LPM Lecture commentée 3 : La jalousie de Marie - Littérature - Terminale L

LPM Lecture commentée 3 : La jalousie de Marie - Littérature - Terminale L

digiSchool Bac L vous propose un cours de Littérature de Terminale L, rédigé par notre professeur. Vous trouverez ici une lecture commentée de La Princesse de Montpensier, consacrée à la jalousie de Marie.

Le passage étudié dans ce cours se truve environ à la moitié de l'oeuvre, après la déclaration réalisé par Guise à Marie concernant son amour.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de Littérature sur la jalousie de Marie de Montpensier pour le Bac L.

LPM Lecture commentée 3 : La jalousie de Marie - Littérature - Terminale L

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Introduction

  • Bornes du passage étudié : « La princesse de Montpensier, ne pouvant souffrir » à « avait déjà gagné la plus grande partie. »
  • Il s'agit de réaliser une analyse d'un passage du livre. Nous n'allons pas exactement réaliser un commentaire littéraire car il nous intéresse plus de contextualiser le passage ainsi que d'y repérer des thématiques, qui pourront nous intéresser à l'échelle de l'œuvre. Le passage que nous étudions, à présent, se trouve environ à la moitié de l'œuvre, après la déclaration réalisée par Guise à Marie concernant son amour.
  • Remarque : parfois, pour parler de la princesse de Montpensier, nous utiliserons le prénom quilui est attribué dans le film de Bertrand Tavernier : Marie. Or, il faut se rappeler que, dans la nouvelle, ce dernier n'est jamais cité. En outre, le cours pourra regrouper diverses occurrences à « mademoiselle de Mézières » même si cette dernière est déjà devenue la femme du prince de Montpensier.

I. Situation du passage dans le livre

1. Ce qui précède

Les divers ducs et princes sont présents à la cour pendant que le contexte guerrier le permet. Les ducs de Guise et d'Anjou ainsi que le prince de Montpensier partagent un quotidien dont l'élément commun est l'ancienne mademoiselle de Mézières. Le duc d'Anjou est toujours captif de la beauté de Marie et, bien qu'elle le traite avec une certaine dureté, continue de lui démontrer quelques honneurs. Le duc de Guise reçoit un traitement bien plus favorable et, après s'être déclaré le plus secrètement possible à Marie, le prince de Montpensier se méfie tout de même et interdit à cette dernière de s'en approcher. Sans pour autant que le narrateur ne renseigne une quelconque rébellion de sa part, nous allons voir que la jeune femme ne se soumet pas à cet ordre. Alors que se réveille la passion qu'elle avait connue en tant que mademoiselle de Mézières, nous allons constater, dans ce passage, qu'elle continue de manifester un certain intérêt au duc de Guise.


2. Ce qui suit

Nous avons marqué la fin de ce passage avant la mention du mariage du roi à la file de l'empereur Maximilien, qui motivera la trépidante scène de bal, lors de laquelle, confondant Henri de Guise avec le duc d'Anjou, la princesse révèlera sans le vouloir la nature de la relation qu'elle entretient avec le duc de Guise. Effectivement, elle ne se rend pas compte du fait que le duc d'Anjou a la même apparence que le duc de Guise (de par le costume qu'il porte). Elle lui déclare alors : « N'ayez des yeux ce soir que pour Madame » ; fragment de phrase aux conséquences importantes.


II. Résumé linéaire du passage

Après avoir introduit le passage, en le situant au sein de l'intrigue, il paraît advenu de s'intéresser à l'extrait lui-même ; notamment en en proposant un court résumé. Une telle approche nous permettra de tirer facilement des premières conclusions :

  • La princesse et le duc de Guise se trouvent réunis chez la sœur de ce dernier. Le duc décide alors de lui parler à nouveau de l'amour qu'il éprouve pour elle. Or, quelque peu échaudée par les diverses rumeurs qu'elle a entendues au sujet de sa relation avec Madame, la princesse ne lui fait pas l'accueil qu'il aurait voulu. Elle lui fait alors savoir qu'elle ne comprend pas sa démarche qui vise à s'accrocher à une inclination de jeunesse quand, visiblement, son cœur appartient à une autre.
  • Suite au ton accusateur ou du moins aux reproches adressés par la princesse, le duc de Guise reconnaît ses torts en les justifiant. Pour résumer schématiquement son propos, on dira qu'il affirme ne pas être à la source de cette relation et que c'est Madame qui lui a manifesté une telle affection alors qu'il ne l'a absolument pas cherché. Néanmoins, il avoue que s'imaginer beau-frère du roi l'a entraîné à ne pas repousser, tel qu'il aurait pu le faire, les honneurs que lui a témoignés Madame. D'ailleurs, ce dernier explique que seul un possible mariage l'a amené à considérer ses avances et que, tant qu'elle n'avait pas évoqué un tel fait, il avait, à vrai dire, méprisé les marques d'intérêt de la sœur du roi. Une telle posture lui a valu la méfiance du roi et du duc d'Anjou mais tel lui est égal. La seule sécheresse de cœur qu'il ne pourrait réellement tolérer serait celle de la princesse. Ce pourquoi, si cette dernière lui ordonne de le faire, il propose de mettre fin à tout lien qu'il possède avec Madame.
  • Un tel « sacrifice » de la part du duc de Guise convainc Marie de son amour et ils passent, alors, un bon moment à converser tous les deux. Contente, elle regagne ses appartements, où elle se rend compte de la difficulté dans laquelle la plonge cette situation. Elle prend alors de nouvelles décisions et résolutions. Puisqu'elles sont balayées dès le lendemain par « la vue du duc de Guise », le narrateur ne s'attarde même pas à expliciter plus exactement lesquelles elles étaient.
  • La princesse n'ayant toujours pas éclairci la situation quant à ce qu'elle pense de la relation d'Henri de Guise avec Madame, ce dernier continue de côtoyer la sœur du roi. Or, pour calmer la jalousie de la princesse, il lui fait un rapport de chacune de ses entrevues avec Marguerite. L'union de la sœur du duc de Guise au père du prince leur permet de se voir plus souvent mais cela ne fait pas disparaître la jalousie de la princesse liée à la beauté de Madame.

III. Analyse littéraire : pouvoir, influence et faiblesse.

1. L'intelligence de Guise

a. Présentation d'un personnage ambitieux

Dans l'organisation de l'œuvre, les quelques pages que nous étudions ainsi que celles qui les précèdent sont marquées par l'apparition plus importante du duc de Guise. Certes, nous savions déjà qu'il avait été outrageant lors de ladite rupture de promesse de mariage et qu'il avait déjà laissé entendre à Marie ses sentiments lors de sa visite à Champigny mais nous n'avions jamais eu accès directement à ses paroles. C'est ainsi avec plus d'authenticité et intensité que l'on découvre la personnalité de ce personnage, dès lors de la première déclaration amoureuse qu'il dirige à Marie. Dans le passage que nous étudions à présent, il est le personnage principal et parle d'ailleurs majoritairement. Néanmoins, c'est bien une parole de Marie qui ouvre leur discussion. Et, nous reparlerons d'ailleurs de l'évolution de la posture de la princesse à mesure que le duc gagne en importance dans le passage. Pour commencer en parlant du duc, nous remarquons qu'il est un être stratège, hardi et ambitieux. En effet, il fait comprendre à la princesse que ce sont de telles caractéristiques qui l'ont poussé à agir comme il l'a fait vis-à-vis de la sœur du roi. Cette capacité à établir des stratégies, ou du moins savoir transformer les situations qui se présentent à lui pour qu'elles tournent à son avantage, nous est directement présentée dans ce passage. En effet, lors de cet entretien qu'il a avec la princesse, il se voit d'abord discrédité à ses yeux et en sort, finalement, bien plus victorieux qu'il n'y était entré. C'est car il a « beaucoup d'esprit » qu'il sait se justifier parfaitement auprès de l'ancienne mademoiselle de Mézières.

b. Une parole intelligente

  • Le raisonnement par concession

 

Ce trait d'esprit, on le remarque par la façon dont il élabore son argumentaire. Il réalise une argumentation par concession en accordant d'abord à son opposante qu'elle a raison pour ensuite mieux surenchérir afin d'amener une nuance importante aux propos qu'elle a tenus. Il avoue ainsi avoir commis un tort en ne déconsidérant pas comme il l'aurait dû la possibilité de devenir beau-frère du roi. Or, d'autres arguments le déculpabilisant sont à venir. Ils seront introduits par la suite mais sont déjà annoncés par l'adverbe de concession « mais ». C'est ce dernier qui ouvre le discours sur d'autres horizons, que le duc aimerait présenter à Marie si elle le laisse faire.

  • Des intérêts diplomatiques

 

Cette dernière n'interrompt pas l'argumentaire du duc et l'on peut d'ailleurs penser qu'outre la présentation d'une stratégie d'argumentation par concession, elle le laisse parler car il a déjà su apaiser sa jalousie en déplaçant la problématique amoureuse sur le terrain politique. Calmée par ses propos, la colère de la princesse est endormie à un point tel qu'elle viendra elle-même à reconnaître l'intérêt politique que ce mariage représenterait en considérant d'ailleurs « l'avantage considérable » dans lequel le duc de Guise se verrait placer.

  • Domination discursive

 

Le pouvoir d'un personnage peut être marqué par sa présence majoritaire dans le discours. Dans le passage que nous étudions, c'est Marie qui ouvre le monde du discours avec des paroles incisives, rapportées directement par le narrateur. Ensuite, le narrateur nous transmet aussi directement une partie de la réponse du duc. Attendant une parole approbatrice de la princesse, ce dernier s'arrête alors de parler. Or, elle ne lui répond et s'enferme dans le silence. Durant les lignes suivantes, surgissent à nouveau les paroles du duc, qui sont transmises par le narrateur qui a résumé son propos. Et, en réaction à un imaginable flot de paroles important, Marie oublie la colère qui l'animait. Guise a tranquillisé l'animosité de Marie. Cette puissance verbale de Guise est ensuite incarnée par le fait que c'est lui qui revêt la posture du conteur, rendant compte de ses entretiens avec Madame.


2. La faiblesse d'amour

a. Vue destructrice, à nouveau

Au fur et à mesure du passage, on voit en effet que la jeune femme s'affaiblit dans le sens où elle laisse son cœur pencher du côté de l'inclination qu'il a et oublie les divers éléments qui devraient le pousser à l'en empêcher. Pourtant, après leur entretien, Marie avait bien la résolution de ne pas céder à sa passion et à celle de Guise. Elle considère, en effet, tous les maux qui pourraient suivre de leur union : « la honte », « l'embarras », « les effroyables malheurs où la jalousie de son mari la pouvait jeter ». Elle réalise un argumentaire interne, qui semble être une sorte d'équivalent silencieux de celui qu'elle avait adressé à Chabannes, lors de sa confession d'amour. Elle semble alors être à nouveau en possession de ses moyens. Mais, il faut que ce monologue silencieux se transforme en dialogue ; le problème étant que le dialogue implique une exposition à la vue de l'être aimé, qui a tendance à réduire à néant tout type de résolutions. C'est d'ailleurs ce qu'indique le texte : « Ces pensées lui firent faire de nouvelles résolutions qui se dissipèrent dès le lendemain par la vue du duc de Guise. » Voulant agir mais en étant incapable, la princesse se retrouve dans une certaine position de faiblesse qui est, notamment, marqué par le fait qu'à la fin du passage, le duc de Guise a « gagné la plus grande partie » de son cœur.

b. Des parallèles

On peut remarquer que la façon dont Marie réagit face au duc de Guise entretient un parallèle avec la façon dont le comte de Chabannes se comporte vis-à-vis de la princesse.

Dans les pages qui précédaient le passage étudié, le comte s'était résolu à garder sa passion silencieuse. Or, la vue quotidienne de l'être aimé avait développé son amour à un point tel qu'il n'avait pu continuer de se taire. Sa résolution de mise en silence de sa passion avait alors connu un échec, tout comme celle de la princesse avec Guise.

Plus tard, dans les pages qui suivront, quand la princesse le traitera durement car elle ne recevra pas autant de lettres de Guise qu'elle le souhaiterait, le comte décidera de se retirer de son service. Or, à la vue de la princesse lors d'un supposé dernier entretien, il changera d'avis et s'apprêtera à l'aider dans la réalisation de la visite d'Henri de Guise au sein de sa demeure. Condamnée à l'échec de par l'attitude de Marie, la triste fin de la relation de Chabannes avec cette dernière semble annoncer un terme tout aussi dramatique de la relation de la princesse avec Henri de Guise.

Fin de l'extrait

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