La Princesse de Montpensier et le Classicisme - Littérature - Terminale L

La Princesse de Montpensier et le Classicisme - Littérature - Terminale L

Consultez gratuitement ce cours de Littérature pour le Bac L consacré à La Princesse de Montpensier et au Classicisme.

Pour aller plus loin dans l'oeuvre, notre professeur vous fait un rappel synthétique des principaux éléments du classicisme en rapport avec la nouvelle de Mme de Lafayette.

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La Princesse de Montpensier et le Classicisme - Littérature - Terminale L

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Présentation : un rappel synthétique sur les principaux éléments du classicisme en rapport avec la nouvelle de Mme de Lafayette. Pour aller plus loin dans l'œuvre.

Le siècle de la raison, ainsi nommé en raison des travaux de René Descartes et de ses disciples qui fondent toute connaissance humaine sur la raison, le XVII° siècle voit s’affronter et se concurrencer deux mouvements : le baroque et le classicisme.

On a l’habitude de situer l’influence principale du mouvement baroque entre 1600 et 1660 et celle du classicisme de 1660 au début du XVIII° siècle. Cependant, nous rappelons que les classiques n’ont été nommés ainsi qu’à partir du XIX° siècle. Le mouvement classique est donc une formation a posteriori qui regroupe des auteurs extrêmement variés. Certains éléments sont cependant récurrents, qui permettent de cerner la notion de classicisme.


Définition

Dans le langage courant, l’expression « c’est un classique » désigne une œuvre littéraire, picturale, musicale ou autre dont on remarque qu’elle est à l’épreuve du temps et des modes. « Petite fleur », de Sydney Bechet est un classique du jazz. Par ailleurs, le terme classique s’utilise aussi souvent pour désigner un style simple et épuré. On dira d’une personne que son style est classique pour décrire des vêtements et une allure dépouillés de fioritures, une allure discrète. Nous touchons là à l’essence du mot « classique ».

Le mouvement classique, en conformité avec le pouvoir royal absolu que Louis XIV met progressivement en place, exige de l’ordre, de la mesure, le respect des règles de bienséance et de vraisemblance, de la stabilité et de la constance. La comparaison entre ce mouvement et le pouvoir royal fait sens ; l’émergence du classicisme s’explique aussi par la nature très forte du pouvoir de Louis XIV.


Le monde classique, un monde de sobriété

A l’opposé des baroques qui considéraient que l’univers est en perpétuelle évolution, les classiques estiment que l’homme a été installé dans un monde terminé qui obéit à des règles immuables et incontournables ; à l’image de la société qui doit respecter ces règles, l’art s’en fait l’écho : l’exemple le plus frappant se trouve en architecture. Dépouillées, simples et laissant apparaître les lignes de construction des bâtiments, les structures classiques refusent le décoratif inutile.

undefinedLe Château de Versailles et ses jardins à la française


En littérature, la continuité est la règle, la rupture est refusée. Nous voyons combien Mme de Lafayette respecte ce principe : à la fin de la nouvelle, la princesse de Montpensier, en rupture avec la société de son temps pour s’être laissé emporter par la passion, est punie.

Ce qu’il faut lire aussi dans le classicisme, c’est le destin, qui est tout-puissant : particulièrement visible dans les tragédies de Racine, avec Phèdre par exemple, le destin divise l’homme classique dans sa dualité : sa raison s’oppose à ses passions. Et cette opposition le déchire. Mme de Montpensier se jure de ne pas céder aux instances de sa passion mais elle cède tout de même : « Malgré toutes ces bonnes résolutions (…) elle commença à être persuadée de sa passion ». Et cette fatalité, ce destin la conduisent à sa perte ; en rupture avec les règles sociales, elle ne peut être que punie. La mort est son châtiment. La liberté de l’homme et de la femme classiques est très limitée par ce même destin. En réalité, chaque individu est d’abord porteur de son avenir et il ne fait que l’accomplir : à cet égard, la première phrase de notre nouvelle est édifiante, qui dit que « Pendant que la guerre civile déchirait la France (…) l’amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres, et d’en causer beaucoup dans son empire ». Le mot est lâché : l’amour engendre des désordres. L’on comprend la vision qu’ont certains classiques, et particulièrement Mme de Lafayette, de l’amour. Il engendre le chaos, rompant avec l’ordre. Ainsi faut-il préférer un mariage de raison à un mariage d’amour : « Mlle de Mézières (…) connaissant par sa vertu qu’il était dangereux d’avoir pour beau-frère un homme qu’elle souhaitait pour mari, se résolut enfin d’obéir à ses parents ». Dans le classicisme, une forme de stoïcisme s’impose dans les actions des hommes et Mme de Lafayette transpose les règles esthétiques et morales de son siècle à celui de son héroïne. Il faut se conformer à son destin, l’accepter mais ne pas chercher à s’en débarrasser.

L’art classique prône aussi le triomphe de la vérité et de la vertu : cette recherche de la vérité se manifeste dans le style classique qui se veut épuré, sans fioritures, sans l’emportement baroque. Nous ne pouvons que le constater dans la Princesse de Montpensier dont le récit est dénué de tout excès, de toute surcharge : la langue est précise et directe, les descriptions rapides, les événements ordinaires. D’une certaine manière, l’écriture de Mme de Lafayette est austère. Sa vocation première n’est pas de plaire mais d’éduquer. Ce style ramassé et sobre lui permet d’aller à l’essentiel et de montrer ce qu’elle a à montrer. C’est cette sobriété du style qui est la cause du travail énorme réalisé par Tavernier lorsqu’il souhaite passer la princesse à l’écran. Que voulait dire Mme de Lafayette par « tourmentée » ? Le réalisateur, aidé par Le Fur, se lance dans une exégèse du texte classique qui évite à tout prix de montrer certains excès.

[1] - La Princesse de Montpensier, P.208
[2] - Ibid, P.191
[3] - Ibid, P.192

Fin de l'extrait

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