Sujet d'entrainement sur Hernani : Quels sont les enjeux de la scène d'exposition ? - Littérature - Terminale L

Sujet d'entrainement sur Hernani : Quels sont les enjeux de la scène d'exposition ? - Littérature - Terminale L

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Sujet d'entrainement sur Hernani : Quels sont les enjeux de la scène d'exposition ? - Littérature - Terminale L

Le contenu du document

INTRODUCTION

  • POINT MÉTHODE
  1. Il est nécessaire de bien analyser le sujet, c’est-à-dire d’analyser la formulation du sujet, d’identifier les mots-clés puis de les définir.
  2. Une bonne analyse permet de comprendre les enjeux du sujet et de problématiser celui-ci. Tu dois questionner le sujet, la thèse proposée et en montrer ses limites.
  3. L’introduction permet d’annoncer les axes du développement, c’est-à-dire les fils directeurs permettant de répondre au sujet.
  • COMMENT RÉDIGER UNE BONNE INTRODUCTION ?
  • Celle-ci doit être concise : elle doit immédiatement prendre en compte la question posée et proposer des pistes de réflexion.
  • L’introduction peut mobiliser des connaissances culturelles, d’histoire littéraire mais celles-ci doivent toujours être reliées au sujet.
  • EXEMPLE

            « Serait-ce déjà lui ? / Un nouveau coup. / C’est bien à l’escalier / Dérobé. » Le drame romantique Hernani de Victor Hugo s’ouvre sur cette célèbre réplique de doña Josefa, ce rejet ayant suscité de nombreuses hypothèses concernant sa réception. 

Si la légende fait de ce rejet un procédé audacieux ayant suscité les plus vives réactions, des spécialistes du théâtre de Victor Hugo ont montré que le public était déjà habitué à ces ruptures. On peut ainsi se demander quels sont les enjeux de cette scène d’exposition. Une scène d’exposition, au théâtre, ouvre la pièce. 

Comme l’incipit dans un roman, elle possède plusieurs fonctions : la présentation des principaux personnages, du cadre spatio-temporel et du nœud de l’intrigue. Corneille explique dans le Discours de l’utilité et des parties du poème dramatique que le premier acte doit « contenir les semences de tout ce qui doit arriver ». 

La scène d’exposition dans Hernani obéit-elle à ces fonctions ? Peut-elle surprendre le lecteur et le spectateur par son originalité ? En effet, il est étonnant que la première scène mette sur le devant de la scène le roi, dialoguant avec une duègne, et non le personnage éponyme. 

Dans un premier temps, nous verrons que cette scène d’exposition permet au lecteur et au spectateur de situer la trame, tout en mettant en place l’intrigue amoureuse. Puis, nous étudierons les spécificités de cette scène nocturne mettant au premier plan un personnage : le roi don Carlos.

DÉVELOPPEMENT

  • POINT MÉTHODE
  1. Le développement doit toujours répondre à la question posée : il est nécessaire de bien comprendre les enjeux de celle-ci.
  2. Le développement repose sur des arguments.
  3. Chaque argument doit être illustré par des exemples : des exemples tirés de la pièce (citations, un passage de la pièce analysé) ou des connaissances d’histoire littéraire.
  4. Le sujet s’inscrit toujours dans le domaine d’étude lié à l’œuvre, soit « lire-écrire-publier ».
  • COMMENT RÉDIGER UN BON DÉVELOPPEMENT ?
  • Le développement doit être organisé : en parties et en sous-parties.
  • Il doit témoigner d’une bonne connaissance de la pièce et de son contexte.
  • Il doit mobiliser le lexique théâtral.
  • La langue doit être correcte : n’oublie pas que tu es en L !

ATTENTION ! Pour plus de clarté, nous laissons le plan apparent, mais celui-ci doit être intégralement rédigé le jour de l’épreuve.

I. LES ENJEUX DE LA SCÈNE D’EXPOSITION : SITUER, INFORMER, PRÉSENTER

A. Le cadre spatio-temporel

Une scène d’exposition permet au lecteur de situer le cadre spatio-temporel. Nous savons, dès la lecture de la liste des personnages, que l’intrigue se déroule en Espagne en 1519. L’acte I se passe dans la ville de Sarragosse, plus précisément dans la demeure de don Ruy Gomez. La didascalie initiale précise : « Une chambre à coucher. La nuit. Une lampe sur une table. » 

Le dramaturge choisit donc un lieu intime : il s’agit de la chambre de doña Sol. La temporalité choisie est intéressante car la nuit connote la dissimulation, le mystère, le secret. C’est aussi le temps de la transgression. 

Rappelons que la quasi-totalité de l’intrigue de la pièce se déroule la nuit. Quant à la lampe, elle peut symboliser, par métonymie, l’invité attendu. Le décor est assez dépouillé, les didascalies ne mentionnant que « les rideaux cramoisis de la fenêtre », la couleur rouge pouvant connoter la passion, « quelques fauteuils » et une « fenêtre », insistant sur la transition entre l’extérieur et l’intérieur. Il s’agit bien d’une atmosphère intime.

B. Un duo surprenant : la duègne et le roi

La scène d’exposition a également pour but d’informer le lecteur en lui présentant les principaux personnages. Le premier personnage que l’on découvre est le personnage de doña Josefa, ce qui est étonnant puisqu’elle disparaît ensuite de la pièce. 

La didascalie portant sur son costume apporte quelques informations sur le personnage : « vieille ; en noir, avec le corps de sa jupe cousu de jais, à la mode d’Isabelle la Catholique. » C’est un personnage austère dont le vêtement est démodé. C’est elle qui introduit, malgré elle, le personnage de don Carlos. 

Seul le lecteur, grâce à la mention du nom du personnage, sait qu’il s’agit du roi d’Espagne. Le spectateur, quant à lui, découvre un personnage mystérieux vêtu d’ « un riche costume de velours et de soie, à la mode castillane de 1519 » : son costume, composé de matières nobles, traduit la noblesse du personnage. 

Mais celui-ci avance masqué, comme le montre la didascalie « le manteau sur le nez et le chapeau sur les yeux. » Contrairement à la duègne, c’est un personnage jeune (pour rappel, c’est le seul personnage historique de la pièce : il a dix-neuf ans quand il devient empereur). Le dramaturge met d’emblée l’accent sur le conflit de générations.

C. La présentation du quatuor amoureux

Seuls deux personnages sont donc présents sur scène : la duègne et le roi masqué. C’est grâce au personnage de don Carlos que le lecteur et le spectateur découvrent les trois autres personnages principaux. 

Dès la première réplique, don Carlos présente les relations entre les trois personnages, illustrant le sous-titre du manuscrit, « Tres para una ». Un personnage féminin est au cœur de l’intrigue : c’est doña Sol qui est d’emblée caractérisée par sa beauté. Elle est promise au « vieux duc / De Pastrana, son oncle, un bon seigneur, caduc, / Vénérable et jaloux ». 

Le roi insiste sur la vieillesse du duc, qu’il oppose au jeune amant qualifié de « cavalier sans barbe ». Il utilise même un oxymore, qualifiant don Ruy Gomez de « vieux futur » : doña Sol ne semble donc n’avoir aucun avenir amoureux avec le vieillard. 

Celui-ci est même raillé par le roi dans un jeu de mots au vers 10 : « Le jeune amant sans barbe à la barbe du vieux. » Il s’agit donc d’une scène d’exposition in medias res, l’intrigue amoureuse ayant déjà commencé avant le début de la pièce. Le roi est bien informé car il sait que doña Sol a pour habitude de recevoir son amant dans sa chambre.

La scène d’exposition remplit bien ses traditionnels enjeux : elle présente le cadre spatio-temporel et les relations présentes au sein du triangle amoureux déjà dessiné. Pourtant, cette scène peut aussi surprendre par le choix des personnages ouvrant l’intrigue, le rythme de la scène et sa tonalité.

II. UNE SCÈNE D’EXPOSITION SURPRENANTE

A. Le portrait d’un roi bandit

Le personnage au centre de la première scène est le roi. Le titre de l’acte I annonce l’importance de ce personnage. Pourtant, malgré son titre (inconnu du spectateur), il agit plus comme un bandit que comme un roi. 

Tout d’abord, il n’emprunte pas la porte d’entrée mais une « petite porte dérobée », comme l’indique une didascalie. Son action ne doit pas être révélée au grand jour ; ce qui annonce la bassesse de cette intrusion. 

Le dialogue avec la duègne montre que le roi abuse de son autorité : il lui donne des ordres en employant à plusieurs reprises le mode impératif, les didascalies insistent sur sa violence physique : « Il la secoue par le bras » et la duègne s’adresse à lui en le qualifiant de « maître », montrant ainsi sa soumission. 

En plus de tutoyer doña Josefa, il la soudoie en lui demandant : « Daignez, madame, / Choisir de cette bourse ou bien de cette lame. » Le dramaturge dresse l’image d’un roi violent, corrupteur, bien loin de l’image du bon prince que l’on pourrait attendre.

Son langage a de quoi étonner le lecteur et le spectateur puisqu’il utilise un langage trivial voire grivois, quand il parle de l’armoire dans laquelle il veut se cacher : « Serait-ce l’écurie où tu mets d’aventure / Le manche du balai qui te sert de monture ? » 

La métaphore grivoise est explicite et montre un roi peu courtois, un « roi qui s’amuse » pour reprendre le titre d’une pièce de Victor Hugo mettant en scène un roi libertin, représentée en 1832. Cette scène peut faire penser aux tragédies shakespeariennes mêlant les registres. Cela dit, il s’agit d’une scène connue pour sa singularité. Étudions de plus près cette partie de la pièce restée célèbre : la scène de l’armoire !

B. La scène de l’armoire

Alors que le personnage du roi pourrait faire penser à un début de tragédie, la scène de l’armoire renvoie plutôt à l’esthétique du vaudeville, petite comédie légère qui met souvent en scène des amants cachés dans des armoires. 

Le roi va même la qualifier de « boîte » : ce mot prosaïque, bien loin du niveau de langue soutenu des tragédies classiques, pouvait choquer le public, surtout car il est prononcé par le roi ! Le roi, dissimulé, pourra ainsi entendre la conversation des amants et provoquer un effet de surprise en ouvrant avec violence la porte de l’armoire. 

On peut donc dire que le roi commet un viol symbolique : tout d’abord en pénétrant dans la chambre d’une jeune femme par une porte dissimulée, ensuite en entrant avec la complicité de la duègne dans l’armoire afin de surprendre les amants. Le roi est ici désacralisé, faisant passer ses intérêts personnels (la conquête d’une femme) avant les intérêts de la nation. 

L’intrigue politique est donc absente de cette scène d’exposition, même si la figure du souverain est d’emblée questionnée.

C. Un rythme enlevé

Étant une scène d’exposition in medias res, on remarque d’emblée le rythme dynamique créé par l’apparition du roi annonçant une pièce qui « emporte tout sur son passage » pour reprendre les mots de Nicolas Lormeau. 

Mais on peut aussi relever le travail du vers. En effet, le lecteur découvre un drame romantique versifié, en alexandrins. Si la scène d’exposition comporte principalement des vers réguliers, le lecteur voit (et le spectateur entend) les nombreuses ruptures créées par les rejets et les contre-rejets. 

L’alexandrin est même disloqué, étant parfois réparti sur plusieurs répliques. C’est le cas du vers 18, réparti sur 6 répliques dont trois monosyllabiques : « Oui / (…) / Vous ! / Moi. » Le rythme rapide est créé par les constants effets de rupture et par les modalités interrogative et exclamative qui rythment la scène.

CONCLUSION

  • POINT MÉTHODE
  • La conclusion répond à la question posée de manière synthétique.
  • Elle peut proposer une ouverture en lien avec le sujet.
  • EXEMPLE 

            Pour conclure, on peut donc dire que cette scène d’exposition a bien pour enjeux de présenter le cadre spatio-temporel, d’introduire les principaux personnages (en esquissant le futur quatuor amoureux) et de mettre l’accent sur l’intrigue amoureuse, doña Sol étant convoitée par trois personnages masculins. 

Mais, cette scène d’exposition in medias res surprend le lecteur et le spectateur pour plusieurs raisons : ce n’est pas le personnage éponyme qui ouvre la pièce mais un roi, présenté comme un personnage violent, autoritaire, « un roi qui s’amuse ». 

Le dialogue avec la duègne insiste sur le caractère trivial de la scène et la scène de l’armoire est digne du vaudeville ou du mélodrame. La scène d’exposition a souvent été parodiée, comme dans la parodie N, i, Ni ou le Danger des castilles : doña Josefa devient Pimbêche, don Carlos est don Pathos et cet « amphigouri-romantique » se déroule dans une cuisine d’auberge. 

On comprend que le caractère prosaïque de la pièce originale a pu être mal reçu ; ce qui invite certains auteurs à la parodier en faisant de don Carlos un don Pathos se cachant dans une huche à pain et avouant être « dans le pétrin » !

QUELQUES CONSEILS POUR RÉUSSIR LE JOUR DU BAC

  • Il faut que tu apprennes à gérer ton temps. Il s’agit d’une épreuve de rapidité : tu n’as que deux heures pour traiter deux questions.
  • Je te conseille de tenir un carnet de lecture qui te permettra, tout au long de l’année, de prendre des notes, de relever des citations, sur la pièce.
  • Je te conseille de t’entraîner à rédiger pour pouvoir rendre une copie complète le jour J !
Fin de l'extrait

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