Correction Sujet 1 Philosophie - Bac L 2017

Correction Sujet 1 Philosophie - Bac L 2017

digiSchool Bac L met à votre disposition la correction du sujet 1 de Philosophie du Bac L 2017.
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Le sujet de dissertation était : Suffit-il d’observer pour connaitre ? Voici une correction détaillée réalisée par notre professeur!

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Correction Sujet 1 Philosophie - Bac L 2017

Le contenu du document

 

 

SUJET 1 : SUFFIT-IL D’OBSERVER POUR CONNAITRE ?

 

Notion en jeu : théorie et expérience.

 

AVANT-PROPOS

 

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

PRESENTATION DU SUJET 

 

Ce sujet, « Suffit-il d’observer pour connaître », a trait à une notion classique du programme de terminale L, théorie et expérience, faisant partie du grand domaine ‟La raison et le réel”. C’est un sujet épistémologique, qui a trait à la connaissance en général.

Ici, il s’agit ni plus ni moins que de se demander si la connaissance se trouve dans l’expérience (l’observation, la perception), si l’expérience suffit, ou s’il n’y a pas besoin d’un quelconque recours à la théorie pour faire aboutir cette connaissance.

Attention à ne pas faire de hors sujet et à ne pas dire d’emblée, même si on le pense, que l’expérience est absolument inutile à la connaissance. Le sujet en effet suppose qu’elle est nécessaire, mais invite à se demander jusqu’à quel point...

 

ANALYSE DU SUJET 

 

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.

 

1. Définition des termes

• suffit-il : le verbe “suffire” est ici le mot-clef, il pose la question de la nécessité et de la suffisance. Autrement dit, le sujet ne demande pas s’il est nécessaire d’observer pour connaître (ça va de soi), mais si c’est nécessaire et suffisant, c’est-à-dire si l’on n’a pas besoin d’autre chose pour connaître.

• observer : observer, c’est examiner attentivement quelque chose, dans une finalité de connaissance : j’observe pour comprendre, analyser, etc. Dans la définition même d’observer, il semble donc qu’on observe toujours pour quelque chose et que ce n’est pas une fin en soi. Observer pour connaître suffit-il ? Ou l’observation serait-elle insuffisante ? 

• pour : marqueur de la finalité, synonyme d’ “afin”...

• connaître : le terme est un peu technique, connaître, comme dirait Kant, ce n’est pas penser... Connaître c’est aller au fond des choses, trouver une raison, une explication, c’est comprendre une chose dans sa globalité, savoir ce qu’elle est, ses tenants et ses aboutissants. Or pour en arriver à une telle vue de la chose, observer est-il suffisant ? La connaissance n’implique-t-elle pas un travail de l’esprit assez peu présent dans l’observation en tant que telle ?

 

2. Mise en tension du sujet et problématisation.

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.

 

Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

- Sujet : suffit-il d’observer pour connaître ? 

- Réponse évidente : oui, il suffit d’observer pour connaître. Connaître, dans un premier sens, c’est bien avoir une vue de la chose, et observer ce qui nous entoure, cela ne nous donne-t-il pas cela ? Et de manière plus approfondie, l’empirisme nous apprend que toute la connaissance se fonde sur l’observation et même se limite à cette dernière, nous le verrons.

- Réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites  : pourtant, l’observation seule a ses limites : elle peut être fallacieuse, trompeuse, et pas assez rigoureuse pour constituer une connaissance à proprement parler. Qu’en est-il donc ?

 

Cela amène alors la problématique suivante : la connaissance se limite-t-elle à l’observation, l’observation suffit-elle, ou la connaissance ne doit-elle pas aller plus loin pour être digne de ce nom ?

 

PROPOSITION DE PLAN

 

I. Oui, il semble qu’il suffit d’observer pour connaitre.

1. Observer, pour un premier rapport au monde.

Connaître, en un premier sens, c’est être dans une certaine familiarité avec ce qui nous entoure. Le petit d’homme apprend à connaître le monde, à se l’apprivoiser, à en voir les tenants et les aboutissants, à se faire un point de vue précis sur les choses. Forcément, on ne peut pas connaître si l’on en reste à la stricte sphère de ses idées. Cf. Kant, la distinction penser / connaître : je ne peux que penser les choses qui n’existent pas dans l’expérience, que je ne peux observer (par exemple l’âme, Dieu), mais je peux connaître les choses concrètes, précisément parce que je les observe, je les perçois, je les intuitionne (« un concept sans intuition est vide » dit-il, il ne serait qu’une pensée).

 

2. L’empirisme ou l’observation / l’expérience comme nécessaire et suffisante à la connaissance.

L’expérience semble donc nécessaire à la connaissance, si l’on suit Kant. Mais l’empirisme va plus loin et explique que notre connaissance se limite même à l’observation, l’empirique, ce sans quoi ce serait des délires de notre raison bien détachés de la sphère de la réalité, et on outrepasserait même nos droits (Kant tient à cet égard un véritable tribunal de la raison, et explique qu’il faut borner cette dernière à l’expérience, “bornes”, vocable juridique). Mais pour l’empirisme (qui va plus loin que Kant), la raison même, notre faculté de connaître, est entièrement dérivée de l’expérience. « Avoir des idées et avoir des perceptions est une seule et même chose », dit à cet égard Locke. Hume ajoutera quant à lui qu’une idée n’est qu’une image d’une image, donc une image plus raffinée d’une observation première.

 

II. Mais l’observation au sens strict ne suffit pas, elle doit être imprégnée d’analyse. De l’expérience à l’expérimentation.

1. La perception seule source d’erreurs.

A moins de penser qu’on peut connaître les choses par intuition sensible, j’observe et je connais, il ne va pas de soi qu’observer suffit à connaître, parce que le sujet serait beaucoup trop passif. De plus, on sait que nos perceptions peuvent être fallacieuses : un morceau de cire à l’état solide et un morceau de cire à l’état liquide ne sont pas reconnaissables comme étant identiques juste par la perception. Il faut que mon esprit vienne faire le lien, il faut donc une analyse en plus de la stricte observation, pour tirer une idée valable de la chose observée.

 

2. Expérience et expérimentation.

Ainsi donc, il faut trouver un entre deux : observer n’est pas suffisant (contrairement à la position de l’empirisme classique) mais théoriser non plus (position de Kant). Il faut mêler les deux. La distinction que fait Claude Bernard entre expérience et expérimentation est à cet égard très éclairante : l’expérience seule est soumise aux aléas de l’empirique, instable, particulier, changeant, et ne peut donc engager la rigueur de mise dans la connaissance (stable, objective). Mais l’expérimentation quant à elle est la solution : il s’agit de considérer l’expérience comme un laboratoire d’analyse, insuffisante en elle-même mais base de recherches quant à notre connaissance.

 

III. Les dangers de considérer l’observation comme suffisante à la connaissance.

1. Dépasser les apparences

Le cours de philosophie nous l’a bien appris cette année : connaître, c’est dépasser la sphère des opinions et des apparences. Cf. Platon l’Allégorie de la caverne, il faut aller au-delà des ombres de la caverne, trompeuse, et s’élever à la sphère des idées, pour avoir une vraie connaissance des choses, ce sans quoi on reste dans les images, l’illusion de connaître qui n’est pas la véritable connaissance. Or si l’on se cantonne à l’observation, on se cantonne aux images, il est donc nécessaire d’aller au-delà.

 

2. De plus, une observation pure est impossible à avoir

En tant qu’êtres humains, composés de corps et d’esprit, il est difficile de concevoir qu’on puisse avoir une observation stricte des choses, indépendante de toute rationalisation ou esprit d’analyse. C’est ce que dit Karl Popper, dans L’esprit scientifique : lorsqu’on observe, selon lui, on est déjà presque dans l’expérimentation, car on ne le fait pas par hasard, détachés de toute idée... Si donc une observation purement sensible n’existe pas, il va de soi que l’observation ne suffit pas à la connaissance.

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