Correction Sujet 1 Philosophie - Bac L 2017 Liban

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L'art peut-il nous éduquer ? Voici la dissertation de Philosophie à réaliser ici. Notre professeur vous propose son corrigé complet et détaillé, pour que vous puissiez facilement vous évaluer.

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Correction Sujet 1 Philosophie - Bac L 2017 Liban

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L’ART PEUT-IL NOUS EDUQUER ?


AVANT-PROPOS

Même s’il y a certains incontournables méthodologiques dans une dissertation de philosophie, l’argumentation, elle, est personnelle. 

Ce « corrigé » n’est donc qu’une proposition de plan, avec un certain angle d’analyse, certaines références philosophiques. Le candidat peut voir d’autres enjeux et penser à d’autres concepts. On aurait pu par exemple, changer l’ordre des parties.

Ce qui fera la différence c’est avant tout une analyse rigoureuse des termes du sujet et un véritable questionnement à partir du sujet.


INTRODUCTION

Accroche : Les visites au musée, les sorties cinéma et la lecture des grandes œuvres classiques fait aujourd’hui complètement partie du parcours scolaire. L’éducation nationale prévoit une certaine initiation à l’art, elle met en place dans les programmes, une éducation artistique et culturelle pour tous les élèves. 

Objection : Mais à quoi nous éduque la fréquentation des Beaux-Arts ? Sommes-nous vraiment réceptifs aux œuvres d’art et peut-on dire qu’elles nous apprennent quelque chose comme lorsqu’on apprend des formules mathématiques ou des dates historiques ?

Reprise du sujet : L’art peut-il nous éduquer ?

Analyse des termes du sujet et distinctions conceptuelles : 

Il faut distinguer éduquer, instruire, enseigner et apprendre. Si l’art éduque, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il nous inculque des connaissances techniques. La valeur éducative de l’art ne réside pas seulement dans l’intérêt qu’il peut y avoir à faire de l’histoire de l’art par exemple. Peut-être que ce que l’on apprend en fréquentant les œuvres d’art est d’un autre ordre. Eduquer signifie à la fois former quelqu’un, cela renvoie à un processus qui engage l’éducateur et l’éduqué, et acquérir des compétences ou un savoir-faire.

⇒ L’art renvoie ici à la fois à l’activité créatrice et à l’œuvre d’art qui est le résultat de cette activité. 

⇒ Le pronom « nous » peut désigner les individus et la communauté socio-politique. Ceux qui sont engagés dans un processus éducatif sont des individus et aussi des sujets politiques, des citoyens.

⇒ Le verbe de modalité pouvoir a deux dimensions : celle de la possibilité (est-il possible que l’art nous éduque ? Et si oui, à quelles conditions ?) et celle de la capacité (l’art a-t-il un pouvoir éducateur en lui-même ?)


Cadre de réflexion : Art et éducation. On se demande ce que peuvent être le sens, la fonction et la finalité de l’art.

Problématique : L’art accomplit-il de façon exemplaire l’ambition éducatrice ou n’est-il qu’un moyen parmi d’autres pour éduquer ? Est-ce que c’est là sa finalité ? Remarque : la problématique sous forme d’alternative avec une affirmation et une autre est assez efficace pour créer une tension philosophique.

Annonce de plan : Nous tâcherons de montrer dans un premier temps en quoi consiste la valeur potentiellement éducative de l’art. Nous nous demanderons dans un second temps quel modèle éducatif l’art représente pour un individu et même pour une société politique. Enfin, nous montrerons qu’on ne peut pas réduire l’art à des finalités éducatives sans courir le risque du dogmatisme en le réduisant à un instrument pour éduquer. 


PARTIE I

D’abord, on peut se demander en quoi consiste la ou les valeur(s) éducative(s) de l’art, autrement dit, comment l’art éduque et dans quels domaines.


a. Des compétences techniques

Quand on apprend au collège les arts plastiques, on apprend en fait un ensemble de techniques, un savoir-faire artistique. On se familiarise avec les pratiques du collage, de l’aquarelle, de la peinture à l’huile, voire de la sculpture. 

On se rapproche alors d’une conception de l’art comme techné (ou ars en latin), comme mise en œuvre de compétences techniques visant à la fabrication d’un objet. C’est presque une conception artisanale de l’art, on envisage l’art comme une pratique artistique mais on ne devient pas pour autant artiste car comme le rappelle Alain dans Le Système des Beaux-Arts, ce qui distingue l’artisanat de l’art, c’est le projet artistique. L’artiste crée une œuvre d’art, il vise le beau et non l’utile comme l’artisan.


b. L’histoire de l’art et la culture artistique 

L’art éduque à travers les œuvres que l’étudie et qui s’inscrivent dans une histoire dont elles sont le témoignage. La discipline de l’histoire de l’art nous permet d’avoir certains repères dans la culture. On découvre les grandes œuvres d’une culture. Dans ce cas de figure, l’éducation artistique consiste en un ensemble de connaissances dans le domaine de l’histoire de l’art, elle permet d’accéder à un fonds de culture générale. Fréquenter les œuvres classiques permet de s’entendre sur un patrimoine commun, un héritage culturel qui a valeur de référence. Mais selon Hegel, dans l’introduction à L’Esthétique, une approche systématique des œuvres d’art empêche d’apercevoir sa finalité, le beau, il n’est pas certain qu’on puisse concevoir une science systématique des œuvres d’art. 


c. Créativité et expression

En découvrant les œuvres des artistes, on stimule aussi la créativité de l’enfant, on l’encourage à s’exprimer, on éduque sa perception en lui faisant voir et entendre des choses. Il est amené à reconnaître des moyens d’expression de sa subjectivité et peut-être à faire de même. 


Transition : Après avoir entrevu les différents domaines de l’éducation par l’art, on peut se demander à quel modèle éducatif il renvoie, on revient ainsi au sens du verbe éduquer, qui signifie former. Dans quelle mesure l’art est-il essentiel à notre formation ? 


PARTIE II

L’idée que l’art puisse nous éduquer renvoie à un idéal classique de formation artistique et esthétique qui est la condition de possibilité de l’épanouissement personnel. Ce processus de formation s’appelle « Bildung » en allemand, il renvoie à la tradition littéraire des romans de formation, Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (Johann Wolfgang von Goethe), par exemple. Ce modèle de la « Bildung » de l’individu par l’art domine tout le dix-huitième siècle. 


a. L’éducation de la sensibilité et de l’imagination

En faisant des expériences esthétiques, c’est-à-dire en découvrant des œuvres d’art et le plaisir que l’on peut en retirer, on apprend à solliciter sa sensibilité et son imagination. Cette rencontre entre un individu particulier, sa subjectivité et celle d’un artiste à travers une œuvre joue un rôle essentiel dans la construction de la personnalité de l’individu. On peut penser au modèle de l’éducation du goût au XVIIIème dont Schiller fait l’apologie dans Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme. Chez Kant, l’expérience esthétique est le lieu d’un libre jeu des facultés de l’imagination et de la sensibilité, c’est donc l’expérience par excellence, de la liberté, comme il l’explique dans la Critique de la faculté de juger.


b. Le besoin d’art

L’art peut être considéré comme le propre de la vie humaine, intimement lié à l’apparition de toute société. En effet, l’humanité est par essence créatrice : par exemple, dans les sociétés dites primitives, on trouve des traces de cultes rendus aux morts, d’art funéraire donc. Par ailleurs, l’homme fabrique des images et aspire à se retrouver, à se reconnaître dans ces images. L’art nous éduque parce qu’il est essentiel à toute société humaine, il y a un « besoin général d’art » selon Hegel, toujours dans l’introduction à l’Esthétique. En quelque sorte, fréquenter les œuvres d’art, c’est comprendre ce qui fait que nous sommes des êtres humains parce que nous sommes créateurs.


c. La valeur politique de l’éducation artistique

Chez Schiller, dans les Lettres sur l’éducation esthétique, on voit que l’éducation artistique, c’est-à-dire l’éducation esthétique en fait, a une importance politique. Il part du contexte historique de la Révolution Française et explique que l’on ne peut retrouver une certaine cohésion sociale et politique que grâce au plaisir esthétique qui réconcilie l’esprit et le sens et donne naissance à des êtres harmonieux capables de vivre ensemble. Ainsi, l’art est un vecteur d’intégration sociale.


Transition : Ce modèle place l’art au cœur de l’éducation de l’homme, en tant qu’individu et que sujet politique. Cependant, il pose un certain nombre de problèmes quant à la conception de l’art.


PARTIE III

Dire que l’art éduque pose deux problèmes majeurs : d’abord, la fréquentation des œuvres d’art est condamnée par toute une tradition philosophique parce qu’elle ne permet pas d’accéder à des contenus de vérité et nous mène au contraire à l’illusion ; ensuite, on ne peut pas réduire l’art à un moyen éducatif, parce qu’il vise avant tout le beau.


a. L’art et son potentiel d’illusion

Chez Platon, dans La République, on trouve une forte condamnation de la mimésis, c’est-à-dire de la représentation. En effet, admirer les œuvres d’art et notamment des tableaux consiste à admirer les images des choses qui ne sont que des reproductions plus ou moins fidèles des choses elles-mêmes. On peut ainsi être trompé et substituer aux choses réelles, leurs copies stylisées, et se détourner ainsi du chemin du vrai qui est le modèle de l’éducation grecque, ce qu’on appelle la paiedia. 


b. L’imagination et la raison

On l’a dit, l’art s’adresse à notre sensibilité et à notre imagination, mais pas directement à notre raison. Or, un être éduqué, est avant tout un être doué de raison, qui sait en user et qui la maîtrise. L’art encourage en fait le développement d’une faculté qui souvent nous trompe, nous égare, l’imagination « maîtresse d’erreur et de fausseté » (Pascal) au lieu de nous apprendre à nous servir de nos capacités d’analyse et de réflexion. 

C’est ce qui fait dire à Pascal, dans Les Pensées, que non seulement l’art ne doit pas faire partie de l’éducation mais qu’en plus l’art est vain en lui-même pour la formation de la raison : « Quelle vanité que la peinture qui attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux ! ». En fait, l’art est conçu comme un divertissement, on le préfère souvent aux réflexions importantes selon Pascal, comme la mort ou la religion. 


c. L’art et le beau

Si l’art fait désormais partie d’un certain modèle d’éducation, on ne peut pas le réduire à un simple moyen éducatif parmi d’autres, comme s’il avait pour seule finalité l’éducation. Il faut prendre garde à préserver l’autonomie de l’art et des artistes sans vouloir les enfermer dans des carcans académiques. Ce que l’art vise selon une conception classique, c’est le beau, il n’a pas nécessairement de fonction sociale, politique ou morale. 


CONCLUSION

Bilan : L’art a des valeurs éducatives, il peut nous apprendre certaines choses et même constituer la base d’un projet éducatif de grande ampleur mais ne peut pas se réduire à une finalité éducative.

Réponse définitive : S’il est important d’opposer à une éducation purement technique et scientifique la possibilité d’une éducation morale, sociale et politique par le biais de l’art, il ne faut pas attribuer dogmatiquement à l’art une finalité éducative. Pour éviter cet écueil et redonner à l’art tout son sens au-delà même d’un processus éducatif, on peut dire que ce qui est indispensable à l’épanouissement de l’homme, au XVIIIème, c’est l’éducation esthétique, qui consiste en l’éducation du jugement de goût et en la stimulation de la sensibilité. 

Ouverture : On pourrait pousser l’argument de l’art vecteur d’éducation à l’extrême et étudier le cas de l’utilisation de l’art dans les régimes totalitaires et la notion d’art de propagande.

Fin de l'extrait

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