Les didascalies 1/2 - Hernani - Littérature - Terminale L

Les didascalies 1/2 - Hernani - Littérature - Terminale L

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Cette fiche est la première partie de l'étude sur les didascalies sur Hernani.

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Les didascalies 1/2 - Hernani - Littérature - Terminale L

Le contenu du document

Les didascalies sont des indications scéniques écrites par le dramaturge : elles permettent au lecteur de se représenter l’intrigue et elles servent de guide au metteur en scène dans la représentation d’une pièce. Rares dans le théâtre du XVIIe, on remarque leur importance dans le théâtre romantique. 

Les didascalies peuvent décrire un lieu, un costume, un objet, un geste, un déplacement, l’apparition ou la disparition d’un personnage, l’intonation de la voix du comédien… Dans la marge gauche de ses manuscrits, Victor Hugo avait pour habitude de dessiner des esquisses de décors pour ses pièces. 

Dans Hernani, les didascalies sont nombreuses et précises : elles étaient là pour modérer l’ardeur des décorateurs aimant les décors très chargés et machinés. On peut alors se poser la question suivante : quelles sont les fonctions des didascalies dans Hernani ? Les didascalies n’ont-elles qu’une fonction mimétique ? 

Font-elles avancer l’intrigue ? Peuvent-elles être symboliques ? Dans une première leçon, nous étudierons la fonction informative des didascalies. Puis, nous verrons dans un deuxième temps leur fonction dramatique et enfin la fonction symbolique de celles-ci.

PRÉREQUIS

  • Connaître le rôle des personnages dans la pièce
  • Connaître la réception de la pièce

OBJECTIFS

  • Proposer une réflexion argumentée et illustrée

I. LA FONCTION INFORMATIVE DES DIDASCALIES

A. Recréer l’Espagne du XVIe siècle : les lieux et les costumes de l’intrigue

La didascalie initiale, présentant la liste des personnages, situe l’intrigue en Espagne au XVIe siècle, plus précisément en 1519. Il est intéressant de noter la mention du peuple, insérée dans une énumération et qui clôt la liste des personnages : « Montagnards, seigneurs, soldats, pages, peuple, etc. » 

Le peuple ne joue pas un rôle dans l’intrigue, contrairement au peuple du drame Ruy Blas où le personnage principal est un laquais, c’est-à-dire un homme du peuple.

Chaque acte s’ouvre sur une description du lieu choisi et sur la ville où se passe l’intrigue. Trois actes se déroulent dans la ville espagnole de Sarragosse(1), le troisième acte dans les montagnes d’Aragon et le quatrième acte à Aix-la-Chapelle. Hugo va donc donner une couleur espagnole à sa pièce, comme l’illustre le titre Hernani, venant très certainement d’un village espagnol, Ernani.

REPÈRE (1) : La ville de Zaragoza possède comme orthographe actuelle française Saragosse. Cela dit, au sein d’Hernani, on trouve Sarragosse.

Les lieux mentionnés par les didascalies peuvent ensuite être classés en deux catégories : les lieux intimes et les lieux liés au pouvoir. La scène d’exposition s’ouvre sur un espace intime : « Une chambre à coucher. La nuit. Une lampe sur la table. » Le décor est dépouillé : le lecteur découvre les appartements de doña Sol. 

C’est une exposition in medias res car elle retrouve son amant à qui elle a donné rendez-vous. La nuit connote la transgression, le désir et la sensualité. À l’acte V, la chambre est le lieu fantasmé par les deux amants : Hernani cherche à y entraîner doña Sol mais le couple ne pourra jamais y concrétiser son amour. 

Les actes II et III se déroulent dans le palais et dans le château de Silva. Les didascalies insistent sur la grandeur de ce lieu. On peut citer : « les grands murs du palais » (didascalie initiale de l’acte II), « grande salle, dont ces portraits, entourés de riches broderies et surmontés de couronnes ducales et d’écussons dorés, font la décoration. », didascalie initiale de l’acte III. Les adjectifs insistent sur la richesse associée à la famille De Silva. 

L’adjectif « ducal(2) », récurrent, rappelle le titre de noblesse du duc. Dans l’acte IV, le dramaturge doit donner à voir à son lecteur le tombeau de Charlemagne situé à Aix-la-Chapelle. 

Il décrit avec précision les caveaux, insistant sur les matériaux et sur l’architecture gothique : « De grandes voûtes d’architecture lombarde. Gros piliers bas, pleins-cintres, chapiteaux d’oiseaux et de fleurs. – À droite, le tombeau de Charlemagne, avec une petite porte de bronze, basse et cintrée. Une seule lampe suspendue à une clef de voûte en éclaire l’inscription : KAROLVS MAGNVS. » 

La maquette de Charles-Antoine Cambon pour les représentations de 1867 illustre ces multiples escaliers et les voûtes d’architecture lombarde montrant d’emblée l’importance de la figure de Charlemagne.

REPÈRE (2) : « DON RUY GOMEZ DE SILVA, assis dans son grand fauteuil ducal en bois de chêne. », Acte III, scène 1.

Les didascalies sur les lieux plongent le lecteur dans certains endroits spécifiques, dont particulièrement l’Espagne du XVIe siècle. C’est aussi l’une des fonctions des didascalies mentionnant les costumes.

La première didascalie sur les costumes concerne la duègne, doña Josefa Duarte. On peut lire au début de la scène d’exposition : « en noir, avec le corps de sa jupe cousu de jais, à la mode d’Isabelle la Catholique. » Isabelle la Catholique (1451-1504) a régné avec son époux Ferdinand II de 1474 à sa mort. 

En adoptant cette mode, on voit que Victor Hugo fait référence à l’Histoire espagnole ; mais, il attribue à la vieille duègne un costume démodé contrairement à celui de don Carlos : « Il écarte son manteau et laisse voir un riche costume de velours et de soie, à la mode castillane de 1519. » 

Les didascalies révèlent la noblesse du personnage en insistant sur les matières comme le velours et la soie. Les précisions « à la mode d’Isabelle la Catholique » et « à la mode castillane de 1519 » donnent une couleur locale à la pièce.

B. Créer une atmosphère intime et nocturne

Dès la scène d’exposition, on remarque l’importance de la nuit. En outre, on remarque qu’au début de l’acte II ainsi qu’au début de l’acte IV : « Il est nuit. » L’acte IV conduit le lecteur devant le tombeau de Charlemagne, comparé à un labyrinthe : « l’œil se perd dans les arcades, les escaliers et les piliers qui s’entrecroisent dans l’ombre. »

 Le tombeau peut alors représenter les complots fomentés contre le roi mais aussi les détours que va suivre le roi avant de renaître. On remarque souvent une alliance de l’ombre et de la lumière par exemple dans l’acte IV : « Une seule lampe suspendue » ou encore à l’acte V : « les jets d’eau dans l’ombre, les bosquets avec des lumières […] palais illuminé. »

Les didascalies montrent le goût du dramaturge pour l’union des contraires. On peut alors penser à ce qu’il dit dans la Préface de Cromwell : « Elle [la muse moderne] sentira que tout dans la création n’est pas humainement beau, que le laid y existe à côté du beau, le difforme près du gracieux, le grotesque au revers du sublime, le mal avec le bien, l’ombre avec la lumière. »

Mais les didascalies ont également une fonction dramatique, permettant de faire avancer l’intrigue.

Conclusion

Les didascalies, très présentes dans la pièce, ont donc une fonction informative permettant de situer l’intrigue, de caractériser les personnages et de créer une atmosphère nocturne propice aux dissimulations et aux secrets.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Je te conseille d’apprendre quelques didascalies par cœur : les citations seront valorisées le jour de l’examen.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Je t’invite à lire le drame Ruy Blas de Victor Hugo (1838) qui forme un diptyque comme l’explique le dramaturge dans la Préface : « Dans Hernani, le soleil de la maison d’Autriche se lève ; dans Ruy Blas, il se couche. » En effet, certaines didascalies entrent en écho avec celles d’Hernani comme la didascalie « rêvant » qui est associée dans Ruy Blas au personnage de la reine.

Fin de l'extrait

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