Le duc de Guise et Philippe de Montpensier : deux rivaux - Littérature - Terminale L

Le duc de Guise et Philippe de Montpensier : deux rivaux - Littérature - Terminale L

Consultez ce cours de Littérature de Terminale L, rédigé par notre professeur, qui met en avant les rivalités entre le duc de Guise et Philippe de Montpensier dans La Princesse de Montpensier.

Comment lire et comprendre, dans la nouvelle et dans le film, la rivalité entre Guise et Montpensier ? Quels sont les enjeux ? Quelles forces sont à l'oeuvre ?

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de Littérature pour le Bac L sur les rivalités entre Philippe de Montpensier et le duc de Guise.

Le duc de Guise et Philippe de Montpensier : deux rivaux - Littérature - Terminale L

Le contenu du document



Rappelons tout d’abord que dans l’ordre narratif de la nouvelle, le duc de Guise arrive avant le prince de Montpensier, Mme de Lafayette donnant précellence de l’amant sur le mari dans le cœur de son héroïne. Elle le présente d’abord comme « le Balafré », soulignant par ce surnom ses vertus guerrières souvent rappelées dans la nouvelle ; il est par ailleurs celui qui « souffle » sa promise à son frère : Marie de Montpensier « était come accordée au duc du Maine (…) et le duc de Guise voyant souvent cette prétendue belle-sœur (…) en devint amoureux et en fut aimé ».

Le duc de Guise est donc d’abord un combattant et un voleur, en quelque sorte, un voyou, trait de caractère perçu par Tavernier qui choisit pour jouer ce transgressif Gaspard Ulliel. Ce comédien donne au personnage de la nouvelle une chair de séducteur, de doux violent qui attire la jeune fille ; le film montre de Guise se cachant dans les arbres avec Marie, la dérobant à l’attention de son frère pour lui voler un baiser ; n’hésitant pas à caresser le visage de la princesse au vu et au su de tout le monde, dans le salon de la reine, provoquant la scène de duel. De Guise est un homme qui prend ce dont il a envie, c’est un séducteur « Le duc de Guise (…) trouvant la marquise de Noirmoutiers, personne de beaucoup d’esprit et de beauté et qui donnait pus d’espérance que cette [Marie de Montpensier] princesse, il s’y attacha entièrement », abandonnant entièrement celle qui l’aimait.

Par ailleurs, dans la nouvelle, il est l’amant heureux ; heureux au sens où il est aimé, malheureux cependant de ne jamais pouvoir consommer cet amour. Des trois hommes qui aiment Marie, il est celui qui s’en sort le mieux : il vit alors que Chabannes meurt, il n’est pas déshonoré alors que le mari de la princesse oui, il en épouse une autre faisant dire à Mme de Lafayette que « l’ingratitude du duc de guise » tuera finalement Marie de Montpensier. Bertrand Tavernier insiste sur cet abandon qu’il transforme en une scène superbement filmée au château de Meillant : le duc de Guise s’y entraîne au combat, la récurrence de sa combativité soulignant sa force physique et morale ; il est confronté à une Marie déterminée, froidement adulte et qui assume son amour : « vous n’avez jamais cessé de surgir devant moi ». De Guise lui rétorque simplement qu’il la voulait par jeu, parce que les autres, Chabannes, Anjou et son propre mari la voulaient. Il se révèle comme ce qu’il est : un opportuniste et un séducteur : « cette rivalité m’a poussé à obtenir ».

Son opposant, Philippe de Montpensier n’a pas l’heur d’être aimé. Arrivé après l’amant, il est frappé dès le début du récit de cet anathème qu’il porte jusqu’à la fin. Il n’accèdera à son épouse que lors de la nuit de noces et encore n’est-elle que supposée dans la nouvelle. Chez Mme de Lafayette, il aime sa femme mais il est un homme brutal, voire violent. D’une extrême jalousie, bien que pas à tort, il surveille son épouse « Elle s’aperçut bien que le prince son mari y avait pris garde ». Bien plus, l’auteur élude certaines scènes de violence mais à n’en pas douter, le prince a pu se montrer brutal et coercitif envers sa femme comme cela était autorisé à l’époque, tant au XVIème qu’au XVIIème siècle où la femme était d’abord sous l’autorité du père, ensuite sous celle du mari : « Le chagrin que tous ses soupçons lui [le prince de Montpensier] causèrent donna de mauvaises heures à la princesse de Montpensier ». Bertrand Tavernier choisit de donner à cet époux malheureux, possessif et violent une présence plus forte et une personnalité plus attachante.

Grégoire Leprince-Ringuet porte à l’écran un mari amoureux, tendre et juvénile, un homme touchant qui ne sait comment approcher cette femme qu’il aime sincèrement : « Quand il la découvre lui qu’on a vu si à l’aise sur un champ de bataille, perd tous ses moyens et leur échange est à la fois tendre et puis débouche sur une timidité réciproque que je trouve très touchante, très poignante ».

Dans la nouvelle comme dans le film, les deux hommes se détestent, Marie étant l’enjeu qui les sépare : l’incipit évoque « une haine entre eux qui ne finit qu’avec la vie » ; Tavernier a souhaité montrer cette haine dans une scène de duel qui est un plan séquence. Une fois de plus, pour faire vrai, pour que la scène soit vérace, le réalisateur explique que les comédiens ont appris à se battre avec de vraies rapières, armes redoutables s’il en est. Ce duel à mort et dont l’enjeu est une femme est interrompu par le duc d’Anjou qui leur interdit, en temps de guerre, de disposer de leurs vies. C’est le devoir qui arrête les deux hommes.

Nous pouvons voir combien différente est la manière dont la haine entre les deux hommes nous est montrée dans la nouvelle et dans le film. Dans la nouvelle, Philippe de Montpensier est un homme jaloux, violent qui apparaît peu et uniquement pour contrarier les infidélités de son épouse. Mme de Lafayette n’évoque pas son amour mais sa jalousie lorsqu’il revient de la guerre est qu’il est étonné de voir que la très jeune fille qu’il avait épousée est en deux ans devenue une jeune femme superbe : « par le sentiment d’une jalousie qui lui était naturelle » souligne que la relation de Marie et de son époux n’est pas mise par Mme de Lafayette sur le plan amoureux mais sur celui de la possession. Il ne veut pas qu’elle l’aime il veut qu’elle lui appartienne. Tavernier a édulcoré et transformé ce personnage. Touchant et maladroit, il aura la chance d’être aimé par sa femme même si cela durera peu. Revenant de la guerre après deux années d’absence, il accède enfin à sa couche : « Montpensier pousse la porte de sa chambre et découvre Marie qui l’attend. Elle a pris l’initiative, cela le touche ».

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac L le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac L

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac L

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?