Hernani est-il, selon vous, le personnage principal de la pièce ? - Littérature - Terminale L

Hernani est-il, selon vous, le personnage principal de la pièce ? - Littérature - Terminale L

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Hernani est-il, selon vous, le personnage principal de la pièce ? - Littérature - Terminale L

Le contenu du document

INTRODUCTION

Point méthode

  1. Il est nécessaire de bien analyser le sujet, c’est-à-dire d’analyser la formulation du sujet, d’identifier les mots-clés puis de les définir.
  2. Une bonne analyse permet de comprendre les enjeux du sujet et de problématiser celui-ci. Tu dois questionner le sujet, la thèse proposée et en montrer ses limites.
  3. L’introduction permet d’annoncer les axes du développement, c’est-à-dire les fils directeurs permettant de répondre au sujet.

Comment rédiger une bonne introduction ?

  • Celle-ci doit être concise : elle doit immédiatement prendre en compte la question posée et proposer des pistes de réflexion.
  • L’introduction peut mobiliser des connaissances culturelles, d’histoire littéraire mais celles-ci doivent toujours être reliées au sujet.

Exemple

De nombreuses pièces de Victor Hugo ont pour titre le nom de l’un des personnages : Lucrèce Borgia, Marion de Lorme, Ruy Blas, Marie Tudor… On dit qu’il s’agit de pièces éponymes. C’est le cas de la pièce au programme de littérature de cette année, Hernani, qui porte le nom de l’un des personnages de la pièce. Le sujet proposé est le suivant : Hernani est-il selon vous le personnage principal de la pièce ? 

Un personnage principal est un personnage autour duquel tourne l’intrigue. Il a donc une fonction actancielle c’est-à-dire qu’il fait avancer la pièce. On le distingue ainsi du personnage secondaire qui est plutôt en arrière-plan. On peut se demander pourquoi Hernani serait le personnage principal de la pièce. 

Tout d’abord, le dramaturge choisit de donner son nom à la pièce, ce qui signifie qu’il possède un rôle clé dans celle-ci. Sur le plan actanciel, il est l’amant de doña Sol donc il est au cœur d’une intrigue amoureuse. Il combat le roi don Carlos pour venger son père : il est donc au cœur d’une intrigue politique. Il est le rival de don Ruy Gomez puis lié éternellement à lui à cause de leur pacte. Enfin, c’est un personnage qui évolue, « une force qui va ». 

Mais, Hernani est-il le seul personnage qui peut prétendre au titre de personnage principal ? Les différents sous-titres envisagés par Victor Hugo, « L’honneur castillan », « Tres para una », « La Jeunesse de Charles Quint » nous permettent d’envisager d’autres personnages principaux : doña Sol peut-elle être l’héroïne de la pièce ? Don Ruy Gomez et don Carlos peuvent-ils être qualifiés de personnages principaux ?

Dans un premier temps, nous verrons qu’Hernani semble bien être le personnage principal de la pièce. Puis, dans un second temps, nous verrons que les titres des actes choisis par Victor Hugo et les différents sous-titres imaginés peuvent laisser envisager d’autres personnages principaux.

DÉVELOPPEMENT

Point méthode

  1. Le développement doit toujours répondre à la question posée : il est nécessaire de bien comprendre les enjeux de celui-ci.
  2. Le sujet s’inscrit toujours dans le domaine d’étude lié à l’œuvre soit « lire-écrire-publier ».
  3. Le développement repose sur des arguments.
  4. Chaque argument doit être illustré par des exemples : des exemples tirés de la pièce (citations, un passage de la pièce analysé) ou des connaissances d’histoire littéraire.

Comment rédiger un bon développement ?

  • Le développement doit être organisé : en parties et en sous-parties.
  • Il doit témoigner d’une bonne connaissance de la pièce et de son contexte.
  • Il doit mobiliser le lexique théâtral.
  • La langue doit être correcte : n’oublie pas que tu es en L !

 

ATTENTION ! Pour plus de clarté, nous laissons le plan apparent dans ce cours, mais celui-ci doit être intégralement rédigé le jour de l’épreuve. Les titres des parties ne doivent pas apparaître.

I. HERNANI SEMBLE BIEN ÊTRE LE PERSONNAGE PRINCIPAL DE LA PIÈCE ÉPONYME

A. La fonction actancielle : une double quête, amoureuse et politique

Dès l’acte I, Hernani est associé à une intrigue amoureuse : il est le jeune amant de doña Sol qui l’attend dans sa chambre à coucher. La première didascalie « Une chambre à coucher. La nuit. Une lampe sur la table. » crée une atmosphère intime et nocturne, propice aux rendez-vous galants. Les deux amants sont liés et sont dépendants l’un de l’autre : « J’ai besoin de vous voir et de vous voir encore / Et de vous voir toujours. », dit doña Sol à la scène 2 de l’acte I. 

La répétition du verbe « voir » souligne leur amour. Les amants se donnent rendez-vous, comme à la fin de la scène 3 de l’acte I : « Demain, sous ma fenêtre, à minuit, et sans faute. / Vous frapperez des mains trois fois. » Hernani doit donc surmonter un certain nombre d’obstacles pour posséder doña Sol. L’amour qu’Hernani porte à doña Sol fait donc avancer l’intrigue jusqu’à ce que les deux amants soient unis par l’empereur : il s’agit du premier dénouement du drame.

Mais dès l’acte I, on comprend qu’une autre quête anime Hernani : la vengeance. Hernani doit venger son père, condamné par celui de don Carlos : « Et, tout enfant, je fis / Le serment de venger mon père sur son fils. » La vengeance devient même un personnage à part entière, un démon (au sens d’esprit) qui guide les pas d’Hernani : « Va devant ! je te suis. Ma vengeance qui veille / Avec moi toujours marche et me parle à l’oreille ! / Va ! je suis là, j’épie et j’écoute, et sans bruit / Mon pas cherche ton pas et le presse et le suit ! » 

REPÈRE [1] : Scène 2.

Dans cette réplique prononcée par Hernani à la scène 4 de l’acte I, on comprend que la vengeance, personnifiée, devient le compagnon d’Hernani. Le personnage est poussé par cette force qui l’entraîne et qui, en même temps, l’enchaîne dans un passé mortifère. Ses actions sont motivées et en même temps empêchées à cause du spectre de son père attendant d’être vengé.

Hernani va donc, lors de la conjuration, être mis en avant car il est choisi pour tuer le roi à la scène 3 de l’acte IV : « J’ai gagné ! / - Je te tiens, toi que j’ai si longtemps poursuivie, / Vengeance ! » Il est celui qui doit porter le coup fatal.

Hernani peut donc être qualifié de personnage principal, étant au cœur des deux intrigues principales de la pièce. Mais c’est aussi un personnage dont l’identité évolue.

B. Hernani ou Jean d’Aragon ?

Au début de la pièce, Hernani est présenté comme un « bandit », un « cavalier sans barbe et sans moustache encore », comme le dit don Carlos dans la scène d’exposition. Il est caractérisé par sa fougue, sa jeunesse. Il se présente lui-même comme un vagabond, un misérable : « Moi, je suis pauvre, et n’eus, / Tout enfant, que les bois où je fuyais pieds nus. », comme il le dit à l’acte I, scène 2. 

Cette réplique assimile Hernani à la figure du Petit Poucet. Il s’oppose ainsi à don Ruy Gomez, duc de Pastrana, et au roi don Carlos. Il proclame son identité lorsque, déguisé en pèlerin (comme Roméo lors du bal donné par les Capulet dans la pièce de Shakespeare), il pénètre chez don Ruy Gomez :

« Vous vouliez savoir si je me nomme

Perez ou Diego ? – Non, je me nomme Hernani !

C’est un bien plus beau nom, c’est un nom de banni,

C’est un nom de proscrit ! »

(Acte III, scène 3)

Hernani revendique ce nom, cette identité.

Or, on apprend la véritable identité d’Hernani à la scène 4 de l’acte IV, ce qui agit comme un véritable coup de théâtre :

« Je suis Jean d’Aragon, grand maître d’Avis, né

Dans l’exil, fils proscrit d’un père assassiné

Par sentence du tien, roi Carlos de Castille !

Le meurtre est entre nous affaire de famille. »

(vers 1727-1730)

Rappelons que dans le manuscrit original, cette révélation était placée beaucoup plus tôt (au début de l’acte II). De bandit, proscrit, conjuré, Hernani devient duc et chevalier, l’empereur lui offrant la Toison d’Or.

Hernani passe donc d’un espace à l’autre : de l’espace de l’exil à l’espace de la reconnaissance sociale. C’est ce qu’explique Anne Ubersfeld dans sa thèse : le théâtre hugolien est construit sur l’opposition de deux espaces : A et non-A. 

Le premier est l’espace du pouvoir, de la puissance, de la reconnaissance sociale alors que le deuxième espace est celui de l’exil, de l’avenir. Quand un personnage appartenant à l’espace non-A entre dans l’espace A, celui-ci meurt inévitablement, ce qui est le cas d’Hernani :

« […] Quel est ce nom, madame ?

Oh ! ne me nomme plus de ce nom, par pitié !

Tu me fais souvenir que j’ai tout oublié !

Je sais qu’il existait autrefois, dans un rêve,

Un Hernani, dont l’œil avait l’éclair du glaive,

Un homme de la nuit et des monts, un proscrit

Sur qui le mot vengeance était partout écrit !

Un malheureux traînant après lui l’anathème !

Mais je ne connais pas ce Hernani. – Moi, j’aime

Les prés, les fleurs, les bois, le chant du rossignol.

Je suis Jean d’Aragon, mari de doña Sol !

Je suis heureux ! […] »

(Acte V, scène 3, vers 1916-1927)

En proclamant le nom Jean d’Aragon, Hernani invoque le domino noir, c’est-à-dire don Ruy Gomez, qui vient réclamer la mort de celui-ci. Il doit donc, nécessairement, mourir.

Hernani est un personnage complexe, qui est traversé par des forces contradictoires. On peut donc se demander si Hernani est l’incarnation du héros romantique et donc, à ce titre, peut être qualifié de personnage principal.

C. Un héros romantique

Qu’est-ce qu’un héros romantique ? Le héros romantique est tout d’abord un être passionné. Hernani, à bien des égards, peut faire penser aux « flamboyants », à cette jeunesse romantique venue apporter son soutien lors de la première représentation du drame le 25 février 1830. 

Passionné il l’est, tout d’abord en étant amoureux de doña Sol. Il exprime ses sentiments à travers des répliques lyriques. On peut citer la métaphore pétrarquiste de la flamme amoureuse : « Moi, je brûle près de toi ! », Acte I, scène 2, vers 50. Doña Sol est pour lui une « fleur », un « ange » :

« Oh ! je voudrais savoir, ange au ciel réservé,

Où vous avez marché, pour baiser le pavé ! »

 (Acte III, scène 4)

Les didascalies montrent un couple fusionnel : « Tous deux, dans les bras l’un de l’autre, se regardent avec extase, sans voir, sans entendre et comme absorbés dans leur regard . » Cette didascalie peut faire penser au Banquet de Platon qui raconte qu’à l’origine les hommes étaient androgynes. Zeus sépara ce corps, expliquant ainsi la naissance de l’amour : chaque moitié recherche son autre moitié. Le couple formé par Hernani et doña Sol ne peut être séparé, car si l’un meurt, l’autre meurt aussi.

REPÈRE [2] : Fin de la scène 4 de l'acte III.

Hernani est un personnage passionné, guidé par la vengeance. Il n’hésite pas à s’opposer au pouvoir. Il provoque ouvertement le roi don Carlos ; on peut retenir ces deux citations : « Crois-tu donc que les rois à moi me sont sacrés ? » et « J’écraserais dans l’œuf ton aigle impériale ! », Acte II, scène 3. On peut aussi penser à la célèbre anaphore « Je vous hais » prononcée par Hernani . Hernani fait penser à son créateur qui lui-même s’est opposé au pouvoir.

REPÈRE [3] : Voir vers 568 - 570

Son amour pour doña Sol le pousse à vivre et en même temps, Hernani est sans cesse habité par des pulsions de mort. Éros et Thanatos, les dieux de l’amour et de la mort, sont nécessairement liés. 

Dès le début de la pièce, Hernani est irrésistiblement attiré vers la mort, comme si une pulsion de mort l’habitait : « Il n’est plus temps ! je vois l’échafaud de trop près. », Acte II, scène 4. Dans un trimètre romantique, Hernani déclare : « Je suis banni ! je suis proscrit ! je suis funeste ! » (vers 681) : le mot « funeste » indique qu’Hernani, dès le début, est déjà au bord du précipice, comme son père le fut sur l’échafaud. 

REPÈRE [4] : Vers formé de trois unités métriques. Chaque unité est composée de 4 syllabes.

REPÈRE [5] : Acte II, scène 4.

Sa tête est même mise à prix, comme on l’apprend grâce au page au début de l’acte III : « La tête d’Hernani vaut mille écus du roi / Pour l’instant ; mais on dit qu’il est mort. » Il va même jusqu’à invoquer la mort : « Mon épousée aussi m’attend ! / Au duc / Elle est moins belle / Que la vôtre, seigneur, mais n’est pas moins fidèle. / C’est la mort ! […] » (vers 877-879) La mort est ici comparée à une mariée.

Hernani semble incarner le héros romantique, passionné, révolté et maudit. Pourtant, habité par des pulsions de mort, on peut se demander s’il peut vraiment être un modèle pour le lecteur. Les sous-titres choisis par Victor Hugo et les titres des actes nous permettent de penser que d’autres personnages peuvent eux aussi être qualifiés de personnages principaux.

Après avoir vu qu’Hernani pouvait, dans une certaine mesure, être qualifié de personnage principal, nous allons voir que d’autres personnages sont mis sur le devant de la scène par le dramaturge. Même si Hernani donne son nom à la pièce, il n’est peut-être pas le modèle à suivre.

II. LES TITRES DES ACTES ET LES SOUS-TITRES CHOISIS PAR VICTOR HUGO PEUVENT AUSSI DÉSIGNER D’AUTRES PERSONNAGES PRINCIPAUX

A. « La jeunesse de Charles Quint »

Ce sous-titre dirige l’attention du lecteur vers le personnage de don Carlos. De roi, il devient empereur. Charles Quint a vécu de 1500 à 1558. En 1516, il devient Charles Ier. La mort de son grand-père, l’empereur Maximilien, le place à la tête des possessions des Habsbourg et fait de lui un candidat privilégié à l’élection impériale face aux rois Henri VIII d’Angleterre et François Ier de France. Il est sacré en 1520 à Aix-la-Chapelle sous le nom de Charles V.

Ce sous-titre laisse à penser que Victor Hugo a voulu écrire une trilogie sur le règne de l’empereur mais il faut souligner que son but n’est pas de célébrer la vie de Charles Quint. Néanmoins, force est de constater que c’est ce personnage qui ouvre la pièce. De plus, Victor Hugo a intitulé l’acte I « LE ROI » mettant le personnage de don Carlos sur le devant de la scène.

Mais le roi apparaît dès la scène d’exposition comme un être violent : il n’hésite pas à menacer la duègne pour s’introduire dans la chambre de doña Sol et se cache même dans l’armoire ! Amoureux de doña Sol, il veut la posséder coûte que coûte. Les didascalies insistent sur la violence dont il fait preuve : « la saisissant avec violence. », « se débattant. » 

On peut citer la réplique suivante : « Vous viendrez, et ma main plus que la vôtre est forte. / Vous viendrez ! je vous veux ! », prononcée à la scène 2 de l’acte II. C’est un roi capricieux et colérique. Loin d’incarner le preux chevalier, il fait plutôt penser à un roi libertin pouvant être capable de violer celle qu’il désire obtenir.

C’est aussi un roi qui exprime ses sentiments et qui a comme Hernani recours au registre lyrique : « Doña Sol, viens briller comme un astre dans l’ombre ! », comme on peut le lire dans l’acte II, scène 1. Ici, on note une comparaison qui élève doña Sol et une antithèse qui révèle l’aura solaire de la jeune femme. Le roi est prêt à faire d’elle sa femme : « Venez ! vous serez reine, impératrice  ! » : la gradation montre qu’il est prêt à faire d’elle son égale.

REPÈRE [6] : ACTE II, scène 2.

Étant roi, don Carlos fait preuve d’autorité et exerce son pouvoir. Il exerce celui-ci à l’encontre d’Hernani : « Je vous fais mettre au ban du royaume. », Acte II, scène 3. Quand il pénètre chez don Ruy Gomez, il exige que le duc lui livre le bandit ou doña Sol : « Choisis. – Doña Sol ou le traître. / Il me faut l’un des deux. », Acte III, scène 6.

Or, une métamorphose s’opère à l’acte IV. Deux monologues sont consacrés à don Carlos : à la scène 2, il s’adresse à Charlemagne, faisant de lui une figure tutélaire, un conseiller : « Apprends-moi tes secrets de vaincre et de régner, / Et dis-moi qu’il vaut mieux punir que pardonner ! », vers 1571-1572. 

Devenu empereur, don Carlos choisit la clémence. Il devient alors un empereur modèle : « Il convient que je donne au monde une leçon . » Cette métamorphose fait penser à celle d’Auguste dans Cinna de Corneille : « Soyons amis, Cinna, c’est moi qui t’en convie. » (Acte V, scène 3) qui est une réécriture de Sénèque, « De Clementia ». Victor Hugo pense également à un autre modèle, celui de Napoléon Ier, empereur issu du peuple qui s’est couronné lui-même.

REPÈRE [7] : Acte IV, scène 4.

L’acte I s’intitule « LE ROI ». Le lecteur découvre un personnage violent, antipathique et jaloux. Mais, ce personnage évolue jusqu’à faire preuve de grandeur en choisissant la clémence, comme si le tombeau permettait à don Carlos de ressusciter

Ces arguments nous permettent de montrer que don Carlos peut, lui aussi, être le personnage principal de la pièce. C’est lui qui réunit les amants pour la noce de l’acte V. Mais les personnages dans Hernani ne sont jamais indépendants. Ils forment des alliances, nouent des rivalités. Il n’y aurait donc pas un personnage principal mais des personnages principaux.

B. « Tres para una »

Ce sous-titre met doña Sol au centre de l’intrigue. Seul personnage féminin (si on exclut la duègne doña Josefa Duarte), elle est pourtant assez peu présente dans la pièce (ce que n’a pas manqué de reprocher Melle Mars au dramaturge !). Pourtant, elle est au cœur des passions : promise à son oncle, don Ruy Gomez, elle est la maîtresse d’Hernani mais est convoitée par don Carlos.

C’est un personnage complexe qui unit les contraires. Comme son nom l’indique, doña Sol est associée à l’astre solaire. C’est une femme passionnée qui a uni sa vie à celle d’Hernani : « Hernani ! je vous aime et vous pardonne, et n’ai / Que de l’amour pour vous. », comme elle le dit à l’acte III, scène 4. Son amour pour Hernani est infini et exclusif comme on l’apprend dès l’acte I : « je suis votre esclave », « Je suis à vous . » Ainsi, comme pour Hernani, Eros est nécessairement lié à Thanatos.

REPÈRE [8] : Scène 2.

Doña Sol peut être aussi qualifiée de femme au poignard. Victor Hugo fait rimer « belle » et « rebelle » au sujet de ce personnage. Son attribut, le poignard, l’accompagne tout au long de la pièce. Dans l’acte II, elle dit à don Carlos : « Je ne veux rien de vous que ce poignard, seigneur  ! » C’est une femme forte, qui n’hésite pas à menacer le roi ! Telle l’ombre d’Hernani, elle est associée, dès le début, à son destin funeste : « Je veux ma part de ton linceul ! / Je m’attache à tes pas ! », Acte II, scène 4. 

REPÈRE [9] : Scène 2.

Leurs destins sont liés comme elle le dit : « Souviens-toi que, si tu meurs, je meurs. », vers 708. Même si l’empereur accepte leur union, leur noce ne peut qu’être funeste : « C’est la noce des morts ! la noce des tombeaux ! », vers 700, Acte II, scène 4. Aveuglée par l’amour et le bonheur, elle interprète mal le son du cor d’Hernani.

Le couple formé par Hernani et doña Sol est donc un couple tragique, uni dans la mort, nouveaux Roméo et Juliette qui « [v]ers des clartés nouvelles  […] » vont ensemble ouvrir leurs ailes.

REPÈRE [10] : Vers 2151, Acte V, scène 6.

Ainsi, Hernani n’est pas le seul personnage principal : il pourrait s’agir du couple formé par Hernani et doña Sol, couple tragique et romantique. Mais un autre duo peut aussi être qualifié de personnage principal : celui formé par Hernani et don Ruy Gomez comme l’indique le sous-titre définitif de la pièce.

C. « L’honneur castillan »

Le jeune bandit et le vieillard (pour reprendre les titres des actes II et III) sont tout d’abord rivaux. En effet, ils aiment la même femme alors que tout les oppose. Don Ruy Gomez fait l’éloge de sa vieillesse qu’il compare à une certaine forme de sagesse :

« Oh ! mon amour n’est point comme un jouet de verre

Qui brille et tremble ; oh non ! c’est un amour sévère,

Profond, solide, sûr, paternel, amical,

De bois de chêne, ainsi que mon fauteuil ducal ! »

Acte III, scène 1.

Ce qui le caractérise, c’est son honneur et son hospitalité. Il ouvre la porte de son palais à un pèlerin qui n’est autre qu’Hernani déguisé. Sous le regard de ses ancêtres, il protège son rival :

« Mon hôte ! je te dois protéger en ce lieu

Même contre le roi, car je te tiens de Dieu !

S’il tombe un seul cheveu de ton front, que je meure ! »

Acte III, scène 3.

Le regard de ses ancêtres est mortifère : c’est le pacte qui le lie à Hernani qui les conduit tous trois au tombeau. Hernani lui offre sa vie en lui donnant son cor. Par ce geste, il noue le destin tragique du triangle amoureux.

Si don Ruy Gomez est exclu du premier dénouement qui clôt l’acte IV, comme il le dit à la scène 4 de l’acte IV : « Moi seul, je reste condamné. » (vers 1787), il est bien présent dans le dénouement de l’acte V. C’est même lui qui le provoque ! Au son du cor, il rappelle le pacte mortifère passé avec Hernani qui les conduit au tombeau. Don Ruy Gomez invoque la fatalité (« La fatalité s’accomplit », vers 2149). Pourtant, c’est sa vengeance personnelle qui brise le bonheur des amants.

Étant le domino noir annonçant la mort d’Hernani et par conséquent celle de doña Sol, scellant le destin des amants, on peut aussi dire que le couple formé par don Ruy Gomez et Hernani est, lui aussi, le personnage principal de la pièce.

CONCLUSION

Point méthode

  • La conclusion répond à la question posée de manière synthétique.
  • Elle peut proposer une ouverture en lien avec le sujet.

Exemple

Hernani est, d’une certaine façon le personnage principal de la pièce : personnage éponyme, il possède une double fonction actancielle et il incarne le héros romantique par excellence. Mais Hernani est lié à d’autres personnages qui peuvent également être qualifiés de personnages principaux. 

Doña Sol, seule figure féminine de la pièce, est une femme forte liée au destin tragique de son amant. Don Carlos et don Ruy Gomez sont sur le devant de la scène dans des scènes incontournables comme la scène d’exposition ou encore celle de la galerie des portraits. Les sous-titres envisagés par Victor Hugo et les titres des actes mettent ainsi en lumière ces quatre personnages.

Les noms des quatre personnages principaux sont détournés par les parodistes : doña Sol devient Quasifol, Hernani est Qu’nenni, don Ruy Gomez le Dégommé ou encore don Carlos transformé en don Pathos.

QUELQUES CONSEILS POUR RÉUSSIR LE JOUR DU BAC

  • Il faut que tu apprennes à gérer ton temps. Il s’agit d’une épreuve de rapidité : tu n’as que deux heures pour traiter deux questions.
  • Je te conseille de tenir un carnet de lecture qui te permettra, tout au long de l’année, de prendre des notes, de relever des citations, sur la pièce.
  • Je te conseille de t’entraîner à rédiger pour pouvoir rendre une copie complète le jour J !
Fin de l'extrait

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