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Corrigé de Philosophie : Sujet 2 - Bac L Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 2 - Bac L Pondichéry 2016

digiSchool Bac L vous propose de consulter et télécharger le corrigé de Philosophie du Bac L de Pondichéry 2016. Dans ce document, vous trouverez la correction du sujet 2 : L'autorité de l'Etat s'oppose-t-elle à la liberté des individus ?

Les notions en jeu ici sont l'Etat, la liberté, et la société. Notre professeur de philosophie vous propose un exemple de corrigé du sujet 2 de philosophie du Bac L de Pondichéry 2016 : ce n'est pas un corrigé-type ou officiel, mais une proposition de correction.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac L de Pondichéry 2016 !

Corrigé de Philosophie : Sujet 2 - Bac L Pondichéry 2016

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Le contenu du document


CORRIGE DU SUJET N°2 DISSERTATION

L’AUTORITE DE L’ETAT S’OPPOSE-T-ELLE A LA LIBERTE DES INDIVIDUS ?

Notion en jeu : L’Etat, la liberté, la société


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


PRESENTATION DU SUJET 2 DE PHILOSOPHIE DU BAC L DE PONDICHERY 2016

Ce sujet, « L’autorité de l’État s’oppose-t-elle à la liberté de l’individu ? », a trait à deux notions classiques du programme de terminale L, l’État, faisant partie du grand domaine ‟La politique”, et la liberté, qui a trait quant à elle au domaine de ‟la morale”. La question de la liberté ici est donc ciblée comme liberté d’un individu au sein d’un tout, ou d’un groupe. L’individu faisant partie de l’État, comme un membre fait partie d’un groupe ou un cheveu fait partie d’une chevelure, il est difficile de concevoir leurs rapports selon le schème de l’opposition. Mais c’est bien cette opposition, ceci étant dit, qu’il s’agit ici d’interroger. 

Il faudra bien évidemment faire attention à tous les termes équivoques du sujet, au-delà de l’État, de la liberté, les termes d’ ‟autorité”, d’ ‟individu” et d’ ‟opposition” sont à cet égard riches de sens.


ANALYSE DU SUJET

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


Définition des termes

• l’État : de manière générale l’État se définit comme une société partageant un même territoire délimité par des frontières et dont la vie commune est régie par un pouvoir institutionnalisé qui émet règles et lois. La particularité de l’État réside donc dans l’instauration d’une instance politique souveraine et distincte de la société civile. L’État donc n’est pas la société. Il existe en amont d’elle. De manière précise, l’État, c’est souvent ses représentants politiques, et notamment le gouvernement en place qui choisit et régit la société.

• autorité : c’est le pouvoir de commander, d’obliger à quelque chose, d’être obéi. L’autorité implique une notion de légitimité. Étymologiquement, cela vient du latin augere, qui suppose un acte créateur et fondateur.

• s’opposer : l’opposition, voilà un terme fort, qui a quantité de synonymes avec lesquels il ne faut pas la confondre. L’opposition peut-être antagonisme, contradiction, annihilation, désaccord, discorde, etc. Mais au sens strict, s’opposer à c’est se tenir en face de, se poser en face de quelque chose dont on est différent. Notons ici qu’il s’agit d’un verbe, et ici le verbe peut soit faire état d’un constat (une opposition de nature), soit état d’une action (il s’agira alors de se questionner quant à la dimension passive et la dimension active de l’opposition).

• liberté : la liberté désigne la capacité à agir en conformité avec soi-même sans que rien ni quiconque n’interfère. La liberté consiste à mettre en pratique ses désirs  ou ses volontés, donc finalement à se réaliser soi-même. Tout ce qui peut s’interposer entre moi et mes  actes (physiquement, moralement, juridiquement, etc.) est vécu comme un obstacle à ma liberté, comme une contrainte gênante. Il y a toutefois divers degrés de la liberté : toute-puissance de la volonté, indépendance, autonomie, etc. Tous ces degrés que vous avez vu dans votre cours durant l’année et qu’il va ici s’agir de mobiliser pour donner de la teneur à votre dissertation.

• individu : l’individu est l’être humain compris comme particulier, comme unité. Un individu c’est tout être qui forme une unité distincte de tout autre et qui est indivis, qui ne peut être divisé sans être détruit. L’individu est souvent compris comme l’être humain séparé du collectif voire opposé à lui. Il y aurait donc dans l’idée même d’individu une opposition à l’État comme tout. 


Mise en tension du sujet et problématisation

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.

Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

• sujet : l’autorité de l’État s’oppose-t-elle à la liberté des individus ? 

• réponse évidente : oui, l’autorité de l’État semble bien s’opposer à la liberté individuelle, puisque la liberté c’est s’affranchir de toute autorité en étant à soi-même son propre maître, et que l’État est ce qui nous contraint à agir de telle ou telle sorte, qui par son autorité, donc, devient en quelque sorte l’auteur de nos actes, le commandant.

• réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : pourtant l’existence de l’État ne se trouve-t-elle pas suspendue à un intérêt individuel, formulé par le contrat social, qui consiste à garantir précisément certaines libertés à l’individu, au nom d’un renoncement à une liberté primaire plus vile ? L’État n’est-il pas là pour instituer la liberté des citoyens ? 

La tension est ici sensible : soit l’État s’oppose à la liberté des individus par la pression, la coercition et la contrainte qu’il exerce sur eux, contraire à l’idée même de liberté, soit l’État ne s’oppose pas purement et simplement à la liberté des individus puisqu’il la permet malgré tout.

Cela amène alors la problématique : peut-on vraiment considérer l’autorité de l’État et la liberté des individus comme opposés, c’est-à-dire au sens d’une opposition forte, l’État venant à supprimer ou à détruire la liberté individuelle ? Ne doit-on pas bien plutôt envisager l’opposition de l’État à la liberté individuelle comme une opposition non tranchée et féconde, permettant de dépasser une liberté qui si elle s’étendait mettrait en péril l’ensemble du genre humain, une liberté vile du chacun pour soi ? Mais alors, de quel type d’opposition s’agit-il ?


PROPOSITION DE PLAN

I. Oui, l’autorité de l’État s’oppose en principe à la liberté individuelle, puisque la liberté c’est s’affranchir de toute autorité en étant à soi-même son propre maître

1. L’État, tout d’abord, contraint l’individu

L’État, par la législation, la coercition, les règles plus ou moins officielles qu’il pose, organise les actes des individus de telle façon qu’ils ne puissent se trouver légitimement hors du cadre qu’il construit. L’autorité de l‘État tient en cela : il nous soumet à agir dans les limites qu’il pose. Il faut en règle générale faire ce que l’État prescrit, quel que soit notre point de vue sur la question, quelle que soit notre volonté. En ce sens, l’État est un frein réel – et donc une opposition – à la liberté de l’individu comprise comme pouvoir d’agir par soi-même sans que rien n’interfère.


2. Mais encore plus il empêche son autonomie

Si à cause de l’État, l’individu est contraint, il est aussi empêché dans son plus haut degré de liberté, non pas l’indépendance mais l’autonomie = pouvoir de se donner à soi-même ses propres lois. L’individu faisant partie de l’État se soumet à des lois autres que les siennes, des lois dont le caractère valable ou non est décrété par l’État. L’État apparaît alors comme le contraire absolu de la liberté, ce qui l’empêche, voire ce qui l’annihile. Cf. le monstre froid de Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra. Cf. le pouvoir politique tel qu’il est vu par Machiavel (Le Prince), pour qui plus l’individu a de libertés, plus l’État est menacé. C’est alors une opposition qui prend la forme d’une lutte de pouvoir entre les deux, les deux ne pouvant coexister ensemble sur un même piédestal, l’un soumettant forcément l’autre. 


↳ Si l’État empêche la liberté strictement individuelle, ne l’empêche-t-il pas au nom d’une autre liberté, peut-être plus grande ?


II.  La liberté des individus en fait sous tutelle de l’autorité de l’État : perdre en liberté pour gagner en liberté

1. Une liberté pour une autre ou le contrat social

À l’origine de l’État ? Le contrat social. Le but du contrat social ? Un pacte que l’individu passe avec la législation de la société pour garantir ses intérêts et sa liberté. L’individu étatisé – qu’on appellera citoyen – perd sa liberté première (le pouvoir de tout faire, indépendamment d’autrui) pour en gagner une autre (sa liberté garantie, garantie au sens où nul autre ne peut lui porter atteinte). La liberté de l’individu est instituée par l’État, voilà ce qu’il gagne, et ce qu’il perd c’est sa liberté naturelle.


2. L’individu dans le vivre ensemble ou la liberté collective

Avec cette nouvelle liberté gagnée, « l’homme n’est plus un loup pour l’homme » (Hobbes, Léviathan). L’État permet une liberté collective donc, une union des individus dans une société donnée. Union qui n’existait pas à l’état naturel où les hommes au nom de leur liberté s’entretuaient et étaient des dangers les uns pour les autres. 


↳ Si l’État provient d’un contrat social, ne provient-il pas d’un choix premier de l’individu qui choisirait de se soumettre pour gagner en liberté ?


III. L’autorité de l’État et la liberté des individus, pas une opposition (antagonisme de nature) mais un véritable choix individuel

1. Nous avons le choix de notre ‟soumission” à l’État

On n’obéit à l’État que volontairement et ce serait être de mauvaise foi que de prétendre le contraire, puisque notre appartenance à l’État provient d’un pacte (social). Sartre exagérerait même cette position en disant que quoi que l’on fasse, on le choisit tant qu’on ne se révolte pas, qu’on ne résiste pas. D’où ses mots si radicaux : « jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande » (La république du silence). Cf. Thoreau et le principe désobéissance civile : nous avons la liberté morale de nous opposer à l’État, quoiqu’il arrive. Cf. mythe d’Antigone précurseur du principe de désobéissance civile : la liberté de la conscience morale face au droit objectif. 

Même s’il faut distinguer entre deux types d’État, l’un démocratique, qui laisse une certaine liberté participative à l’individu (opposition au sens très faible, passive), et l’État qui joue de son autorité, autoritariste, totalitaire, qui contraint totalement l’individu en l’emprisonnant et l’empêchant de choisir (opposition au sens fort, active et féroce).


2. Et de toute façon, à proprement parler, l’État ne concerne pas l’individu, mais le citoyen

N’est-ce pas un abus de langage que de considérer que l’État s’oppose aux individus ? Comment serait-ce seulement possible alors qu’une fois entrés dans l’État l’individu n’est plus un individu à proprement parler, mais un citoyen ? De sorte que l’autorité de l’État ne concerne aucunement la liberté individuelle mais la liberté citoyenne...

Fin de l'extrait

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