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Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac L Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac L Pondichéry 2016

Consultez gratuitement le corrigé de Philosophie du Bac L de Pondichéry 2016. Notre professeur a rédigé la correction du sujet 1 : Faut-il des connaissances pour apprécier une oeuvre d'art ?

La notion étudiée ici est bien évidemment l'art. Le corrigé du sujet 1 de Philosophie du Bac L de Pondichéry 2016 est un exemple de correction, notre professeur vous explique donc ce qui était attendu dans cette épreuve.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le corrigé du sujet 1 de Philosophie du Bac L de Pondichéry 2016 !

Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac L Pondichéry 2016

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Le contenu du document


CORRIGE DU SUJET N° 1 DISSERTATION

FAUT-IL DES CONNAISSANCES POUR APPRECIER UNE ŒUVRE D’ART ?

Notion en jeu : l’art.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


PRESENTATION DU SUJET 1 DE PHILOSOPHIE DU BAC L DE PONDICHERY 2016

Ce sujet, « Faut-il avoir des connaissances pour apprécier une œuvre d’art ? », a trait à une notion classique du programme de terminale L, l’art, faisant partie du grand domaine ‟La culture”. Il s’agit donc d’un sujet à portée esthétique, c’est-à-dire qui concerne notre rapport à l’art et notre manière de l’appréhender, de le juger et de le recevoir. Néanmoins, ce thème de l’art est ici adossé à celui auquel on l’oppose souvent, la connaissance, qui n’est pas une notion du programme à proprement parler mais qui constitue toutefois une notion transversale, tant un élève de terminale L l’aura croisée au cours de l’année (dans des notions telles la conscience, la vérité, théorie et expérience, etc.).


ANALYSE DU SUJET 1

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


Définition des termes

• faut-il : le verbe falloir marque la nécessité absolue à quelque chose, une souscription objective, de sorte qu’on peut le remplacer par ‟on ne peut pas faire autrement”. Du coup, pour notre sujet, cela donne : « Peut-on ne pas faire autrement qu’avoir des connaissances pour apprécier une œuvre d’art ? ». Cela signifie qu’on doit se demander si les connaissances sont nécessaires ou non lorsque nous nous trouvons face à une œuvre, ou si notre appréciation de l’art se passe sur un autre mode que le mode cognitif.


• des connaissances : le terme de connaissances est ici à prendre au sens large de ‟culture” ou de ‟bagage culturel”. Il s’agit ici de l’opposition du jugement théorique et du jugement esthétique, de sorte qu’on se demande si les connaissances sont nécessaires ou étrangères au jugement esthétique. On aura à se demander s’il s’agit de connaissances particulières, spécifiques à l’art par exemple, ou de connaissances générales.


• pour : marque la finalité, le but, synonyme d’afin.


• apprécier une œuvre d’art : on peut prendre cette expression en deux sens. Le premier sens, strict et commun du verbe ‟apprécier”, équivaut à l’appréhension positive de quelque chose, c’est-à-dire aimer, avoir plaisir à, estimer, considérer, plaire, affectionner, etc. Le second sens équivaut au jugement esthétique lui-même : j’apprécie une œuvre d’art lorsque je suis face à elle et que je l’appréhende comme une œuvre d’art et non pas comme un objet quelconque ou comme un théorème, tout simplement, et qu’en moi a alors lieu un jugement de goût, un jugement propre aux œuvres d’art, donc un jugement esthétique.


• œuvre d’art : notion qui se réfère à l’art, qu’on peut définir comme l’activité humaine de création ou de production d’objets ayant pour finalité une satisfaction esthétique (définition classique que Genette propose dans son livre L’œuvre de l’art). 


Mise en tension du sujet et problématisation

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.


Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

  • sujet : faut-il des connaissances pour apprécier une œuvre d’art ? 
  • réponse évidente :  (la réponse évidente peut aussi être celle qui parle au sens commun, qui n’est pas d’emblée philosophique) oui, il semble bien qu’il faille avoir des connaissances pour apprécier une œuvre d’art, car l’art fait partie de la culture, alors comment l’appréhender justement et dans toute son ampleur si nous sommes dénués de culture, ignares en la matière, mais aussi complètement néophytes quant à l’histoire de l’humanité ? Comment une œuvre d’art pourrait-elle nous parler si nous sommes dénués de connaissances ?
  • Réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : mais apprécier

 

Une œuvre d’art, est-ce forcément à comprendre au sens des effets esthétiques positifs qu’une œuvre d’art peut avoir sur nous, ou n’est-ce pas bien plutôt à entendre comme strict jugement esthétique, comme jugement de goût, c’est-à-dire la manière dont notre jugement se met en œuvre face à de l’art ? Mais dans ce cas, n’est-ce pas notre sensibilité et non nos connaissances qui sont mises à contribution, de sorte que précisément les connaissances seraient totalement étrangères au jugement esthétique ?

La tension est ici sensible : soit les connaissances sont nécessaires à l’appréciation positive de l’art ou au jugement esthétique, soit elles ne le sont pas (alors elles peuvent être radicalement étrangères, ou leur rôle est bien plutôt à nuancer et à relativiser, l’alternative n’étant pas forcément radicale).


Cela amène alors la problématique : le jugement esthétique n’est-il pas un jugement qui se met en œuvre de manière différente du jugement de connaissance, et qui de ce fait ne suppose pas l’intervention des facultés cognitives de l’être humain ? Mais pourtant, comment une œuvre d’art pourrait parler à notre sensibilité si nous n’y connaissons rien ? L’art n’est-il pas alors le lieu d’une rencontre singulière entre nos facultés de sensibilité et nos facultés de connaissances, une réunion des deux qui finalement relierait nos deux natures, sensible et spirituelle ?


PROPOSITION DE PLAN

I. Oui, il apparaît qu’il faut des connaissances pour apprécier une œuvre d’art

1. Apprécier, mais comment ? Pour apprécier, il faut connaître un minimum

Certes, l’amour est aveugle, dit-on. Mais pour apprécier quelque chose ou quelqu’un, ne faut-il pas avoir un minimum de compréhension, et donc de connaissance par rapport à cette chose ou cette personne ? Puis-je apprécier une personne sans savoir qui elle est ? Et de même, puis-je apprécier le tableau de La Joconde sans savoir du tout d’où il provient, son contexte, le sens qui l’entoure ? Une connaissance minimale sans nécessaire dès lors qu’un jugement appréciatif a lieu, ce sans quoi nous apprécierions à vide, et nous n’apprécierions de fait pas du tout.


2. L’œuvre d’art, une œuvre de culture

La connaissance semble d’autant plus requise en matière d’art, que l’œuvre d’art est pleinement une œuvre de culture. Par culture, entendons l’activité de l’homme, de son esprit, qui se détache de la nature, qui donc a un sens et une signification précise. Or avoir des connaissances, c’est précisément être cultivé, de sorte qu’il semble bien nécessaire d’avoir un certain bagage culturel pour apprécier une œuvre d’art. Par exemple, pour apprécier à leur juste valeur des peintures rupestres et La Joconde, il faut que je sache à quelles époques elles appartiennent, dans quelles conditions elles ont été créées, etc., ce sans quoi mon appréciation ne sera guère fondée (je peux trouver horribles les peintures rupestres puisque je ne sais pas qu’elles ont été faites à la Préhistoire, qu’elles sont donc les traces de l’origine même de l’humanité). Autrement dit, toute œuvre d’art semble bien s’inscrire dans un cadre culturel hors duquel elle perdrait de sa valeur et ne pourrait pas être appréciée.


↳ Mais deux choses ici : 1) si les connaissances semblent rendre possible l’accès aux œuvres d’art, ne sont-elles pas fondamentalement contraires à l’expérience esthétique et donc nuisibles à cette dernière ? et 2) mais apprécier une œuvre d’art, est-ce forcément aimer une œuvre d’art ? N’est-ce pas bien plutôt, et plus profondément, le travail même du jugement de goût qui face à de l’art se met en œuvre ? Mais dans ce cas, n’est-ce pas notre sensibilité et non nos con-naissances qui sont mises à contribution, de sorte que précisément les connaissances seraient totalement étrangères au jugement esthétique ?


II. L’appréciation de l’œuvre d’art ou le jugement de goût, le rôle de la sensibilité et l’opposition au jugement de connaissance

1. L’art, un langage sensible

L’art, ce n’est pas une manière de procéder strictement discursive. Dans l’art, on crée et module les choses de manière sensible, par la matière, par des gestes précis, souvent même par une intuition. Cf. la distinction qu’Alain fait (Système des beaux-Arts) entre la technique, qui procède de manière rationnelle par le respect clair d’un protocole et le suivi précis de règles, et l’art, qui quant à lui procède spontanément, créant in situ, se donnant à lui-même ses règles au fur et à mesure qu’il crée, des règles non dictées par la raison. Cf. Hegel qui précise que l’art est un du spirituel sensible. Ainsi, l’art est du domaine de la sensibilité avant tout, et à trop vouloir y refourguer des connaissances, on l’abîmerait, voire on passerait à côté de sa dimension sensible qui précisément semble impliquer un lâcher prise d’avec la connaissance (finalement qu’importe qu’une œuvre soit fausse, ce n’est pas ce qui fait sa beauté...)


2. Le jugement de goût, l’autre du jugement de connaissance

Cf. Kant (Critique de la faculté de juger), qui de ce fait en vient à opposer jugement de goût et jugement de connaissance. Le jugement de connaissance signifiant la subsomption d’une image sous un concept (je vois ceci, je le conceptualise, donc se met en œuvre un jugement cognitif), le jugement de goût signifiant au contraire l’impossible subsomption d’une image sous un concept, l’image ne rentrant pas dans un cadre (je vois ceci, je ne peux le conceptualiser, l’image déborde le concept, déborde la connaissance, et c’est seulement ainsi qu’un jugement de goût se met en place avec l’appréciation esthétique de l’œuvre – le sentiment de plaisir – qui en découle). Mais pour qu’il y ait jugement de goût, il ne faut pas qu’il y ait jugement de connaissance.


↳ Finalement, pour atteindre l’appréciation au sens fort d’une œuvre d’art (un jugement de goût), il faudrait précisément ne pas avoir de connaissances... Mais pourtant, comment une œuvre d’art pourrait parler à notre sensibilité si nous n’y connaissons rien ? L’art n’est-il pas alors le lieu d’une rencontre singulière entre nos facultés de sensibilité et nos facultés de connaissances ?


III. L’œuvre d’art, un jeu de la connaissance et de la sensibilité

1. Le reflet de la double nature de l’homme

En effet, pourquoi donc scinder l’art du côté de la sensibilité seule ? L’art n’est-il pas le propre d’êtres sensibles que nous sommes, mais d’êtres sensibles doués de raison ? Cette activité si gratuite qui signe notre appartenance à l’humanité (les animaux quant à eux ne créent que par besoin et ne sont jamais artistes) ne doit-elle pas rendre compte de notre double nature ?


2. Une nécessité libre de la connaissance

Cf. Kant, le libre jeu de l’imagination et de l’entendement. Par cette théorie Kant montre que l’art est le fait d’une sensibilité noble, d’une sensibilité d’être spirituel. Pourquoi ? Car dans l’art, la sensibilité s’œuvre à un jeu avec l’entendement (nous l’avons vu, ce jeu c’est le fait que l’image de l’œuvre n’entre pas dans un concept précis). Ce jeu avec l’entendement, avec le domaine cognitif est nécessaire, mais il crée une nécessité libre puisque précisément la sensibilité n’obéit pas à l’entendement mais ici le dépasse. Donc oui, il faut avoir des connaissances pour apprécier une œuvre d’art, mais au sens d’une nécessité libre et non contrainte.

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