Etude des personnages mineurs masculins dans le film La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

Etude des personnages mineurs masculins dans le film La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

Nous mettons à votre disposition ce cours de Littérature pour le Bac L, rédigé par notre professeur, qui est une étude des rôles des personnages mineurs masculins dans le film La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier.
→ Voir aussi l'étude des personnages mineurs féminins dans le film La Princesse de Montpensier

Les objectifs de ce cours de Littérature sont liés à la bonne maîtrise de l'œuvre cinématographique. Apportant des éléments descriptifs quant à cette dernière, elle permettra de rappeler à la mémoire certains passages qui peuvent paraître secondaires mais qui participent néanmoins à l'apport d'une certaine esthétique. Quant à cette esthétique, ainsi qu'aux apports axiologiques de l'œuvre (=domaine des valeurs, de la moralité, de ce qu'on peut qualifier de bien ou de mal), l'étude des personnages secondaires permet aussi de définir leur rôle dans la cohérence de l'œuvre.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de Littérature de Terminale L sur les personnages mineurs masculins dans le film La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier.

Etude des personnages mineurs masculins dans le film La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

Le contenu du document


Force est de constater qu'il y a un contraste entre le peu de personnages de la nouvelle et le plus grand nombre d'entre eux qu'on trouve dans le film. Alors qu'on remarque que d'une œuvre à l'autre, l'identité des personnages principaux ne change pas, nous constatons que les rôles et la présence des personnages secondaires (voire tertiaires) sont différents. Dans ce cours, il s'agira de nommer en général l'ensemble des personnages ayant un rôle particulier dans l'œuvre bien que l'importance qui leur est consacrée, en minutes ou en lignes, soit moins importante que celle dédiée aux personnages principaux. Ce cours s'intéressera uniquement au film de Bertrand Tavernier et sera divisé en deux parties afin de séparer le contenu pour qu'il ne soit pas trop long et que vous puissiez réaliser une pause (pourquoi pas un quiz!) dans l'absorption des informations. Nous avons trouvé pertinent de séparer le cours selon un critère de genre en ce que ce dernier définit, dans une certaine mesure, le rôle dramatique des personnages. La première fiche s'intéressera aux personnages masculins tandis que la deuxième se concentrera plus sur les personnages féminins.

Prérequis

Nous allons parler dans cette fiche des personnages mineurs de l'œuvre cinématographique de Bertrand Tavernier. De fait, il est indispensable d'avoir consulté le film et d'avoir en tête qui sont les personnages principaux de ce dernier. Aussi, il est bon d'avoir déjà réalisé une sorte de listing des différents personnages présents dans l'œuvre afin de ne pas être surpris lors de la mention de ces derniers.

Objectifs

Les objectifs de cette fiche sont liés à la bonne maîtrise de l'œuvre cinématographique. Apportant des éléments descriptifs quant à cette dernière, elle permettra de rappeler à la mémoire certains passages qui peuvent paraître secondaires mais qui participent néanmoins à l'apport d'une certaine esthétique. Quant à cette esthétique, ainsi qu'aux apports axiologiques de l'œuvre (= domaine des valeurs, de la moralité, de ce qu'on peut qualifier de bien ou de mal), l'étude des personnages secondaires permet aussi de définir leur rôle dans la cohérence de l'œuvre.

I. Comique et légèreté

1. Le duc de Montpensier

Dans le film de Bertrand Tavernier, le duc de Montpensier, joué par Michel Vuillermoz, comédien à l'Académie française, permet d'apporter une certaine touche de rire. Certes, ce rire est jaune et parfois un peu grinçant. Il ne s'agit pas d'un simple comique de mots ou de geste mais plutôt d'un comique de caractère. Le duc est le type de l'homme noble, imbu de son rang. Il n'hésite pas à assumer sa supériorité de rang quand il discute avec le couturier et lui rappelle de ne pas l'encombrer de ses problèmes quand il lui parle déjà des siens. Alors que la situation n'a rien de particulièrement drôle en soi, c'est bien l'exagération d'une vérité hiérarchique qui fait sourire. D'ailleurs, à la fois par le jeu de l'acteur mais aussi par le script, il s'impose lui seul dans la scène, presque monologuant. Il n'est pas tout à fait ouvert au dialogue. Il s'agit bien pour lui de passer le temps et s'adonner aux plaisirs de la cour : l'amour, les bals, la coquetterie. La coquetterie du duc peut nous faire sourire aussi dans la mesure où elle symbolise le pouvoir et l'égo propres à ce personnage. Il sait qu'il mérite des vêtements « dignes de son rang ». Il ne veut pas qu'on « lésine sur la dépense ». Il veut être « beau », tout en se réservant de porter de l'écarlate et du cramoisi pour l'instant – cramoisi qui, pourtant, lui « va très bien ». En outre, bien que de par son rang, on pourrait lui apporter une certaine crédibilité, on remarque, au long du film, une certaine superficialité ou du moins matérialité (qu'on pourrait opposer à la spiritualité de Chabannes, par exemple). Alors qu'il marchandait la dot de la femme de son fils en pensant à des préoccupations animalières, il vit et pense son deuil selon des critères vestimentaires. Un spectateur contemporain ne peut s'empêcher d'être surpris et de sourire de cette surprise quand il a l'impression que le duc met sur le même plan des préoccupations sérieuses à d'autres plus superficielles : la femme de son fils et des animaux, la guerre et les bals, le deuil et la coquetterie. On notera que l'étoffement de ce personnage répond sûrement à une volonté d'apporter un peu de légèreté à un film qui aurait pu rester strictement historique et académique. Bien qu'ayant une importance narratologique et cinématographique beaucoup plus notable, le développement du protagoniste d'Anjou entre dans la même dynamique. A un niveau moindre mais toutefois à noter, le personnage du vendeur ambulant apporte une touche de comique au film.

2. Le vendeur

Le commerçant ambulant, comme on en reparlera ci-dessous, revêt plusieurs rôles. Parmi ceux-ci, on trouve celui de la diversion. C'est un nouveau personnage, auquel on ne s'attend pas et qui, de fait, (r)éveille notre attention. En outre, sa diction et son élocution sont presque théâtrales. Ainsi insiste-t-il sur la prononciation de « fameux amiral Coligny », tout en sortant son couteau, avant de clamer avec force le nom du duc d'Anjou et d'être applaudi, à la fois pour la bonne nouvelle qu'il conte mais aussi pour son actuation permettant de la partager. Véritable commerçant, il est aussi acteur, mêlant à la parole les gestes, l'intonation, les temps de pause, le regard… C'est un vrai petit spectacle qu'il fournit à l'assistance de Mont-sur-Brac. En effet, au-delà d'être un vendeur de nouvelles et de « rouge à joues », on constate qu'il apporte une distraction aux habitants de Mont-sur-Brac, qui vivent visiblement dans une certaine monotonie, éloignés de la guerre. Cette diversion propre aux personnages s'applique aussi aux spectateurs. Alors que nous venons d'assister à plusieurs dizaines de minutes concentrées sur la vie de la princesse et de Chabannes, on s'ouvre un peu au monde. Cette ouverture se réalise notamment par le rire avec la nouvelle grivoise que conte le vendeur : un homme aurait trouvé sa femme avec « les bras ouverts. Les jambes aussi. ».

3. Le professeur de polonais

De la même façon que d'autres personnages plutôt tertiaires (comme le vendeur), le professeur de polonais permet d'allier rire et informations historiques. Ainsi, il permet à la scène de la leçon de se dérouler. Il fait répéter plusieurs fois certains mots en polonais au duc d'Anjou et il a apporté un hareng qui embaume la tente d'une mauvaise odeur. Il introduit donc un comique de mots mais aussi de situation – les situations liées à une mauvaise odeur faisant souvent sourire aussi bien au théâtre qu'au cinéma. Outre son aspect comique, on notera que cette scène permet d'évoquer les alliances entre pays que les souverains européens tentaient de réaliser via le mariage de leurs enfants.

II. Boucle dramatique

Dans le film, il y a des personnages dont on se souvient à peine, à la fois parce qu'ils ne sont pas mentionnés dans le livre mais aussi parce qu'ils semblent avoir une importance moindre. Quant au nombre de minutes où ils apparaissent à l'écran, c'est à peine si on les aperçoit. Notamment, certains personnages liés à Chabannes revêtent de telles caractéristiques. Il s'agit de la femme enceinte qu'il tue au début du film, de celle qu'il sauve à la fin de ce dernier mais aussi de son page, Nicolas. Ces personnages apportent un effet de boucle. Ce sont eux qu'on voit en premier et ce sont presque eux qu'on voit en dernier, comme s'il y avait une certaine volonté de faire de Chabannes le personnage central de l'œuvre. Néanmoins, bien qu'une certaine importance soit accordée à ce dernier, ce sont bien les mots de la princesse qui clôturent l'ouvrage. A vrai dire, dans une certaine mesure, ces personnages liés à Chabannes permettent de donner à l'ouvrage des effets de boucle et de finition qui introduisent la conclusion que donne la princesse à son cheminement personnel. C'est bien en s'inspirant de Chabannes qui avait renoncé à la guerre qu'elle renoncera à l'amour. A la fidélité d'amitié de Chabannes pour Marie semble s'apparenter celle de Nicolas pour son ancien maître (qu'on peut, à priori, opposer à celle du prince de Montpensier). Au courage de Chabannes pour sauver cette femme lors de la Saint-Barthélemy s'associe le courage de Marie, s'émancipant de façon étonnante. Autour de Chabannes et de cet effet de boucle qui lui est associé se cristallisent des valeurs et un cheminement moral, qui permettent de donner une conclusion morale cinématographique autre que celle de la nouvelle.

III. Contextualisation historique

1. Les paysans

Concernant les paysans à qui Marie doit octroyer le gibier, on pourrait aller jusqu'à parler de personnages tertiaires. Ils n'ont qu'un rôle très mineur. Néanmoins, on notera qu'ils font partie de cette volonté de Bertrand Tavernier de montrer l'Histoire par petites touches. Alors que cette scène semble être prétexte à l'emportement de Marie qui a l'impression de ne rien savoir, on remarque qu'est glissé un détail historique. Les paysans parlent une langue régionale. Il s'agit ici d'exemplifier rapidement qu'outre les divisions religieuses, la France connaissait aussi des clivages sociaux et linguistiques.

2. Le vendeur

On se souvient de ce personnage qui fait irruption à l'écran sans qu'on s'y attende. Petit à petit, néanmoins, nous comprenons ses rôles. Un de ceux-ci est d'ancrer le propos dans la réalité historico-guerrière. Ainsi, le vendeur apporte des nouvelles qui mentionnent, pour la première fois, par exemple, l'importance guerrière du duc d'Anjou, qu'il faut opposer au prince de Condé. Un tel moment équivaut, en quelque sorte, aux mentions que le narrateur de la nouvelle fait aux grandes batailles qui jalonnent la temporalité du récit. Ensuite, le conteur de nouvelles mentionne la vaillance du duc de Guise ; vaillance qui est aussi évoquée dans la nouvelle tout en précisant qu'elle est un motif de colère du prince pour cet ennemi affectif (« Ce fut dans cette guerre que le duc de Guise commença à avoir des emplois fort considérables (…) Le prince de Montpensier, qui le haïssait et comme son ennemi particulier et comme celui de sa maison, ne voyait qu'avec peine la gloire de ce duc. »). Alors que le narrateur de la nouvelle prend soin de lier passion amoureuse fictive et faits historiques avérés, on constate que le personnage du vendeur a un même rôle en ce qu'il établit un lien réel entre la nouvelle et le film. Si la nouvelle joint aux exploits et faits guerriers la passion amoureuse (« M. de Guise (…) elle en sentait de la joie, et qu'elle était bien aise de voir qu'il méritait les sentiments qu'elle avait eus pour lui. »), le film en fait de même (« j'éprouve de la joie à constater les mérites d'un homme qui justifie par ses exploits l'inclination que j'ai eue pour lui »).

3. Le Cardinal de Lorraine

Le rôle du cardinal de Lorraine semble visiblement historique. Il est mentionné dans le début de la nouvelle et apparaît dans le film selon un ordre chronologique similaire. Dans la nouvelle, il est mentionné car il est un personnage historique important de par son pouvoir et de par le fait qu'il a joué un rôle notable dans l'ascension de la maison de Guise ainsi que dans les guerres de religion. Aussi, associé aux alliances de maisons dans la nouvelle, on remarquera que dans l'adaptation de Bertrand Tavernier, il fait partie de ce cercle d'hommes qui, par les mariages, semble réaliser des transactions aux allures parfois financières (« Du vin, la conversation a tourné à l'héritière. »).

Conclusion

Nous avons constaté que les rôles des personnages mineurs masculins sont divers. Néanmoins, ils répondent tout de même tous à une même dynamique commune : montrer l'Histoire tout en apportant une logique de divertissement afin de ne pas faire du film une simple démonstration académique.

Le petit + dans ta copie

A noter que la famille de Guise a été impliquée dans la création d’un parti politique (souvent considéré comme l’un des premiers de France) nommé La Ligue. Il s’opposait au règne d’un protestant sur la France.

Pour aller plus loin …

Nous allons publier d'ici peu une fiche qui vous permettra d'avoir recours à des ressources documentaires, bibliographiques et cinématographiques visant à ce que vous puissiez vous imprégner plus du contexte historique de la nouvelle. En attendant cette fiche, n'hésitez pas vous aussi à réaliser certaines recherches et à commencer à vous approprier une période de l'Histoire passionnante mais parfois compliquée.

Fin de l'extrait

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