Biographie André Gide 2/2 - Littérature - Terminale L

Biographie André Gide 2/2 - Littérature - Terminale L

Découvrez la seconde partie de la biographie d'André Gide dans ce cours de Littérature.
Voir la biographie d'André Gide, partie 1

Revirements politiques, littéraires et amoureux : la vie d'André Gide pourrait bien être plus étonnante qu'on ne l'aurait cru ! Découvrez la vie incroyable d'un auteur incroyable.

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Biographie André Gide 2/2 - Littérature - Terminale L

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INTRODUCTION

André Gide est l'une des plus grandes figures littéraires du XXème siècle, connu notamment pour des ouvrages comme les Nourritures terrestres (1897), qui fut le livre de chevet d'une génération, ou encore pour le roman qui révolutionne le genre, les Faux-Monnayeurs (1925). Dans ces ouvrages, comme dans d'autres – tels que son récit autobiographique Si le grain ne meurt (1918) – André Gide s'est raconté.

Mais qui était vraiment cette personnalité énigmatique ? Comment a vécu l'auteur des Faux-Monnayeurs ?

Après avoir évoqué sa jeunesse et son entrée en littérature dans une première fiche, nous développerons ici ses années de maturité, l'accomplissement littéraire qu'il connaît, et les événements marquants de la deuxième partie de sa vie.


ECLATEMENTS : VIE PERSONNELLE, LITTERAIRE ET POLITIQUE (1915 – 1938)

Alors même qu'André Gide s'épanouit en tant qu'écrivain, ses vies personnelle, littéraire et politique le confrontent à des crises.


VIE LITTERAIRE : ENTRE SUCCES ET AFFRONTEMENTS

  • Un écrivain reconnu...

 

Gide continue à publier, et ses œuvres connaissent un retentissement de plus en plus important : en 1914, il publie les Caves du Vatican.

L'année suivante, il connaît une sorte de crise mystique – dont il est coutumier depuis son adolescence – qui le mènera à la publication de Numquid et tu...?, ouvrage méditatif.

En 1919, il publie la Symphonie pastorale, et commence la rédaction de son "premier roman", les Faux-Monnayeurs. Cette rédaction se fera en parallèle de celle des Thibault de Roger Martin du Gard, les deux amis écrivains se liront mutuellement des passages de leurs œuvres au fur et à mesure de l'écriture, se conseilleront mutuellement. Les Faux-Monnayeurs sera publié en 1925.

L'année suivante, Gide publie le très controversé Si le grain ne meurt, récit autobiographique. Dans la deuxième partie de son livre, il se livre à propos de sa sexualité, de sa découverte de l'homosexualité, et de sa relation avec Madeleine (nommée Emmanuèle dans le livre).

Les Nouvelles nourritures, en 1936, se place dans la continuité des Nourritures terrestres, tout en constituant une rupture avec ce premier texte célèbre.


  • ... face aux critiques incessantes

 

Dès le début des années 20, André Gide doit faire face à nombre de critiques provenant des intellectuels de droite : on lui reproche ses déclarations, mais aussi son style, ou encore sa gestion de la NRF. Gide défend la NRF – où il continue d'ailleurs à publier de nouveaux auteurs prometteurs, tels que Henry de Montherlant – mais se défend peu lui-même : il commence à s'enfermer, à cette époque, dans l'idée que s'il est un auteur lu, il n'en est pas moins un auteur incompris.

Les critiques le fustigent, au fil des années, en raison de son engagement politique, mais aussi de son affirmation d'homosexualité.


VIE PERSONNELLE : SEPARATIONS ET RENCONTRES

  • Madeleine, crise et séparation

 

En 1916, Madeleine ouvre une lettre destinée à son époux, dans laquelle elle apprend brutalement son homosexualité : c'est la première ombre à leur couple.

Deux ans après cette révélation, alors que Gide part en Angleterre avec Marc, son jeune amant, Madeleine brûle leur correspondance, ce qui est le déclencheur d'une immense souffrance pour Gide : "Je souffre comme si elle avait tué notre enfant... Peut-être n'y eut-il jamais plus belle correspondance", écrit-il à ce sujet.

Madeleine s'éloignera de plus en plus, bien que Gide ait toujours veillé à lui conserver une place, dans son domicile comme dans son affection. Elle meurt en avril 1938.


  • La paternité

 

En 1916, André Gide entretient une forte relation amicale avec le peintre Théo Van Rysselberghe. Un jour de décembre, dans le train qui ramène la famille du peintre et l'écrivain d'une journée de funérailles, Gide fait passer à la fille de Théo, Elisabeth, un billet dans lequel il lui déclare vouloir un enfant d'elle.

En avril 1923, Catherine Gide naît de cette étrange union. Elle ne sera reconnue par son père qu'à la mort de son épouse Madeleine, en 1938.


  • Liaisons homosexuelles

 

En 1917, Gide tombe amoureux du jeune Marc Allégret, avec qui il voyage à Cambridge en 1918 : dans les années 20, Marc emménage avec Gide, rue Vanneau. C'est aussi avec Marc qu'il se rend au Congo et au Tchad, pour un voyage de onze mois, en 1926 – l'occasion de nouveaux apprentissages politiques.


VIE POLITIQUE : ENGAGEMENTS ET DESILLUSIONS

  • Les enseignements du Congo

 

Le voyage au Congo permet à Gide d'aboutir à diverses conclusions d'ordre politique : il y est confronté, d'une part au racisme des blancs envers les noirs, d'autre part aux pratiques brutales des concessionnaires, qui exploitent les congolais comme ils exploitent les ressources naturelles de leur pays.

En 1927, Gide publie ses conclusions dans Voyage au Congo, à la NRF : il n'y remet pas en cause le principe colonial, mais dénonce le fonctionnement des grandes concessions. Cette nouvelle publication lui vaut, une fois encore, l'inimitié de la droite.


  • L'engagement communiste

 

Dans les années 1930, Gide s'intéresse au communisme, et particulièrement à l'expérience soviétique. Mais s'il apporte effectivement son nom à la lutte communiste, son engagement s'y limite : Gide ne se sent pas à sa place dans les réunions politiques, d'autant que ses amis de longue date ne comprennent pas son engagement.

En 1936, Gide se rend en URSS, en compagnie de certains de ses amis, dont l'écrivain Louis Guilloux : c'est une amère déception. Il n'y trouve pas la politique de l'homme nouveau qu'il espérait, mais bien plutôt le totalitarisme.

Gide écrira, à propos de cette déception, Retour de l'URSS (1936).


LA RECONNAISSANCE MONDIALE DE L'ECRIVAIN (1939 - 1951)

LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET L'ENGAGEMENT DE GIDE

Gide ne s'oppose pas immédiatement à l'occupation ; il hésite même d'abord à s'opposer au maréchal Pétain.

Mais il prend rapidement position : il refuse de s'associer au nouveau comité directeur de la NRF, récupérée par les allemands. Il admire également l'allocution du général de Gaulle le 23 juin 1940.

De la côte d'Azur, il part alors pour l'Afrique du nord, où il constate les effets de l'antisémitisme. Il rencontre également le général de Gaulle.

Gide rentre en France en 1936, dans un contexte littéraire extrêmement politisé, où il doit faire face aux attaques de nombreux intellectuels engagés à gauche, alors qu'il veut encore défendre l'idée d'une littérature autonome, détachée du monde de la politique.


LA RECONNAISSANCE LITTERAIRE

Gide écrit pour le théâtre – Thésée – mais ses publications s'espacent ; et il n'écrit presque plus après 1947.

Il accepte alors les hommages d'institutions de renommée mondiale : ainsi, l'Université d'Oxford le nomme docteur honoris causa ; puis, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1947.

Cependant, ces mêmes récompenses lui valent de vives critiques en France. En effet, il s'agit d'institutions conservatrices, aux antipodes des idées révolutionnaires que Gide a défendu sa vie durant.


LA MORT D'ANDRE GIDE

Gide s'éteint le 19 février 1951, dans son domicile de la rue Vanneau, d'une congestion pulmonaire. Les mots qu'il prononce sur son lit de mort, pour mystérieux qu'ils soient, sont rentrés dans sa légende : "J'ai peur que mes phrases ne deviennent grammaticalement inexactes... C'est toujours la lutte entre le raisonnable et ce qui ne l'est pas."


CONCLUSION

Ecrivain avant-gardiste à de nombreux égards, Gide a donc fait face, lors des dernières années de sa vie, à de nombreuses attaques de la part d'intellectuels le jugeant trop conservateur. Aujourd'hui, alors qu'il est devenu un auteur classique de la littérature française, nous retenons d'André Gide les formidables innovations littéraires que ses œuvres ont apporté.

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