Corrigé de Philosophie (1/3) Bac L 2018

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Corrigé de Philosophie (1/3) Bac L 2018

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SUJET 1 : La culture nous rend-elle plus humain ?

A ÉVITER :

Se concentrer uniquement sur la distinction entre nature et culture. Il faut bien prendre en compte la spécificité du sujet et ne pas essayer à tout prix de réciter son cours.

Introduction

Définitions :

Culture : on désigne par culture l’ensemble des activités et des attributs humains qui ne proviennent pas de sa nature, mais de ce qu’il a acquis par la société. La culture devient alors ce processus par lequel l’homme améliore sa nature première en développant des capacités qui le distingue des autres animaux et qui en font une espèce à part.

Si la culture au sens général est capable de nous humaniser, de nous rendre proprement humain, ce développement est-il pour autant nécessairement accompagné d’un perfectionnement sur le plan moral ? Car être humain, être « plus humain », ce n’est pas seulement sortir de l’animalité pour vivre en société, c’est aussi faire preuve d’humanité envers les autres, d’être bienveillant et respectueux.

Problématique : la culture renforce-t-elle ou fragilise-t-elle notre humanité ? Et quelle facette de notre humanité est-elle capable de renforcer ?

Plan :

La culture semble donc nécessaire au développement des compétences qui permettent d’humaniser l’homme (le travail, l’art, la technique). L’homme doit nécessairement s’extraire de sa condition animale, en transformant la nature, pour vivre. C’est donc en devenant des êtres de culture que les hommes accèdent à l’humanité. Mais si les hommes deviennent plus humains par la culture, ce serait seulement d’un point de vue formel. Les hommes vivent en société et s’organisent à partir de relations pacifiées, mais rien ne garantit que la culture rende l’homme moral effectivement (c'est-à-dire « plus humain » dans ses relations aux autres). Nous verrons alors comment la culture peut nous rendre authentiquement humain, c'est-à-dire bienveillants et respectueux à l’égard d’autrui, quand bien même autrui serait différent de moi. La culture peut-elle adonc éviter l’ethnocentrisme et la barbarie ?

I. La culture est ce qui nous fait passer de l’animalité à l’humanité

Idée directrice : C’est la culture qui permet de développer des capacités proprement humaines et de vivre en société et non pas isolés.

Hegel : dans la Phénoménologie de l’esprit, passage de la dialectique du maître et de l’esclave, montre que par le travail, l’esclave s’humanise. Le travail produit un renoncement à la satisfaction du désir immédiat. Introduction de la médiation qui fait de lui un homme. Contre l’animalité qui est considérée comme le fait d’être asservi à par pulsions et ses désirs.

La culture est aussi constituée par un ensemble d’interdits et de règles qui nous font accéder à l’humanité au sens où l’on devient des individus rationnels capables de vivre en société.

Cf. Freud, Le malaise de la civilisation ; grâce à la culture (c'est-à-dire par les interdits que les parents et la société professent), l’enfant apprend à renoncer à la satisfaction de ses pulsions. La culture produit un renoncement au principe de plaisir qui peut guider l’enfant en bas âge, pour qu’il intériorise le principe de réalité. Il ne peut pas se servir des autres comme des moyens pour satisfaire ses pulsions. Ce qui permet la vie en commun. Par la culture, l’homme s’humanise.

--> Mais si la culture fait accéder à l’humanité, elle ne rend simplement humain, ce qui ne peut pas dire qu’elle nous rende plus humain, c'est-à-dire qu’elle ne favorise pas nécessairement l’apparition d’une réelle moralité.

II. Mais la culture nous fait-elle nécessairement passer à la moralité ?

Ici il faut insister sur le terme « plus humain ». La culture produit-elle un changement quantitatif (on acquière plus de connaissances, de savoir-vivre etc.) ou qualitatif (on acquière une réelle moralité). La culture nous fait accéder à l’humanité au sens où elle nous enjoint de construire des relations avec les autres.

Platon : République II, le travail et la technique (et l’art) font qu’on doit nécessairement entrer dans une communauté sociale. On devient donc plus humain dans la mesure où par la culture on vit avec nos semblables. Mais cette communauté sociale développée par la culture ne produit pas nécessairement une communauté morale.

On peut être dans une simple communauté d’intérêts et à aucun moment on ne traite les autres avec moralité. Qu’est-ce à dire ? Ici on peut introduire la distinction entre moyen et fin. La culture ne nous rend pas nécessairement plus humain, c'est-à-dire qu’elle ne nous entraine pas à traiter les autres avec respect, comme des fins en soi, et pas seulement comme des moyens. Kant : Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique, 7ème partie.

Critique de la politesse.

- Question de la formation d’un état international. Mettre fin aux conflits mondiaux.

- Problème : si les hommes sont policés, ce n’est qu’une apparence de moralité, donc d’humanité.

Culture comme raffinement, comme développement personnel par l’art, ne nous rend pas nécessaire plus humain, c'est-à-dire plus moral, plus respectueux d’autrui. En effet, on peut être cultivé et barbare en même temps : ex de l’officier nazi dans le Silence de la mer de Vercors.

Transition :

Rousseau : critique de la culture et de la politesse qui est le plus souvent le masque de l’immoralité. Plus on donne l’impression d’être moral, par le civisme et le raffinement culturel, plus on se donne le droit de ne pas respecter les autres.

III. Il faut que la culture nous sorte de notre individualité pour nous orienter vers les autres. C’est à cette condition qu’elle nous rendra plus humain.

Idée directrice : La culture peut être en elle-même inhumaine : contenir une barbarie. Cf. Lévi-Strauss, Race et histoire. Introduire les concepts de barbarisme, ethnocentrisme.

- Ethnocentrisme : considérer sa culture (c'est-à-dire coutumes, ses valeurs morales et ses habitudes), comme des valeurs universellement valables. Et considérer celui qui ne partage pas la même culture comme un barbare, un sauvage.

- Barbare : celui à qui on n’accorde pas le statut d’humain. Celui qu’on considère comme un sauvage, proche de l’animalité de par ses actions. On l’appelle aussi le primitif. Il ne serait pas aussi avancé que nous sur la ligne du progrès de l’humanité. Ce que montre Lévi-Strauss c’est que celui qui peut considérer autrui comme un barbare devient lui-même un barbare car il considère que certains hommes ne doivent pas être traités comme des humains à part entière. Il faut alors que la culture, entendue au sens des humanités, nous permettent de nous ouvrir aux autres. C’est par la culture que nous pouvons respecter les autres.

Cf. Deleuze, Abécédaire : c comme culture. L’homme cultivé c’est celui qui sait des choses sur plusieurs sujets différents, et selon différents points de vue. Il s’oppose au spécialiste. Ce qui lui permet de ne pas placer une foi aveugle dans son savoir culturel et de rester ouvert aux autres cultures. 

Fin de l'extrait

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