La Princesse de Montpensier : La préciosité (3/3)

La Princesse de Montpensier : La préciosité (3/3)

Retrouve le troisième cours de Littérature terminale L sur la préciosité dans l'oeuvre "La princesse de Montpensier" digiSchool ! Chapitre "La princesse de Montpensier".

Dans cette leçon nous étudieront le positionnement du film par rapport à la notion de préciosité et l'utilisation de ce mouvement littéraire.

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La Princesse de Montpensier : La préciosité (3/3)

Le contenu du document

Ce cours a pour but de traiter de la préciosité et de la façon dont on retrouve ce mouvement littéraire dans La Princesse de Montpensier (film et nouvelle). Exceptionnellement, ce cours sera divisé en trois parties. La première revêt un caractère spécial dans la mesure où il s’agit uniquement d’un cours de définition de la préciosité. La deuxième applique à l’étude de la nouvelle les diverses notions appréhendées. Finalement, la troisième se concentrera sur la façon dont le film se positionne par rapport à la préciosité.

 

Prérequis

  • Avoir lu les différentes fiches que nous avons réalisées quant à la préciosité et, plus particulièrement, la préciosité dans La Princesse de Montpensier.
  • Connaître les œuvres La Princesse de Montpensier (Madame de Lafayette et Bertrand Tavernier).

Objectifs

  • Mettre en rapport le film et la nouvelle dans leur traitement de la préciosité et des thématiques traitées par ce mouvement.
  • S’intéresser à la distance que peut prendre un réalisateur vis-à-vis d’une œuvre de base.

Introduction

Bertrand Tavernier va détourner quelques éléments de la nouvelle. En effet, il va mettre l’accent là où il semblait parfois y avoir une volonté de Madame de Lafayette d’omettre et cacher quelques fragments. Une telle démarche va le pousser à se détacher de la vision précieuse de l’auteure. Dans une telle optique, on décèle …

I. Les prénoms des personnages

Dans le film, les personnages sont souvent appelés par leur prénom ou « mon cousin » et moins par leur titre et leur nom de famille, qui faisaient ressortir davantage le rang de chacun d’entre eux dans la nouvelle.

II. La violence

Le film s’ouvre sur la guerre et sur une scène particulièrement violente (et choquante) où Chabannes tue une femme enceinte. À plusieurs reprises, on assistera à des scènes de combat.

III. La vie sexuelle et l'amour charnel

A. La sexualité telle qu’elle est …

Une autre scène qui peut s’avérer quelque peu choquante aux yeux d’un spectateur contemporain est celle de la nuit de noces. Alors que la bienséance classique interdisait la démonstration du sang (notamment sur scène au théâtre), dans le film, on va jusqu’à voir le sang de l’hymen percé lors du premier rapport sexuel de Marie. La sexualité est montrée dans sa réalité physiologique avec le sang de la première fois. Mais elle est aussi exposée dans sa réalité historique qui, à nos yeux, semble assez éloignée du raffinement.

B. Une affirmation du désir charnel

Plus tard, dans une autre scène nous est enseigné le rapport sexuel d’une suivante de Marie avec son amant. L’accent est mis sur le plaisir que celle-ci éprouve pendant l’acte mais aussi sur la curiosité de Marie quant à un tel phénomène. On remarque que Bertrand Tavernier intensifie le côté charnel de l’amour. Il enseigne notamment la tension érotique qui existe entre les deux amants, Guise et Marie. 

L’une des premières scènes est celle où on observe Marie et Henri qui se courent après, tombant dans les bras l’un de l’autre et où Henri caresse la poitrine de la jeune femme. Quelques minutes plus tard dans le film, Marie vient annoncer à Henri son union au prince de Montpensier. Henri est alors couché. En secret, dans la nuit, elle l’a rejoint pour lui susurrer quelques mots et lui dire adieu. Lors de cette scène, Henri lui glisse la main dans les cheveux et lui dit : « Donne-moi quelque chose de toi ». La jeune femme fuit après avoir accepté d’échanger un baiser. 

Plus tard, cette nuit d’amour manquée sera contrebalancée par la nuit d’amour finale. Ce ne sera plus Marie qui s’introduira chez Henri mais lui chez elle et le rapport charnel atteindra son paroxysme. D’une certaine façon, le désir charnel l’emportera sur les conventions sociales. À noter qu’il y aura certes un triomphe du désir mais non pas de l’amour. Comme tentera de l’expliquer Henri à Marie à la fin, elle était un objet de chasse, un défi à atteindre, un désir à satisfaire et non un dessein d’amour.

IV. Le bétail et la trivialité du corps

Dans le film, il y a un rapport au corps, à l’aliment et à l’animal qui est beaucoup plus développé que dans la nouvelle. Au sein de cette dernière, il y a certes quelques mentions rapides à la chasse et à la pêche. Mais ces dernières ne sont qu’un prétexte pour faire avancer la narration. Dans le film, la scène de repas de mariage a bien pour objet de montrer les aliments et de mettre les anguilles sur le devant de la scène. Il s’agit de montrer que les nobles délicats de la nouvelle réalisaient aussi des actions qui peuvent sembler triviales. 

Il y a même une petite pointe d’ironie avec le personnage du père du prince de Montpensier qui, bien que fier et conscient de son rang, ne cesse de parler d’éléments triviaux (les poules, les terres, le vin, etc.) et de manquer de raffinement. De la même façon, la scène où les hommes des ducs d’Anjou et de Guise se rassemblent avant de dormir montre que ces hommes, malgré leur rang, se changent, discutent et se ravitaillent de façon assez modeste et sans respecter un code domestique très raffiné. En effet, le film nous montre que les nobles doivent parfois exécuter des tâches plus triviales. Cela est notamment le cas lorsque Marie doit réaliser son devoir seigneurial en coupant le sanglier.

Conclusion … et nuances.

Comme on l’a remarqué, la nouvelle La Princesse de Montpensier s’ancre dans le contexte littéraire de la préciosité. On note la présence d’un tel mouvement littéraire dans l’œuvre du programme, à la fois par l’étude de certaines thématiques mais aussi par la forme de cet écrit et le style de l’auteure. Nous avons mis en rapport toute cette tradition précieuse avec le film La Princesse de Montpensier et nous avons remarqué que Bertrand Tavernier avait tendance à s’éloigner de la tradition précieuse. Néanmoins, on notera qu’il ne s’en détache pas totalement puisqu’il s’intéresse à la thématique de l’amour, aux différentes étapes qui forment le sentiment, à la difficulté du mariage à être lié à l’amour, etc.

A. L’incompatibilité du mariage et de l’amour

Il est vrai que le film montre toute l’insensibilité qui se trouve derrière les mariages arrangés. Alors que Marie refuse de se soumettre à la volonté de son père de la troquer contre des terres et une meilleure position à la cour, il la violente et manque de peu de la battre fortement. C’est la mère de la princesse qui va raisonner le père et sa fille. Elle fait comprendre à cette dernière que, quel que soit le mariage qu’elle espérerait, il ne serait pas un mariage d’amour. 

Ces derniers semblent ne pas exister, les hommes sont des brutes et l’amour est une chose incommode (« L’amour est la chose la plus incommode du monde. », comme le dit la mère de la princesse, s’apparentant aux mots de Madame de Lafayette dans l’une de ses lettres à Ménage : « Je suis si persuadée que l’amour est une chose incommode que j’ai de la joie que mes amis et moi en soyons exempts. »). Au début du film, tout ce qui est en relation avec l’amour est lié aux noces et vient renforcer l’idée qu’il n’y a pas d’amour lors de cette union. En effet, lors de la célébration religieuse, du repas et de la nuit de noces, les deux époux se regardent à peine. La gêne, le tourment et le trouble sont présents

Plus tard, dans le film, la princesse adressera au prince plusieurs répliques démontrant le fait qu’il n’y a pas d’amour spontané dans cette institution qu’est leur mariage. Quand il lui demande si elle l’aimera un jour, elle lui répond qu’elle le fera quand il le lui commandera. Enfin, on retrouve aussi un regard cynique quant au couple des parents du prince de Montpensier. Lorsque la mère est en vie, le père ne prête que peu d’attention à ses envies et à son état de santé. Aussi se remariera-t-il rapidement après sa période de deuil. Sa prétendante, Catherine de Guise, bien plus jeune que lui, est attristée par ce mariage dans lequel elle ne place pas d’espoir d’amour. Ainsi, comme on l’a remarqué, quant à la thématique du mariage, en s’intéressant à la condition de la femme, Bertrand Tavernier condamne l’institution du mariage du XVIIe siècle.

B. Des sujets bien faits

Un autre point qui apparente le travail de Bertrand Tavernier à celui des précieuses est que, bien que parfois plus triviaux, dans l’ensemble, les personnages conservent leur caractère noble. Par exemple, le duc d’Anjou, homme au rang important, est bien fait aussi bien de par sa tenue physique que de par son esprit.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Faire preuve de précision mais aussi de concision. L’épreuve de littérature est un examen de rapidité. Dans l’éventualité où vous devriez mettre en rapport le film et la nouvelle, faites preuve de précision en utilisant des citations mais aussi de concision en résumant les divers moments du film sur lesquels vous vous appuyez.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Comparer la représentation audiovisuelle des mœurs et personnages du XVIIe siècle dépeinte par Bertrand Tavernier à celle d’autres réalisateurs (via le visionnage de films et documentaires).

Fin de l'extrait

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