Correction Sujet 2 Philosophie - Bac L 2017

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digiSchool Bac L met à votre disposition la correction du sujet 2 de Philosophie du Bac L 2017.
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Le sujet de dissertation portait sur Tout ce que j'ai le droit de faire est-il juste ? Retrouvez une correction détaillée effectuée par notre professeur!

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Correction Sujet 2 Philosophie - Bac L 2017

Le contenu du document

 

SUJET 2 : TOUT CE QUE J’AI LE DROIT DE FAIRE EST-IL JUSTE ?

 

Notion en jeu : justice et droit.

 

AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

PRESENTATION DU SUJET 

Ce sujet, « Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ? » a trait à un couple de notions classique de terminale L, le droit et la justice, intégré au grand domaine de la politique. C’est ici un sujet à dimension pratique, puisqu’il s’agit d’interroger les rapports entre l’action et sa légitimité, sa justice. Le mot clef du sujet ici est “tout”, ce qui signifie que ce qui est questionné ici c’est l’adéquation absolue entre le droit de faire quelque chose, et le fait que cette action soit juste. Autrement dit, mon droit d’agir est-il subordonné à la justice, se limite-t-il à elle, ne peut-il pas la dépasser ? On note la dimension totalisante du sujet… qui est ce sur quoi il faut problématiser.

 

ANALYSE DU SUJET 

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.

 

1. Définition des termes.

• tout : l’adjectif indéfini “tout” est ici le mot-clef du sujet, il donne une dimension totalisante à la question. Il ne s’agit pas de se demander si ce que j’ai le droit de faire en général est juste, mais si tout, absolument tout ce que j’ai le droit de faire est juste.

 

• ce que ... faire : ces mots réfèrent à l’action, la pratique, mon agir. Et forcément, on le sait, puisque nous vivons dans un état social, nous n’agissons pas comme nous le voulons, nous sommes limités par le droit. La question étant de savoir si ce droit est synonyme de justice ou non.

• est-il : le verbe “être” est sans doute l’un des plus simples de la langue française. Il marque un état, voire un constat. Ici le sujet nous demande si tout ce que j’ai le droit de faire est juste, il s’agit donc de faire un état des lieux quant à la question posée, et à ne surtout pas remplacer le verbe ‟être” par un autre en début d’analyse : soit tout ce que j’ai le droit de faire est juste, soit ça ne l’est pas. Le verbe “être” revêt aussi une dimension plus forte, “être” c’est l’essence, le fondement, la nature. Une autre dimension du sujet serait donc de se demande, derrière l’action, si le droit se confond avec la justice, de sorte que forcément mon droit d’agir dans sa totalité serait subordonné à cette dernière.

 

• droit : le droit c’est l’ensemble des lois et des règles qui gouvernent un groupe social donné, il a une dimension forcément pratique puisqu’il instaure les règles de nos actions. Comme le droit se concrétise dans les lois, il est d’une manière ou d’une autre relié à la justice (sachant que le légal n’est pas le légitime, que donc lois et justice ne sont pas forcément équivalentes).

 

• juste : la justice, c’est une vertu, c’est quelque chose à la fois de positif (le légal, la justice des lois) mais aussi de moral (le légitime, la justice de la conscience morale). Le droit correspond au légal, donc la justice en règle générale ne se résume pas au droit. 

 

2. Mise en tension du sujet et problématisation.

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.

 

Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

 

- Sujet : tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?

- Réponse évidente : oui, il semble bien à première vue que tout ce que j’ai le droit de faire est juste, puisque le droit s’érige comme étant la norme du juste avant toute chose. Dans ce cas-là, mon action serait forcément juste si j’obéis au droit.

- Réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : néanmoins, comme nous l’avons distingué en introduction, la justice ne se résume pas au droit (au légal) mais a aussi trait à la morale (au légitime). Dans certains cas, refuser d’obéir au droit est ce qui nous rend juste, et lui obéir aveuglement au contraire nous rend injuste...

 

La tension est ici sensible : soit en effet tout ce que j’ai le droit de faire est juste, auquel cas la justice se résume et se limite à sa définition par le droit, soit j’ai le droit de faire des choses qui ne sont pas forcément justes, dans ce cas le droit dépasse cette dernière.

 

Cela amène alors la problématique suivante : le droit, dans son application pratique, définit-il la justice de nos actions ? La justice se résume-t-elle à ce que j’ai le droit de faire, au légal, donc ?

 

PROPOSITION DE PLAN

 

I. Oui, il apparaît bien que tout ce que j’ai le droit de faire est juste.

1. Le droit, fondement de la justice.

L’avènement du droit se fait dans une seule finalité : que la justice règne du mieux que possible dans la société. Le droit est là pour assurer cette dernière, que tout le monde soit à égalité (première définition de la justice, que l’on trouve chez Aristote). Alors comment ne pas penser que tout ce que j’ai le droit de faire est juste ? D’ailleurs, l’étymologie latine nous indique clairement cette équivalence : jus, c’est le droit...

 

2. Les lois, donc, cadres de nos actions justes.

Ainsi donc, le Code Civil qui nous dit d’agir de telle ou telle sorte, et le Code Pénal, qui punit les délits, le non-respect des lois, sont les cadres de nos actions justes. Cf. Rousseau : le contrat social, très grossièrement, est un pacte tacite que le citoyen passe avec la société d’obéir aux lois, de se mettre à égalité avec les autres citoyens, et c’est bien dans l’état social que les individus agissent justement, en toute autonomie (ils choisissent eux-mêmes d’obéir aux lois).

 

II. Néanmoins, ce serait exagéré d’affirmer cela, car bien de nos actions légales sont injustes...

1. Droit positif contre droit naturel

Le mythe d’Antigone nous le montre bien, obéir aux lois et calquer son action sur ces dernières peut être tout à fait immoral. Ainsi Antigone défie-t-elle son oncle Créon, roi de la Cité, en enterrant son frère Polynice, interdit de sépulture par les lois civiles... Antigone, en transgressant la loi de la cité, fait agir sa conscience morale et met en œuvre une justice inexistante dans les lois. Définition plus approfondie de l’autonomie : ne plus simplement choisir d’obéir à telle ou telle loi, mais se donner à soi-même ses propres lois.

 

2. La désobéissance civile

Thoreau, dans cette lignée, bien plus tard, invente le concept de désobéissance civile. Il s’agit de désobéir publiquement à une loi que notre conscience morale juge injuste. Dans son cas, ne pas payer les impôts américains qui servaient en partie à financer la guerre au Mexique...

 

III. Le risque de borner le juste au droit... c’est de faire des actions injustes en toute impunité, et c’est banaliser le mal...

1. Risque n°1. Faire des actions injustes en toute impunité

Si l’on sépare le légal du légitime, on risque de justifier toute action, même la plus injuste. Arendt met bien cela en évidence dans Eichmann à Jérusalem : ce dernier a fait massacrer, sous le Troisième Reich, des milliers de Juifs, il a commandité leur mort, mais selon ses propres mots au tribunal, il n’a rien fait de mal puisqu’il s’est contenté d’obéir aux lois du Troisième Reich, servile fonctionnaire d’État. Argument ici du légalisme, du respect des lois, qu’Arendt veut combattre. La seule chose qu’Eichmann a fait de mal et qui a conduit au génocide de milliers de personnes et à un crime contre l’humanité, ça a été précisément de ne pas désobéir à la loi, de n’avoir aucune notion de ce qu’il est légitime de faire ou non, malgré ce que le légal nous dit de faire. 

 

2. Risque n°2. Banaliser le mal

Se faisant, à ne pas soumettre le droit au légitime, à donner au légal sa propre autonomie, on peut aller jusqu’à penser, tout comme Arendt, que cela revient à banaliser le mal, à l’autoriser en toute impunité. Cf. le machiavélisme... Ce qui alors met en danger les fondements mêmes de notre société, basée sur le droit précisément pour que par consensus, les citoyens agissent le plus droitement possible.

Fin de l'extrait

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