Les Faux Monnayeurs : La pension Azaïs - Littérature - Terminale L

Les Faux Monnayeurs : La pension Azaïs - Littérature - Terminale L

Nous mettons à votre disposition ce cours de Littérature, rédigé par notre professeur, sur la pension Azaïs dans Les Faux Monnayeurs d'André Gide.

Au cœur d’un roman d’apprentissage, la pension Azaïs où l’on se fait fort de former les jeunes gens capte dans ses murs la quasi-totalité des enfants et des adolescents du roman. Paradoxalement, elle apparaît comme un lieu malsain à la réputation usurpée. Nous verrons ici qu’il s’agit d’un lieu qui favorise la duplicité et la théâtralité quand elle ne l’impose pas mais également d’un lieu où l’on a la sensation d’étouffer.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de Littérature pour le Bac L sur la pension Azaïs dans Les Faux Monnayeurs.

Les Faux Monnayeurs : La pension Azaïs - Littérature - Terminale L

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Les renvois de pages sont à référer à l'édition FolioPlus Classiques

Un lieu qui favorise la duplicité et la théâtralité quand elle ne l’impose pas

A. L’incarnation de la jobarderie (I-12 -P. 118 + 260) comme Gide emploie ce terme repris par Pierre Masson dans son étude Lire Les Faux-Monnayeurs : A savoir la niaiserie idéalisante qui se garde bien d’envisager les réalités déplaisantes qui pourraient apporter un quelconque démenti à ses certitudes invétérée (radicalement et définitivement ancrées et établies)

  • A travers Édouard, Gide règle ses comptes avec son éducation puritaine (le protestantisme rigoureux) P. 398, III-16

I-12, P.112 = Satire (ironie critique qui consiste à dénoncer une autorité morale usurpée et injustifiée de la part d’une institution ou d’une personne)

I-12 -P. 118 – Édouard dénonce l’aveuglement qui s’associe inéluctablement à la dévotion (pratique religieuse intense qui régit tous les instants de la vie des personnages) religieuse

3 anecdotes qui illustrent la jobarderie du vieil Azaïs :

  • La rosette de Georges, insigne de la confrérie des jeunes clients de prostituées, interprétée au rebours de ce qu’elle signifie : une légion d’honneur de l’effort vers la vertu. I-12 -P.119
  • Bernard « petit soldat du Christ (III-2, P .259)
  • Laura enceinte (III-2, P .260)

B. Une jobarderie qui lui permet de garder un contrôle de patriarche (quand l’autorité morale tire sa force de l’âge vénérable) sur son entourage :

  • Le vieil Azaïs règne en patriarche sur la pension depuis les étages supérieurs de l’édifice qui lui permettent de superviser les activités des pensionnaires et des résidents (P. 116 – I-11)

I-12, P. 117 Édouard qui se garde de juger Azaïs dénonce pourtant la théâtralité et l’imposture qu’il impose à un entourage lequel n’ose détromper un vieil homme respecté qui se donne pour un idéaliste de la nature humaine.

  • Au lecteur de se demander si ce n’est pas une comédie de la part d’Azaïs pour garder le pouvoir et se refuser à abdiquer son rôle de patriarche qu’il a symboliquement renforcé en déménageant vers les étages supérieurs de la pension pour laisser les étages intermédiaires à son gendre et à sa fille.
  • C’est lui qui prononce la bénédiction de mariage de Laura et Douviers – C’est lui qui prononce devant les élèves les discours de rentrée
  • Prosper Vedel, autre jobard pour qui la Providence divine pourvoit à régler tous les soucis même ceux du quotidien, ce qui lui permet d’abdiquer toute responsabilité envers son entourage (III-2, P.262, P.266 et P. 267 / P 306, II-7 ) apparaît comme un personnage en fuite, toujours débordé et indisponible ( III-2, P.261)

Ce faisant, il ne fait pas d’ombre à son beau-père et ne lui réclame pas de part d’autorité morale : raison peut-être de cette fuite perpétuelle.


La pension Azaïs : un lieu où par conséquent l’on étouffe : il voue à l’asphyxie morale ses résidents

Le manque d’air comme métaphore de l’asphyxie morale des résidents

  • Protestation d’Olivier le Catholique (P. 111, I-12)
  • (I-12, P. 117) Les Chrysanthèmes : ce qu’en dit Azaïs, et ce qu’en voit Eduardo
  • Commentaire sans appel du narrateur : la pension Azaïs est toxique pour ses résidents et c’est une erreur et une faute majeure de la part d’Édouard d’y envoyer Boris
  • Bernard résident : (III-9) P. 330 – L’échappatoire comme dans l’incipit : le jardin public du Luxembourg
  • La jobardise comme seule issue à l’asphyxie morale (P. 299, III-6)


Armand où la victime complaisante malgré sa protestation

  • Chambre minable et malpropre, sans aération où il se complaît, caractérisée par le manque d’air. (P. 304 -II-7)
  • (P. 267, III-2) Se plaint d’étouffer mais ne fait rien pour s’arracher à ce lieu : sa mère confie à Édouard qu’il n’est pas sorti de la pension de tout l’été (Contraste La Corse d’Olivier et la Suisse de Bernard) (III-2, P.263)
  • Armand ou le dégoût de soi-même : « le vase nocturne » (pot de chambre) le poème qu’il a écrit et l’objet auquel il prétend s’identifier (III-7, P. 307)
  • Hypothèque parentale sur ce fils unique : la vocation de pasteur lui manque et il ne sait pas s’y soustraire : l’ironie dont il fait preuve pour évoquer la macération (châtier son corps quand on pratique une foi religieuse extrême) dont il fait état pour expliquer qu’il s’accommode de sa chambre est donc vraisemblablement en partie un aveu (P. 306, III -7)
  • Son comportement provocateur et rebelle ne s’accompagne d’aucune tentative d’émancipation : il ne quittera pas la pension Azaïs (= Un faux-monnayeur)
  • Armand tué moralement et Boris physiquement.


Un lieu où règne la cupidité même s’il prétend à l’ambition louable de former la jeunesse

Aider le Vieux Lapérouse sous couvert de charité chrétienne

  • (P. 258, III-2) La fausse-monnaie des bons sentiments affichés : le loyer donné comme question secondaire et seulement pour ménager l’amour-propre de Lapérouse
  • (P. 267 , III-2) Armand révèle le revers de la médaille : charité bien ordonnée commence par soi-même


Fermer les yeux sur la triviale question de l’argent mais monnayer les lieux

  • (P. 262, III-2) Mélanie Vedel la joue grand dame et s’en remet en tout égoïsme à Rachel pour la gestion des finances
  • Strouvilhou du temps où il était pensionnaire toléré malgré ses provocations parce qu’il paye ( P. 13,I-12)
  • La meilleure chambre de la pension accordée à la correspondante anglaise mais qu’elle partage avec Sarah parce qu’elle ne paie pas assez. ( P. 116, I-12)
  • (P . 397, III-16) Armand dénonce la cupidité sous des dehors désintéressés de la pension Azaïs
Fin de l'extrait

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