Corrigé de Littérature du Bac L 2018

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Corrigé de Littérature du Bac L 2018

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Question 1 

Un critique déclare qu’à la fin des Faux-Monnayeurs « tout rentre dans l’ordre ». Qu’en pensez-vous ? Vous fonderez votre réponse sur votre connaissance du roman Les Faux-Monnayeurs et du Journal des Faux-Monnayeurs.

Analyse du sujet et introduction :

Étant donné que l’ouvrage est composé de trois parties, dont les intrigues de la première et de la dernière se déroulent à Paris alors que celles de la deuxième se situent en Suisse, il y a bien l’idée de retour et de rentrer dans le quotidien.

En outre, souvent, l’excipit d’un roman clôt les intrigues et résout les problèmes qui ont surgi avec les éléments perturbateurs qui ont renversé la situation initiale. Une telle logique entre dans le respect du schéma narratif majoritairement respecté dans la tradition du récit. En ce que Les Faux-monnayeurs se détache du roman classique, il faut cela dit avoir une certaine méfiance quant à cette notion.

Nous sommes alors invités à nous demander si la fin du roman d’André Gide sous-entend tout à fait un retour à l’ordre.

Quelques idées pour ce qui est relatif à ces thématiques :

Rentrer ? :

 

  • Bernard rentre à la maison mais est-ce vraiment un retour à l’ordre ? Y a-t-il réellement eu désordre avec Bernard? N’est-ce pas un personnage constamment entre l’ordre et la rupture ?
  • Laura et Félix Douviers : ils se rejoignent après que Laura a avoué sa faute. Mais, comme elle le dit, elle ne peut pas feindre d’aimer son mari plus qu’elle ne l’aime vraiment + parallèle avec la mère de Bernard qui a eu une trajectoire similaire à celle de Laura il y a plusieurs années (roman spéculaire) : Félix la pardonnera-t-il vraiment et/ou durablement ?

 

Ou rester en transit et sans réponse ? :

 

  • La mère de Bernard : elle a quitté Albéric Profitendieu. Mais où est-elle allée ? Seule ? Avec qui ? Que fait-elle ?
  • Le roman d’Edouard. Est-on face à un échec ? Il ne sera, à priori, pas publié.
  • Vincent (Lillian Griffith) et le grand-frère Vedel : hors de France. Une coïncidence assez étonnante a permis leur rencontre. On peut la considérer comme un potentiel quant à une nouvelle intrigue.

 

Voire des échecs : Vincent : l’ange déchu. + la pension Vedel-Azaïs.

Ou partir :

Certains personnages ne rentrent pas dans l’ordre en ce qu’ils disparaissent du roman : Lillian Griffith, Bronja, Boris.

Remarque : le retour à l’ordre pourrait se traduire par la mort d’un personnage mais on constate, ici, que le décès de ces derniers n’appartient pas à cette logique.

Ou repartir :

 

  • Des départs : Laura et Félix en Angleterre.
  • Caloub : ironie face à l’anagramme de « boucla ».
  • Des nouveaux horizons : vivre sa vie pour Bernard + le couple Olivier/Edouard.

 

L’ordre : les retours à l’ordre sont-ils satisfaisants ?

  • Les tensions liées au suicide et aux pistolets sont-elles réglées ? On retrouve deux thématiques assez récurrentes dans le roman : le suicide et les pistolets. La thématique du suicide est introduite par La Pérouse qui n’ira pas au bout de son acte de mort. Aussi, Olivier qui tentera de se suicider ne décédera pas. Cette thématique reste donc seulement évoquée. Elle n’est pas concrètement mise en pratique par un personnage. Avec l’organisation de son (faux) suicide, Boris semble apporter un élément de réponse face au suicide mais aussi face au motif des pistolets, qui ont été mentionnés plusieurs fois (La Pérouse les a déplacés, Olivier a été mêlé à une histoire de duel, tout comme Félix Douviers qui voulait provoquer en duel l’amant de sa femme, et Bercail a été l’objet d’une blague de Jarry). Or, encore une fois, il faut se méfier des apparences puisque ce suicide apparaît premièrement être un jeu et deuxième un meurtre déguisé (Ghéridanisol savait que les pistolets étaient chargés). Nous pouvons donc considérer que ces fils conducteurs n’ont pas trouvé de réponses véritables.
  • Les affaires judiciaires bouclées ? Le trafic de la fausse monnaie a été arrêté dans la mesure où le juge d’instruction Profitendieu a permis que les malfaiteurs soient prévenus du fait que les autorités étaient au courant de leurs actions. Il y a donc une fin du trafic mais non une réelle fin d’une affaire judiciaire puisque les outlaws n’ont pas été arrêtés. Il en était de même avec l’affaire de prostitution. Aussi, d’un point de vue judiciaire, la mort de Boris n’apparaît pas trouver une fin très rigoureuse.
  • Georges Molinier retourne chez lui et semble assagi. Or, ce retour n’a pas été opéré par un parcours initiatique positif mais par une réalité traumatique. (D’ailleurs, cela le rapproche quelque peu de son frère Olivier).

Question 2

André Gide avait d’abord envisagé d’inscrire les réflexions d’Édouard sur le roman dans un premier chapitre pouvant servir de préface. Il y a pourtant renoncé. Selon vous, pourquoi ? Vous fonderez votre réponse sur votre connaissance du roman Les Faux- Monnayeurs et du Journal des Faux-Monnayeurs.

Analyse du sujet et introduction :

Le sujet revient à réfléchir sur l’importance de la mise en abyme comme fil conducteur du roman mais aussi sur la construction de l’intrigue de l’œuvre. Quelle est- elle ? La thématique de l’écriture est-elle un nœud de l’intrigue ? :

Une progression, une réflexion quant à l’écriture :

 

  • Le flux de conscience quant à la figure de l’écrivain.
  • Les dialogues : Bernard, Sophroniska, Laura. Les trois individus débattent quant aux difficultés impliquées par le projet d’Edouard. Edouard ne devrait- il pas avoir recours au réalisme ? Ce roman parlera-t-il de lui ? Le finira-t-il un jour ?
  • Mêler les points de vue. Dans son ouvrage, qui annonce le nouveau roman, Gide préfère avoir recours à une énumération de subjectivités plutôt qu’à un regard unique et surplombant. Présenter les réflexions d’Edouard en début de l’œuvre aurait pu amener à une telle posture.

 

Les Faux-monnayeurs : un roman à idées et non à thèse.

 

  • La réflexion du lectorat. Faire réfléchir Edouard à mesure que le lecteur découvre l’œuvre permet d’impliquer ce dernier par rapport à la tension créative. Que doit-il penser de l’écriture ? Qui a raison quant au procédé créatif ? Edouard finira-t-il pas écrire son ouvrage ?

 

Une progression, une réflexion quant à l’intrigue :
  • Edouard : la construction d’un personnage : comme le dit Laura, il est un protée : une figure de la métamorphose. Ce pourquoi, ses pensées doivent évoluer progressivement. En outre, montrer son évolution en tant qu’auteur permet de le mettre en contraste avec les autres figures d’écriture du roman. La réflexion sur l’écriture est alors généralisée (avec la présence d’autres personnages qui réfléchissent à ce sujet et d’autres personnages qui sont écrivains). Cela revient à faire de l’écriture une thématique centrale.
  • Le lien des intrigues : les réflexions sur l’ouvrage dont sur son titre (lancée par Bernard) représentent un moment important dans la jonction des intrigues. En Suisse, alors qu’une fausse pièce de monnaie est découverte, Bernard réfléchit sur son authenticité propre et Edouard sur son roman nommé Les Faux-monnayeurs. Les intrigues se nouent dans un lieu qui, symboliquement, démontre la construction organisée du roman. Beaucoup d’intrigues ont été amorcées et nous nous apercevons qu’elles n’ont pas été oubliées et ne sont pas décousues. La volonté de ne pas couper net (non pas dans le réel mais dans l’écriture ici) et de ne pas délimiter les intrigues est alors affichée.
Les (presque) doubles de Gide et de son journal au sein du roman : sans réflexion progressive sur le roman, le double ou plutôt la semblable copie du Journal des Faux- Monnayeurs qu’est le journal d’Edouard ne peut être réellement intégrée. Un journal se dévoile bien au jour le jour !
Conclusion / ouverture : Gide voulait renouveler le roman, en en faisait une touffe qui ne serait pas caractérisée par une avancée rectiligne des intrigues. Délivrer les pensées en préface reviendrait à sortir (et non faire entrer) un élément du roman. N’aurait-ce pas été une démarche totalement contradictoire au projet d’écriture qu’on retrouve dans Le Journal des Faux-Monnayeurs ?
Fin de l'extrait

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