LPM Lecture commentée 4 : La fureur du Duc d'Anjou - Littérature - Terminale L

LPM Lecture commentée 4 : La fureur du Duc d'Anjou - Littérature - Terminale L

digiSchool Bac L vous propose la suite de nos lectures commentées de La Princesse de Montpensier de Madame de Lafayette.

Il s'agit de réaliser une analyse d'un passage du livre. Vous n'allez pas exactement trouver ici un commentaire littéraire car il est plus intéressant de contextualiser le passage ainsi que d'y repérer des thématiques, qui pourront vous intéresser à l'échelle de l'œuvre. Le passage étudié se déroule après la mention du mariage du roi à la fille de l'empereur Maximilien.

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LPM Lecture commentée 4 : La fureur du Duc d'Anjou - Littérature - Terminale L

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Introduction

  • Bornes du passage étudié : « La première fois que le ballet se dansa » à « paix à la France ».
  • Il s'agit de réaliser une analyse d'un passage du livre. Nous n'allons pas exactement réaliser un commentaire littéraire car il nous intéresse plus de contextualiser le passage ainsi que d'y repérer des thématiques, qui pourront nous intéresser à l'échelle de l'œuvre. Le passage étudié se déroule après la mention du mariage du roi à la fille de l'empereur Maximilien.
  • Remarque : parfois, pour parler de la princesse de Montpensier, nous utiliserons le prénom qui lui est attribué dans le film de Bertrand Tavernier : Marie. Or, il faut se rappeler que, dans la nouvelle, ce dernier n'est jamais cité. En outre, le cours pourra regrouper diverses occurrences à « mademoiselle de Mézières » même si cette dernière est déjà devenue la femme du prince de Montpensier.

I. Situation du passage dans le livre

1. Ce qui précède

Les divers ducs et princes sont présents à la cour pendant que le contexte guerrier le permet. La princesse de Montpensier, bien que son mari le lui ait interdit, est en contact avec le duc de Guise, notamment lorsque celui-ci lui conte les divers entretiens qu'il a avec la sœur du roi, Marguerite. En effet, cette dernière, particulièrement intéressée par le duc, envisage de se marier avec lui ; ce qui cause la jalousie de Marie. Or, de par la situation sociale des deux amants - l'une est mariée et l'autre pourrait recevoir des avantages à concrétiser ce mariage – ils continuent de se voir alors que tous deux sont engagés d'une certaine manière auprès d'un autre individu. Au fur et à mesure que l'intrigue avance se cristallisent divers sentiments liés à la frustration amoureuse : le duc d'Anjou semble s'obstiner dans sa passion ; victime d'une forte passion, la princesse est troublée ; la jalousie du prince ne s'amoindrit pas ; par amour, le duc de Guise devient de plus en plus téméraire.

Le mariage du roi à la fille de l'empereur Maximilien se déroule et est couvert de festivités, dont l'organisation d'un bal au sein duquel les divers membres de la cour dansent. Les ducs d'Anjou et de Guise ainsi que quatre autres personnes sont identiquement costumées afin de réaliser un même numéro.

2. Ce qui suit

Nous avons marqué la fin de ce passage après l'évocation de la discussion qu'a le duc d'Anjou avec le roi au sujet du duc de Guise et du potentiel mariage qu'il pourrait avoir avec leur sœur et qui empêche visiblement de promettre cette dernière à Henri de Navarre, futur Henri IV. Suite à cette discussion, le roi n'est que peu favorable au duc d'Anjou et décide de le lui enseigner. Ainsi, quand l'amant de la princesse vient se présenter au bal se déroulant chez la reine, le roi le reçoit avec froideur, lui indiquant que sa présence n'est pas tout à fait nécessaire. Dans un tel contexte, le duc s'approche d'autant plus de Madame, en sorte de provocation. En pleine jalousie, Marie est abordée par le duc d'Anjou, qui lui fait alors savoir qu'il est au fait de la passion qu'elle partage et entretient avec le duc. Marie est alors troublée par cette conversation.

3. Se rappeler de l'Histoire pour comprendre l'histoire

En tant que lecteur moderne, on a déjà constaté que la lecture de cet ouvrage doit être réalisée avec un esprit attentif et, notamment, avisé quant à l'Histoire. Par exemple, pour répondre à une esthétique précieuse, qui vise à être la moins familière possible, les personnages ne sont jamais nommés par leur prénom. Seuls leur nom et leur titre sont cités. En outre, une telle posture permet d'autant plus d'affirmer le désir d'inscrire l'œuvre dans l'Histoire, en donnant presque l'impression que la fiction est un prétexte pour parler d'elle. Cette optique est, d'ailleurs, quelque peu différente dans le film où les personnages sont plus étoffés et où leur psychologie fictive est plus développée. Ils sont d'ailleurs nommés par leur prénom.

Quoi qu'il en soit, ne pas connaître qui est duc de Guise ou d'Anjou ou de Maine peut, par exemple, représenter un obstacle à la bonne compréhension de l'ouvrage. Dans le passage étudié, il y a une allusion importante, mais méconnue de beaucoup de lecteurs modernes, à un événement historique marquant. Il s'agît du mariage du roi de Navarre à la sœur du roi, Marguerite de Valois. Au sein des cours dédiés à l'étude des personnages et du contexte historique, nous étudierons davantage qui est Henri de Navarre et quel a été son rôle dans l'Histoire. Néanmoins, dès à présent, on peut noter que le futur mari de Marguerite de Valois est le roi de Navarre. Il appartient à l'une des branches de la famille royale et provient de la maison de Bourbon. Il sera le premier Bourbon à régner sur la France après la fin du règne de la maison des Valois. C'est Henri IIl (ex duc d'Anjou) qui nomme le mari de sa sœur comme étant son successeur. Il lui coûtera néanmoins quelques efforts supplémentaires pour arriver à son couronnement officiel. Avant cette ascension ultime, les Valois veulent allier Henri de Navarre à leur maison car, élevé dans la foi protestante, il pourrait incarner une certaine politique de tolérance au protestantisme de la famille royale. L'union d'une princesse de sang catholique à ce roi d'un camp opposé, aussi prince de sang, pourrait stabiliser la paix et renforcer la monarchie de Valois. C'est notamment ce que semble affirmer le duc d'Anjou, dans la nouvelle, lorsqu'il discrédite le duc de Guise auprès du roi. Est alors choisie Marguerite de Valois, qui épouse cet homme le 18 août 1572. A noter que, par son mariage, Marguerite de Valois est devenue Marguerite de Navarre. Or, il faut faire attention car ce titre fait aussi référence à la sœur de François Ier, grand-mère d'Henri de Navarre. Sous ces allures de paix se dressent néanmoins des tensions politiques qui mèneront à la Saint-Barthélemy, un massacre massif de huguenots, rendu d'autant plus facile car, à l'occasion des noces, certains chefs du camp opposé sont présents dans Paris.

II. Résumé linéaire du passage

Après avoir introduit le passage, en le situant au sein de l'intrigue, il paraît advenu de s'intéresser à l'extrait lui-même ; notamment en en proposant un court résumé. Une telle approche nous permettra de tirer facilement des premières conclusions :

  • Alors qu'il ne porte pas son masque, le duc de Guise s'approche de la princesse afin de lui adresser quelques mots. Elle se rend compte du fait que le prince de Montpensier l'observe. Craignant sa jalousie, elle s'inquiète.
  • Déguisé, le duc d'Anjou se dirige vers Marie. Elle le confond alors avec le duc de Guise et, pensant s'adresser à lui, lui ordonne de porter toute son attention sur Madame. Déterminée à ce qu'on ne les soupçonne guère, elle lui assure même qu'elle n'en sera pas jalouse.
  • De par l'allusion à sa sœur, Madame, le duc d'Anjou comprend que la princesse pensait parler au duc de Guise. En outre, la mention à la « jalousie » qu'elle aurait pu ressentir lui enseigne les sentiments de la princesse envers le duc de Guise. Le duc est outré, à la fois car le duc de Guise déshonore sa sœur mais aussi car la princesse a préféré à ses soins ceux du duc de Guise. N'ayant guère beaucoup d'options quant à ce qu'il peut faire pour évacuer sa haine et punir le duc de Guise, le duc d'Anjou décide de s'adresser véhément à ce dernier pour lui faire comprendre qu'il a découvert son secret et ressent de la haine à son égard. Par la même occasion, en évoquant sa « maîtresse », le duc d'Anjou enseigne au duc de Guise, avec une certaine certitude, qu'il est amoureux de la princesse. Il fait comprendre à son rival que les sentiments qu'il possède à son égard pourraient même le pousser, si les circonstances venaient à le favoriser, à le tuer. Il le menace.
  • Alors qu'on se souvient de la colère qu'il a témoignée lors de la rupture de promesse de mariage de son frère à mademoiselle de Mézières, on imagine bien qu'il coûte au duc de Guise de ne pas réagir face à ces menaces. Le narrateur laisse d'ailleurs sous-entendre que son impulsivité aurait pu l'amener à réagir si le roi ne l'avait pas convoqué avec le duc d'Anjou à ce même moment.
  • Fâché, animé de colère amoureuse mais désirant aussi sûrement, pour certaines raisons, que sa sœur ne soit pas l'instrument de l'ascension sociale du duc de Guise, le duc d'Anjou décide d'intervenir pour ôter à ce dernier, le mariage qu'il envisageait avec Madame. Il s'entretient alors avec son frère en lui assurant que les projets diplomatiques d'union entre Madame et le roi de Navarre ne seront jamais réalisés tant qu'elle entreverra qu'il y aurait une possibilité qu'elle se marie avec Henri de Guise.

III. Analyse littéraire : amour et société

1. Passion et violence

  • Le vocable des sentiments : « inquiétude », « troublée », « jalouse », « accablé », « la jalousie, le dépit », « désespoir », « plaisir »,
  • Le vocable de la violence : « la rage », « la haine », « violent », « marque sanglante », « éclater », « menaces », « vengeance ».
  • + « marque sanglante » : sens propre : tuer / sens métaphorique : marque dont on se souviendra, qui fait du mal.

Dans ce passage, on remarque qu'aux sentiments de troubles liés à la féminité de Marie s'opposent des sentiments bien plus violents et plutôt associés à la masculinité. On note rapidement qu'il s'agira de reparler des différences entre les genres au sein d'un autre cours car force est de constater que, bien que l'ouvrage porte le nom d'une femme, les hommes y ont tout de même une place toute particulière.

Dans l'ensemble de l'œuvre, la princesse est victime d'une passion qui, certes est très intense, mais qui ne la pousse jamais à éprouver des sentiments de haine. Majoritairement, elle est soit amoureuse ; soit inquiétée par les dangers qu'elle pourrait connaître de par les actions que l'amour la pousse à réaliser. Alors qu'on connaissait déjà quelque peu la violence de Guise et qu'on était particulièrement au fait de la jalousie du prince de Montpensier, c'est l'impétuosité du duc d'Anjou que nous découvrons à présent. Le portrait des hommes dans l'œuvre tend alors à nous démontrer que leurs réactions sont bien différentes de celles des femmes, ici incarnée par Marie. Nous est-on alors uniquement démontré que les hommes sont des semeurs de troubles impétueux ? Pas tout à fait. Il faut, en effet, se souvenir de Chabannes, encore une fois absent de ce passage. La jonction des trois jeunes soupirants de Marie dans cette scène, où les vocables de la passion et de la violence règnent, tend à ranger encore une fois Chabannes dans une classe à part. Notamment, il semble moins excessif dans ses comportements que ses trois jeunes rivaux. Le portrait de l'honnête homme Chabannes se construit à la fois par la description de ses qualités mais aussi par la mise en contraste de celles-ci avec celles de ses jeunes rivaux. Plusieurs conclusions peuvent être tirées d'un tel dispositif. L'une d'entre-elles est que l'honnête homme n'est que peu souvent un homme de pouvoir, d'ambition et de violence ; de telles caractéristiques que l'on retrouve dans ce trio amoureux que forment le prince de Montpensier ainsi que les ducs d'Anjou et de Guise.

2. Raison et roi

L'intrigue ne tend néanmoins pas à démontrer uniquement une image négative de ces jeunes nobles qui ont marqué l'Histoire de par leurs interventions guerrières et diplomatiques. En effet, on constate notamment que ces derniers sont capables de se contenir et faire preuve d'un comportement honorable. Au sein de la cour, il y a bien un équilibre. Tout n'est pas que désordre. Au sein de ce passage, on constate alors que l'ordre est notamment incarné par la figure du roi. Alors que divers ressentiments pourraient amener à ce qu'une querelle explose, c'est bien le cadre de son mariage qui l'en empêche. Notamment, quand il s'adresse au duc de Guise, le duc d'Anjou mentionne que « a considération du roi » le détourne de sa fureur. Conjointement, le narrateur laisse sous-entendre que même s'il avait voulu répondre aux menaces du futur Henri III, le duc de Guise n'aurait pu le faire puisque le roi les appelait tous deux à cet instant.

Conclusion

Représentant le Royaume de France, la posture du roi ainsi que diverses mentions du passage nous invitent à prêter attention au fait que l'intrigue amoureuse se dessine sur un fond de contexte historique. Dans cette optique, toutes sortes de cristallisation et de rancœur prennent un autre sens ou du moins viennent éclairer divers éléments que l'intrigue amoureuse ne semblait pouvoir justifier à elle seule.

Fin de l'extrait

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