Les liens familiaux dans La Princesse de Montpensier (Partie 2) : Que conclure de la thématique du mariage ? - Littérature - Bac L

Les liens familiaux dans La Princesse de Montpensier (Partie 2) : Que conclure de la thématique du mariage ? - Littérature - Bac L

Retrouve le cours de Littérature Terminale L sur les liens familiaux dans La Princesse de Montpensier.

Dans cette leçon nous présenterons après une courte introduction les thématiques du mariage abordées par Madame de Lafayette l'auteure de l'oeuvre La Princesse de Montpensier.

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Les liens familiaux dans La Princesse de Montpensier (Partie 2) : Que conclure de la thématique du mariage ? - Littérature - Bac L

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Introduction

Dans l'étude de La Princesse de Montpensier, on se rend vite compte qu'il y a des motifs qui parsèment le livre constamment et en deviennent une toile de fond. Ainsi, la thématique guerrière est toujours présente. Outre cette dernière, on remarque que celles des unions matrimoniales occupe aussi une place particulière. Dans ce cours, il s'agira d'étudier (majoritairement) un tel fait afin de faire un bilan des divers liens qui unissent les familles de la cour mais aussi en étudier l'intérêt. Ce cours sera divisé en deux parties. La première a fait état des divers liens familiaux qu'il y a entre les maisons tandis que la deuxième se concentrera sur l'intérêt de la thématique du mariage. On parlera alors de marchandisation du mariage, de stratégie, d'échec, de vraisemblable ...

I. Mariage et stratégie.

A. Un marché.

En s'attardant particulièrement sur le mariage de Mademoiselle de Mézières, Bertrand Tavernier enseigne à quel point le mariage n'était pas réalisé par amour mais résultait plutôt d'une stratégie. Notamment, ce sont les personnages des pères de Marie et de Philippe qui incarnent la stratégie et la marchandisation que représentent les liens du mariage. Le père de Philippe est plus entreprenant que l'autre mais tous deux sont, en effet, impliqués dans la négociation du mariage. Le père de Marie était d'abord douteux et voulait tenir sa promesse vis-à-vis des Guise. Mais, les hésitations de ce dernier s'envolent quand le père de Philippe lui propose des arrangements quant à des terres qu'ils se disputent ainsi que le fait de parler en bien de lui auprès de la reine. Alors que le père de Marie parlait d'abord de promesse qu'il ne pouvait pas rompre et d'inclination de sa fille, il finit par se ranger, lui aussi, du côté de la stratégie. Dans le film, tout le passage lié au mariage des deux jeunes gens est ombragé par la métaphore de la vente. Ainsi, pour justifier la présence de son fils, le père de Philippe dit : « Puisque je vous le vends, je vous le montre. » En outre, comme le souligne très bien le cardinal de Lorraine, la discussion est passé du vin à l'héritière. On a tout comme l'impression qu'il glisse, par ses paroles, un message au spectateur : du vin à l'héritière. D'un produit à un autre, en somme ! Cette marchandisation des enfants, on la retrouve aussi lors du repas de noces, où les deux pères, comme des patrons, parlent uniquement de nourriture, comme s'il s'agissait ici encore de vendre, sans prendre en compte l'avis de personne, un autre produit : les anguilles. Plus tard encore, on retrouve ces deux patrons attendant que le produit soit consommé pour connaître sa validité. Marie a bien saigné. La preuve de sa virginité est attestée. Le produit est valable. Tout est en bonne et due forme. Il est temps de se serrer les mains pour honorer la fin de la transaction (voir scène). 

B. Stratégie politique.

Aux avantages mercantiles que Madame de Lafayette présentait dès les premières pages de son œuvre (« héritière très considérable et par ses grands biens ») et qu'on retrouve dans les mariages, il faut ajouter les profits politiques que les maisons peuvent tirer des mariages. Ainsi, comme on en a déjà parlé lors de l'étude de la famille royale, certaines unions ont uniquement des visées diplomatiques. Ainsi, Marguerite de Valois est mariée à Henri de Navarre pour la paix. Et, il est aussi suggéré que le mariage de mademoiselle de Mézières répond à des enjeux diplomatiques. Dans la nouvelle, le narrateur précise que la maison de Bourbon ne pouvait se résoudre à laisser celle de Guise profiter d'un mariage si avantageux. Dans le film, le cardinal de Lorraine évoque la coïncidence qu'il y a entre les commandes de vin du duc de Montpensier et l'intérêt « soudain » qu'il porte à Marie. Derrière cet adverbe de temps (« soudain »), on peut penser que le cardinal explique, avec ironie, que c'est sûrement pour une raison particulière que cet intérêt se manifeste à présent alors qu'il aurait pu être dévoilé bien plus tôt. On dirait que le cardinal fait référence, de façon implicite, aux propos du narrateur de la nouvelle : c'est bien une concurrence de maisons qui a poussé la maison de Bourbon à marier Philippe à Marie. D'ailleurs, le film montre très bien à quel point le père de Philippe n'a pas l'air de porter dans son cœur la famille de Guise. D'après lui, c'est une famille d'étrangers ambitieux. Et, une telle opinion est sûrement liée au contexte diplomatique dans lequel ils vivent.

II. Mariage et échec.

A. Échec amoureux.

Il y a un premier bilan que l'on peut tirer au sujet des mariages dans la nouvelle. Le mariage semble, en général, lié à l'échec ou du moins n'est pas associé à l'épanouissement amoureux et pas toujours à la réussite sociale. Dès le début de l'œuvre, c'est sous le signe de l'échec qu'est placé la première union qui est évoquée dès la première page de l'œuvre : celle du duc de Maine à Marie de Mézières. Ensuite, l'échec de l'amour matrimonial est incarné par le mariage du prince et de la princesse qui ne connaîtra que très peu de bons auspices ; ce que Bertrand Tavernier démontre d'ailleurs puisqu'à peine les époux de Montpensier ont-ils profité d'une nuit d'amour que les duc d'Anjou et de Guise arrivent dans leurs terres pour semer le désordre.

Du côté de Guise, dans la nouvelle, l'échec de l'amour au sein du mariage est aussi présent puisqu'il finit par éprouver de la passion pour ce qui, visiblement, est une maîtresse (dans la nouvelle).

B. Échec politique.

L'échec, on le retrouve encore du côté des Guise puisque ce dernier n'épouse finalement pas la sœur du roi, menant d'ailleurs à un autre échec : politique cette fois-ci. En effet, n'épousant pas Marguerite de Valois, cette dernière peut entrevoir un mariage pour la paix avec Henri de Navarre. Or, cette paix ne sera pas entière et la Saint-Barthélemy éclatera ; plongeant les apparents desseins diplomatiques dans l'échec.

C. Bilan

On en conclut alors qu'on est face à un tableau amoureux compliqué presque tragique où quasiment tout amour, qu'il soit socialement accepté ou secrètement passionné, ne mène pas à la réussite. Seul le duc de Guise semble tirer quelque chose de ce côté. Comme nous l'avons déjà dit dans un cours analysant la fin de la nouvelle : il est le vainqueur de tout. Au-delà d'une peinture du sentiment, il faut voir, dans les unions familiales, une peinture de la société, où l'opportunisme est au centre de tout (on rappelle : « la maison de Bourbon, qui ne pouvait voir qu'avec envie l'élévation de celle de Guise, s'apercevant de l'avantage qu'elle recevrait de ce mariage, se résolut de le lui ôter. ») et lorsqu'il est bien conduit mène à la victoire.

III. Intérêts et organisation d'un récit.

A. Impression de réel.

1. Le film.

L'évocation des personnages.

Si le film pourrait être qualifié d'historique, il faut aussi entendre quelque peu qu'il est réaliste. Ce que nous voulons dire est que, s'il se détache parfois des événements qui se sont réellement produits pour glisser du côté de la fiction, il se doit néanmoins toujours d'être vraisemblable, c'est-à-dire d'être très ressemblant au vrai. Ainsi, les diverses unions évoquées ont notamment pour but de montrer une réalité qui aurait pu être. Bien que, comme nous en avons parlé dans la première partie de ce cours, l'union de Philippe de Montpensier et Marie de Mézières ne se soit pas réellement produite, elle démontre dans tous les cas des vérités sociétales relatives au XVI è siècle. En quelques sortes, mêler unions réelles et unions fictives revient à glisser, sur un même plan, les événements historiques et les événements fictionnels : chaque union évoquée est crédible (on peut y croire).

Mariage et reportage : expositions de coutumes.

Dans le film, qui apporte plus d'éléments fictifs en ce qu'il étoffe les événements et les personnages de la nouvelle, il y a néanmoins un incroyable effort de réalisme. Ce pourquoi, il est difficile de dire que le fictionnel nuit au réalisme. Pour Bertrand Tavernier, la thématique du mariage permet de montrer les coutumes qui sont liées aux noces. Ainsi, comme nous l'avons évoqué en parlant déjà du mariage du prince à la princesse, nous voyons comment se déroulaient les festivités liées aux noces. De la même façon, les noces de Charles IX, bien qu'on ne verra pas ces dernières, nous permettront d'accéder aux coutumes de la cour, qui se déguise en « maures » à l'occasion des célébrations liées à l'union du roi.

2. La nouvelle.

Comme nous l'avons démontré dans la première partie de cours, toutes les unions évoquées dans l'ouvrage se sont effectivement produites. En effet, puisque Madame de Lafayette n'introduit pas de prénoms dans son ouvrage, nous sommes libres d'imaginer que le prince de Montpensier fait référence à François de Montpensier, homme ayant été marié à Renée d'Anjou, marquise de Mézières. Dans ce cas, l'évocation des personnages et de leur quotidien à la cour prend presque des allures de reportage.

B. Motivateur narratif.

Certains mariages revêtent un intérêt narratif évident. Par exemple, dans le film, le mariage de la princesse au prince, n'appartenant pas à la réalité historique, semble se ranger uniquement du côté du récit. Son intérêt, on le comprend, est d'être le nœud d'une intrigue amoureuse qui permet aussi d'introduire des éléments liés à réalité historique. Il en est de même pour la relation amoureuse entre la princesse et Henri de Guise. Or, pour qu'un élément permette à la fiction d'avancer, il ne doit pas être forcément fictif. En effet, il faut alors penser au mariage du roi Charles IX, qui s'est réellement produit et qui, après celui du prince de Montpensier, semble être l'union qui fasse avancer le plus l'intrigue. A vrai dire, ce mariage est un motivateur de récit. Il est un élément qui pourrait passer pour anodin mais qui permet de faire découler des étapes de l'intrigue qui mènent au bon déroulement de cette dernière. C'est bien le mariage de Charles IX qui permet au bal de se produire et de donner à l'intrigue un autre tournant, aussi bien dans le film que dans la nouvelle. De façon moins importante mais certes notable, bien qu'il appartienne à la réalité historique, la mention du mariage du duc de Montpensier à Mlle de Guise permet de justifier un rapprochement de Marie et Henri. C'est là que réside le coup de maître de Madame de Lafayette qui est capable de créer à partir de la réalité tout en s'en détachant quelque peu parfois, sans perdre pour autant en crédibilité. Elle connaît tellement bien le fonctionnement de la société et l'histoire de la cour qu'elle peut se permettre de fictionner cette dernière, sans jamais commettre de barbaries, c'est-à-dire de commentaires qui vont à l'encontre de la vraisemblance. Son coup de maître réside dans la capacité de manipuler le réel pour amener à une conclusion (fictive) qui paraît tout à la fois véridique et vraisemblable. Quant à Bertrand Tavernier, on peut parfois avoir l'impression qu'il réalise quelques changements aux allures d'anachronismes, notamment quant à la lucidité des femmes sur leur condition. Néanmoins, plus que quelque chose de non crédible, il s'agit d'une impression de légère modernité.

Conclusion

La thématique du mariage permet de mettre sur un même plan la diplomatie politique et celle du cœur. En effet, aux stratégies politiques se mêlent celles de l'amour puisque, pour aimer, il faut le faire en dehors du mariage et à l'aide de la ruse. Le fait que la passion ne soit pas possible au sein du lien matrimonial est assumé. Les mariages ne sont que peu de fois d'amour et servent les divers intérêts des maisons et des royaumes. La passion hors-mariage est une thématique ancrée dans la littérature depuis plusieurs siècles. Ainsi, Lancelot, Guenièvre, Tristan et Yseult devaient se cacher de leurs conjoints pour s'aimer en secret. Certains récits précédant celui de Madame de Lafayette ont déjà démontré qu'il fallait néanmoins se méfier de la passion aveugle, qui pousse à s'aimer en trahissant son époux et parfois même sa nation. En effet, qu'il y ait quelque chose de poétique derrière l'amour contrôlé de Chabannes est certain. Mais, si le mariage du prince et de la princesse est un échec c'est car la passion l'emporte sur la raison, retranchant le prince dans sa jalousie et poussant la princesse à aller trop loin. Elle fait venir son amant dans la demeure qu'elle partage avec son époux. En outre, elle a oublié de se méfier des jeux de stratégies qui parsèment la cour, bien que Bertrand Tavernier lui fasse dire qu'elle est au courant des « intrigues » qu'on y trouve. Son amant la délaisse sur un paysage de Saint-Barthélemy. Un tel parallèle nous invite à comprendre qu'en amour comme en diplomatie, il faut être prudent et faire preuve de mesure. Derrière ce massacre se cache des maris jaloux, comme le prince de Montpensier, se réjouissant de la mort d'un ami, et des amants opportunistes, faisant preuve d'ambition. Bien que l'œuvre de madame de Lafayette invite à condamner le comportement de la princesse, force est de constater que les femmes ne sont pas les seules coupables. Au-delà d'une volonté de montrer l'Histoire et d'être réaliste, la nouvelle et le film nous invitent à voir derrière les liens familiaux, les mariages et les ambitions des maisons, une critique des mœurs non galantes passionnées et individualistes.

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