Corrigé d'Histoire-Géo du Bac L 2018

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Corrigé d'Histoire-Géo du Bac L 2018

Le contenu du document

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GÉOGRAPHIE

L’inégale intégration des territoires dans la mondialisation.

Notions au programme :

Ce sujet, très classique, appartient au thème « Les dynamiques de la mondialisation », au programme de géographie des terminales ES/L. L’intitulé du sujet était presque identique au chapitre au programme « Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation ».

Un croquis au programme correspondait également à ce sujet, il pouvait être une bonne idée de faire un croquis de synthèse ou des schémas intermédiaires pour enrichir votre copie.

Analyse du sujet :

• « Territoires » : les territoires sont des espaces de tailles variables, aménagés par l’homme et socialisés, dans lesquels les habitants se reconnaissent une appartenance commune.

• « Mondialisation » : un mécanisme, une dynamique économique qui résulte de l’extension du capitalisme , qui induit la multiplication des échanges, l’ouverture des espaces et qui a des conséquences géographiques nombreuses.

• « Intégration » : un processus de connexion des territoires aux différents réseaux et flux de l’économie mondiale.

• « Inégale » : adjectif qui invite à questionner la notion d’inégalité, de répartition dissymétrique des richesses dans l’économie mondialisée, avec l’idée que les territoires sont plus ou moins intégrés à l’espace mondialisé.

Problématisation :

Ce sujet invite à dire que la mondialisation n’est pas seulement positive pour les territoires. Elle est aussi un facteur majeur de différenciation entre les territoires et il y a souvent des territoires gagnants et des territoires perdants. On s’attachera ici à analyser cette distinction entre territoires causée par la mondialisation. Dans quelle mesure la mondialisation provoque-t-elle une inégale intégration des territoires aux différentes échelles géographiques ?

Plan :

I/ A l’échelle mondiale et régionale, les centres d’impulsion de la mondialisation : des espaces parfaitement intégrés.

II/ A l’échelle locale, des espaces privilégiés.

III/ Des territoires « périphériques », intermédiaires ou marginalisés.

 

I/ A l’échelle mondiale et régionale, les centres d’impulsion de la mondialisation : des espaces parfaitement intégrés

A. Les centres d’impulsion

Le centre d’impulsion de la mondialisation est la Triade :

• États-Unis

• Union Européenne

• Asie Orientale (Japon, Chine)

B. Des pôles compétitifs nationaux ou régionaux

A l’échelle nationale, certains États ou régions sont particulièrement intégrées dans la mondialisation :

• L’hyperpuissance américaine

• La concurrence chinoise : « l’atelier du monde »

• L’UE, une puissance commerciale

• L’Asie Orientale, une aire de puissance polycentrique en expansion : Japon, Corée du Sud, Singapour…

 

C. Les espaces émergents Certains espaces s’affirment de plus en plus dans la mondialisation :

• Les BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud

• Un monde devenu multipolaire

• Remise en cause de la fracture « Nord/Sud », car les échanges sont de plus en plus nombreux entre les Suds, et de nombreux pays « du Sud » sont de plus en plus intégrés à la mondialisation Transition : La mondialisation crée donc des disparités entre régions et pays du monde mais elle distingue aussi les espaces à une échelle encore plus fine. Quels sont ces territoires « gagnants » de la mondialisation ?

II/ A l’échelle locale, des espaces privilégiés

A. Les interfaces terrestres

• le dynamisme des espaces frontaliers ouverts : frontière franco-allemande en Alsace, frontière États-Unis -Canada entre Vancouver et Seattle, la LINEA (Méxamérique)

• Des flux et réseaux massifs et variés : flux commerciaux, flux de personnes, flux de travailleurs…

B. Les espaces maritimes

Les espaces maritimes, avec le développement des ports et de la conteneurisation, sont devenus des territoires très qualifiés grâce à la mondialisation. On constate des phénomènes de littoralisation, c’est à dire de concentration des populations sur les littoraux, comme le montre l’attractivité des façades maritime du Nord-Est de l’Amérique du Nord, de la Northern Range ou de l’Asie Orientale. Sur ces littoraux, se développent de nombreuses métropoles de front de mer comme Shangai ou Rotterdam, dont l’intégration est liée à l’économie portuaire.

C. Les mégalopoles et les villes-mondiales

• Les mégalopoles : mégalopolis américaine, banane bleue ou dorsale européenne (Milan-Rotterdam), Archipel métropolitain asiatique

• Les villes mondiales ou globales : Londres, Paris, New-York

• Des villes qui fonctionnent en réseau et s’affirment de plus en plus comme des pôles clefs de la mondialisation, au détriment de l’échelle étatique

• Les aéroports, hubs mondiaux : Dubai, Singapour

• A l’échelle micro-locale, des quartiers plus intégrés dans la mondialisation : les CBD ou quartier des affaires

III/ Des territoires « périphériques », intermédiaires ou marginalisés

A. Des espaces « intermédiaires »

Ces espaces sont intégrés mais en raison d’une économie assez spécialisée (secteur primaire, secteur secondaire), cette intégration est incomplète.

• Amérique Latine, Asie du Sud, Afrique

• Pays pétroliers

B. Les territoires exclus de la mondialisation

Ces territoires sont « périphériques » et marginalisés dans le processus de mondialisation. Ce sont les PMA (Pays les Moins Avancés), au nombre de 48 selon l’ONU, qui souffrent de situation de grande pauvreté, d’un manque d’infrastructures et d’économie encore fragiles, cela induit un manque d’attractivité. Les pays en guerre ou en situation insécuritaire comme la région du Sahel ou la Syrie sont aussi marginalisés. A échelle micro-locale, on peut citer les bidonvilles qui sont aussi des espaces peu intégrés, malgré leur situation au cœur de grandes villes mondiales comme les villes brésiliennes (Sao Paulo, Rio de Janeiro) ou indiennes (Mumbai, Delhi). 

Conclusion : La mondialisation est bien un processus qui accentue les inégalités entre territoires. Le système-monde s’organise autour d’une dualité centre/périphérie que l’on voit à toutes les échelles. Mais c’est plutôt à l’échelle locale que les différences majeures se jouent aujourd’hui car il n’est plus réellement possible pour un pays de ne pas jouer le jeu de la mondialisation… suffit de constater le rapprochement récent entre Corée du Sud et Corée du Nord, pourtant longtemps restée résistante à toute forme d’intégration au système global.

 

 

Japon – Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales

3 pièges à éviter :

1/ proposer un plan qui présenterait d’un côté le Japon et d’un autre côté la Chine car il faut comparer les deux, les confronter, étudier leur relation

2/ faire attention aux échelles : ici il faut traiter des échelles régionales ET mondiales, dans une dimension multi-scalaire

3/ c’est une sujet de géographie régionale… il faut donc être précis sur les exemples donnés !

Notions au programme :

Ce sujet, très classique, de géographie régionale, appartient au thème « Dynamiques géographiques de grandes aires continentales ». au programme de géographie des terminales ES/L. L’intitulé du sujet était identique au chapitre au programme « Japon Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales. ». Il pouvait être une bonne idée de faire un croquis de synthèse ou des schémas intermédiaires pour enrichir votre copie.

Analyse du sujet : « Japon et la Chine » : sont deux puissances motrices d’Asie Orientale et puissances économiques majeures dans la mondialisation. Le Japon, autrefois seule puissance asiatique, a été rattrapé par la Chine ; désormais première puissance économique mondiale (FMI, 2016) et principale concurrents des Etats-Unis. « Concurrence régionale, ambition mondiale » : Dans ce contexte, Japon et Chine sont aujourd’hui partenaires et concurrents aux échelles régionales et planétaires. Ces deux leaders rivalisent pour s’imposer en Asie et pour jouer un rôle clef sur la scène géopolitique mondiale.

Problématisation : Ce sujet invite à étudier la relation paradoxale entre Chine et Japon, ce à plusieurs échelles géographiques.

On pouvait se demander : Comment se manifestent la compétition et les convoitises du Japon et de la Chine à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale ?

Plan :

I/ A l’échelle régionale : deux états rivaux et interdépendants

II/ A l’échelle mondiale : deux grandes puissances ambitieuses

 

I/ A l’échelle régionale : deux états rivaux et interdépendants

A. Deux puissances économiques concurrentes

- Quelques chiffres : le Japon et la Chine représentent 70% du PIB asiatique, 9240 milliards pour la Chine, 4900 milliards pour le Japon.

- Modèles économiques

o Le Japon, un modèle économique pour l’Asie : développement économique dans les années 1950 qui a inspiré les Dragons puis les Tigres

o La Chine : une super puissance industrielle : « l’atelier du monde », main d’œuvre nombreuse et peu coûteuse

- Emergence chinoise qui induit un rééquilibrage des puissances économique en Asie orientale

B. Une interdépendance croissante

Le Japon et la Chine sont partenaires commerciaux, la Chine est d’ailleurs le premier partenaire commercial du Japon. Cette relation privilégiée induit des investissements croisés. Il y a plus de 20 000 entreprises nippones présente sur le territoire japonais. Et de nombreux flux humains. Les étudiants chinois sont nombreux chaque année à venir au Japon pour étudier et se forme une véritable communauté chinoise au Japon. L’immigration nippone est également importante en Chine.

C. Des contentieux omniprésents

Le Japon et la Chine ont une histoire conflictuelle. On pouvait retracer ici une petite chronologie :

o 1894-1895 : première guerre sino-japonaise

o 1931 : annexion de la Mandchourie par l’armée japonaise

o 1972 : normalisation diplomatique des relations

Mais ces tensions territoriales sont encore d’actualité. En effet, en Mer de Chine, la Chine et le Japon se disputent les îles Senkaku/Diaoyu. La Chine conteste la souveraineté japonaise et mène une stratégie assez agressive avec l’envoi de sousmarins et de navires de guerre. Plus largement, les espaces maritimes sont objets de conflit car ce sont des zones dont le contrôle est absolument stratégique pour ces deux puissances commerciales.

II/ A l’échelle mondiale : deux grandes puissances ambitieuses

A. Deux puissances économiques au centre de la mondialisation

À l’échelle mondiale, le Japon tente de sécuriser, de garantir sa place parmi les grands, et la Chine tente de s’imposer comme première puissance mondiale.

B. Des fortes ambitions géopolitiques facteur de rivalité entre les deux États

L’un des facteurs de tension est la possession d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Si la Chine en possède un, c’est une revendication très forte de la part du Japon et pour le moment non exaucé. Le Japon participe cependant à des opérations de maintien de la paix avec l’ONU. Les deux pays cherchent à développer leur force militaire. Ils possèdent respectivement les 2e et 5e budgets militaires mondiaux.

C. Des ambitions culturelles

Le Japon a un soft power bien établi, c’est le « cool japan ». Il bénéficie d’une image de marque internationale très positive et son rayonnement culturel est indéniable. Pour la Chine, le soft power est encore une stratégie difficile à mettre en place. Elle cherche à développer son image sur la scène internationale par l’accueil de grands évènements (JO de 2008, Expo Universelle de 2010) et via une diaspora nombreuse et active mais reste que l’image chinoise reste controversée et séduit moins que la culture nippone.

D. Mais quelques limites à ces ambitions…

Les ambitions mondiales de ces deux pays font cependant face à des défis. Pour le Japon, suite à la fragilisation due à la crise de 2008, l’émergence économique de la Chine est une véritable menace. Par ailleurs, de manière interne, elle souffre d’un très fort vieillissement démographique et d’une grande vulnérabilité face aux risques naturels et technologiques. La Chine quant à elle, fait aussi face aux défis de sa croissance exponentielle et de son système politique autoritaire : croissance fluctuante, pollution et développement durable, contestations sociales et revendications démocratiques croissantes, crise au Tibet et critiques de la communauté internationale….

Conclusion :

Le Japon et la Chine, troisième et seconde puissance mondiale, pôles d’impulsion de la mondialisation ont une relation paradoxale : entre la coopération et la concurrence, liée à leur proximité géographique et à leur intégration très forte dans la mondialisation. Cependant on peut imaginer que ces relations auraient tendance à s’orienter vers la coopération, tant les modèles économiques de ces pays se distinguent et car le principal concurrent de la Chine sont plutôt les États-Unis que le Japon. 

 

HISTOIRE

Un point de méthode :

- Faire attention à la nature des documents, à leur date, leur auteur… ce sont des informations très importantes que vous devez présenter dans votre introduction

- Utiliser ses connaissances personnelles pour enrichir l’analyse, renseigner le contexte historique, développer sur les acteurs clefs

- Faire attention aux consignes, faire attention aux mots clefs qui donnent souvent le plan à suivre pour votre explication de document

Notions au programme :

Sur cet exercice d’histoire la notion clef mobilisée était celle des Mémoires dans le Thème « Les rapports des sociétés à leur passé ». Vous pouviez choisir entre un sujet relatif au chapitre « L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre Mondiale en France » » soit « L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie ».

Sujet 1 - L’historien et les mémoires du génocide des juifs

Présentation des documents :

- Document 1 :

il s’agissait d’une interview de l’historienne Annette Wievorka dans le magazine hebdomadaire le Nouvel Observateur de la semaine du 13 au 19 janvier 2005, quelques semaines avant le 60e anniversaire de la découverte d’Auschwitz.

- Document 2 :

il s’agissait d’une photographie de Simone Veil - femme politique française ayant été déportée à Auschwitz enfant - et Jacques Chirac, alors président de la République, durant cette commémoration, le 27 janvier 2005.

1/ L’évolution des mémoires du génocide des Juifs en France

- En 1945, la célébration des « héros de la résistance » : on met en avant les déportés de la résistance. Mais reste une forme de silence sur la déportation massive des juifs, invisibles sur la scène médiatique et intellectuelle. La déportation est « une affaire privée » et n’est pas portée immédiatement sur la scène après la libération des camps et on s’occupe davantage de la réintégration que des mémoires.

- Les années 1960, « Le choc du procès Eichmann » : procès qui a eu lieu en avril 1961 à Jérusalem. Adolf Eichmann est un criminel de guerre nazi, haut fonctionnaire du Troisième Reich, officier SS et membre du parti nazi qui a participé de l’organisation du génocide. L’affaire Eichmann et la reconnaissance publique du crime contre l’humanité permet de porter progressivement la question du génocide juif dans le débat public.

- La période actuelle : commémorations autour du génocide juif. Le génocide juif est devenu au cœur de la mémoire collective en France, comme le prouve le 60e anniversaire de la découverte d’Auschwitz commémoré le 27 janvier 2005 (document 2).

2/ Le rôle de la recherche historique sur l’évolution des mémoires sur le génocide des juifs en France

Les historiens ont joué un rôle prépondérant dans l’élaboration des mémoires, à l’instar de Serge Klarsfeld.

- Après la guerre, peu de résonance pour les travaux d’historiens

- Mais de nombreuses publications à partir des années 1960 comme Robert Paxton, La France de Vichy (1973)

- Débats historiques autour des mémoires du génocide

Sujet 2 - L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie : la question des harkis

Présentation des documents :

- Document 1 : extrait d’une publication historique, de l’historien M. Hamoumou, intitulée « Silence et refoulements de l’histoire des harkis » dans un colloque ayant eu lieu en novembre 2013 autour de la question des harkis.

- Document 2 : photographie prise en 2016, lors d’un événement de réaction face à la commémoration du 19 mars 1962, du membre du collectif « Non au 19 mars 1962 ». Petit rappel sur cette date : elle correspond aux accords d’Evian qui sont le résultat de la négociation entre France et Algérie pour mettre fin à la guerre d’Algérie. Cette commémoration est controversée car pour certains les accords d’Evian n’ont pas réellement mené à la paix.

Harkis : soldats supplétifs engagés pendant la guerre d’Algérie par l'armée française, aux côtés de laquelle ils formaient une catégorie de soldats irréguliers. Plusieurs dizaines de milliers ont été exécutés suite à la fin de la guerre d’Algérie et quelques 90 000 personnes ont fuit en France.

1/ L’évolution des mémoires de la guerre d’Algérie

- dans les années 1960 : débats politiques entre gauche et droite, notamment autour de la question des harkis - dissymétrie des mémoires entre France et Algérie mais évolution globale - apaisement : « une sorte d’amnistie générale » - Mais sans silence et refoulement « aller au delà sur tout ce qu’on nous a caché ou déformé sur la guerre d’Algérie en général et les harkis en particulier ».

2/ Le rôle des travaux historiques sur l’évolution des mémoires de la guerre d’Algérie

- ouverture des archives

- publications nombreuses 1972 : La torture dans la République, Paul Vidal Naquet 1998 : La Gangrène et l’oubli,B. Stora

- développement de la recherche universitaire 1988 : 1er colloque universitaire sur la guerre d’Algérie

3/ Un sujet toujours en débat…

Le document 2 vient nuancer l’optimisme du document 1 quant à l’apaisement des mémoires. La paix d’Evian fait toujours controverse chez certains porteurs de mémoire, comme le prouve l’existence, en 2016, du collectif « Non au 19 mars 1962 ». Les commémorations ne font donc pas toujours l’unanimité et les mémoires sur la guerre d’Algérie restent plurielles. 

 

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