La princesse de Montpensier : Madame de Lafayette (2/2)

La princesse de Montpensier : Madame de Lafayette (2/2)

Retrouve le cours de Littérature Terminale L sur Madame de Lafayette (2/2) avec digiSchool ! Chapitre "La princesse de Montpensier".

Dans cette leçon nous présenterons une courte biographie et les thématiques abordées par Madame de Lafayette l'auteure de l'oeuvre La Princesse de Montpensier.

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La princesse de Montpensier : Madame de Lafayette (2/2)

Le contenu du document

Dans le cadre de l’étude de La Princesse de Montpensier comme œuvre du programme de littérature de terminale L, il paraît important de dédier à l’ensemble de fiches que nous écrivons un cours sur l’auteure de cette œuvre. Alors que toutes sortes de biographies sont déjà disponibles sur internet, il s’agira ici de donner un aperçu complet, s’attardant sur tout ce qui est relatif à l’auteure par rapport à La Princesse de Montpensier. Ce cours sera divisé en deux fiches. La première traite d’éléments biographiques en les mettant en lien avec l’œuvre du programme. La seconde s’attardera plus sur l’esthétique de Madame de Lafayette en décortiquant davantage le style et les thématiques de son œuvre. De par les résumés des œuvres principales de l’auteure que nous avons réalisés dans la première fiche, nous avons déjà appréhendé quelque peu les thématiques d’écriture de Madame de Lafayette. Nous les explorerons davantage dans la fiche ci-dessous.

Prérequis

  • Connaître certains éléments sur le contexte historique du XVIIe siècle.
  • Avoir un certain intérêt pour la littérature du XVIIe siècle et vouloir en découvrir davantage.
  • Être capable de comprendre les liens d’intertextualité qui existent entre un écrit et un autre.

Objectifs

  • Connaître mieux une auteure. Comprendre mieux son œuvre, en général, afin de donner un caractère plus macro à la lecture d’une œuvre singulière : La Princesse de Montpensier.

I. L’ÉCRITURE

A. La rupture avec le romanesque

Bien que Zaïde soit moins révolutionnaire, il faut avoir à l’esprit que le style et la structure des œuvres de Madame de Lafayette font partie d’une esthétique particulière, classique et précieuse qui émerge au XVIIe siècle. Ils marquent une rupture avec le genre romanesque baroque. Pour approfondir cette thématique, nous vous conseillons de vous plonger dans la fiche que nous avons réalisée quant à la nouvelle historique.

B. Une écriture de la retenue ?

On caractérise l’œuvre de Madame de La Fayette par le fait que son écriture soit sobre. En effet, le style n’est pas lourd. Les constructions de phrase et les temps verbaux ne sont pas excentriques. La syntaxe est claire et simple. On sent d’ailleurs, dans le style de l’auteure de La Princesse de Montpensier, les influences de ses camarades précieuses idéalisant la langue et le sentiment amoureux ainsi que les effets qu’ont eu sur elle la fréquentation de certains théoriciens de la langue, comme le grammairien Ménage. Néanmoins, à cette sobriété grammaticale s’associe un lexique parfois hyperbolique, notamment dans la description des sentiments. A la mesure de la forme vient se greffer la démesure du fond. Cette dualité est une caractéristique des écrits de Madame de Lafayette, qui explore le monde des passions et les excès qui lui sont liés tout en rappelant l’ordre que le respect de la morale induit.   

C. Les thématiques

1. Cour et passions

  • Des intrigues de la cour

Il est important d’avoir à l’idée que Madame de Lafayette écrit dans une période post-fronde au sein de laquelle l’aristocratie est plus soumise que quelques années auparavant. Ainsi, la nature du statut de la noblesse est en évolution. Elle est moins chevaleresque et d’épée. Elle est plus de l’ordre du mondain. Un tel phénomène peut influencer les divers auteurs qui content la vie de la cour. Que ce soit dans La Princesse de Clèves ou dans La Princesse de Montpensier, l’intrigue est moins guerrière que sociale. 

Ainsi La Princesse de Clèves s’ouvre sur la description des activités de la cour : « C’étaient tous les jours des parties de chasse et de paume, des ballets, des courses de bagues, ou de semblables divertissements. » Ces activités décrites, on les retrouve dans Les Pensées de Pascal ; ouvrage dans lequel l’auteur s’intéresse à la capacité de l’Homme à se confronter à ses pensées. Ainsi écrit-il : « Quand je m’y suis mis quelques fois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent dans la cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. » En établissant un rapport d’intertextualité entre l’écrit de Pascal et celui de Madame de Lafayette, on comprend que les deux auteurs sont marqués par un certain pessimisme quant à la vie mondaine qu’ils voient comme étant destructrice. 

D’ailleurs, dans La Princesse de Montpensier, le lieu de la cour est quelque peu symbolique. Il est marqué par les secrets, les mariages, les rencontres et le bal. Alors que la princesse devient « une des personnes du monde la plus achevée » dans son foyer, comme le développe très bien Bertrand Tavernier dans son film en montrant les exercices d’instruction auxquels elle se livre, elle se corrompt dans la vie d’oisiveté de la cour. Dans son film, le réalisateur français montre que l’attirance de Marie pour la cour pourrait s’avérer douloureuse. C’est une sorte d’attirance paradoxale. 

Alors qu’elle reçoit une lettre de son époux l’ordonnant d’aller à la cour, elle s’approche pensive de Chabannes. Chabannes lui rappelle que la vie à la cour devrait la charmer car c’est là qu’on trouve de la vie, la reine Catherine et le duc d’Anjou. Or, comme lui répond rapidement Marie, c’est aussi « Guise », les passions de jalousie de son mari, le Louvre « où tout est intrigue », etc. Après avoir été rassurée par Chabannes, qui évoque le fait que le prince lui a probablement préparé le « meilleur accueil », elle s’enthousiasme et veut s’y rendre très rapidement. De la crainte elle passe rapidement au sourire. On sent une certaine fragilité de la protagoniste dans sa résolution. A vrai dire, si en regardant le film de Bertrand Tavernier ou en lisant La Princesse de Montpensier, on a à l’esprit certains autres textes du XVIIe siècle, tels que La Princesse de Clèves ou des écrits raciniens, on voit se dessiner rapidement une certaine ironie tragique. Le lecteur est conscient, avant les personnages, de la fin tragique qui semble se dessiner. La vie de la cour n’amènera rien de bon.

  • Des passions à la cour

Comme nous l’avons sous-entendu, les passions font partie des thématiques abordées par Madame de Lafayette. Derrière ce terme de passion, il faut entendre ceux d’amour, violences et galanteries ; les galanteries étant les relations qui se développent hors des liens du mariage. Ces passions galantes sont un noyau qui permet à l’auteure de faire découler diverses branches narratives et axiologiques (de l’ordre du jugement de ce qui est bon ou mal). Les galanteries sont liées au monde de la cour dont les intrigues et mœurs se rattachent à des comportements secrets ; notamment les secrets amoureux qui cachent des secrets politiques. Comme le rappelle le narrateur de La Princesse de Clèves : « l'amour était toujours mêlé aux affaires, et les affaires à l'amour ». 

De la même façon, dans La Princesse de Montpensier, aux intrigues politiques de la Saint-Barthélemy (qui éloignent les princes catholiques de la cour) est associée la rencontre secrète des amants. Et, comme nous l’avons vu dans l’étude de la nouvelle historique, aux tensions politiques entre la famille royale et la famille de Guise viennent se greffer, dans l’univers de la fiction, des intrigues uniquement amoureuses. Passions et vie de la cour sont intimement liées dans les écrits de Madame de Lafayette. Et il semble que, dans une certaine mesure, l’auteure tente de présenter une telle vision comme étant vraisemblable puisqu’elle écrit, à propos de La Princesse de Clèves, qu’on y trouve « une parfaite imitation du monde de la cour et de la manière dont on y vit ». Or, il est bon d’avoir à l’esprit que certains critiques voient dans les ouvrages de l’auteure un manque de vraisemblance, notamment par rapport aux passions amoureuses.

II. LA POSTÉRITÉ

Autour de la figure de Madame de Lafayette et de ses écrits sont parfois nées quelques polémiques. On sait d’elle qu’elle n’aurait pas été très belle et qu’elle était particulièrement éduquée et raffinée. Certains disent même qu’on peut la voir telle une entrepreneuse, dont l’objectif fut d’assurer la prospérité de sa famille. Ce qu’on peut en effet retenir est qu’elle est une première : première femme à apparaître dans le programme de littérature et première auteure de ce qu’on appelle à présent le roman d’analyse. Elle a marqué son temps et marque le nôtre. Son œuvre a traversé le temps au point d’être adaptée plusieurs fois au grand écran.

  • La Princesse de Clèves de Jean Delannoy. En 1960, ce réalisateur a transposé au grand écran ce classique de la littérature française. Le dramaturge Jean Cocteau a participé à la réalisation de ce travail.
  • La Belle personne est un film réalisé par Christophe Honoré, qui est paru en 2008. Il est une adaptation moderne de La Princesse de Clèves. L’histoire de la cour est transposée à celle d’un lycée. On retrouve sur les bancs d’école une brochette de futurs acteurs de renom : Léa Seydoux, Louis Garrel et Grégoire Leprince-Ringuet ; ce dernier semblant avoir une prédilection pour les écrits de Madame de Lafayette puisqu’il jouera le prince de Montpensier deux ans plus tard.
  • La Princesse de Montpensier est un film réalisé par Bertrand Tavernier. Il parut en 2010. Parmi son casting, on trouve Gaspard Ulliel, Raphaël Personnaz, Lambert Wilson, Michel Vuillermoz, Mélanie Laurent et Grégoire Leprince-Ringuet. Il s’agit d’une adaptation qui se veut fidèle à l’époque représentée. Néanmoins, l’équipe de cinéastes a réalisé une amplification du texte laissé par Madame de Lafayette et a parfois fait diverger l’œuvre originale de son adaptation au grand écran. Comme vous le savez, cette œuvre est au programme de littérature des années 2018 et 2019.

Conclusion

Petit à petit, les fiches que nous réalisons dans le cadre de l’étude de La Princesse de Montpensier nous amènent à avoir une vision d’ensemble quant au travail particulier de Madame de Lafayette. Alors que nous étudiions le sous-genre de la nouvelle historique, nous concluions qu’elle faisait partie des fondatrices d’un tel type d’écriture. Alors que nous nous intéressions à l’étude des passions, nous comprenions qu’elle fut l’une des premières à s’y intéresser profondément ; de telle façon qu’elle gagna le titre de fondatrice du roman d’analyse. 

Alors que nous nous intéressions à la condition féminine, nous remarquions qu’elle était la première femme à entrer dans le programme de littérature et ce avec une œuvre qui n’est pas entièrement neutre quant au rôle des femmes dans la société. Innovatrice dans son écriture et dans sa façon d’aborder les éléments sociétaux, son œuvre est sujette à continuer d’évoluer dans notre contexte culturel. Madame de Lafayette est-elle déjà ou deviendra-t-elle mythique ?

LE PETIT + DANS TA COPIE

Si le sujet se prête à l’exercice, n’hésitez pas, dans l’ouverture de votre conclusion, à mettre en résonance l’œuvre de Madame de Lafayette avec d’autres ouvrages contemporains. En effet, il peut paraître opportun de replacer l’œuvre dans notre contexte socio-culturel afin de montrer que nous avons compris où était l’intérêt d’étudier cet ouvrage en 2018 et en 2019. 

En parlant d’adaptations plus ou moins modernes des ouvrages de madame de Lafayette, nous pouvons, par exemple, prouver au correcteur que nous avons cherché à comprendre certains enjeux de cette épreuve. Rappelons que, parmi les objectifs de l’épreuve énoncés sur Eduscol, on trouve « l'aptitude à prendre en compte des problématiques » et « la mise en œuvre de savoirs littéraires et culturels ». Si je suis capable de faire des liens entre diverses thématiques provenant d’ouvrages intertextuels, je mets en œuvre des savoirs littéraires et culturels tout en les problématisant.

 

POUR ALLER PLUS LOIN …

Lire les autres œuvres de Madame de Lafayette. Vous pouvez facilement trouver des livres qui font l’analyse de ces œuvres (en particulier sur La Princesse de Clèves). Cela vous permettra d’enrichir votre culture générale et de mieux cerner l’auteure.

 

Fin de l'extrait

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