Les contemporains de Victor Hugo (Hernani) - Littérature - Terminale L

Les contemporains de Victor Hugo (Hernani) - Littérature - Terminale L

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Cette fiche parle des contemporains de Victor Hugo et te donnera les infos nécessaires pour mieux connaître les origines du drame romantique.

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Les contemporains de Victor Hugo (Hernani) - Littérature - Terminale L

Le contenu du document

Les figures principales du romantisme avaient pour habitude de se réunir dans des salons. C’est le cas du salon de l’Arsenal, tenu par Nodier puis Victor Hugo. Il réunit des écrivains tels que Lamartine, Nerval, Musset, Gautier, Dumas, Balzac et des artistes comme David d’Angers et Delacroix. 

Les romantiques se retrouvent au 11 rue Notre-Dame-des-Champs, chez Victor Hugo, où ils discutent des grandes thèses du romantisme et relisent Shakespeare, Goethe ou encore Schiller. Nous allons nous intéresser à trois grandes figures du XIXe siècle : Alexandre Dumas, Alfred de Vigny et Alfred de Musset. 

Tous trois écrivent des pièces de théâtre dans les années 1830. Ils font eux aussi partie du théâtre romantique, c’est-à-dire des pièces écrites par des écrivains romantiques. On pourra ainsi se demander pourquoi l’histoire littéraire a retenu la pièce Hernani et la date de 1830 – car cette date éclipse ce qu’il s’est passé avant et notamment en l’année 1829, année lors de laquelle un drame de Vigny et un drame de Dumas sont représentés sur la scène de la Comédie-Française.

PRÉREQUIS

  • Connaître les origines du drame romantique.

OBJECTIFS

  • Connaître les grandes figures du théâtre romantique.
  • Comprendre pourquoi l’histoire littéraire a retenu la date de 1830.

I. ALEXANDRE DUMAS

Dumas père (1802-1870) est connu pour ses drames aux influences historiques. Il rencontre Victor Hugo en 1829 et sera présent lors de la première représentation d’Hernani. Les deux hommes entretiendront une longue correspondance, mêlant rivalité et amitié. 

Dumas est notamment connu pour ses romans : Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo mais, même s’il est moins connu en tant que tel, c’est aussi un dramaturge et une figure incontournable pour le théâtre du XIXe siècle.

A. Henri III et sa cour

Ce drame en cinq actes et en prose connaît un grand succès. Il est joué au Théâtre-Français et connaît quatre parodies. Les intrigues politiques se mêlent à l’intrigue sentimentale. Comme l’écrit Florence Naugrette, il « se démarque du théâtre historique dans la mesure où il ne choisit pas de montrer un grand moment fédérateur de l’histoire de France ». 

La pièce est créée le 10 février 1829. Michelot incarne Henri III, Joanny est le duc de Guise et Mlle Mars incarne la duchesse de Guise. Dumas mise sur un décor impressionnant. Des effets de nuit sont notamment créés grâce au travail de la lumière. Dumas y ajoute des effets sonores.

Dans cette pièce, le pouvoir monarchique est contesté par la Ligue, dirigée par le duc de Guise. Catherine de Médicis est représentée comme une reine sanguinaire.

Cette pièce est importante car elle présente des points communs avec Hernani : la représentation de la violence ainsi qu’une histoire d’amour scandaleuse et tragique. Contrairement à Hernani, il n’y a pas de campagne de presse

Charles X n’interdit pas la représentation car l’une des pièces de Dumas, Christine, n’avait pas été jouée en 1828, arrêtée par la censure. Dumas réserve entre 250 et 300 places pour s’assurer la victoire. Le public est impatient de découvrir cette pièce.

La date de 1829 est donc une date primordiale pour le drame romantique.

B. Antony

Ce drame en cinq actes et en prose est représenté le 3 mai 1831 à la Porte Saint-Martin, un an après Hernani. Antony ne peut épouser celle qu’il aime, Adèle. Mariée à un colonel, Antony resurgit trois ans plus tard car il est victime d’un accident. 

Adèle s’enfuit mais Antony loue une chambre dans la même auberge qu’Adèle et la déshonore. Ils poursuivent leur liaison mais, apprenant que son mari est au courant, Adèle demande à Antony de la tuer. Dumas s’illustre dans le drame moderne « en habits noirs ».

C. Les autres pièces de Dumas

Alexandre Dumas a écrit d’autres pièces, oubliées par l’histoire littéraire :

  • Christine, 1830
  • La Tour de Nesle, 1832
  • Kean, 1836
  • Napoléon Bonaparte ou Trente Ans de l’histoire de France, 1840

Il ne faut donc pas faire de Victor Hugo un pionnier en ce qui concerne l’avènement du drame romantique sur la scène française. Alexandre Dumas est également une figure incontournable du théâtre du XIXe siècle.

II. ALFRED DE VIGNY

Alfred de Vigny (1797-1863) est reconnu pour ses poèmes mais il a toujours montré un grand intérêt pour la création théâtrale. Il admire Shakespeare et traduit des pièces dès 1827.

A. Le More de Venise et la Lettre à Lord *** sur la soirée du 24 octobre 1829

En 1829, Vigny écrit Le More de Venise, une traduction d’Othello de Shakespeare. Dans la Lettre à Lord *** sur la soirée du 24 octobre 1829, il recommande le mélange des genres, des tons et des styles. 

La pièce n’est ni un scandale, ni un triomphe, mais, comme l’explique Florence Naugrette : « Vigny s’attribuera plus tard le mérite d’avoir ouvert la brèche qui allait permettre à Dumas et Hugo d’entrer dans la place, respectivement avec Henri III et sa cour (1829) et Hernani (1830). » Mlle Mars incarne Desdémone sur la scène du Théâtre-Français. Vigny doit notamment la persuader de prononcer le mot « mouchoir », bien trop prosaïque. Il traduit ensuite Le Marchand de Venise mais la pièce est arrêtée par la censure.

B. Chatterton

C’est un drame en prose et en trois actes. Son titre éponyme, Chatterton, fait référence à l’histoire vraie du poète Chatterton, mort dans la misère à Londres. Il dénonce alors le sort du poète, victime de la société marchande dans laquelle l’art devient une marchandise. 

La pièce est jouée le 12 février 1835 à la Comédie-Française : c’est un succès. Marie Dorval, sa maîtresse, est l’une des plus grandes actrices du mélodrame. Elle y tient le rôle de Kitty Bell. Elle entre au Théâtre-Français en 1833. 

Dans la mise en scène de Chatterton, elle invente un jeu de scène où elle se laisse glisser le long de la rampe d’un escalier monumental et vient mourir sur la dernière marche. Dans « Dernière nuit de travail du 29 au 30 juin 1834 » qui précède le drame, il écrit : « J’ai voulu montrer l’homme spiritualiste étouffé par une société matérialiste, où le calculateur avare exploite sans pitié l’intelligence et le travail. »

Mais un autre Alfred doit aussi être mentionné : il s’agit d’Alfred de Musset.

III. ALFRED DE MUSSET

Musset (1810-1857) écrit La Nuit vénitienne qu’il fait jouer en 1830 au Théâtre de l’Odéon dirigé par François Harel. Celui-ci lui demande une comédie, « la plus neuve et la plus hardie possible ». La pièce, représentée pour la première fois le 1er décembre 1830, est sifflée du début jusqu’à la fin. C’est un échec. Il décide d’arrêter d’écrire pour la scène et publie le recueil Un Spectacle dans un fauteuil, destiné à être lu.

A. On ne badine pas avec l’amour et Les caprices de Marianne

La condition féminine est au cœur de ces deux pièces (rappelons que Musset a vécu avec George Sand). Le Code civil napoléonien réduit les femmes au statut de mineures passant de la tutelle du père à celle du mari. La femme est punie d’adultère sur simple dénonciation contrairement à l’homme qui est puni s’il entretient une maîtresse à domicile (c’est pourquoi Victor Hugo ne vécut jamais avec Juliette Drouet).

Dans la pièce On ne badine pas avec l’amour, Camille et Perdican, cousins, sont promis l’un à l’autre. Mais Camille se méfie de l’infidélité des hommes et se montre distante. Déçu, Perdican courtise une paysanne, Rosette, qui est amoureuse de lui. Alors que Perdican a promis à Rosette de l’épouser, celle-ci, cachée, est témoin d’un entretien entre Perdican et Camille dans lequel il lui déclare son amour. Rosette meurt et Camille dit adieu à Perdican.

Dans Les Caprices de Marianne, le personnage qui donne son nom à la pièce, est marié à un juge. Or, son cousin Octave lui annonce qu’un jeune homme, du nom de Cœlio, est amoureux d’elle mais n’ose lui avouer ses sentiments. Marianne donne un rendez-vous à Octave mais c’est Cœlio qui s’y rend. 

Le mari tend un piège au prétendant de Marianne et Cœlio meurt sous les fenêtres de Marianne. Octave refuse l’amour de sa cousine en lui disant : « Je ne vous aime pas, Marianne ; c’était Cœlio qui vous aimait. »

Le marivaudage (l’usage de paroles raffinées pour séduire) a toujours des conséquences tragiques dans les pièces de Musset.

B. Lorenzaccio

La pièce, écrite en 1834, a été jouée pour la première fois en 1896. Comme Hugo, Musset choisit, dans ce drame romantique, de représenter une autre époque. Il choisit donc l’Italie de 1537 pour représenter à distance la France des années 1830. 

Lorenzo rêve d’assassiner le tyran Alexandre : il réussit mais il est lui-même assassiné par le nouveau Médicis au pouvoir : Côme. À travers la Renaissance des Médicis, Musset parle de la Monarchie de Juillet

Cette pièce ne s’inscrit pas dans la bataille scénique du romantisme car la pièce n’est pas représentée. Théophile Gautier, souhaite que ce ne soit plus un Spectacle dans un fauteuil mais le « Spectacle dans une loge ».

Conclusion

Premièrement, si on compare les différentes pièces du XIXe siècle - Hernani, Lorenzaccio, Les Caprices de Marianne, Chatterton, Ruy Blas - on se rend compte que ce sont des œuvres très différentes : en vers ou en prose, respectant les unités de temps et de lieu ou non… Le drame romantique n’est pas un genre, comme le rappelle Florence Naugrette, contrairement à la comédie, la tragédie, le mélodrame. 

C’est le théâtre écrit par les auteurs romantiques (Musset, Hugo, Dumas, Vigny) et qui emprunte certains éléments à divers genres comme la comédie, la tragédie – qui sont des genres joués sur les scènes officielles – le proverbe (cf. On ne badine pas avec l’amour) ou encore des genres populaires comme le mélodrame, le vaudeville, la féerie. 

Le drame romantique ne s’oppose pas à la littérature classique, bien au contraire ! Victor Hugo a lu et admire Corneille, Shakespeare, Molière. 

Deuxièmement, il ne faut pas réduire le drame romantique à ces deux dates : 1830-1843 (qui correspondent à Hernani et la prétendue chute des Burgraves). Les manuels de la IIIe République ont inventé cette périodisation qui est fausse : c’est un mouvement qui commence bien avant 1830 et qui se poursuit bien après 1843. 

On retient 1830 car la représentation d’Hernani est un événement : la pièce et tout le discours médiatique ont marqué l’histoire littéraire.

LE PETIT + DANS TA COPIE

N’oublie jamais que la pièce est inscrite dans un contexte historique, politique et littéraire : utilise tes connaissances d’histoire littéraire en montrant que d’autres écrivains du XIXe siècle ont fait jouer leurs drames romantiques sur la scène de la Comédie-Française.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Tu peux lire une pièce de Dumas, Musset ou Vigny pour enrichir ta culture littéraire.

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