La musique dans le film La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

La musique dans le film La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

Découvrez ce cours de Littérature pour le Bac L, rédigé par notre professeur, consacré à la musique dans le film La Princesse de Montpensier.

Ce cours vous permettra d'écouter différemment et efficacement la musique du film La Princesse de Montpensier et de la comprendre en la reliant au scénario.

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La musique dans le film La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

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Parfois promue au rang de classique, souvent entendue mais pas toujours attentivement écoutée, la musique des films est un choix qui colle à l’image. Si l’on connaît de nombreux noms de réalisateurs ou de scénaristes, peu d’entre nous sont capables de dire ce qu’a composé John Williams (Les Dents de la mer), Trevor Jones (Le Dernier des Mohicans) ou Nino Rota (Le Parrain) qui nous ont pourtant offert des bandes originales que tout le monde fredonne.

Dans la Princesse de Montpensier, la musique est de Philippe Sarde, un compositeur français de musiques de films. Il a notamment composé les thèmes de Max et Jérémie, Lucie Aubrac ou encore le Grand Meaulnes. Pour Bertrand Tavernier, la musique est fondamentale dans un film qui veut traduire une œuvre. En effet, notre réalisateur est un passionné de westerns et il sait combien une musique de film joue sur la manière dont il est perçu, compris et aimé des spectateurs. Qui ne connaît pas le célèbre refrain du Bon, la Brute et le Truand ? Voilà pourquoi nous dirons que chez Tavernier, la musique est un relais de l’image : musique de guerre pour des soldats, thèmes musicaux propres à Marie ou à Chabannes, accompagnant ces personnages, autant d’indices de lecture que dissémine le réalisateur dans son film.

Deux types de musiques sont à dissocier : celles que Sarde a lui-même composées de celles qui sont empruntées à d’autres compositeurs.

Dans ses commentaires sur le film, Tavernier dit « je voudrais tout de suite insister sur quelqu’un qui a joué un rôle capital dans le film, qui est Philippe Sarde ». Tavernier, réalisateur passionné par le cinéma américain et par le western tout particulièrement attache une grande importance à la musique de ses films. Ainsi explique-t-il que pour lui comme pour Sarde, l’important était que la musique ne « soit jamais une fausse musique XVI°, une musique Viollet-le-Duc », en référence à un architecte français connu pour ses créations architecturales qui imitaient le style moyenâgeux, de façon pas très heureuse parfois. Le mot est lancé : Tavernier veut que la musique fasse vraie, soit réaliste. Voilà pourquoi la musique du générique est rythmée, évoquant la guerre : « là on entend la musique du générique qui s’inspire d’une chanson populaire de l’époque, une jeune fillette (…) et on n’entend que des effets percussifs ». Tavernier ajoute que cette musique, « l’air de Chabannes » est « lyrique, violente » et se révèle exactement ce qu’il « recherchait dans la mise en scène »[1] ; en d’autres termes, la musique d’un film prolonge le ton, le registre de la mise en scène. La formation qui jouera les musiques orchestrées par Sarde est une formation de composition « moderne » explique Tavernier. De la sorte, il considère que le spectateur ne verra pas une imitation de mauvaise qualité de la musique d’époque mais une création sonore adaptée à des images précises.

Cela n’empêche pas les deux hommes de se servir largement dans la musique Renaissance : le premier plan séquence du film, celui du champ de bataille, reprend un psaume de Roland de Lassus, compositeur belge de la Renaissance. Ces psaumes de la pénitence, publiés en 1565, rappellent le fonds historique religieux des guerres entre les catholiques et les protestants. Le film se termine sur le même psaume.

De la même façon, à la minute 80, lors de l’arrivée du duc d’Anjou à la cour où se trouvent déjà Marie de Montpensier et son époux, la musique est un branle, musique typique de la Renaissance et issue du Moyen-Age ; c’est donc à la fois un travail de musicien et d’archiviste qu’a effectué Philippe Sarde. Il dira lors d’un entretien avec le magazine web Cinézik que « le film devait posséder une certaine dimension musicale, un souffle, une grandeur ».

Dans ce même entretien, Sarde décompose son travail : « Mon idée, c'était de déployer un grand thème qui cimenterait l'histoire d'amour, qui aille chercher le lyrisme très loin, très haut dans l'aigu. Un thème ambivalent, qui fonctionne aussi bien dans le sens Marie-Guise que Chabannes-Marie. Pour Chabannes, j'ai écrit un thème propre, en forme de portrait, au caractère plus retenu, plus religieux aussi ». Cet air de Chabannes sert de fil conducteur au personnage et rend compte aussi d’un des traits fondamentaux de son portrait : le guerrier.

Sarde va créer un thème pour Marie de Montpensier. « Or, ces deux thèmes, celui de la Princesse que l’on entend dans le film lors du départ de Marie au moment où elle se sépare de son mari, (minute 112) et de Chabannes, ont exactement le même traitement instrumental : viole de gambe, flûte à bec et cornet à bouquin, en avant de l'orchestre. C'est une manière invisible de lier et relier le destin des deux personnages. Vous connaissez mon credo : je ne suis pas compositeur mais scénariste musical ». Nous soulignons cette expression qui nous semble fondamentale. Etre scénariste musical, c’est au sens propre, mettre la musique en scène, et c’est ce que réclamait Tavernier à Sarde lorsqu’il lui demande « un souffle, une grandeur ».

Le travail du compositeur devient alors celui que le réalisateur a effectué auparavant sur la nouvelle (passionnante mise en abyme de démarches artistiques qui interrogent l’œuvre qu’elles mettent en scène) : ce travail consiste à se demander ce que veut dire l’auteur, ce qu’il veut faire passer pour le rendre musicalement au plus juste. En d’autres termes, une musique de film colle à une image. Il est essentiel de noter que Tavernier précise que la musique a été faite après le film.

[1] - Commentaire de Bertrand Tavernier, Bonus DVD

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