La narration dans Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

La narration dans Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

digiSchool vous propose un nouveau cours de Terminale L de Littérature sur la narration dans "Les Faux-Monnayeurs". 

La narration dans Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

Le contenu du document

Dans un premier temps, une présentation indirecte des faits sera effectuée, ainsi qu'une "mise en abyme" qui se poursuivra avec une description de la multiplicité du narrateur. Enfin, les dialogues entre les personnages seront expliqués.

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La lecture du roman Les Faux-Monnayeurs s’avère compliqué et demande plusieurs relectures. Gide n’a-t-il pas écrit d’ailleurs à la fin du premier cahier du Journal des Faux-Monnayeurs : « je n’écris que pour être relu ». C’est peu dire que Gide réfute une lecture hâtive et superficielle et que la narration complexe exige une attention soutenue de la part du lecteur.

 

LA PRESENTATION INDIRECTE DES FAITS

Gide veut « éviter à tout prix le simple récit impersonnel ». Il exige l’effort du lecteur pour reconstituer un réel qui lui demeure caché : « Je voudrais que les événements ne fussent jamais racontés directement par l’auteur, mais plutôt exposés par ceux des acteurs sur qui ces événements auront quelque influence. Je voudrais que, dans le récit qu’ils en feront, ces événements apparaissent légèrement déformés ; une sorte d’intérêt vient, pour le lecteur, de ce seul fait qu’il ait à rétablir. L’histoire requiert sa collaboration pour se bien dessiner. » Les citations sont extraites du Journal de Faux-monnayeurs.

 

LE RECIT DANS LE DIALOGUE

Pour cela, la plupart des personnages assument tout à tour le rôle du narrateur : au cours d’un dialogue, ou par lettre, ils racontent à un tiers ce qu’ils savent de leurs proches. On pourrait ainsi classer les personnages selon leur mode de présentation : la présentation objective est réservée aux grotesques ; l’analyse et le monologue intérieur dotent de subjectivité les deux héros, Edouard et Bernard.

L’avantage de la présentation indirecte, c’est qu’elle décrit autant celui qui parle que celui dont on parle, tout en laissant le lecteur faire lui-même le travail d’analyse.

 

LA « MISE EN ABYME »

Le tiers du livre est constitué par le journal d’Edouard.

 

LA LUTTE ENTRE LE REEL ET SA STYLISATION

Le journal d’Edouard peut simplement réfracter les faits, mais il a aussi une autre fonction : grâce à lui, les théories littéraires d’Edouard deviennent l’un des sujets du livre, sinon, comme le prétendait Gide, le sujet principal. Au début, Edouard note ce qu’il voit dans son journal, et ses théories littéraires sur un carnet. Ensuite il écrit tout dans le même journal ; dès lors, il ne raconte plus les faits comme les autres personnages, il les met en forme en vue de les intégrer dans son roman

 

LE ROMAN DU ROMAN

Le roman de Gide et d’Edouard porte le même titre ; on pourrait en déduire qu’Edouard est la représentation de Gide, et que le roman de l’un est celui que l’autre essaie de faire ; ce serait une véritable « mise en abyme ». Il n’en n’est rien. Gide proteste quand les critiques voient en Edouard un autoportrait. Le livre qu’écrit Edouard, ce n’est pas les Faux-Monnayeurs puisque « ce pur roman, il ne parviendra jamais à l’écrire. »

 

LE JOURNAL DES FAUX-MONNAYEURS

A l’origine, ce journal était le brouillon du cahier d’Edouard : c’était la clé du roman destinée à être intégrée au roman lui-même. Mais Gide n’a pas réalisé ce dessein : il n’a retenu, pour le journal d’Edouard, que les passages les plus théoriques et la véritable histoire des Faux-Monnayeurs n’est pas dans Les Faux-Monnayeurs. Dans ces conditions, leJournal des Faux-Monnayeurs a un rôle ambigu : il n’a pas le caractère brut des documents posthumes ; il forme une « œuvre » en ce sens qu’il est organisé en vue d’une publication à part.

 

MULTIPLICITE DU NARRATEUR

LE NARRATEUR MASQUE

Les Faux-Monnayeurs se cache parfois derrière une fausse objectivité. Ainsi, dans certains dialogues, il apparaît en donnant des indications scéniques concernant les gestes et le ton des personnages. Dans d’autres, les répliques alternent avec une analyse, souvent en style indirect, des pensées et des sentiments qui ont motivé la réplique. Dans les deux cas, le narrateur sert à révéler, dans l’instant, un décalage entre la pensée et la parole, entre l’être et l’apparence.

 

Le monologue intérieur a une fonction différente. Gide reste plus près du monologue dramatique, libre mais structuré, que du discours intérieur plus obscur et plus informe. Seul Bernard, dans la première moitié du texte, se livre à un « dialogue intérieur » : Gide cherche à traduire ainsi la lutte d’un être qui se cherche, sa tendance à l’analyse et au dédoublement. Le monologue intérieur a donc ici un rôle exceptionnel ; il signifie la crise psychologique d’un personnage. La plupart du temps, Gide préfère le style indirect libre, à la troisième personne, parce qu’il permet une distanciation plus grande entre le narrateur et les personnages.

 

LE NARRATEUR APPARENT

Il arrive à Gide d’intervenir comme un personnage distinct, à la première personne, d’ignorer ce que font les personnages, de ne pas pouvoir en observer plusieurs à la fois, d’être obligé d’interpréter leur comportement : « quittons-les », « je ne sais trop où il dîna ce soir ». Ce procédé tend à créer une nouvelle illusion : les personnages semblent ainsi vivre d’une vie autonome et imprévisible.

Que le narrateur s’identifie au lecteur, c’est encore plus manifeste lorsqu’il réagit affectivement à l’égard de ses personnages.

 

LES DIALOGUES

LES DIALOGUES EXTERIEURS DES PERSONNAGES ENTRE EUX

Ces dialogues sont les plus nombreux et établissent les rapports des personnages entre eux. Le roman offre toute une hiérarchie de dialogue. Il y a d’abord les dialogues des protagonistes : Edouard et Passavant. Avec Passavant, le dialogue est bref. Edouard, quand il le rencontre, n’échange que quelques mots. Et lorsqu’il va lui reprendre les affaires d’Olivier, ce n’est plus un dialogue, mais un duel. Et le muet dialogue de leurs confrontations au cours du roman est plus éloquent encore.

 

Autre dialogue de protagonistes, celui de Bernard et d’Olivier. Dialogue in presentia dans la première scène du Luxembourg. Bernard cherche à briller aux yeux de son ami. De fait, les propos sont amicaux, sans emphase. Il en sera tout autrement dans le dialogue in absentia entre la Corse et Saas-Fée. Bernard y sera à la fois naturel et brillant, parce que son discours par lettre est richement motivé par la présence d’Edouard.

Fin de l'extrait

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