’une opinion, que ce soit des sites d’informations (Rue89, Médiapart...), des sites de médias traditionnels (radio, télévision, journaux), des blogs, des réseaux sociaux... Les médias traditionnels utilisent l’univers numérique pour diversifier leurs offres : podcast d’émissions de radio, télévision à la demande, site complémentaire de la version papier d’un journal, voire même journal uniquement en version numérique. Ainsi, se mettent en place des groupes multimédias dépassant l’échelle nationale. Internet constitue une rupture radicale dans l’histoire des médias car il offre une information gratuite, disponible à tout moment et en tout lieu. De plus, il élargit l’espace public en permettant aux internautes de participer au-delà des frontières aux débats politiques et sociaux. Cependant, ces forums sont à surveiller car partis politiques et lobbys divers les utilisent pour faire passer de manière, plus ou moins, discrète leurs messages. Internet apparaît donc comme un nouvel espace de discussion, enrichissant ainsi le débat démocratique. Le Web permet de nouvelles formes d’expression plus libres, plus interactives pour les usagers qui deviennent ainsi des émetteurs d’informations. En effet, les informations et les images des amateurs deviennent, de plus en plus, des sources pour les médias traditionnels. A l’inverse, des journalistes publient des blogs. La frontière entre simples citoyens et journalistes devient très floue, la vérification non-systématique des données propage fausses nouvelles et rumeurs. L’usage croissant d’Internet dans la vie politique (stratégie de campagne internet en 2007, compte twitter de personnalités politiques) montre qu’Internet est devenu un média indispensable mais qui nécessite une forte vigilance de la part des citoyens. En effet, la multiplicité de l'offre sur Internet peut-être un danger : beaucoup d'utilisateurs ne s'informent que sur un site ou sur un réseau social, sans croiser les informations et ne prennent plus le temps d'aller plus loin. Les informations sont consommées à grande vitesse, de manière superficielle et les temps d'analyse sont réduits.

 

Nés dans les années 30, les sondages d'opinion connaissent un fort développement dans la seconde moitié du XXe siècle, surtout pendant les élections. Dans les médias, la banalisation et la profusion des sondages, à l’interprétation toujours délicate, amènent à s’interroger sur leur crédibilité et sur leur influence sur l’opinion. Il est reproché aux médias une surenchère sécuritaire au moment des élections présidentielles de 2002 qui aurait favorisé l’accès de Jean-Marie Le Pen au second tour. De plus, la course à l’audimat entraîne une concurrence exacerbée entre les chaînes. Elles cherchent avant tout l’image sensationnelle, le scoop plutôt que l’analyse objective et la bonne compréhension des événements. De plus, en politique, elles privilégient les petites phrases ou les affrontements de personnes au débat d’idées. Il en résulte un certain désintérêt pour les médias audiovisuels, d’autant que les critiques anciennes de collusion entre journalistes, politiques et entreprises sont encore d’actualité. La puissance des médias pousse les politiques à maîtriser l’outil médiatique en s’entourant de spécialistes de la communication et à adapter leur message en fonction des sondages. On parle de démocratie d’opinion, s’opposant à la démocratie représentative. Exploités par les politiques pour servir leur image, les médias sombrent, parfois, alors dans la communication plus que dans l’information. Cette situation provoque une forte défiance de l’opinion vis-à-vis des médias, accusés de servir les intérêts des politiques. De plus, les médias visent de plus en plus des catégories précises de la population (presse féminine, chaîne thématique...) et non l’ensemble de celle-ci. Cette évolution remet en cause l’idée même d’opinion publique.

Cependant, la presse continue de jouer un rôle important dans la formation de l’opinion publique, en dénonçant des scandales politiques et financiers (dans les années 1990, les médias font éclater de nombreuses affaires financières liées au financement des partis ; affaire Cahuzac sortie par Médiapart, affaire ‘’Pénélope’’ en 2017…

 

DEUXIEME PARTIE : ETUDE CRITIQUE DE DEUX DOCUMENTS EN GEOGRAPHIE

Thème concerné : Clés de lecture d’un monde complexe

Chapitre concerné : Des cartes pour comprendre le monde

Niveau global du sujet : complexe.

 

SUJET – DES CARTES POUR COMPRENDRE LE MONDE

Consigne : montrez que les deux documents sont complémentaires pour identifier les inégalités d’accès à Internet dans le monde. Confrontez-les pour mettre en évidence l’organisation géoéconomique du monde.

 

L’enjeu du sujet est la lecture de carte. En effet, dans le cadre de ce chapitre vous avez été formé à quatre types de grille de lecture : 

- Echelle géopolitique

- Echelle géoculturelle

- Echelle géo-environnementale 

- Echelle géoéconomique.

C’est cette dernière qui vous est demandé d’utiliser dans le cadre de cet exercice. Pour info, l’échelle géoéconomique vise à identifier les différences de richesses, de développement et de flux économiques.

 

La carte en anamorphose (qui illustre par la déformation de la carte suivant l’importance d’une phénomène donné) du document 1, a pour titre « Les internautes dans le Monde ». Son indicateur est la part des internautes dans la population des Etats en 2014. Ce document est complémentaire du document 2, car ce dernier présente lui, « Les vingt Etats qui concentrent le plus de personnes non-connectées à Internet en 2013 ». Les années choisies (2013 et 2014) nous permettent une comparaison facilitée quant aux nombres de personnes connectées (ou non-connectées) dans le monde à cette époque-là. De plus, La Banque Mondiale est une même source de ces deux documents. 

La lecture de ces deux croquis nous permet de comprendre que les inégalités d’accès à internet dans le monde sont multiples. Ainsi on peut dégager trois zones d’hyperconnectivité : L’Amérique du Nord, l’Europe et une partie de l’Asie (notamment le Japon). On retrouve ainsi la classification des pays développés. (A éviter en épreuve de bac le terme « Triade » qui est obsolète). 

La deuxième zone met en évidence les pays émergents, dits « BRICS » (Brésil, Inde, Russie, Chine et Afrique du Sud). Concernant le Chine et l’Inde (voire le Brésil), le propos est à nuancer ; en effet, ces pays apparaissent comme hyperconnectés, mais aussi non-connectés, ceci s’explique par le poids démographique de ces deux territoires. Néanmoins, la lecture complémentaire de ces deux croquis, nous permet d’illustrer l’inégalité à l’échelle nationale de ces pays.

Enfin, la troisième zone correspond aux pays les moins avancés. A la lecture de ces documents, via l’indicateur de l’accès ou non à internet, sont mises en évidence les problématiques principales de la mondialisation. On retrouve les différentes composantes de cette dernière, et l’on peut même ajouter que l’utilisation d’internet dans le monde contemporain résulte d’une majorité de flux qui permettent le développement et l’émergence d’un certain nombre de pays.

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