LPM : Le massacre de la Saint Barthélémy - Littérature - Terminale L

LPM : Le massacre de la Saint Barthélémy - Littérature - Terminale L

digiSchool Bac L vous propose ce cours de Littérature, rédigé par notre professeur, qui abordera le massacre de la Saint Barthélémy dans le cadre de l'étude de La Princesse de Montpensier.

L'objectif de ce cours de Littérature est de comprendre un fait historique évoqué dans la nouvelle et le film La Princesse de Montpensier, de savoir les contextualier, mais aussi de mieux appréhender la représentation cinématographique du massacre de la Saint Barthélémy, et enfin, de mieux situer les personnages de La Princesse de Montpensier dans la réalité historique.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de Littérature niveau Terminale L sur le massacre de la Saint Barthélémy dans La Princesse de Montpensier.

LPM : Le massacre de la Saint Barthélémy - Littérature - Terminale L

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Le massacre de la Saint Barthélemy est un événement historique s'étant produit le 24 août 1572. D'un point de vue mondial, cette date est connue comme l'un des symboles les plus marquants du fanatisme religieux. En effet, il s'agit d'un massacre de protestants opéré par des catholiques. Étant donné qu'un tel événement est évoqué dans le film et la nouvelle, il s'agit de l'étudier.

Prérequis

Il est bon d'avoir des notions quant aux différentes religions qui ont marqué l'Histoire de France, notamment au siècle nous concernant. Aussi, connaître les différents personnages historiques de la période étudiée pourra aider à comprendre les diverses remarques que nous allons établir.

Objectifs

  • Comprendre un fait historique évoqué dans la nouvelle et le film.
  • Savoir contextualiser la nouvelle et le film.
  • Mieux appréhender la représentation cinématographique de cet événement.
  • Mieux situer les personnages des œuvres dans la réalité historique.

I. La scène diplomatique d'Août 1575

1. Les guerres de religion (présentation générale)

Le XVIe siècle connaît la Renaissance, une redécouverte des textes de notre culture à la fois due à la lecture d'anciens textes antiques mais aussi à un nouveau rapport au livre de par l'invention de l'imprimerie par Gutenberg. Ce nouveau rapport au texte amène les intellectuels à réviser certains points culturels fondateurs de notre culture. Des douteurs émergent et remettent en cause certaines vérités. Ce doute intellectuel s'exporte à la sphère religieuse. Certaines autorités, comme l'Église catholique romaine, sont remises en cause. Émergent alors les catholiques évangéliques qui ne veulent pas rompre avec l'église catholique romaine, mais qui néanmoins critiquent certaines pratiques de l'Église. Petit à petit, prennent de l'importance les idées du théologien allemand Luther ainsi que du théologien français Calvin. Ils seront les penseurs du protestantisme, c'est-à-dire de l'Église réformée. Il s'agit bien d'une nouvelle branche du christianisme. Assez vite, la cohabitation entre les fidèles de l'Église réformée et ceux de la catholique romaine n'est plus envisageable. Les conflits s'intensifient après la mort d'Henri II, décédé suite à un accident de joute lors d'un tournoi. Ses fils, François II et Charles IX, lui succèdent, chaperonnés par leur mère Catherine de Médicis. Des familles nobiliaires importantes tentent de profiter de la jeunesse des rois pour influer sur leurs décisions. Notamment, on trouvera la maison des Bourbon avec Antoine de Bourbon, alternant entre le protestantisme et le catholicisme ; posture qui l'éloignera de sa femme et aura un impact sur son fils, Henri de Navarre. L'une des maisons importantes de cette période est celle des Guise, partisan fort dans la défense du catholicisme, incarnée notamment par la femme de François II (Marie Stuart), Henri de Guise et le Cardinal de Lorraine. Ses familles se disputant le pouvoir et le peuple se divisant, éclatent alors les guerres de religion qui dureront environ trente-cinq ans. Elles sont marquées par une huitaine de périodes et des temps de paix ponctuels.

2. Le mariage de Marguerite de Valois

En 1572, alors que le roi Charles IX règne, se planifie divers mariages entre les descendants des Valois-Médicis et diverses figures royales, dans le but de planifier la paix. Dans une telle optique, les Valois-Médicis planifient de marier l'une des leurs, l'une des filles d'Henri II et Catherine de Médicis : Marguerite de Valois. Elle doit s'unir à l'un des princes de sang (éligible au trône) : Henri de Navarre, le fils d'Antoine de Bourbon et de la protestante Jeanne d'Albert. Ce mariage est évoqué dans la nouvelle lorsque le duc d'Anjou se rend compte du fait qu'Henri de Guise convoite à la fois sa sœur et la princesse de Montpensier (« Il lui persuada que jamais Madame ne consentirait d’être mariée avec le roi de Navarre, avec qui on proposait de la marier, tant que l’on souffrirait que le duc de Guise l’approchât : et qu’il était honteux de souffrir qu’un de ses sujets, pour satisfaire à sa vanité, apportât de l’obstacle à une chose qui devait donner la paix à la France. »). Au mariage (18/08/1572) assistent nombreux protestants et catholiques, présents dans Paris. C'est notamment un tel décor historique qui va favoriser le massacre de la Saint-Barthélemy.

II. Le massacre

L'Amiral de Coligny, certes protestant, est l'un des conseillers du roi. Le 22 août, il est blessé par un individu. Certains chefs de guerre ainsi que des membres de la cour s'agitent. Le camp des protestants voudrait être vengé de cette attaque alors que le camp catholique craint cette vengeance et n'est, en partie, pas satisfait du mariage royal. Se prend alors la décision, à la cour, d'exécuter certains chefs protestants afin d'éviter une révolte. Néanmoins, il est décidé que les princes de sang seront épargnés. Le jeune marié Henri de Navarre et le prince de Condé ne sont pas tués. L'amiral de Coligny est, quant à lui, poignardé et défenestré. L'Histoire discute encore la responsabilité de Catherine de Médicis et de son fils Charles IX dans cette manœuvre politique.

Quoi qu'il en soit, ce massacre devait être limité à certains chefs. Or, il dégénère de façon incontrôlée et s'étend d'abord à l'exécution d'autres nobles protestants. Petit à petit, dans cette ambiance de chaos, les parisiens se réveillent et s'en prennent les uns aux autres, tuant et pillant protestants de tout sexe et âge. Le roi tente de mettre fin au massacre mais il s'étend dans les provinces et fait des dizaines de milliers de morts.

III. Le film et la nouvelle

Nous avons abordé la crise de la Saint-Barthélemy sous un prisme historique et n'avons que peu parlé de la nouvelle et du film au programme. Nous allons néanmoins faire quelques remarques quant à la peinture de ce massacre dans ces œuvres :

1. La Princesse de Montpensier, Madame de La Fayette

« On commença d'attaquer les huguenots en la personne d'un de leurs chefs, l'amiral de Châtillon, et deux jours après l'on fit cet horrible massacre si renommé par toute l'Europe ». Madame de Lafayette termine son roman par le massacre de la Saint-Barthélemy alors qu'elle l'ouvrait en faisant le parallèle entre les conflits religieux et ceux du cœur. On constate alors qu'elle instaure un effet de boucle. L'œuvre s'ouvrait sur un conflit entre maisons et une impossibilité amoureuse, qui avait entraîné la colère d'Henri de Guise. Elle se ferme sur un conflit religieux aux facettes diplomatiques, au sein duquel l'ambition et les convictions d'Henri de Guise ne furent pas sans incidence. Outre cet effet de boucle, on trouve une dramatisation des tourments de l'âme. A la passion destructrice de la princesse s'associe celle des Hommes qui participèrent à cet « horrible massacre ». A la douleur du cœur de Chabannes s'associe celle des huguenots étant donné qu'il se trouve « enveloppé dans la ruine » de ces derniers. Conjointement, à douleur du cœur amoureux de la princesse s'ajoute une douleur funéraire, celle liée à l'assassinat de son ami Chabannes. Par un système d'effets de ricochets, chacun se voit affecté par ce massacre : le prince jaloux se réjouit d'être vengé ; animé de ferveur, Henri de Guise continue d'utiliser de son arme ; endolorie, la princesse se meurt. Mettant en scène des pratiques excessives dont la fin ne peut être heureuse, l'épilogue de la nouvelle invite le lecteur à faire preuve de mesure.

2. La Princesse de Montpensier, Bertrand Tavernier

Alors que Chabannes est en train de parler de la rage de Marie en voix off, les images nous dévoilent la préparation de la Saint-Barthélemy : des hommes saisissant des armes. On a alors l’impression que le film prolonge le parallèle entre les tourments de l’âme et ceux de la guerre que dressait Madame de Lafayette. Par ses paroles, Chabannes semble nous guider pour que nous fassions un tel parallèle : « Vous poursuivez seul le chemin de la vie comme un pèlerin dans les ténèbres. Ne vous trompez pas d’étoile ». Quelques temps après, sa voix s’arrêtera alors que nous observerons les mouvements de caméra rapides (donnant parfois l’impression d’être présent sur les lieux), les chevaux qui passent devant la caméra, les cris, le focus sur Henri de Guise, les femmes tuées, etc. Chabannes sort et découvre dans quel chaos les rues de Paris sont en train de plonger. - certains mouvements de caméra nous permettront de suivre son regard. Des hommes lui demandent s’il est de leur camp ou non (« Papiste ou huguenot ? »). Ils veulent savoir s’il est huguenot. Il répond que non, qu’il n’appartient à aucun des deux camps. Il fait alors honneur à la résolution qu’il avait prise et le spectateur commence à envisager qu’un tel pacifisme pourrait s’avérer dangereux. Or, c’est bien au combat – un combat forcé, rendu obligatoire par la bravoure et l’humanisme de Chabannes – que Chabannes perd le souffle de la vie. Avec cette scène de lutte, toute l’horreur de cette nuit est enseignée : des hommes allaient tuer une femme enceinte. Chabannes, les en empêchant, se doit de les affronter. Cependant, cet affront semble vain. Certes, Chabannes, potentiel hérétique aux habits noirs est décédé. Or, ses assaillants ont, eux aussi, péri lors du combat. Les cloches sonnent. Et l’on peut supposer qu’il s’agit d’une mise en scène des cloches qui ont donné le signal du massacre général des protestants dans Paris. La nuit sera celle d’une tuerie pétrifiante, dont Bertrand Tavernier nous épargne la vue. Seul le tableau du petit matin nous est délivré : des hommes et des femmes sont allongés sur le sol alors que les catholiques parcourent les rues, déplaçant les corps notamment.

Conclusion

Derrière cet événement historique qu'on envisage, le plus souvent, sous le prisme des guerres de religion, il faut comprendre qu'il y a un véritable climat de guerres européen qui menace. A la fois, certains membres de la cour voulaient partir en guerre contre l'Espagne catholique et d'autres étaient soutenus par l'Angleterre protestante. En outre, Catherine de Médicis tentait de protéger et la monarchie et ses enfants. Elle devait alors se méfier des Guise mais aussi de la proximité de l'Amiral de Coligny quant au roi. Ce pourquoi, certains historiens doutent toujours quant aux causes précises de l'attentat contre l'Amiral de Coligny. Serait-ce uniquement le fait du parti des Guise ? Uniquement celui de Catherine de Médicis ? Ou même le fait d’autres individus ?

A la fois car ces guerres civiles sont marquées par des jeux de pouvoir intrigants mais aussi de par l'extrême violence du conflit, le XVIe siècle français fascine. De nombreux livres, documentaires et films s'y intéressent.

Le petit + dans ta copie

En ouverture, n’hésite pas, si cela est opportun, à faire un lien entre les œuvres étudiées et d’autres ouvrages.

Pour aller plus loin …

Consulter des œuvres traitant du conflit, par exemple :

  • La Reine Margot de Patrice Chéreau (1994)

C'est un film qui met en scène Marguerite de Valois, interprétée par Isabelle Adjani. Cette œuvre rassemble toutes sortes d'éléments historiques mais aussi fictifs autour de cette figure, qui fascine l'Histoire. En effet, Marguerite (que Catherine Médicis nomme déjà « Margot » dans le film de Bertrand Tavernier) prendra le nom de la reine Margot. Tel un mythe, on se souvient d'elle sous ce pseudonyme auquel aura été associé de nombreuses fables. Par exemple, certains disent qu'elle aurait eu une affaire avec le duc de Guise. D'autres évoquent la très grande proximité (presqu'incestueuse) qu'elle avait avec ses frères. Alors que Dumas avait abordé cette personnalité particulière au travers de son roman La Reine Margot (1845), Patrice Chéreau en propose une adaptation cinématographique, dont la première partie s'axe autour du mariage de Marguerite et de la Saint-Barthélemy. Il peut être intéressant de consulter ces œuvres pour mieux s'imprégner des éléments dont on a parlé dans ce cours. Parfois, mettre un visage (d'acteur) sur le nom d'un personnage historique peut aider à s'en souvenir. En outre, comparer les approches de Patrice Chéreau et de Bertrand Tavernier dans l'adaptation et la peinture d'éléments historiques (et fictifs !) pourrait nous aider à appréhender mieux la particularité de l'esthétique de Bertrand Tavernier. Dans ce travail de comparaison, il faut néanmoins veiller au fait que l'un des films est seize ans plus âgé que l'autre...

  • Le Massacre de la Saint Barthélémy de François Dubois (1529-1584)

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Comme le précise le site internet du Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, l'œuvre permet de s'imprégner de l'extrême cruauté de ce massacre. On y voit des corps traînés sur le sol, des personnes pendues, des corps de femmes et enfants dénudés, etc. Le tableau offre aussi une topographie intéressante dans la mesure où il représente différents lieux notables quant aux épisodes de cette tragédie. On peut aussi observer la mise en scène de certains personnages historiques. Par exemple, en arrière-plan, la veuve noire Catherine de Médicis est représentée se penchant sur un amas de corps tandis qu'on observe, sur la droite, l'Amiral de Coligny en train d'être défenestré.

Fin de l'extrait

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