Le contexte religieux de La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

Le contexte religieux de La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

Consultez gratuitement ce cours de Littérature niveau Terminale L, rédigé par notre professeur, consacré au contexte religieux de La Princesse de Montpensier.

Ce cours de Littérature s'attardera sur l'étude d'un tel thème en contextualisant d'abord l'évolution des courants de pensées de la Renaissance et en se concentrant ensuite sur les différentes branches religieuses qui devaient coexister en ces temps.

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Le contexte religieux de La Princesse de Montpensier - Littérature - Terminale L

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Que ce soit dans le film ou dans le livre, La Princesse de Montpensier a bien pour toile de fond un contexte religieux particulier. La première phrase du roman (« Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l’amour ne laissait pas de trouver la place parmi tant de désordres, et d’en causer beaucoup dans son empire. »), ainsi que les premières scènes du film en témoignent. On admettra qu'il est assez compliqué de se repérer dans l'ouvrage sans avoir des repères quant au contexte religieux. Ce pourquoi, ce cours s'attardera sur l'étude d'un tel thème en contextualisant d'abord l'évolution des courants de pensées de la Renaissance et en se concentrant ensuite sur les différentes branches religieuses qui devaient coexister en ces temps.

Prérequis

Il est bon d'avoir des notions quant aux différentes religions qui ont marqué l'Histoire de France, notamment au siècle nous concernant. Bien que nous expliquions le point de départ de la distinction entre l'Église catholique romaine et l'Église réformée, cette fiche sera plus abordable si l'élève connaît quelques éléments basiques relatifs au christianisme.

Objectifs

  • Comprendre la naissance du conflit religieux et les enjeux diplomatiques de la Renaissance.
  • Savoir différencier protestantisme, pensée luthérienne, Église catholique romaine, Église réformée, etc.
  • Comprendre certains éléments des œuvres du programme grâce à l'étude du conflit religieux.
  • Mieux situer les personnages des œuvres dans la réalité historique.

I. En héritage du Moyen-Âge

1. La Renaissance : définition

Les XVe et XVIe siècles correspondent à une période historique particulière nommée la Renaissance. La Renaissance arrive d'abord en Italie. Elle correspond à un moment de l'Histoire où les domaines de la science, des arts et de la spiritualité se voient modifiés dans plusieurs pays d'Europe. En effet, le Moyen Âge (dont on a tendance à marquer le début par la chute de l'Empire Romain (476) et la fin par l'invention de l'imprimerie (XV e siècle)) a duré environ dix siècles. Certes, cette dizaine de centenaires a été traversée par des mouvances territoriales, linguistiques, scientifiques, etc. mais certains considèrent qu'il s'agit d'une période d'obscurantisme. Les domaines des sciences ainsi que de la religion n'évoluèrent pas de façon aussi remarquable que lors du siècle suivant, par exemple. Ces dix siècles sont marqués par le fait que l'individu est masqué par l'idée de collectivité : d'une part une collectivité religieuse et de l'autre une collectivité nationale. Comme l'écrit l'historien Jacob Burckhardt, au Moyen Âge, l'individu « ne se connaissait que comme race, peuple, (…), famille ou sous toute autre forme générale et collective ». Par exemple, l'individu appartient à une grande famille religieuse où tous les Hommes sont les fils de Dieu. Aussi, il se rattache à l'idée de nation : les Hommes sont les fils du pays où ils sont nés. Or, petit à petit, certains courants de pensée vont émerger en amenant des nuances quant à la légitimité de ces collectivités. Conjointement, naît un certain relativisme culturel, qui est notamment incarné par la figure de Montaigne qui réalise une remise en cause du savoir humain. Il est marqué par le scepticisme qui est une philosophie se résumant dans la pensée de Socrate : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien ». Ce sont notamment les grandes découvertes du XVe et XVIe siècles qui permettent à la Renaissance d'être traversée par de nouvelles pensées, souvent concentrées derrière la figure du mouvement culturel nommé l'Humanisme, qui a confiance en l'Homme et au pouvoir de son savoir.

2. L’arrivée de la Renaissance en France

En France, le terme Renaissance, en tant que concept historique, est globalisé par Michelet au XIXe siècle. En Italie, on parle de Renacimiento. L'influence intellectuelle de ce mouvement artistico-intellectuel italien est marquée par l'import de la culture italienne en France. Cette dernière se réalise petit à petit et selon un contexte historico-guerrier lié aux guerres d'Italie. Ces guerres sont engagées par les Français. Elles sont initiées par Charles VIII. Elles seront poursuivies par François Ier. Petit à petit, François Ier découvre et apprécie les savoirs, connaissances et arts italiens. Il fait venir, en France, des peintres italiens comme Léonard de Vinci. Son but est notamment d'enrichir la France d’arts. Enfin survient le sac de Rome par Charles Quint. Charles Quint est roi d’Espagne mais également empereur du Saint-Empire romain germanique. Des œuvres d'art son détruites et les artistes italiens fuient l’Italie en se réfugiant dans toute l’Europe, mais surtout en France. Avec eux, ils apportent leur culture.

II. Une rupture avec le Moyen-Âge ?

Certains considèrent que la chute de Constantinople (1453) a participé au développement de la Renaissance italienne dans la mesure où des intellectuels de cette terre auraient fui en Italie en emportant avec eux des textes anciens. Les textes latins et grecs, gardés dans les bibliothèques, auraient été rapatriés dans des lieux où ils pouvaient être mis en sécurité. Néanmoins, certains historiens (notamment médiévistes) considèrent que la fuite de ces textes avait déjà commencé avant la chute de Constantinople, pendant le Moyen Âge. Quoi qu'il en soit, cette mouvance géographique est accompagnée par une redécouverte et une relecture de ces textes. Les différents intellectuels qui les parcourent se rendent alors compte qu'une partie du contenu de ces textes (parfois fondateurs !) a été oubliée ou du moins modifiée. En effet, avant l'invention de l'imprimerie, qui permet de démultiplier un texte de façon assez simple, la copie d'un texte se faisait à la main. Il s'agissait d'un savoir-faire particulier mais dont la rigueur scientifique peut être remise en cause. En effet, les copistes (souvent des moines) réalisaient parfois des erreurs de recopie, écrivaient des lettres difficiles à déchiffrer ou même modifiaient le texte de façon intentionnelle. Ainsi, lorsque certains intellectuels en viennent à comparer la version originale d'un texte et sa copie, ils concluent qu'il serait bon d'étudier à nouveau les textes authentiques et d'analyser en quoi les écarts existants entre une version originale et une version recopiée ont pu avoir une influence sur la culture, la religion, la science… Une telle posture conduit, notamment, un homme à proposer une nouvelle traduction du Nouveau Testament, qui n'avait pas été traduit depuis le Moyen Âge. Il s'agit d'Erasme qui avait à la fois un fort intérêt pour la religion mais aussi pour la philologie.

III. Naissance de différents courants religieux

1. L’Evangélisme

La redécouverte du Nouveau Testament va amener la naissance d'un nouveau courant religieux nommé L'Évangélisme. Il s'agit d'une branche de la religion catholique qui se définit par un retour vers la bible (dans sa version originale) et qui défend l'idée que tout fidèle doit pouvoir accéder directement au texte sacré sans médiation. D'après l'Évangélisme, les médiations ont amené les individus à ajouter au fait religieux des éléments non issus de la bible comme : les mortifications extérieures (jeûne, punitions), les indulgences (des remises sur le temps pour racheter ses péchés, qui se traduisent souvent par des dons aux prêtres), l’idolâtrie envers le pape, etc. Bien que les évangéliques veuillent se détacher de certaines des pratiques de l'Église catholique, ils ne veulent néanmoins pas rompre avec cette institution qu'on appelle aussi Église catholique romaine.

2. La pensée luthérienne

Luther est un théologien allemand, qui propose un mouvement religieux autre que celui de l'Église catholique romaine. Par sa pensée, il se rapproche des chrétiens évangéliques. Notamment, en 1517, retentit l'Affaire des Placards. Cette dernière consisterait en la diffusion de propositions critiquant, entre autres, le pouvoir accordé à Rome (et au pape de fait). Au vu des différents constats qu'il avait faits, Luther réclamait une réforme religieuse, qui ne vient pas. A terme, le développement de cette pensée va mener à un schisme qui donnera naissance au protestantisme.

Définition - Schisme : Détachement d'un groupe de personnes vis-à-vis d'une doctrine ou d'une pensée à laquelle il se rattachait auparavant.

Notamment, Calvin (un théologien français se rattachant aux idées de Luther) publie un traité qui va aider à la naissance de la religion réformée. Parmi les différences notables entre les catholiques et les protestants, on retrouve deux éléments majeurs évoqués dans le film de Bertrand Tavernier. Par exemple, les protestants sont dans une pratique religieuse qui se veut plus sobre que celle des catholiques. Ce pourquoi, leur lieu de culte ainsi que leurs vêtements se détachent de ceux des catholiques. Ils se recueillent au sein de temples (parfois aussi appelés églises réformées) dont les ornements sont moins ostentatoires que dans les églises non réformées. Et, comme cela est souvent mis à l'image au cinéma et d'ailleurs évoqué par l'un des compagnons du duc d'Anjou lors du banquet du duc de Montpensier, les protestants sont souvent vêtus de noir (les huguenots sont comparés à des « mouches noires sur une nappe »). Aussi évoqué dans le film, les protestants admettent que le corps et le sang du Christ sont présents dans les hosties. Mais, contrairement aux catholiques, ils pensent que le Christ s’est dérobé des hosties avant de les manger. Enfin, on précisera que, dans les ouvrages étudiés, les personnages et narrateurs parlent plus de huguenots que de protestants. Le terme huguenot réfère pourtant bien aux chrétiens réformés. Il s'agit d'un mot provenant de l'allemand.

Définition - Hugenot : Nom donné aux protestants français pendant les guerres de Religion.

IV. Les conséquences, les troubles

L'Église catholique romaine réalise un concile qui n'est pas ouvert aux catholiques réformés.

Définition - Concile : Assemblée d'évêques et de théologiens, se positionnant sur des points dogmatiques, liturgiques et disciplinaires.

De cette réunion résulte la publication d'une liste d'ouvrages et d'auteurs qu'il est interdit de lire. Parmi eux, on trouve Erasme. Ceci est l'un des éléments qui démontre que la coexistence entre ces deux branches chrétiennes (les catholiques de l'Église romaine et les catholiques réformés) n'est pas possible au sein d'un même royaume. Plus tard, commencent les guerres de religion françaises. Il s'agit de huit guerres civiles qui seront marquées par des moments de paix ponctuels et qui s'étaleront sur environ trente-cinq ans. En majeure partie, c'est sous le règne de Charles IX et son frère Henri III que les guerres éclatent, alors que les tensions religieuses étaient déjà existantes sous le règne de leur frère François II et de leur père Henri II. Elles se terminent sous le règne d'Henri IV, évoluant lui-même entre le catholicisme et le protestantisme. Elles sont marquées par des personnages et familles influentes qu'on retrouve dans les œuvres étudiées mais aussi des puissances étatiques : l'Angleterre, l'Espagne, Catherine de Médicis, Charles IX, la famille de Guise (Henri de Guise et le cardinal de Lorraine), le duc d'Anjou, les princes de Condé, l'amiral de Coligny... Certains événements qui ont marqué l'Histoire française se sont déroulés lors de ces dizaines d'années de tensions et guerres : la bataille de Jarnac, la Saint-Barthélemy, l'assassinat du duc de Guise ainsi que celui d'Henri III, la conversion d'Henri IV, etc.

Conclusion

Comme nous l'avons remarqué, les guerres de religion sont marquées par de nombreux événements, dont certains sont plus connus que d'autres. Sans connaître ces derniers ou comprendre, au moins brièvement, quels sont les enjeux qui leurs sont associés, il peut être difficile de savoir pourquoi ils sont mentionnés dans les œuvres. Dans l'ouvrage de Madame de Lafayette, certaines allusions subtiles renvoient aux événements diplomatiques et religieux. Dans le film de Bertrand Tavernier, certaines répliques qui paraissent plus secondaires font mention à ce contexte religieux qui est aussi parfois abordé par petites touches discrètes. Ces dernières participent à l'élaboration d'un propos historique assez précis et subtil, lui aussi.

Le petit + dans ta copie

Repérer (et citer) les remarques qui peuvent paraître secondaires dans le film. Comme nous l'avons évoqué ci-dessus, le film de Bertrand Tavernier possède comme une seconde couche qui est incarnée par toutes sortes de personnages et répliques aux apparences mineures. Il peut être bon de lire le scénario pour ne pas passer à côté.

Pour aller plus loin …

Regardez des peintures de différents éléments et personnes mentionnés dans cette fiche pour comprendre leurs enjeux et les différences qui les opposent :

  • Calvin, Luther, Erasme, le pape.
  • La Saint-Barthélemy.
  • Œuvres picturales de la Renaissance (Les Ambassadeurs, Hans Holbein le Jeune ; le plafond de la Chapelle Sixtine, Leonard de Vinci ; etc.) et œuvres du Moyen Âge.

Pour les historiens en herbe, n’hésitez pas à lire des ouvrages de Denis Crouzet.

Fin de l'extrait

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