Correction Sujet 2 philosophie - Bac L 2017 Liban

Correction Sujet 2 philosophie - Bac L 2017 Liban

Découvrez le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac L 2017 du Liban.
Voir le sujet de Philosophie

Les connaissances nous aident-elles à vivre ? Voici le corrigé détaillé et complet que notre professeur de Philosophie vous propose. Profitez-en pour vous évaluer et vous entraîner à l'épreuve de la dissertation de Philosophie.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac L du Liban 2017 !

Correction Sujet 2 philosophie - Bac L 2017 Liban

Le contenu du document


LES CONNAISSANCES NOUS AIDENT-ELLES A VIVRE ?


AVANT-PROPOS

Le « corrigé » suivant n’est qu’une option parmi d’autres. Il convient de considérer le plan de l’argumentation, les références  convoquées  et  les  exemples  comme  de  simples propositions.  On aurait pu traiter le sujet autrement, avec d’autres outils conceptuels, ou sous un autre angle. 

Ce qui compte c’est en des termes du sujet et la réflexion menée à partir de ce sujet.  La dissertation a certes des codes rhétoriques, mais elle doit témoigner d’une réflexion personnelle.


INTRODUCTION

Amorce : On peut revendiquer l’ignorance des conséquences de nos actions pour mener une vie insouciante, sourde à certaines préoccupations, et peut-être même heureuse.

Objection : Cependant, faire ce choix c’est courir un risque. Et il semblerait que par ignorance, on puisse agir de façon inconsidérée, causer du tort à autrui ou causer du tort à soi-même par exemple. 

Reprise du sujet : Alors que les connaissances peuvent nous aider à vivre.

Analyse des termes du sujet : Le terme de « connaissance » est au pluriel, ce qui signifie qu’on parle d’une collection de connaissances, qui ont trait à différents domaines. Elles peuvent désigner des connaissances scientifiques, des connaissances historiques. Bref, le pluriel suggère qu’il ne faut pas traiter le sujet dans le seul cadre classique de la philosophie de la connaissance et de ses conditions de possibilité. Les connaissances sont tout simplement des choses connues, des savoirs, mais aussi les choses dont on a fait l’expérience et que par conséquent, on connaît. L’expression « aider à vivre » suggère qu’il y aurait une sorte de difficulté à vivre. Cela engage une dimension éthique. On peut distinguer le fait de vivre sa vie, quotidiennement, simplement et le fait de « bien vivre », alors la question du bonheur entre en jeu. 

Enfin, notons l’usage du pronom « nous », il s’agit des connaissances qui nous concernent directement, encore une fois, l’on se place d’un point de vue éthique. 

Contexte de la question : Connaissances et éthique, connaissances et vie.

Problématique : Les connaissances sont-elles nécessaires pour la vie heureuse ou peut-on bien vivre en ignorant ? Remarque : on choisit ici de prendre « aider à vivre » dans un sens éthique, comme si les connaissances aidaient à bien mener sa vie (selon le modèle antique).

Annonce de plan : On verra tout d’abord qu’acquérir des connaissances sur le monde extérieur permet de comprendre le monde d’agir « en connaissance de cause » voire d’agir librement. On distinguera ensuite ces connaissances du monde extérieur de la connaissance de soi en se demandant quel rapport elle entretient avec la vie heureuse. Enfin, on montrera que l’acquisition de connaissances peut témoigner d’une recherche de sens pour surmonter les difficultés de la vie dans une perspective tragique. Il semble qu’il faille nuancer l’idée de nécessité des connaissances pour aider à vivre.


PARTIE I

D’abord, on peut prendre le terme de « connaissances » dans un sens très trivial. Pour agir, parler, et tout simplement vivre, il faut disposer d’un certain nombre d’informations. On ne cesse d’acquérir des connaissances de différents types au cours de notre vie. Et la vie elle-même nous apprend un certain nombre de choses. On ne peut donc pas séparer le fait de vivre et le fait d’accumuler des connaissances. Cependant, certaines connaissances ont plus d’influence sur notre vie que d’autres.


a. Pour mieux comprendre la notion de « connaissances » et son lien avec un enjeu éthique, on peut utiliser la typologie de Spinoza dans l’Ethique qui distingue trois genres de connaissances.

Les connaissances du premier genre qui nous viennent des sens, des opinions courantes (acquises par ouï-dire) et de l’expérience. Elles sont presque intuitives puisqu’on ne les acquiert pas par apprentissage. Néanmoins, elles sont partielles et incertaines car nos sens peuvent nous tromper, car les opinions ne sont que des opinions et que l’expérience est relative à une subjectivité. Les connaissances du deuxième genre sont les connaissances acquises, par exemple les connaissances mathématiques mais elles sont abstraites et détachées de la vie. Seules les connaissances du troisième genre que peut acquérir le philosophe au cours d’un cheminement intellectuel personnel permettent de mieux percevoir les choses, leurs relations et l’unité du monde. C’est une véritable vision du monde qui se développe alors et qui procure un sentiment de sérénité ou de béatitude.


b. Connaissance et ataraxie de l’âme

Lorsqu’on ne dispose pas de suffisamment de connaissances, on peut agir de façon excessive, sans être véritablement conscient du sens de nos actions et se jeter à corps perdu dans la satisfaction de désirs inutiles qui ne nous rendront pas la vie plus heureuse mais au contraire, nous condamneront à une frénétique recherche de plaisirs soi-disant insouciante. Pour Epicure, cette insouciance causée par l’ignorance éloigne de la vie bonne. Si au contraire, comme il le dit dans La Lettre à Ménécée, on apprend à reconnaître les désirs à rechercher et les désirs qui constituent un obstacle à la vie bonne, on sera plus heureux. Il faut donc privilégier les désirs naturels et nécessaires parce qu’ils sont nécessaires à notre survie (manger, boire). Et satisfaire des désirs naturels non nécessaires qui permettent de cultiver le plaisir (profiter d’un repas raffiné par exemple). Si l’on se complaît dans les désirs ni naturels ni nécessaires, on ne peut pas atteindre l’ataraxie de l’âme qui est synonyme de tranquillité. 


Transition : Les connaissances des choses extérieures qu’elles soient des résultats de l’expérience ou des connaissances acquises par apprentissage permettent de mener une vie sans encombre, heureuse parce que sans angoisse. Ce même principe s’applique à la connaissance de soi selon l’adage antique du « Connais-toi toi-même » de Socrate.


PARTIE II

Si l’on ne se connaît pas un minimum, on ignore ce qui est bon pour nous, ce qui nous est favorable, ce qui nous causera du déplaisir ou du déplaisir. On mène alors une vie à l’aveugle, sans jamais tirer les leçons des expériences que nous faisons. Les connaissances sur soi sont essentielles pour faire des choix, agir, éprouver du plaisir, déterminer quelles sont nos limites. Plus encore, cette connaissance de soi est une condition nécessaire au bonheur et aux bons rapports avec autrui.


a. Connaissance et liberté 

Celui qui ne sait rien, qui agit spontanément en obéissant aux mouvements de ses passions, est en fait déterminé de l’extérieur par des désirs qui naissent en lui. Il n’agit pas librement, il ne mène pas sa vie comme il l’entend, il subit les situations et ne parvient jamais à faire des choix. Chez Descartes (Méditations métaphysiques), la liberté c’est la possibilité d’agir, d’affirmer ou de nier. Selon lui, on est encore plus libre quand la volonté d’agir, de parler, de faire des choses est informée par l’entendement de ce qu’il convient de faire, de la manière dont il convient d’agir. L’entendement enrichi par des connaissances favorise le choix de ce qui est raisonnable. Ce choix est l’expression d’une volonté authentique. 


b. Le souci de soi et la sagesse

La figure antique du sage (P. Hadot, La figure du sage dans l’Antiquité gréco-latine), de celui qui sait donc, est une figure éthique majeure. En effet, le sage ne cesse de se livrer à des exercices spirituels, des exercices d’attention à lui-même pour apprendre à se maîtriser. Il apprend, il se cultive pour parvenir à un état de paix avec lui-même et agir toujours en connaissance de cause. Le modèle du sage suggère que la connaissance sur soi et la perpétuelle recherche d’une meilleure connaissance de soi est indispensable à la vie heureuse.


c. La connaissance de soi est-elle seulement possible ?

Cependant, cette connaissance de soi, qu’on peut appeler « conscience de soi » n’est pas aisée. La psychanalyse, et notamment Freud, a montré que la conscience était un domaine infime de notre psychisme et que la plupart de nos désirs, de nos craintes, se trouvait dans un domaine dont on ignorait tout, l’inconscient. Rêves, actes manqués, lapsus, névroses et psychoses diverses attestent l'existence d'un " moi " plus profond que notre " moi " pensant et organisateur de pensée, d'un inconscient formé de pensées refoulées qui remontent à la surface - et se traduisent par des " symptômes ". Acquérir une meilleure compréhension de soi et connaître ce que jusque-là on ignorait est le but de la cure psychanalytique qui doit permettre de mener une vie plus heureuse, parce que plus consciente. En ce sens, les connaissances améliorent considérablement la vie.


Transition : L’accumulation des connaissances, qu’elles concernent le monde extérieur, ou notre propre fonctionnement semblent nécessaires pour mener une vie heureuse. Outre l’enjeu d’une détermination positive de nos actions, et de la définition de nos choix, il semble que ce processus d’apprentissage témoigne d’une recherche de sens, pour précisément, nous « aider à vivre ». 


PARTIE III

Puisqu’il n’est pas question ici de connaissances abstraites, scolairement acquises, on peut s’intéresser à l’enjeu existentiel que soulève le sujet. On cherche à connaître et à se connaître parce que mener sa vie n’est pas une chose aisée, il nous faut de l’aide. En accumulant des connaissances, on essaye aussi de lui donner un sens, de définir un projet de vie par exemple, de faire les bons choix conformément à ce projet de vie. Il ne s’agit pas seulement de mener une vie bonne, en adéquation avec une certaine éthique, mais de mener sa vie, tout court.


a. L’ignorance et l’angoisse 

L’ignorance peut causer un sentiment de vertige. Dans un monde dont on ne sait rien, dont on ignore le sens, on est complétement démuni pour agir et comme paralysé par une angoisse existentielle. La connaissance qui conditionne la compréhension permet de pallier cette angoisse des « espaces infinis » comme le dit Pascal dans les Pensées. Ces « espaces infinis », le monde, n’a rien à nous dire, c’est à nous de chercher à le comprendre pour ne pas tomber dans l’effroi et dans l’incapacité à agir. 


b. Faut-il alors adopter une position sceptique ?

Il est rare que nos connaissances soient certaines et on peut souvent se tromper, parce que les sens nous trompent, parce que nous ne pouvons-nous connaître parfaitement puisque nous refoulons certains désirs, il semblerait que l’entreprise de connaissance elle-même soit menacée d’échec. Incapables peut-être, selon la doctrine philosophique du scepticisme, de déterminer la vérité avec certitude, on peut envisager d’adopter une position sceptique qui loin de nous empêcher de vivre, rend la vie plus calme. Il ne faut jamais abandonner la recherche de certitude même si on peut toujours tomber dans l’erreur. Mais en acceptant la relativité de nos connaissances et de notre capacité à agir en parfaite connaissance de cause, on peut atteindre une espèce de quiétude, suspendre les conflits internes et la douleur causée par l’incohérence de nos comportements ou du monde qui parfois nous paraît absurde. Le scepticisme affirme que l'homme ne peut trouver ni une réponse aux questions touchant les affaires humaines, ni une certitude concernant les réponses aux questions philosophiques et énigmes de la nature et de l'univers, même si elles peuvent exister.


CONCLUSION

Bilan : On peut choisir de toujours rechercher l'accumulation de connaissances rendant la vie plus aisée, plus heureuse ou bien considérer que les connaissances qui sont toujours incertaines n'apportent une aide que relative pour mener sa vie.

Réponse définitive : On ne saurait se déterminer à agir, prendre des décisions, entretenir des rapports avec autrui si l'on était complètement ignorant. Par nos expériences, à travers nos vies, nous apprenons un certain nombre de choses, nous tirons les leçons de nos erreurs et essayons de mener une vie plus heureuse. Cependant, on ne peut jamais se reposer tout à fait sur ces connaissances qui demeurent irrémédiablement relatives et incertaines puisqu'elles sont le fruit de nos expériences contingentes. Ainsi, l'adoption d'une position sceptique semble être une troisième voie possible.

Ouverture : En dépit de l'utilité de la connaissance, il semble que la vie excède toujours la connaissance et que nous nous retrouvions fréquemment dans des situations qui exigent une prise de position immédiate, un choix donc. Alors, nous réagissons non pas "en toute connaissance de cause" mais simplement conformément à notre intuition.

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac L le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac L

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac L

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?