La structure du roman Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

La structure du roman Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

Ce document digiSchool traite de la structure du roman "Les Faux-Monnayeurs", du chapitre de Littérature de Terminale L.

Cette fiche de révision mettra en évidence les modèles consacrés pour construire le roman, mais aussi l'utilisation du modèle gidien à travers une illusoire composition naturelle.

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La structure du roman Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

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Gide en composant Les faux-monnayeurs ne manque pas d’ambition, une note du Journal des Faux-Monnayeurs l’atteste : « Je n’écris que pour être relu ». Le lecteur doit comprendre que Gide refuse d’emblée une lecture hâtive et superficielle et que la structure complexe, l’aspect foisonnant de son roman exigent une attention particulière de la part du lecteur.

En dépit de la complexité du texte, on peut dégager les modèles qui ont servi à construire le roman : un roman d’apprentissage, quatre intrigues sentimentales liées les unes aux autres, une intrigue policière qui tourne au roman noir, des intrigues secondaires et un roman d’artiste qui se rattachent aux précédentes.


DES MODELES CONSACRES POUR CONSTRUIRE LE ROMAN

UN ROMAN D’APPRENTISSAGE

L’auteur se livre à plusieurs interrogations morales dans Les Faux-Monnayeurs, une œuvre qui plonge des adolescents, êtres en formation, dans un champ d’expériences. Bernard quitte ses parents et Olivier parvient à trouver une sérénité par la rupture avec sa cellule familiale qu’il opère notamment grâce à un voyage. Chacun passe de la révolte à la responsabilité selon une évolution propre. Gide veut faire admettre l’idée qu’il faut s’écarter du père institutionnel pour trouver le véritable père, un éducateur comme Édouard.

 

Bernard Profitendieu, héros adolescent, se découvre à travers les faits auxquels il assiste. Apprenant qu’il est bâtard, il quitte la maison, exerce deux professions, aime deux femmes successivement, avant la crise qui le révèle à lui-même et lui permet de rentre chez lui au terme de l’initiation.


UN ROMAN D’AVENTURES SENTIMENTALES

  • L’écrivain Edouard est amoureux de son neveu Olivier Molinier, mais c’est Bernard, l’ami d’Olivier, qu’il prend comme secrétaire tandis qu’Olivier entre au service de Passavant, qu’il n’aime pas.
  • Les amours de Laura Vedel sont condamnées : repoussée par Edouard qui aime Olivier, elle épouse Douviers sans amour, devient la maîtresse de Vincent Molinier qui l’abandonne, cherche en vain secours auprès d’Edouard, se laisse aimer platoniquement par Bernard, avant de retourner sans joie avec son mari.
  • Aux amours de Laura se rattachent celles de Vincent Molinier, son amant, qui l’abandonne pour Lady Griffith, et celles de Bernard, platoniques avec Laura, physique avec Sarah, la sœur de Laura.

 

Ces quatre intrigues dépendent les unes des autres : tout découle logiquement des tendances d’Edouard, qui le poussent à délaisser Laura pour Olivier. Dès lors, Laura ne peut qu’échouer avec Vincent qui se tourne vers Lady Griffith, et avec Bernard, qui se tourne vers Sarah.


ROMAN POLICIER ET ROMAN NOIR

L’intrigue policière repose sur des énigmes et la découverte progressive d’indices qui permettent de les résoudre : qui est impliqué dans l’affaire de mœurs dont parlent le père de Bernard et celui d’Olivier ? Que signifie l’étrange conduite de Georges, le jeune frère d’Olivier ? Qui est le mystérieux Strouvilhou ? La solution est donnée dans la troisième partie : Georges fait partie d’une bande de faux-monnayeurs que dirige Strouvilhou.

Mais les coupables seront-ils découverts et châtiés ? C’est là que le roman policier rejoint le roman noir ébauché depuis le début : un mécanisme implacable prépare une victime aux faux-monnayeurs devenus bourreaux par la faute des justiciers eux-mêmes : un enfant fragile, le jeune Boris, est en lieu sûr auprès d’un médecin. Mais son grand-père charge Edouard de rechercher son petit-fils, et Edouard provoque indirectement la perte de Boris quand il décide de l’installer à la pension Vedel, où il sera en butte à la cruauté de ses camarades les jeunes faux-monnayeurs. Le juge d’instruction demande à Edouard de prévenir Georges que ses activités sont connues de la police. Dès lors, l’énergie des faux-monnayeurs qui ne trouve plus d’emploi se tourne en cruauté contre Boris.


LES INTRIGUES SECONDAIRES

La splendeur de la famille Vedel-Azaïs semble culminer lors du mariage de Laura Vedel. Mais à la rentrée des pensionnaires, c’est déjà la décadence et le suicide de Boris annonce la ruine et la dispersion de la famille. 

Les projets littéraires d’Edouard rejoignent les amours d’Edouard : il ne commence à écrire que quand il est heureux.


LE ROMAN D’ARTISTE

L’œuvre représente la petite société littéraire et développe des réflexions sur le conflit entre l’art et la réalité et sur la création romanesque. C’est la forme du roman qui est mise en question, la manière dont s’écrit le roman. En ce sens, c’est aussi un roman du roman. 


UNE ILLUSOIRE COMPOSITION NATURELLE

UNE PRESENTATION INDIRECTE DES FAITS

La complexité narrative contribue également à l’impression de foisonnement. Le principe fondamental de la narration gidienne est la présentation indirecte des faits, pour permettre d’interroger le rapport entre ce qui est raconté et celui qui raconte. Le lecteur découvre ainsi :

- le reflet de l’évènement sur les protagonistes ;

- le reflet de ce reflet dans le journal d’Édouard ;

- le tout commenté par le narrateur anonyme. 

 

Les points de vue sont multiples en ce qui concerne la présentation des évènements. La conséquence en est une continuelle subjectivité narrative et une instabilité générale qui change sans cesse la signification des données. Quant à la narration extérieure, elle est impuissante à éclairer le lecteur. Ce narrateur est un véritable faux-monnayeur, incapable de cerner sa propre intrigue et ses propres personnages.

Notons aussi que les procédés de narration sont nombreux : journal, lettre, dialogue, récit ou monologue intérieur. 


GIDE JUSTIFIE LA CONSTRUCTION DE SON ROMAN DANS « JOURNAL DES FAUX-MONNAYEURS »

Pour donner l’illusion du naturel, Gide obéit à un principe rigoureux : dès le début, il a l’intention d’ébaucher systématiquement des intrigues secondaires inutiles qu’il ne poursuivra pas. Il justifie ce dessein : dans son incapacité à unifier l’intrigue, le romancier imite la vie : « La vie nous présente de toutes parts quantité d’amorces de drames, mais il est rare que ceux-ci se poursuivent et se dessinent comme a coutume de les filer un romancier. Et c’est là précisément l’impression que je voudrais donner dans ce livre. »

 

Gide ne cherche pas la vraisemblance mais le sentiment de l’inachevé. Ce livre « s’achèvera brusquement, non point par épuisement du sujet, qui doit donner l’impression de l’inépuisable, mais au contraire, par son élargissement et par une sorte d’évasion de son contour. Il ne doit pas se boucler, mais s’éparpiller, se défaire ».

Fin de l'extrait

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