Corrigé Littérature - Bac L Métropole 2016

Corrigé Littérature - Bac L Métropole 2016

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Cette années, les Terminales L sont tombés sur Madame Bovary. Notre professeur de Littérature a répondu aux deux questions de l'épreuve afin que vous puissiez facilement vous évaluer.

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Corrigé Littérature - Bac L Métropole 2016

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QUESTION 1

Dans le scénario initial de Madame Bovary, Flaubert notait : "Charles Bovary officier de santé de 33 ans quand commence le livre". Il ajoute dans la marge : "Commencer par l'entrée au collège". Qu'y a-t-il d'intéressant dans le choix finalement retenu ? (8 points)

Si, dans le scénario initial de Madame Bovary, Flaubert notait : "Charles Bovary officier de santé de 33 ans quand commence le livre", il choisit finalement de suivre une indication qu'il avait notée dans la marge : "Commencer par l'entrée au collège".

Le choix retenu pour cet incipit est intéressant à plusieurs égards.

Tout d'abord, commencer le roman par l'entrée du personnage de Charles au collège permet de considérer toute la vie de Charles dans son entièreté, dans l'espace du roman. En effet si l'incipit évoque l'entrée de Charles dans la vie scolaire, et donc intellectuelle, le roman s'achève sur sa mort – et non sur celle d'Emma Bovary. On pourrait donc dire que cette considération donne à Charles le statut de personnage principal, et non pas à Emma.

Par ailleurs, le fait de commencer le roman en décrivant l'entrée au collège de Charles permet de définir immédiatement le personnage, d'une part à travers son type social, et d'autre part par sa médiocrité. En effet, le personnage de Charles est d'office moqué par le reste de ses camarades, ce qui en fait percevoir tout le ridicule ; par ailleurs, la première phrase du roman précise que Charles est "habillé en bourgeois" : il fait donc partie de la nouvelle bourgeoisie, et s'il prétend à cette classe sociale, il n'arrive pas à en tenir les caractéristiques.

Enfin, pour Flaubert, choisir de commencer le roman par l'entrée au collège, c'est aussi accorder une place à un narrateur ambiguë et tout à fait intéressant : le "Nous" inaugural : "Nous étions à l'Etude quand le Proviseur entra (...)". Ce "nous" fait référence à la collectivité des collégiens qui moqueront Charles. Il disparaît au bout de quelques pages, et le narrateur se fait oublier, au profit d'une narration extérieure, omnisciente. Cette ambigüité dans la narration laisserait transparaître, selon certains critiques, la personnalité de l'auteur : en effet, il est possible de reconnaître, dans la personnalité d'un collégien bien en vue dans sa classe d'un collège de Rouen, la personnalité d'un jeune Gustave Flaubert, qui s'éveille aux premières considérations littéraires et sociales.

 

 

QUESTION 2 

Dans une lettre à Louise Colet en 1852, Flaubert note à propos de son roman Madame Bovary : "personnalité de l'auteur absente". Votre connaissance de l'œuvre et des documents relatifs à sa genèse vérifie-t-elle cette affirmation ? (12 points)

NB. Nous faisons ici le choix d'un plan qui nuance l'affirmation d'impersonnalité. Pourtant, il était également possible d'inclure dans votre plan un axe démontrant l'absence de la personnalité de l'auteur dans le texte, notamment en faisant référence à l'élaboration des manuscrits.

Des premiers plans de Madame Bovary, jusqu'aux écrits qui suivront sa publication, Flaubert a répété son exigence d'impersonnalité : ainsi, dans une lettre à Louise Colet de 1852, il note : "personnalité de l'auteur absente". L'absence de la personnalité de l'auteur dans le texte a effectivement été relevée par la critique, et ce dès 1857 avec la critique de Sainte Beuve.

Pourtant, plusieurs éléments permettent de nuancer cette affirmation, et d'attester une présence auctorale dans le texte.

Premièrement, si le cadre choisi pour le roman semble avoir des résonnances autobiographiques (campagne normande, présence de l'univers médical...), c'est également le cas de certains passages très particuliers, qui semblent faire écho à des événements précis de la vie de Flaubert. Ainsi, le sceau Amor nel cor qu'Emma offre à Rodolphe, dans la deuxième partie du roman, et avec lequel Rodolphe scellera sa lettre de rupture, est une référence ironique à un sceau que l'amante de Flaubert, Louise Colet, lui avait effectivement offert. De même, Flaubert a déjà assisté, à Constantinople, à l'opéra Lucie de Lamermoor, qu'Emma et Charles vont voir à Rouen. Ces références servent le réalisme de l'oeuvre, tout comme elles permettent d'inscrire la personnalité de l'auteur dans le texte.

De même, la critique a noté la présence dans le texte de certains avatars de l'auteur, c'est-à-dire de personnages qui représentent, d'une manière ou d'une autre, Flaubert lui- même. Ainsi, Flaubert se serait représenté dans le personnage de Binet, qui surgit d'un tonneau pour surprendre Emma, alors que celle-ci rentre de chez Rodolphe. Dans Gustave Flaubert : une manière spéciale de vivre, Pierre-Marc de Biasi note ainsi que l'aspect burlesque du personnage, ainsi que le fait qu'il tienne une carabine, et qu'une marque de carabine en vogue à l'époque soit "Flobert", fait de Binet une forme d'incarnation de Flaubert. De même, à la fin du roman, la référence à "un artiste peintre, un nommé Vaufrylard, ami de Bridoux, et qui, tout le temps, débita des calembours" (p. 441) peut être une autre incarnation de Flaubert : il est effectivement le "peintre" de ce roman, il a un amour des "calembours" et orchestre des jeux de mots en écrivant ; quant à Bridoux, il a un chien épileptique, et Flaubert avait déjà été victime d'une crise convulsive. Ainsi, il semblerait que Flaubert, à la manière des peintres de la Renaissance, ait pris plaisir à s'inclure dans l'espace du roman.

Enfin, notons que le ton général adopté par la narration atteste d'une présence de la personnalité de l'auteur dans le texte. L'omniprésence de l'ironie, les opinions défendues (le mépris pour la bourgeoisie notamment), ainsi que la présence de phrases de vérité générale, semblent relever de la personnalité de l'auteur. Ainsi, lorsque le narrateur proclame : "La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles", il est difficile de ne pas y retrouver la présence de Flaubert, de sa préoccupation de la beauté du mot, et de son infatigable recherche du mot juste pour "attendrir les étoiles".

Fin de l'extrait

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