Correction Bac Blanc Philosophie - Bac L Décembre 2017

Correction Bac Blanc Philosophie - Bac L Décembre 2017

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Correction Bac Blanc Philosophie - Bac L Décembre 2017

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Sujet

Faut-il opposer la nature et la culture ?

Introduction 

Accroche : Le philosophe des Lumières Rousseau s’illustre par un profond pessimisme sur l’histoire en général et la civilisation en particulier. Pour lui, la société et la civilisation tendent à pervertir ce qu’est naturellement l’homme : « Je voudrais qu’on choisît tellement les sociétés d’un jeune homme, […] Qu’il sache que l’homme est naturellement bon, qu’il le sente, qu’il juge de son prochain par lui-même ; mais qu’il voie comment la société déprave et pervertit les hommes ». Rousseau oppose complètement la culture à la nature. Or cette opposition est-elle légitime ? En effet il faut constater que certaines civilisations n’ont pas été bénéfiques pour l’homme.

Accroche : Le philosophe des Lumières Rousseau s’illustre par un profond pessimisme sur l’histoire en général et la civilisation en particulier. Pour lui, la société et la civilisation tendent à pervertir ce qu’est naturellement l’homme : « Je voudrais qu’on choisît tellement les sociétés d’un jeune homme, […] Qu’il sache que l’homme est naturellement bon, qu’il le sente, qu’il juge de son prochain par lui-même ; mais qu’il voie comment la société déprave et pervertit les hommes ». Rousseau oppose complètement la culture à la nature. Or cette opposition est-elle légitime ? En effet il faut constater que certaines civilisations n’ont pas été bénéfiques pour l’homme.

Objection :  Mais d’un autre côté, il faut admettre que l’homme ne peut pas se développer sans une société qui l’y aide selon une culture et des codes. Le cas de Victor de L’Aveyron, (enfant abandonné vers les années 1790 et ayant survécu en forêt) qui, même après réinsertion sociale, ne parlera jamais, montre que sans une société et sans une culture, l’homme ne peut pas épanouir sa nature avec toutes les facultés qu’elle possède. Et il apparait que l’homme semble être naturellement culturel, adopter naturellement des comportements culturels.

Reprise du sujet : Donc faut-il opposer la nature et la culture ?

Annonce de la problématique : L’enjeu de la question sera de savoir si l’opposition nature-culture est légitime ou si, au contraire, en l’homme, le culturel et le naturel ne sont pas profondément liés au point qu’ils doivent être pensés ensemble.

Annonce du plan : Nous répondrons à la question en commençant par tenter de définir le terme de nature. Nous verrons ensuite que, en certains moments de l’histoire, la culture s’est opposée à certaines aspirations et facultés naturelles de l’homme. Nous conclurons en développant l’idée que l’opposition nature-culture, si elle a déjà eu lieu, n’est pas légitime car elle ne permet pas le bonheur et l’épanouissement de l’homme.

I. Définition du concept de nature humaine

A. Le terme nature désigne la structure innée, physique et/ou psychique, selon laquelle un être se développe. Ainsi la nature des animaux est d’être soumis à des instincts contre lesquels il ne peut aller, à des saisons pour se reproduire, pour hiberner, à certains comportements… tout ce qui caractérise le monde animal. Il semble donc extrêmement difficile de parler de nature humaine dans la mesure où l’on peut constater que l’homme est un être libre, qu’il n’est pas soumis à des obligations et des instincts de type animal. La diversité des cultures en est un signe fort : l’homme n’est pas déterminé dans son comportement. Le philosophe français Sartre ira jusqu’à considérer que, pour lui, l’essence de l’homme, sa nature profonde, c’est la liberté. 

Pourtant, même si l’homme est libre, on peut quand même distinguer sous la diversité des cultures, des facultés et des aspirations universelles qui pourraient nous éclairer sur le sens de « nature humaine ». Tout homme, par exemple, est constitué de besoins biologiques et psychiques comme le fait de manger ou d’être en relation avec d’autres personnes. L’intelligence, la volonté mais aussi le langage, la conscience, la créativité, la recherche permanente de sens, la recherche de beauté, la liberté sont autant de facultés innées et naturelles en l’homme et qu’il a besoin d’exprimer pour être heureux. Mais il apparait aussi que ces facultés, si elles sont innées à l’origine, doivent cependant être développées par l’éducation et la culture. En effet un enfant a naturellement la faculté d’apprendre à parler, mais cette faculté doit être développée par un apprentissage. L’importance de la culture vis-à-vis de la nature apparait déjà.

B. Rousseau, philosophe du 18ème siècle, a une conception tout-à-fait originale de « l’homme naturel ». Dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, il cherche à savoir en quoi consiste « l’homme naturel », c’est-à-dire l’homme sans tous les apports (en termes d’idées, des préjugés, de comportements) apportés par la culture et son développement. Qu’est-ce que l’homme à l’état de nature ? La réponse de Rousseau est la suivante : à l’état de nature, l’homme est un être solitaire qui est animé de deux aspirations premières : la conservation de soi et la pitié (que Rousseau conçoit comme la répugnance naturelle à voir périr ou souffrir tout être sensible). De même, l’homme naturel est amoral, il ignore tout-à-fait en quoi consiste la bonté ou le vice. Cette recherche de ce que serait cette nature humaine « à l’état pur » si l’on puit dire mène Rousseau a une critique ouverte de la société et de la culture : la société et ses codes culturels pervertissent l’homme tel qu’il était naturellement, c’est-à-dire ignorant du mal. En effet la culture et la société réveille l’amour propre de l’homme et lui font envier son prochain et ainsi le pousse à mal agir. Rousseau oppose donc la société et la culture à la nature de l’homme parce que, pour lui, la culture tend à dépraver la nature.

Transition : Le postulat de Rousseau (la culture s’oppose à la nature et la déprave) est-il justifié ? La culture s’oppose-t-elle à la nature ? Certaines cultures de l’histoire le laissent en effet penser.

II. La culture s’oppose parfois, de fait, aux aspirations et aux besoins innés et naturels de l’homme

A. Définissons tout d’abord la culture. Au sens général, la culture désigne à la fois l’action de transformer la nature et le résultat de cette action. La culture peut s’appliquer à différentes choses : culture de la terre, culture physique, culture de l’esprit. 

La culture, au sens de culture humaine, désigne l’ensemble des manifestations de la pensée et de l’action humaine. Ainsi l’art, les techniques, la science, la religion, le culte des morts mais aussi la langue, les institutions politiques, les mœurs (ce terme veut dire comportement) sont des éléments constitutifs de la culture. Ils sont propres à l’espèce humaine et la marque de l’esprit. Il apparait donc que la culture, notamment grâce au développement technique, devrait permettre à l’homme d’assurer sa survie tout en le libérant en partie d’effort à fournir et de temps à passer. Elle devrait lui permettre une plus grande marge de manœuvre sur le monde et sur lui-même, tout en répondant à ses besoins et ses aspirations naturelles. 

B. Toutefois, si théoriquement, la culture semble seconder la nature en l’aidant à se développer, il est clair qu’en pratique cela n’a pas toujours été le cas : elle n’a pas toujours permis à l’homme de répondre à ses besoins et aspirations naturelles, elle a même parfois été contre et l’argument de Rousseau s’est alors avéré justifié. L’Histoire regorge d’exemples où tous les constituants de la culture (éducation, politique, art, moyens de communications…) ont servi les intérêts d’un seul homme au détriment de toute une société. Toutes les formes de propagandes du XXème siècle utilisèrent la publicité, le théâtre, les démonstrations de force à la télévision. De même, toutes les cultures qui ont pratiqué l’esclavage ont ainsi nié la faculté naturelle de l’homme qu’est la liberté. Celles qui ont eu des pratiques eugénistes et tuaient les individus considérés comme trop faibles ont également nié la liberté humaine et la valeur de la vie d’un individu, l’idée dominante étant que ces individus ne pourraient pas être utiles à la société (la culture spartiate qui tuait les enfants trop faibles, idem dans la culture romaine où le père de famille était le seul à décider de laisser vivre ou de laisser mourir l’enfant s’il le jugeait fort ou faible). 

Ainsi, certaines idées, admises par la culture et défendues par elle, peuvent aller contre la nature humaine, contre l’homme. En niant une part de ce qu’il est (que ce soit sa liberté par rapport à sa vie, ses pensées, ses choix, par rapport son individualité, ses origines, sa recherche d’un sens autre que celui qu’on lui impose, etc.), la culture peut s’opposer aux aspirations naturelles de l’homme, empêcher son bonheur et souvent même aller jusqu’à lui ôter la vie

Transition : Pourtant, même si l’argument de Rousseau s’est trouvé justifié en certains cas, il ne semble pas légitime d’opposer la nature humaine et la culture. En effet, l’homme est un être naturellement culturel de par sa liberté, de par son aspiration à la conquête du monde et au développement de ses propres facultés.

III. L’homme est un être naturellement culturel

A. Le cas des enfants abandonnés ou maltraités montre que, sans le contact avec une société organisée selon une culture et des codes, sans la présence d’un autre protecteur et attentif, l’homme ne peut pas développer toutes ses capacités et ses potentialités. Boris Cyrulnik, neurologue, éthologue et psychiatre en donne plusieurs illustrations, notamment celle du cas de Laura.

Le cas de Laura : Laura est un bébé qui « a survécu dans une situation familiale de privation affective. A l’âge de sept mois, il a fallu l’hospitaliser parce qu’elle se laissait mourir. La chaleur des infirmières et les stimulations ambiantes ont redonné vie à l’enfant. De retour dans sa famille, l’isolement presque total l’a fait rechuter. Finalement, à l’âge de sept ans, elle a été placée dans une famille d’accueil. Dès lors, chaque jour, elle a pu rencontrer les parents d’accueil, les grands-parents, la fille de la maison, deux grands chiens. […] le samedi nous venions rendre visite à l’enfant pour l’observer dans ses conditions habituelles de vie. Première surprise : elle marchait à quatre pattes […] le fait d’avoir été élevée en isolement sensoriel l’avait privée du modèle de la station debout : elle n’avait pas pensé à tenter l’aventure de la bipédie. Un comportement moteur, apparemment aussi simple que la station debout nécessitait quand même un modèle d’apprentissage ! » (Source : La naissance du sens, Boris Cyrulnik, Hachette littératures, 2006). 

La culture est donc un moyen nécessaire pour permettre à l’homme de développer ses facultés. Il n’y a donc pas de développement possible de la nature sans la culture. La culture est en ce sens une seconde nature.

B. De la même façon qu’il va chercher à inventer des outils pour améliorer ses résultats par rapport à son confort de vie, de la même manière l’homme cherche à établir une culture qui lui permettra de s’épanouir lui-même et de mettre en place une société protectrice où il pourra construire son bonheur. Ainsi, un être civilisé est, en ce sens, un être qui a réussi à développer tous les potentiels humains, de manière équilibrée.

De même, l’homme développe sa nature dans le temps, la culture accompagne ce développement, le soutient. Opposer la nature et la culture est donc faire erreur. Car la culture devrait accompagner la nature. Il faut aussi noter que la culture est nécessaire à l’homme par rapport à sa liberté : elle lui permet de s’épanouir et de se développer (grâce à l’éducation ou aux rites mis en place par telle ou telle société), c’est-à-dire concrètement de se connaître, de connaître le monde qui l’entoure, les possibilités d’action, de réalisation. La culture nous influence mais ne nous détermine pas. Au contraire, elle doit nous donner le savoir, les valeurs nécessaires pour affirmer notre personnalité tout en apportant notre contribution à la société. 

Enfin il y a cette idée que le culturel vise à perfectionner le naturel : Normalement !  En effet, comme nous l’avons vu, la créativité de l’homme et son intelligence sont en quête permanente de perfection : le développement d’outils techniques toujours plus complexes et plus inventifs en est la preuve vivante. De même, pour ce qui est du lieu de vie : l’homme cherche toujours à vivre dans un lieu plus beau, plus parfait. Cette quête de perfection touche tous les aspects de la vie de l’homme (même dans ce que l’on pourrait appeler le mal, il y a une recherche de perfection : on veut des armes toujours plus puissantes pour être plus fort, plus parfait que le voisin). 

La culture cherche également à perfectionner les facultés naturelles : on ne se contente plus de chasser pour manger, on cuisine, on va même jusqu’à payer des personnes pour qu’ils le fassent (restaurant). On ne se contente pas de parler, on écrit des poésies et du théâtre, on met des textes en musique. Là encore, l’homme devient plus libre : il développe, agrandit, s’approprie et fait siennes toutes ces facultés données par sa nature. S’il ne le fait pas, ou s’il n’a pas l’occasion de le faire, ces facultés restent à l’état de facultés sans devenir actes propres de telle personne.

Conclusion

Bilan : Il apparaît donc que l’homme est un être naturellement culturel, que la culture est le moyen naturel par lequel l’homme répond à ses aspirations et besoins innés et perfectionne ses facultés. En ce sens, la culture est une seconde nature.

Réponse définitive : Ainsi opposer nature et culture n’est pas légitime, il s’agira au contraire de trouver un juste équilibre entre les deux : la culture vise à perfectionner les facultés naturelles de l’homme, à lui permettre de vivre en société de manière paisible et non à nier ces facultés ou à empêcher l’homme de les exercer.

Ouverture : Il faudrait alors penser les liens entre la morale et la culture afin que la culture, encadrée par des valeurs de justice, soit toujours au service du bonheur de l’homme en tant qu’individu comme en tant que société.

Tu as des questions ? N’hésite pas à les poser lors de notre live de correction jeudi 04 janvier 2018 à 16h sur notre chaîne YouTube digiSchool ainsi que sur notre page Facebook SuperBac ! ;) 

Fin de l'extrait

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