Les thèmes dans Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

Les thèmes dans Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

digiSchool vous propose une fiche de révision de Littérature de Terminale L, sur les thèmes abordés dans "Les Faux-Monnayeurs". 

Dans cette oeuvre, vous retrouverez les thèmes de l'amitié (et de l'amour), mais aussi de l'argent. Ce dernier a une place puissante dans ce livre, puisqu'il constitue sa morale. Enfin, le thème des femmes, de manière négative, est également developpé.

Téléchargez gratuitement ce cours de Littérature de Terminale Littéraire.

Les thèmes dans Les Faux-Monnayeurs - Littérature - Terminale L

Le contenu du document

 

L’AMITIÉ

L’amour et l’amitié, qui occupent une place prépondérante dans Les Faux-Monnayeurs, sont :

- Au premier abord, liés à des sentiments positifs comme la joie, le bonheur et l’exaltation. 

Par exemple lorsqu’Olivier s’installe chez Édouard après sa tentative de suicide ou lorsque Bernard trouve auprès de Laura une échappatoire au mépris de soi.

 

Mais ces sentiments ne peuvent durer. Ils sont très limités dans le temps et sont aussi vifs que brefs. Tous les instants de plaisir sont fugaces : Bernard quitte Sarah après leur nuit d’amour sans même un adieu. Les paroles d’Olivier qui « comprenait qu’on se tuât, mais seulement après avoir atteint un tel sommet de joie, que l’on ne puisse, après, que redescendre » vont jusqu’à signifier qu’un excès de joie peut mener à la mort. 

 

Les sentiments positifs ne peuvent être vécus que sur le mode de la frustration parce qu’ils sont éphémères, mais aussi parce qu’ils sont inexprimables à cause de l’orgueil et de la pudeur qui font des échanges affectifs une longue suite de malentendus : Édouard et Olivier ressentent une joie immense de se revoir à la gare Saint-Lazare, mais ils ne parviennent pas à l’exprimer, ce qui fait que leurs retrouvailles se passent dans la gêne et le silence ; Bernard éprouve de la sympathie à la vue d’un camarade en deuil et, alors qu’il aimerait la lui communiquer, il se retient, ce qui a pour conséquence que ledit camarade interprète son attitude comme une marque de mépris.

 

Par conséquent, Gide envisage tous les types de relation comme des échecs permanents :

Aucun couple ne résiste au temps. L’amour conjugal est présenté comme une illusion : Laura et Édouard, Laura et Vincent, Lilian et Vincent sont des exemples de cette débâcle sentimentale. Quant au couple La Pérouse, il n’a abouti qu’à la haine et à l’incompréhension. Pauline s’est mariée par erreur. Laura a épousé Félix par intérêt.

 

Les liens du sang et l’amour filial se définissent par l’hostilité, l’agressivité ou l’indifférence. Il est significatif que le fils préféré de Profitendieu soit Bernard puisqu’aucun lien sanguin ne les unit.

 

Les amitiés sont superficielles ou intéressées et chacun finit toujours seul avec lui-même. Laura, par exemple, a beau être très entourée par sa famille et ses amis, elle doit pourtant recourir à Édouard lorsqu’elle se trouve vraiment en difficulté et celui-ci ne lui offre qu’un secours provisoire.

 

Le roman est de surcroit dominé par les sentiments négatifs que sont le mépris de soi (Boris s’estime impur) et des autres (le cynisme du comte de Passavant et d’Armand), l’ennui et la lassitude (Vincent sombre dans l’ennui auprès de Lilian). Le tout finit dans la haine (la « Confrérie des Hommes forts » exerce une haine gratuite et cruelle envers Boris).

 

Cet échec radical des relations témoigne d’une condition humaine vouée à la solitude. La sincérité et la transparence entre les êtres n’existent pas.

Pourtant, André Gide voit dans l’amitié un atout pour la formation lorsque l’ami incarne une figure paternelle. En tant qu’élément formateur de l'identité, l’amitié peut alors devenir une valeur pleinement positive. C’est un palliatif des défaillances de la cellule familiale : derrière l’ami se trouve l’image du père et de la mère. Laura, par exemple, s’imagine en sœur ainée pour Bernard, et Olivier fait jouer le rôle de père alternativement à Bernard, Passavant et Édouard.

 

L’amitié est dite socratique lorsqu’elle unit un adulte et un adolescent. Édouard forme l’intelligence et la sensibilité d’Olivier, il est comme son précepteur qui remplace un père désintéressé. Leur relation est perçue comme un idéal. L’éducation qu’il donne à l’adolescent a une dimension morale, elle lui permet d’être protégé des mauvaises et pernicieuses influences (de dénoncer les amitiés qui sont des outils de manipulation), et le rend meilleur. La réciproque est vraie également puisque la présence d’Olivier permet à Édouard d’écrire trente pages d’un coup de son roman dont le travail est orienté positivement grâce aux remarques judicieuses de l’adolescent. Ce type d’amitié-là est un sauvetage moral de la corruption, du désespoir et de la stérilité.

 

En somme, l’écrivain propose une vision très personnelle du thème de l’amitié. Elle est problématique en raison de la confusion des sentiments d’amour et d’amitié, et de l’impossibilité de la sincérité, mais demeure un idéal de formation de type pédérastique qui mêle la jouissance des sens aux plaisirs de l’esprit. 

 

L’ARGENT

L’importance que l’argent revêt se trouve soulignée dès le titre du livre. Il acquiert dans le roman une puissance symbolique à partir de laquelle l’auteur développe une morale. La monnaie symbolise ce qui s’échange, elle est donc la métaphore de l’intersubjectivité et des rapports humains.

 

L'argent est tout d'abord au cœur de la vie des personnages. L’auteur dépeint les situations financières de ses personnages et les difficultés pécuniaires qu’ils rencontrent :

 

  • Oscar Molinier ne gagne pas suffisamment d’argent pour tenir son rang ; Profitendieu, en tant qu’héritier, se trouve à l’aise ; 
  • ➢ Vincent voit son argent fluctuer au fur et à mesure qu’il le joue, 
  • La majorité des protagonistes se situe dans la classe aristocratique ou bourgeoise, et les manques financiers sont de nature circonstancielle et occasionnelle. 
  • Seuls La Pérouse et la famille Vedel-Azaïs s'avèrent réellement dans le besoin. L’argent est le plus souvent possédé. 
  • Notons que les rentiers jouent leur argent (comme Lilian et Passavant qui parient), ce qui dénote un certain cynisme, ou l’offrent (Édouard à Laura), mais la générosité est plus proche de la manipulation puisque les rentiers sont les maitres du jeu.

 

 

L’argent crée l’intrigue et commande les rapports entre les personnages. C’est le manque d’argent qui fait de Bernard un vagabond, un aventurier et donc du récit un roman d’apprentissage. Dans sa quête de liberté et d’authenticité, Bernard se débarrasse des quelques sous qu’il a en poche. Ce geste fait penser à la volonté d’austérité de saint Bernard. La possession de l’argent est alors connotée comme le signe de l’inauthentique et peut-être du mal. Il apparait d’ailleurs comme un principe démoniaque (manipulation et cynisme des rentiers) : Lilian propose à Vincent de lui donner tout ce qu’il désire s’il vit avec elle et Édouard s’acquitte des sentiments qu’éprouve Laura pour lui en l’aidant financièrement. Ainsi l’argent remplace l’amour. Il signale un univers gouverné par la fausseté, l’hypocrisie et l’inauthentique. L’argent est un symbole moral qui renvoie à la problématique de la fausse monnaie.

 

La littérature a elle aussi partie liée avec l'argent. Édouard et Passavant sont tous deux à la fois rentiers, manipulateurs et écrivains. 

Gide chercherait donc à démontrer que tout romancier est un manipulateur et que la littérature est fausse monnaie par essence. 

 

L’écrivain aurait pour seul souci d’être aimé de son public et développerait par là toute une série de procédés convenus dans le seul but de répondre précisément à ses attentes. Passavant n’écrit que pour plaire et s’adapte à toutes les modes. La mauvaise littérature est aux antipodes de la création authentique et est celle qui rencontre le plus de succès. Gide aspire à une création sincère, indifférente aux modes et aux consécrations, née d’une exigence intime.

 

Enfin, l'argent est un symbole de la crise des valeurs. La fausse monnaie en tant que symbole de l’hypocrisie ne concerne pas que la littérature, elle s’étend à tous les domaines des relations sociales, à tous les comportements et à toutes les idéologies. Le roman regorge de mots tels que « valeur », « calcul », « intérêt », « prêt », « crédit », qui attestent du réseau métaphorique emprunté au monde des finances. La monnaie, dans les années qui suivent immédiatement la Première Guerre mondiale, est atteinte de relativité ; le franc-or a perdu sa valeur jusque-là constante, tout comme les valeurs de paternité, de langage, d’amour, dorénavant réglées par l’échange.

 

L’œuvre est nostalgique d’un monde stable fondé sur un référent immuable. La valeur n’a plus rien d’absolu, elle varie en fonction de l’usage et du point de vue de chacun. Il y a à s’adapter à la relativité des valeurs après cette perte de repères moraux, politiques et religieux.

Gide entre par là dans la tradition moraliste française qui pense la société entrée dans le monde post-nietzschéen de la mort de Dieu (c'est-à-dire que la société ne fonde plus son code moral sur les principes divins).

 

LES FEMMES

Le roman fait l’éloge de la relation homosexuelle masculine. Par conséquent, les personnages féminins occupent une place secondaire, et leurs représentations sont assez négatives :

 

 

  • Les mères : Marguerite a un fils adultérin et finira par quitter son mari parce qu’elle étouffe dans ce monde bourgeois, tandis que Pauline est totalement dévouée à ses enfants et leur cache les frasques adultères de son mari telle un parangon de vertu ;
  • Les filles : Sarah est une jeune femme dévergondée avide de liberté alors que sa sœur Rachel se sacrifie à sa famille. Soumise et résignée, c’est sur elle que repose la gestion de la pension ;
  • Les jeunes femmes : Mal mariée et femme adultère, Laura rejoint pourtant son mari et s’oppose à Lilian Griffith qui a abandonné le sien, préférant jouer les femmes fatales.

 

 

Ainsi, les femmes fonctionnent par couples antithétiques, mais elles ont toutes pour point commun leur incapacité à rendre un homme heureux et épanoui. Les rôles qu’elles jouent pour ces derniers se révèlent toujours des échecs :

 

 

  • L’éducation des enfants est ratée. Marguerite a fait de son fils un bâtard et Laura, enceinte de Vincent et mariée à Félix Douviers, est sur le même chemin. Quant à Pauline, elle laisse l’éducation de à Édouard. L’enfant paie les faiblesses féminines ;
  • Les maitresses poussent à la perte leurs amants.  Vincent, à cause de Lilian dont il est fou d’amour et de haine, se retrouve dément en Afrique alors qu’il était promis à une carrière importante. Les femmes apparaissent comme un instrument de destruction pour l’homme ou alors comme de simples objets sexuels dans le cas des maitresses des jeunes gens.

 

 

En règle générale, les personnages féminins sont traités avec beaucoup d’ironie. Elles ne sont jamais l’objet de louanges et lorsqu’elles le sont, le lecteur n’est pas certain qu’il ne s’agisse pas là d’une simple moquerie des lieux communs liés à la femme. Édouard parle par exemple de « l’admirable propension au dévouement, chez la femme ». De même, la perversité de la femme fatale qu’est Lilian ou l’extrême dévouement de Rachel renvoient tous deux à des stéréotypes romanesques usés.

 

Dans les Faux-Monnayeurs, la femme est inapte à l’éducation, à l’amour et à la sagesse. C’est une œuvre plutôt misogyne

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Les avis sur ce document

Josephine59
20/20

Document très utile, détaillé et complet. J'ai eu les informations que je cherchais et même des complémentarités merci

par - le 21/11/2017
olivia76111o
20/20

Document très utile, détaillé et complet. J'ai eu les informations que je cherchais et même des complémentarités merci

par - le 07/06/2017
emmapyt
20/20

Document très utile, détaillé et complet. J'ai eu les informations que je cherchais et même des complémentarités merci

par - le 18/01/2017

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac L le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac L

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac L

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?