Présentation de La Princesse de Montpensier : La nouvelle et le film - Littérature - Terminale L

Présentation de La Princesse de Montpensier : La nouvelle et le film - Littérature - Terminale L

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Présentation de La Princesse de Montpensier : La nouvelle et le film - Littérature - Terminale L

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Le grand siècle

Comme tous les siècles, le XVIIème siècle n’a pas pris rendez-vous avec le calendrier pour commencer le 1er janvier 1600 et se terminer le 31 décembre 1699. Le début du XVIIème siècle est marqué par à un événement lié aux guerres de religion qui ravagent la France et dont le thème traverse la Princesse de Montpensier, de Mme de Lafayette. Ce siècle naîtra avec l’Edit de Nantes, signé par Henri IV en 1598 et accordant aux protestants le droit de célébrer leur culte. La guerre civile qui fait rage en France depuis 1562 opposait ces derniers aux catholiques. Le XVIIème siècle se terminera avec la mort de Louis XIV en 1715.

Louis XIV

Le siècle de Louis XIV aura vu l’avènement de la raison avec des philosophes tels que René Descartes, le développement de l’ordre avec un pouvoir royal considérablement augmenté et la naissance du classicisme qui se manifestera dans les règles du théâtre classique. Mais ce siècle sera aussi un temps de régression, dans le domaine de la tolérance religieuse entre autres : en 1685, la révocation de l’édit de Nantes sonne le glas de la tolérance religieuse.


Quatre grandes périodes sont à distinguer dans le grand siècle

De 1598 à 1630

A la fin du règne de Henri IV, en 1610, sous la régence de Marie de Médicis et durant la première partie du règne de Louis XIII, une réelle instabilité suit les guerres de religion et le pays peine à se remettre en ordre de marche. Ce conflit religieux couve et l’Edit de Nantes n’a pas suffi à éteindre toutes les braises. Ce sont des conditions d’émergence idéale pour le baroque où triomphe un art marqué par la démesure, la diversité, le changement et le mouvement perpétuel. Le baroque sera représenté par Théophile de Viau et Honoré d’Urfé.


De 1630 à 1661

Le règne de Louis XIII s’achève, laissant la place à la régence d’Anne d’Autriche. Les troubles entre catholiques et protestants se poursuivent. Mais dès 1630, le cardinal de Richelieu va consolider le pouvoir royal et l’autorité de l’Etat. A sa mort, en 1642, le cardinal Mazarin poursuivra son œuvre. Le baroque se poursuit quant à lui mais une aspiration à plus de modération et d’équilibre commence à se faire jour au travers des œuvres de René Descartes, de Blaise Pascal ou de Pierre Corneille.


De 1661 à 1685

Dès 1661, à la mort de Mazarin, Louis XIV gouverne seul et va définitivement renforcer son pouvoir. Il élabore un système fondé sur l’ordre et la concentration des pouvoirs symbolisé par le château de Versailles. C’est alors qu’émergent des auteurs tels que Molière, Racine ou Madame de Lafayette qui ont en commun le goût pour une littérature tempérée, équilibrée et reposant sur des règles de construction précises et convenues. Ce triomphe des normes est ce que l’on appelle le classicisme. Le désir d’un art moral se fait jour.


De 1685 à 1715

Le pouvoir de Louis XIV est désormais solide mais se sclérose ; cela se manifestera dans la révocation de l’Edit de Nantes en 1685. Dans le domaine littéraire, le classicisme s’essouffle. Le roman, la poésie et le théâtre tâtonnent voire sont en crise. Des réformes sont attendues dans le domaine artistique, politique et social. Le XVIIIème siècle se prépare.

Cependant le grand siècle n’est pas ainsi nommé par hasard. Il verra l’avènement d’une France qui rayonne partout en Europe et au-delà, organisée autour d’un monarque qui reste le plus célèbre des rois de France, Louis XIV. Ce dernier saura réunir autour de lui et mettre sous sa coupe la noblesse française qui jusqu’alors vivait de façon plus libre et sans rendre de comptes à un pouvoir centralisé. Le Roi Soleil va dessiner une France politique et géographique qui perdurera longtemps après sa mort et qui est très proche de celle que nous connaissons.

Sur le plan intellectuel, le XVIIème siècle voit émerger une bourgeoisie cultivée qui donnera des Molière (1622-1673), des Jean Racine (1639-1699) ou encore des Nicolas Boileau (1636-1711). Pour autant, le peuple est fort peu alphabétisé et les trois-quarts de la population ne sait ni lire ni écrire. L’Eglise ne détient plus le monopole de l’érudition même si des religieux comme le cardinal de Retz, Jacques-Bégnine Bossuet ou Fénelon s’essaieront avec succès à la littérature. Mais la religion, elle, a de plus en plus de mal à avoir prise sur la création artistique qui se laïcise ; Molière, avec Tartuffe qui fut interdit à deux reprises, fera les frais des derniers soubresauts d’une Eglise qui entend censurer la création artistique. Enfin, les nobles, jusque-là occupés de guerre, de chasse et de plaisirs sont de plus en plus attirés par la littérature. Le duc de La Rochefoucauld (1613-1680), le chevalier de Méré (1607-1684), la marquise de Sévigné (1626-1696) sont autant d’exemples d’une classe sociale qui saura faire succès dans le monde littéraire. Si le duc de La Rochefoucauld horrifie l’auteur de la Princesse de Montpensier par un système qu’elle juge peu chrétien et honorable, il saura mettre de l’eau dans son vin et la comtesse fera de cet homme un ami fidèle.


Ecrire au XVIIème siècle

La littérature n’est pas désincarnée ; elle est l’œuvre d’hommes et de femmes, influencés par des conditions historiques, sociales ou personnelles. Elle est vivante et l’objet livre n’est pas un objet neutre. Si notre siècle le dématérialise sous les formats kindle par exemple, il sait préserver la propriété intellectuelle qui n’existe pas au XVIIème siècle.

Les moyens de subsistance de l’écrivain sont maigres. La somme qui lui est versée par l’éditeur dépend du bon vouloir de ce dernier. Bien plus, une fois payé, l’écrivain n’a plus de droits sur son œuvre, ce qui laisse ouverte la porte à tous les plagiats. De fait, certains écrivains ont du mal à subsister ; ceux qui possèdent une fortune personnelle, comme Mme de Lafayette, n’ont guère de difficultés mais ils ne sont pas nombreux à être dans ce cas.

Fort heureusement, pour les moins fortunés d’entre eux, il existe une alternative qui peut cependant écorner leur liberté. Le Roi peut commander des œuvres et distribuer des rentes aux auteurs. Molière en bénéficiera. Par ailleurs les auteurs peuvent accéder au statut de secrétaires particuliers comme Jean Mairet ou comme précepteurs pour les enfants des familles nobles, comme Jean de La Bruyère ou Jean Racine.

Les lecteurs potentiels sont rares : le peuple est exclu de la littérature mais pas du théâtre qui reste un divertissement populaire, en particulier avec Molière. L’Eglise continue à intervenir et peut interdire certaines œuvres ; mais elle n’est pas la seule. Le « privilège » qui est une permission royale d’imprimer, constitue une sorte de censure en ce sens que seules les œuvres autorisées peuvent être éditées. Les écrivains ont bien sûr tendance à se censurer avant même de subir cette forme de censure.

En bref, on voit que la création littéraire au XVIIème, si elle est riche, vivante d’une vitalité parfois virulente et très diversifiée doit encore trouver certains codes pour pouvoir continuer à vivre et à évoluer. Le XVIIIème saura poser ces questions et ces défis aux artistes.

Portrait de Molière


La princesse de Montpensier, résumé de l’œuvre

Si Mme de Lafayette appartient au grand siècle, elle place l’intrigue de sa nouvelle en pleine Renaissance, « histoire de la princesse de Montpensier sous le règne de Charles IX, roi de France », jetant d’emblée sur son récit l’ombre du massacre de la Saint Barthélémy, engendré par le roi qui ne parviendra pas à enrayer la tuerie qu’il aura déclenchée. Le destin de Mme de Montpensier est lié à celui de la France en ce sens que son mariage et les absences de son mari seront dictés par des raisons politiques pour le premier, par la succession des guerres de religion pour les secondes. Pour mémoire, la 24 août 1572, le massacre de la Saint Barthélémy marquera l’apogée des guerres de religion : les protestants sont piégés dans les villes et massacrés par les catholiques. C’est ainsi que le Comte de Chabannes sera massacré « cette même nuit qui fut si funeste à tant de gens ».

« Sous le règne de Charles IX », Mlle de Mézières tombe amoureuse du frère de celui qu’on lui destine, qu’on appela depuis « le Balafré » mais la maison d’Anjou, dont elle descend, entend la marier avec la maison Bourbon en la personne du jeune prince de Montpensier. « Mlle de Mézières, (…) connaissant par sa vertu qu’il était dangereux d’avoir pour beau-frère un homme qu’elle souhaitait pour mari, se résolut enfin d’obéir à ses parents et conjura M. de Guise de ne plus apporter d’empêchements et oppositions à son mariage ». Ainsi épouse-t-elle Montpensier sans l’aimer et par raison. Dès l’abord, la princesse de Montpensier est une femme qui fait passer la raison avant l’amour.

Elle se lie d’amitié avec le comte de Chabannes qui va devenir son mentor et faire d’elle « une des personnes du monde la plus achevée ». Mais le comte s’il devient le confident de la princesse qui lui avoue « l’inclination qu’elle avait eue pour M. de Guise » va tomber amoureux de la jeune femme bien malgré lui et en essayant de résister à cet amour qui deviendra « la plus violente et sincère passion qui fût jamais ». La princesse aura la cruauté de faire de lui le confident de ses amours malheureuses avec de le duc de Guise et lui demandera même de jouer les intermédiaires entre eux. Chabannes se pliera à toutes les volontés de cette dernière.

Peu après son mariage, la princesse rencontre par hasard M. de Guise et le duc d’Anjou. Le premier retombe amoureux et le second tombe amoureux ; le duc d’Anjou « fut touché du même mal que M. de Guise ». M. de Guise va profiter d’une fête chez la reine pour aborder la princesse et lui déclarer de façon abrupte qu’il l’aime toujours et a conservé cette « passion » qu’il a eue pour elle dès les débuts. Elle recevra cette confession avec froideur mais finira par se laisser approcher.

Avec l’aide du comte de Chabannes, elle introduira, pour sa perte et celle de son confident, son amant chez elle, de nuit mais sera découverte par son mari provoquant une scène effroyable lors de laquelle le brave comte prendra sur lui pour couvrir la princesse : « il [Philippe de Montpensier] s’approcha du comte de Chabannes avec l’action d’un homme emporté de rage ». Il le laisse pourtant partir et la nouvelle se referme sur le mariage du duc de Guise et la mort de Chabannes, tué par des catholiques » ; quant à la princesse de Montpensier, « elle mourut peu de jours après, dans la fleur de son âge ».


Biographies

Mme De Lafayette

Née à Paris en 1634, Mme Marie-Madeleine Pioche de La Vergne se sentira très tôt appelée par la culture, à l’instar de Mme de Scudéry ou Mme de Sévigné ; ces femmes auront la chance de se cultiver, chose assez rare à l’époque pour être précisée. Mme de Lafayette, quant à elle, suivra les enseignements d’un célèbre grammairien, l’abbé Ménage qui sera aussi le précepteur de Mme de Sévigné et qui tombera successivement amoureux de ses deux élèves. Il ira jusqu’à célébrer en vers latins et légers la belle Mme de Lafayette ; le comte de Chabannes, personnage inventé de la Princesse de Montpensier pourrait à certains égards être en quelque sorte une image de ce mentor cultivé et plus âgé.

En 1655, elle épouse M. de Lafayette, de dix-huit ans son aîné et décidera rapidement de laisser son époux seul en Auvergne alors qu’elle réside à Paris où elle mène une vie mondaine. Il serait rapide, voire facile de faire un lien entre sa séparation d’avec un homme qu’elle épouse à 21 ans quand il en a 39 et les constantes séparations du prince de Montpensier et de son épouse. Cette critique externe n’a pas une portée explicative qui donne à comprendre des éléments fondamentaux de l’œuvre de Mme de Lafayette. En revanche, et à de nombreux égards, Marie de Mézières peut évoquer cette Mme de Lafayette : Tavernier l’a bien remarqué qui fait de l’héroïne une érudite qui veut « écrire. (…) En écrivant, on a le temps d’apprendre ce qu’on écrit… de le comprendre ».

A la cour, dès l’été 1656, elle fréquente les salons littéraires où elle fait la connaissance du duc de La Rochefoucauld qui deviendra un ami sincère pour elle ; elle rencontre Racine, le vieux Corneille et Boileau. Le 27 juillet 1662, elle obtient le privilège d’imprimer la Princesse de Montpensier. Mme de Lafayette meurt à l’âge de 59 ans en 1693 alors qu’elle est depuis trois ans sous la direction de Duguet à l’Oratoire.


Bertrand Tavernier

L’un des plus grands réalisateurs français, Bertrand Tavernier a déjà donné au septième art des chefs d’œuvres telles que les Baisers, le Juge et l’assassin, l’appât, Capitaine Conan et en 2010, La Princesse de Montpensier.

Né en avril 1941 à Lyon, Tavernier est un réalisateur, scénariste, écrivain et producteur issu d’une famille qui se consacre à la publication et aux lettres. Ses parents fréquenteront Louis Aragon ; dès son plus jeune âge, Tavernier baigne dans un milieu artistique. Il obtient son baccalauréat et commence des études de droit qu’il ne terminera pas. Il fonde, avec d’autres amis passionnés de cinéma, comme lui, un ciné-club, le Nickel Odéon. Dans le même temps, il commence à écrire des critiques cinématographiques pour Télérama.

Très vite, Tavernier fait montre d’une attirance pour le cinéma américain, les westerns, les films noirs et les comédies musicales, en particulier, genres cinématographiques longtemps dédaignés en France. Il contribuera largement à la diffusion de ces œuvres cinématographiques sur le territoire français.


Mélanie Thierry

Née en 1981 à Saint-Germain-en-Laye, Mélanie Thierry est une actrice française, elle commence sa carrière de mannequin et de comédienne dès l’âge de 13 ans.

Elève de Jean-Laurent Cochet, elle sera vite plébiscitée par la critique.


Lambert Wilson

Né en 1958 à Neuilly-sur-Seine, Lambert Wilson est un acteur, chanteur et metteur en scène français. Fils d’acteurs, il refuse très tôt d’être simplement « fils de » et cherchera toujours les rôles hors-normes, les films d’auteurs, les enjeux cinématographiques. Polyglotte, musicien, il interprète en 1989 le rôle de l’abbé Pierre qui est salué par la critique autant que par le public.

Les années 90 sont une passe plus creuse mais dès 2002, il revient au cinéma dans des superproductions américaines telles que Matrix. En 2010, il joue le rôle principal dans Des hommes et des dieux, qui lui vaut une consécration même s’il n’obtient pas le César du meilleur acteur pour lequel il est nominé.


Fiche du film

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