Hernani, Victor Hugo - Présentation et résumé

Hernani, Victor Hugo - Présentation et résumé

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On commence par le résumé et présentation d'Hernani (Victor Hugo) qui fait son apparition au programme de Littérature pour l'année scolaire 2018-2019.

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Hernani, Victor Hugo - Présentation et résumé

Le contenu du document

Cette année, dans le cadre du domaine d’étude « lire - écrire - publier » du programme du cours de littérature, les élèves de classe de terminale de la série littéraire étudieront Hernani de Victor Hugo (1830). Il n’est pas étonnant de retrouver cet ouvrage au sein d’une réflexion sur les processus d’écriture, de publication et de réception d’une œuvre. En effet, cette pièce de théâtre est traversée par des polémiques. Elle fut réalisée par Victor Hugo alors que l’œuvre Manon Delorme venait d’être interdite. 

Empli d’un besoin de créer et de lutter pour la liberté (*), l’auteur romantique entreprit l’écriture d’Hernani. Cette œuvre qui marqua l’histoire littéraire, au vu de son refus du classicisme et de sa bataille, retentit encore dans les cours universitaires et classes de lycée. 

Les élèves seront invités à examiner les raisons et motifs qui font de cette pièce un passage obligé dans la formation littéraire, aujourd’hui mis à l’honneur par le ministère de l’Éducation nationale. Dans cette fiche inaugurale de l’ensemble de notre cours concernant Hernani, nous réaliserons un résumé global tout en nous intéressant aux principales thématiques ainsi qu’aux personnages les plus notables de l’œuvre. Dans un autre cours, nous effectuerons un résumé qui décrira chaque scène.

(*) Victor Hugo, préface d’Hernani : « La liberté dans l’art, la liberté dans la société, voilà le double but auquel doivent tendre d’un même pas tous les esprits (…) la liberté littéraire est fille de la liberté politique. »

PRÉREQUIS

            Connaître quelque peu l’intrigue de l’œuvre et vouloir apprendre davantage d’éléments quant à cette dernière.

OBJECTIFS

  • Connaître les grandes étapes de l’intrigue ainsi que ses personnages.
  • Commencer à appréhender l’œuvre avec un regard critique.
  • Commencer à identifier les thématiques principales d’Hernani ainsi que ses enjeux majeurs.

I. PRÉSENTATION DE L’INTRIGUE ET DES PERSONNAGES

Composée de cinq actes, à la façon d’une tragédie classique, la structure d’Hernani représente une première étude importante. Notamment, il s’agit de prêter attention aux différents noms attribués aux divers actes : « Le roi », « Le bandit », « Le vieillard », « Le tombeau » et « La noce ». 

Ces groupes nominaux minimaux, composés d’un article et d’un nom, s’imposent comme des messages, indices de sens, enfermant les personnages dans leur rôle social et dans certains stéréotypes tout en faisant raisonner progressivement la fin de l’ouvrage, dans laquelle se mélangent joie et horreur, tombeaux et noces. Les noms des trois premiers actes réfèrent aux personnages principaux masculins de la pièce. 

Le roi (d’Espagne) est don Carlos, rival amoureux, à la fois du bandit Hernani et du noble don Ruy Gomez. En effet, les trois hommes courtisent Doña Sol, lumière féminine de l’ouvrage et point de rencontre des destins de ces tres enamorados, comme le souligne le sous-titre de la pièce : « tres para una (*) ». Doña Sol est la nièce de don Ruy Gomez, à qui elle est promise. Don Carlos et Hernani sont aussi touchés par les charmes de cette belle noble. En retour, la jeune femme n’ouvre son cœur qu’au héros éponyme de la pièce, Hernani.

Présentant très rapidement ces rivalités amoureuses, la pièce est caractérisée par un début in medias res. Ce terme, qui provient du latin au milieu des choses est utilisé, le plus souvent, pour faire référence au fait qu’une intrigue est exposée aux spectateurs et lecteurs alors qu’elle a déjà commencé. Ainsi, Hernani s’ouvre sur une scène dans laquelle les liens et sentiments amoureux sont déjà noués. 

Parallèlement, le roi a été mis au courant du fait que le bandit et la jeune femme avaient l’habitude de se retrouver, une fois le soir venu : « La belle adore / Un cavalier sans barbe et sans moustache encore, / Et reçoit tous les soirs, malgré les envieux, / Le jeune amant sans barbe, à la barbe du vieux. / Suis-je bien informé (*) ? ». 

Dès les premières répliques, le spectateur est, à son tour, informé de la situation et connaît les trois prétendants de la jeune femme. Le premier acte rassemble, sur scène, les quatre personnages de cette intrigue amoureuse. D’abord caché dans un placard, don Carlos attend la jeune femme, qui elle-même attend son amant. Une fois celui-ci présent, fait irruption don Ruy Gomez, s’écriant alors : « Nous sommes trois chez vous ! C’est trop de deux, Madame (*) ». 

Les craintes de don Ruy Gomez quant à la tromperie de sa future femme sont apaisées par le roi, qui justifie leur présence par l’annonce de la mort de l’empereur d’Allemagne. Le premier acte remplit son rôle informatif, présentant les personnages et l’intrigue déjà mise en place tout en permettant à cette dernière d’être prolongée, en s’ouvrant vers de nouveaux horizons : ayant entendu les deux amants fixer un rendez-vous pour s’enfuir ensemble, don Carlos projette de s’emparer de la jeune femme, avant l’arrivée d’Hernani.

(*) Sous-titre de la pièce : « tres para una » (traduction : trois pour une).

(*) Don Carlos : acte I, scène 1.

(*) Don Ruy Gomez : acte I, scène 3. 

II. UNE INTRIGUE DOUBLE

Une double intrigue s’installe et est incarnée par la rivalité entre Hernani et don Carlos. En effet, comme nous l’avons appris plus tôt : le père de don Carlos a fait tuer celui d’Hernani. Outre leur confrontation amoureuse, Hernani nourrit ainsi une rancœur de longue date envers le roi ; ce qui le pousse à lui proposer un affrontement en duel. Ne connaissant pas l’identité complète d’Hernani jusqu’à la scène 3 de l’acte II, don Carlos n’est pas au courant des sentiments éprouvés par le bandit à son égard. 

Il le considère alors uniquement comme un rival sentimental. Il rejoint Doña Sol et veut la convaincre de l’aimer. Mais la jeune femme, passionnément amoureuse et courageuse, refuse les promesses de titre de noblesse quil lui adresse (*)

Excédé, don Carlos s’emporte avec plus de violence. La scène est caractérisée par des didascalies de geste, imageant l’exaltation des personnages. L’un agresse (acte II, scène 2, didascalie : « la saisissant avec violence »). L’autre se défend (didascalies précédant les répliques de Doña Sol : « se débattant », « Elle lui arrache le poignard de sa ceinture. Il la lâche et recule. », « Doña Sol lève le poignard. »). 

Courageuse, et respectant son honneur, Doña Sol s’impose comme un personnage fort, une femme espagnole pour qui la dignité et l’amour prévalent sur tout. Hernani surgit et c’est au sein de cette nouvelle rencontre que les deux hommes dévoilent leur identité (*). 

Don Carlos avertit alors qu’il le poursuivra dans tout le royaume et dans tout l’empire, une fois qu’il sera empereur (*).

(*) Don Carlos : acte II, scène 2 : « Je vous ferai duchesse ». (…) « Princesse ! ».(…) « Hé bien ! … partagez donc et mon trône et mon nom ! / Venez. Vous serez reine, impératrice ! ». (…) - Doña Sol : « Je ne vous aime pas. »

(*) Don Carlos : acte II, scène 3 : « J’ignorais votre nom, / Vous ignoriez mon titre. Aujourd’hui, compagnon, / Vous savez qui je suis et je sais qui vous êtes. »

(*) Don Carlos : acte II, scène 3 : « Je vous tiens de ce jour sujet rebelle et traître. / Je vous en avertis. Partout je vous poursuis ».

III. UNE TONALITÉ ROMANTIQUE

On constate alors que l’œuvre sera traversée de lyrisme ainsi que d’emportements romantiques, au sein desquels les personnages défendront leur honneur tout en voulant échapper à un certain destin tragique. Face aux menaces de don Carlos qui le condamne à mort, Hernani se voit obligé de fuir, laissant derrière lui Doña Sol qui, pourtant, se dit prête à le suivre jusqu’à la mort. 

Alors qu’il est toujours possible d’imaginer un dénouement positif, force est de constater que, progressivement, se dessine la fin shakespearienne de la pièce.

IV. LE VIEILLARD : UN RESSORT DE L’INTRIGUE

Un laps de temps s’écoule dans l’intrigue et arrive le jour des noces de don Ruy Gomez et Doña Sol (*)

« Le page » annonce alors la mort d’Hernani : « C’en est fait d’Hernani ; c’en est fini du lion / De la montagne » (acte III, scène 2). Or, ce dernier n’est pas décédé. Il s’agit d’une rumeur. Hernani fait irruption dans le palais de don Ruy Gomez, déguisé en pèlerin. Alors que le vieil homme vient de lui offrir son hospitalité, qui qu’il soit (*),le bandit dévoile son identité réelle. 

Découvrant Doña Sol en vêtements nuptiaux, Hernani en vient à douter de l’amour que cette dernière éprouve à son égard. Une fois don Ruy Gomez éloigné, elle réitère l’affirmation de la profondeur de ses sentiments. Les deux amants s’entrelacent. Le « vieillard » les découvre (*) alors que le roi est en train de s’approcher de sa demeure. 

(*) Don Ruy Gomez : acte III, scène 1 : « Enfin ! C’est aujourd’hui ! Dans une heure on sera / Ma duchesse ! Plus d’oncle ! … et l’on m’embrassera ! »

(*) Don Ruy Gomez : acte III, scène 2 : « Qui que tu sois, c’est bien ! Et, sans être inquiet,/ J’accueillerais Satan, si Dieu me l’envoyait. »

(*) Don Ruy Gomez : acte III, scène 5 : « Voilà donc le paiement de l’hospitalité ! »

Honteux de vouloir dérober sa promise à un homme qui l’accueille, Hernani propose à don Ruy Gomez de faire couler son sang (*). Ce dernier décide néanmoins de protéger le brigand

 

Au nom de la loyauté de sa famille, il ne peut revenir sur l’engagement qu’il a pris envers le bandit, déguisé en pèlerin, qui lui demandait asile (*)

Don Carlos réclame au vieillard qu’il lui délivre Hernani ou il lui ôtera la vie. Don Ruy Gomez propose de se sacrifier. Le roi n’est pas satisfait par une telle option. La tête du duc a beaucoup moins de valeur à ses yeux que celle d’Hernani. Face à l’emportement du roi, Doña Sol retire son voile et intervient, déclamant : « Roi don Carlos, vous êtes / Un mauvais roi (*) ! ». 

Le roi décide alors d’emmener Doña Sol avec lui au lieu de faire de don Ruy Gomez son prisonnier (*). Une fois don Carlos en dehors du palais, Hernani sort de sa cachette et découvre que ce dernier a emmené son amante. Hernani propose de faire alliance avec le vieillard pour récupérer Doña Sol tout en lui promettant qu’il pourra disposer de sa vie par la suite : « Suivons le roi tous les deux ! Viens, je serai ton bras, / Je te vengerai, duc ; après, tu me tueras. » 

Hernani donne un cor à l’oncle de la jeune femme afin qu’il puisse l’utiliser pour communiquer avec lui, le jour où il jugera bon qu’il honore sa parole et accepte de mourir.

Jusqu’à présent, don Ruy Gomez faisait partie de la trame amoureuse, sans pour autant être conscient d’avoir des rivaux. Nommé « le vieillard », cet acte vient bousculer le rôle de chaque personnage. Les systèmes d’alliance s’inversent. Don Ruy Gomez passe d’adjuvant de don Carlos à son opposant et s’allie à Hernani, tout en ne pouvant éviter d’être son adversaire. 

Bouleversant la logique relationnelle établie jusqu’à présent, le troisième acte donne un tout autre tournant à l’intrigue. « Le vieillard » gagne en importance ; ce qui tend à laisser présager la force et le pouvoir qu’il pourra exercer sur le couple d’amants.

(*) Hernani : acte III, scène 5 : « Oui, j’ai voulu te prendre et t’enlever ta femme ; / Oui, j’ai voulu souiller ton lit ; oui c’est infâme ! / J’ai du sang ; tu feras très bien de le verser ».

(*) Don Ruy Gomez : acte III, scène 2 : « Viens-tu pas demander asile ? ».

(*) Acte III, scène 6.

(*) Don Carlos : acte III, scène 6 : « Sois fidèle à ton hôte, infidèle à ton roi. / C’est bien ; je te fais grâce et suis meilleur que toi. / -J’emmène seulement ta nièce comme otage. »

V. L’AVÈNEMENT D’UN EMPEREUR

Comme dans beaucoup d’œuvres littéraires, les thématiques du pouvoir et de l’amour se rejoignent et se mélangent. Dans Hernani, une partie de la pièce approfondit particulièrement la réflexion sur le pouvoir. Il s’agit de l’acte IV. En lisant l’accusation formulée par Doña Sol (à l’acte III : « Roi don Carlos, vous êtes / Un mauvais roi (*) ! »), nous pouvions imaginer que don Carlos allait réfléchir à la façon dont il exerce ses fonctions. Une fois nommé empereur et être ainsi devenu Charles Quint (*), il prend conscience de ce qu’implique son titre. 

Lors d’un monologue, finalisant le quatrième acte, il formule son désir d’être à la hauteur de ce dernier. Avant ce passage, certains événements s’étaient produits : une conspiration fut dressée contre le roi de Castille. Hernani et don Ruy Gomez faisaient partie des conjurés (personnes menant un complot contre quelqu’un et/ou contre le pouvoir). Le brigand avait été désigné pour tuer le roi mais fut arrêté avant d’atteindre son but. Hernani exposa alors aux yeux de tous le fait qu’il est le fils d’un noble, qui fut exécuté par le père de don Carlos. 

De son nom réel, Hernani est Jean d’Aragon (*). Don Carlos fit alors preuve de clémence et le gracia tout en lui permettant d’épouser Doña Sol. Sur scène, le bon souverain fut acclamé et les deux amants rayonnaient de bonheur. Seul don Ruy Gomez « rest(a) condamné (*) ». La scène se termine sur une tragédie du vieillard.

(*) Ibid.

(*) Don Carlos : acte IV, scène 4 : « voici Charles-Quint ! ».

(*) Hernani : acte IV, scène 4 : « Je suis Jean d’Aragon, grand-maître d’Avis, né / Dans l’exil, fils proscrit d’un père assassiné / Par sentence du tien, roi Carlos de Castille. »

(*) Don Ruy Gomez : acte IV, scène 4.

VI. UNE FIN SHAKESPEARIENNE

A nouveau, la trame est traversée par une ellipse temporelle. On passe d’Aix-La-Chapelle à Saragosse, du jour où don Carlos devint empereur au jour des noces d’Hernani et Doña Sol. Quelques nobles, nommés don Garci, don Matias, don Sanchez, don Ricardo et don Francisco discutent. Ils évoquent les différents prétendants qu’avait Doña Sol. Ils parlent de don Carlos et des problématiques auxquelles il est confronté en tant qu’empereur. 

Ils s’interrogent particulièrement quant au sort de don Ruy Gomez, qui souffre sûrement de ne pas avoir épousé Doña Sol, qu’il aimait. Au loin, ils repèrent une silhouette effrayante, portant un masque. Ils se demandent de qui il s’agit. En sachant davantage que les personnages quant à l’ensemble de l’intrigue, le lecteur-spectateur peut imaginer que ce « spectre (*) » est don Ruy Gomez. Hernani et Doña Sol font leur entrée. Les nobles s’en vont et les mariés restent seuls sur scène. Ils parlent du bonheur, de l’amour et du fait qu’il faut, à présent, appeler Hernani par son vrai nom : « Jean d’Aragon, mari de Doña Sol (*) ». 

Mais le son du cor retentit et lui rappelle la promesse qu’il a faite à don Ruy Gomez alors qu’il était encore Hernani (*). Il tente de dissimuler la situation à Doña Sol qui perçoit néanmoins son anxiété. Nommé « le masque », dans les didascalies, le vieillard fait fatalement irruption. 

Ils conviennent que le bandit mourra empoisonné. Doña Sol entre à nouveau sur scène et découvre à la fois son oncle et le poison. Elle implore la pitié de don Ruy Gomez, qui ne change pas d’avis quant au destin d’Hernani. Elle s’empare de la fiole et en boit la moitié, laissant à son époux la possibilité de la rejoindre dans cette fin funeste. L’époux boit et meurt d’abord. Doña Sol succombe par la suite. Face à un tel spectacle, don Ruy Gomez se tue.

(*) Don Garci : acte V, scène 1.

(*) Hernani : acte V, scène 3.

(*) Hernani : acte V, scène 3 : « Nommez-moi Hernani ! Nommez-moi Hernani ! / Avec ce nom fatal je n’en ai pas fini ! ».

LE PETIT + DANS TA COPIE

N’hésitez pas à classifier et apprendre certaines citations, selon les thématiques que vous étudiez. En effet, il est conseillé d’agrémenter votre propos de citations, qui apportent du crédit à votre raisonnement.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Imaginez la mise en scène du décor du dernier acte de la pièce. Vous pouvez essayer de le dessiner. Ce travail peut être réalisé en groupe. Dans un tel cas, comparez les différentes productions afin de comprendre à quel point les didascalies hugoliennes peuvent être perçues de différentes façons.

Fin de l'extrait

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