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Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Liban 2016

Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Liban 2016

Voici le corrigé du sujet 1 de Philosophie du Bac L du Liban 2016.

"Est-on prisonnier de la langue dans laquelle on parle ?" est le premier sujet de dissertation de l'épreuve de Philosophie du Bac L du Liban 2016. Notre professeur vous présente et explique le sujet, définit les termes clés et vous propose un plan répondant à la problématique.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le sujet corrigé de Philosophie du Bac L du Liban 2016 !

Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Liban 2016

Quiz de Philosophie :

Quelle est la caractéristique du langage animalier ?

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Le contenu du document


SUJET 1 :  EST-ON PRISONNIER DE LA LANGUE DANS LAQUELLE ON PARLE ?

Notion en jeu : le langage.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


PRESENTATION DU SUJET 

Ce sujet, « Est-on prisonnier de la langue dans laquelle on parle ? », a trait à une notion classique, mais une des plus difficiles du programme de terminale L, le langage, faisant partie du grand domaine ‟La culture”. La question du langage ici ne vaut pas pour le langage seul, mais a trait aux conséquences de ce dernier sur l’homme, sa vie, ce qu’il est. L’homme étant avant toute chose un être doté de raison, il va s’agir notamment de se demander si la raison se trouve prisonnière de la langue, ou si au contraire la langue la libère. La notion de liberté est donc convoquée de manière auxiliaire (elle s’oppose à l’image de la prison). 

Mais attention, la pensée seule n’est pas en jeu, il va s’agir aussi de considérer tous les pans auxquels la langue a trait, or la langue définissant une culture, cette notion est également à interroger pour savoir si alors le langage scinde les cultures entre elles, ou non, par exemple.

Enfin, si la langue, langage discursif nous emprisonne d’une quelconque façon que ce soit, y a-t-il des langages autres qui pallient à cela ? L’art n’est-il pas une sorte de langage auquel on a recours quand les mots ne suffisent pas ?

On voit donc à quel point ce sujet ne saurait en aucun cas se limiter au strict langage, mais appelle au contraire à faire des parallèles et des liens avec nombre d’autres notions du programme. Faire des liens, définition même de l’intelligence, de legere, lier... ;-)


ANALYSE DU SUJET

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


DEFINITION DES TERMES

• est-on : le verbe “être” est sans doute l’un des plus simples de la langue française. Il marque un état, voire un constat. Ici le sujet nous demande si l’on est prisonnier de la langue dans laquelle on parle, il s’agit donc de faire un état des lieux quant à la question posée, et à ne surtout pas remplacer le verbe ‟être” par un autre en début d’analyse : soit nous sommes prisonniers de cette langue, soit nous ne le sommes pas.


• prisonnier : c’est le mot clef du sujet, celui autour duquel la problématique va se centrer. Au sens strict, un prisonnier c’est quelqu’un qui est enfermé, qui est limité et enclos, dont la liberté est contrainte et empêchée. En un sens métaphorique, être prisonnier de peut signifier également être dans une totale dépendance. Il s’agit évidemment d’un terme péjoratif, qui met en scène la notion de liberté. 


• la langue : la langue, langage particulier et propre à un groupe donné, est l’élément d’expression commun d’une communauté. Elle est un langage parlé, discursif en règle générale. C’est un système de signes articulés servant à l’expression et à la communication des pensées. À noter que les langues sont innombrables et diverses tandis que le langage possède une signification beaucoup plus vaste, faculté fixe et universellement répandue parmi les hommes.


• dans laquelle : notion de contenant, de clôture. On parle dans une langue, à l’intérieur d’une langue. Ces mots ont un sens spatial qui alors correspond bien au terme de “prisonnier”, comme si la langue enfermait celui qui la parle... 


• on : c’est l’homme en son sens universel, auquel donc nous pouvons nous associer dans un “on” collectif et général.


• parle : parler, c’est l’acte d’expression concret par lequel un locuteur fait usage de la langue, le plus souvent en s’adressant à quelqu’un d’autre. Bourdieu, dans Ce que parler veut dire, explique que la parole et la langue diffère, en ce que parler une langue c’est mettre en scène spécifiquement une grammaire donnée.


MISE EN TENSION DU SUJET ET PROBLEMATISATION

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.


Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

  • sujet : est-on prisonnier de la langue dans laquelle on parle ?
     
  • réponse évidente : non, spontanément il ne semble pas du tout qu’on soit prisonnier de la langue dans laquelle on parle, tant au contraire le langage est ce qui permet de s’ouvrir aux autres, de communiquer et de se faire comprendre par tous ceux qui nous entourent. Loin de nous enfermer, la langue semble bien plutôt être ce qui nous relie aux autres, ce qui crée un monde commun, comme la base de la sociabilité et ce qui nous sort du solipsisme.
     
  • réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : pourtant, étant donné que les langues sont vernaculaires et particulières, ne nous enferme-t-elle pas malgré tout dans un groupe précis, provoquant finalement un choc des cultures ? Et puis si la langue est l’expression de notre pensée, les mots ne sont-ils pas un carcan pour cette pensée qu’ils limitent forcément dans un système de signes rompant avec l’universalité propre à cette dernière ?

 


↳ La tension est ici sensible : soit la langue dans laquelle on parle nous emprisonne (enferme notre pensée dans des mots trop limitatifs, nous enferme dans une culture bien définie, etc.), soit elle ne nous enferme pas et pourrait bien au contraire nous libérer (sortie du solipsisme par la communication permise, concrétisation de la pensée dans des signes, etc.)

Cela amène alors la problématique : peut-on vraiment considérer le langage comme une prison, un enfermement, alors qu’il est la marque même de l’homme ? N’enferme-t-il pas pour mieux libérer ?


PROPOSITION DE PLAN

I. Non, on n’est pas prisonnier de la langue qu’on parle. Parler nous libère bien plutôt.

1. La langue, communication, construction d’un monde commun.

La langue, un langage particulier propre à une culture, un groupe particulier, qui permet aux personnes de communiquer entre elles. La langue, la mise en place du discours, qui fonde la sociabilité de l’homme, les échanges, qui leur permet de vivre en communauté, de se comprendre, de partager. Cf. étymologie de “communication” = communicare, “partager”, “mettre en commun”. 

La langue construit une société, une culture, comme le sang finalement construit une famille, une descendance. Elle ouvre sur une communauté et rompt avec la solitude de l’être condamné au silence. Et puis souvent, il y a des mots que seuls des intimes peuvent comprendre : des surnoms, qui sont là pour montrer qu’un lien particulier existe. En bref, la langue construit un monde entre au moins deux personnes, un monde commun.


2. La langue, passerelle entre une intériorité sans cela emmurée, et autrui

Si nous utilisons le langage, donc un système de signes, de mots particuliers, pour nous faire part les uns les autres de nos pensées ou de notre for intérieur, ce n’est pas par hasard. C’est même là la seule solution, puisqu’il n’existe pas de transmission de pensées immédiate, pas de communication directe des consciences. Si certains croient en la télépathie, il n’en demeure pas moins que l’être humain se caractérise par une conscience dont les murs sont infranchissables, et qui nous séparent inéluctablement les uns des autres. Cf. Husserl qui parle à juste titre des « murs de notre conscience ». La langue étant une formulation de notre pensée, un moyen d’expression de celle-ci, elle apparaît de suite comme le contraire d’un emprisonnement, comme ce qui crée une ouverture, une passerelle entre ces murs subjectifs qui sans cela nous empêcheraient tout lien avec autrui. D’ailleurs, même ceux qui ne parlent pas, comme les muets, apprennent une autre langue, la langue des signes, pour communiquer, entrer en lien avec les personnes alentour. Sans la langue, sans le dialogue avec l’autre, nous serions emmurés dans le solipsisme, dans un monde où nous serions seuls avec nous-mêmes, prisonniers des murs de notre conscience. La langue au contraire intervient pour ouvrir ces murs, pour que l’intériorité ne s’enferme pas sur elle-même mais s’ouvre à l’altérité. La langue nous libère de notre solitude fondamentale et actualise notre essence d’ « animaux politiques » (Aristote), d’êtres faits pour vivre ensemble.

Et même, d’un point de vue psychologique, parler est une libération aussi. Cf. Freud et la catharsis, parler dans la cure, mettre des mots sur des maux permet de se soigner. Sans doute parce qu’échanger des paroles est pour nous fondamental, nous sortant d’un solipsisme peut-être bien destructeur et contraire à la raison (on parlera alors de démence, de-mens, dénaturation de la raison).


↳ Comment donc la langue pourrait-elle bien être envisagée comme un emprisonnement, alors qu’elle semble au contraire nous libérer à tous niveaux ? L’emprisonnement ne serait-il pas à chercher dans ce qui semble bien être une vraie dépendance des consciences au langage, de la pensée aux mots ? Et aussi dans les particularismes de la langue, qui l’empêchent d’être un langage tout à fait universel, et qui donc séparent tout autant qu’elle relie ?


II. Et pourtant, la langue, en nous libérant, ne nous emprisonne-t-elle pas en même temps, de par les particularismes qui la caractérisent ?

1. La langue, l’inscription de l’homme dans une culture précise.

La langue, certes permet une certaine ouverture à l’autre, mais en fait elle ouvre autant qu’elle ferme, dans le sens où elle inscrit l’homme dans une culture donnée et qu’elle se fait le propre d’un groupe, bien localisé dans un espace-temps particulier. Car la langue, bien plus qu’un simple outil de communication, témoigne d’une appartenance à un peuple. La langue ici et ailleurs n’est pas la même, elle crée donc des frontières spatiales et en ce sens enferme l’individu dans un territoire donné. De même, la langue aujourd’hui et hier diffère, évolue. Nous ne parlons pas la même langue que nos ancêtres, de sorte que des murs d’incompréhension peuvent parfois nous séparer. Le besoin de traduction se fait alors sentir, comme un besoin de dépasser le cloisonnement dans lequel nous plonge notre langue native, celle dans laquelle nous parlons presque instantanément et qui nous différencie de ceux qui n’appartiennent pas à notre espace-temps. Mais il n’existe pas de renvoi fixe et figé d’une langue à une autre. Cf. le mythe de la tour de Babel, où Dieu, pour diviser les hommes et les empêcher de construire une tour accédant au ciel, brouilla leur langue pour qu’ils ne se comprennent plus. La langue signe alors l’impossibilité pour l’humanité de partager un monde véritablement commun.


2. Étroitesse de la langue et infinité de la pensée.

La pensée se trouve formulée, nous l’avons vu plus haut, par la langue, mais la langue ne limite-t-elle pas les mots, au sens où elle serait trop étroite par rapport à la subtilité et au caractère illimité de notre pensée ? Ne vous est-il pas arrivé de chercher à traduire une émotion et de vous heurter à la barrière des mots, cherchant sans succès le mot adapté mais n’en trouvant qu’un se rapprochant ? Si les mots permettent l’expression de la pensée, il n’est pas évident qu’ils permettent à la pensée de s’exprimer absolument, dans toute sa subtilité. Ne la déforment-ils pas alors en la formant ? N’y a-t-il pas un risque pour que la langue ne dise que ce qu’elle peut dire dans sa langue ? L’allemand par exemple apporte une distinction conceptuelle entre la Geschichte et l’Historie qui n’existe pas dans le terme “histoire” français. L’individu français peut-il penser de manière aussi subtile que l’individu allemand s’il n’a pas cette distinction conceptuelle dans sa langue ? Jusqu’où la particularité de chaque langue atteint-elle l’universalité de la pensée ? N’enferme-t-elle pas cette dernière dans un monde de signes éloignés du réel et finalement assez inaptes à l’exprimer ? La langue n’est-elle pas un système clos que seuls les locuteurs d’une même culture utilisent, incapable de faire résonner la pensée au-delà des signes qu’elle propose ? N’est-ce pas pour cela qu’un second langage, autre que discursif, existe, l’art, où par des signes moins figés que les mots, l’individu tente d’exprimer ce qui dans le discours reste ineffable ? Cf. Wittgenstein, « ce dont on ne peut parler il faut le taire » (Tractatus logico-philosophicus). Cf. Orwell, 1984, les auteurs de science-fiction appréhendent le fait qu’un jour une autre langue, moins riche, sera imposée, dans laquelle les individus ne disposeraient plus de mots suffisants pour exprimer ou concevoir la moindre velléité d’opposition face à un gouvernement dictatorial et rendant incompréhensible l’histoire de nos aïeux parlant quant à eux une langue beaucoup plus riche.


↳ La langue ouvre et ferme, relie mais sépare, exprime mais bride, permet à la pensée de se formuler d’une certaine façon mais se faisant l’empêche de se former pleinement. La langue, donc, une réalité tout à fait oxymorique. Pas un pur emprisonnement, donc. Mais cette double nature de la langue est-elle de son fait seul ou n’est-elle pas bien plutôt le signe de la finitude humaine ?


III. La double nature de la langue, qui nous emprisonne mais nous libère, reflet de la finitude humaine.

1. La langue, seule vectrice de notre rapport au monde.

Aussi importants que les premiers pas du petit d’homme sont les balbutiements du langage. Car par la langue, l’homme s’approprie les choses, nomme le monde, crée un lien entre lui et les choses. « Maman », « bobo », « faim », s’écrie le petit enfant, capable alors d’entrer en communication avec ses pairs, mais aussi de se relier aux choses qui l’entourent. La langue apparaît alors ni plus ni moins que comme le vecteur de notre rapport au monde, la seule interface possible entre nous et les choses. La langue apparaît comme ce qui adapte notre pensée au réel, comme le point de contact entre l’âme et le monde. Comment, sans cette faculté qu’est le langage, pourrait se constituer le rapport entre notre raison et le réel ? Il y a une absolue dépendance de l’homme par rapport à la langue, ce dernier ne pouvant donc exister objectivement dans le monde et avec les autres sans la médiation de cette dernière. 


2. La dégradation de l’intelligible au sensible, du spirituel au matériel.

Et forcément, le monde étant matériel et la pensée spirituelle, une dégradation se produit, comme si l’on enfermait de l’infini dans du fini. À supposer que le mot exprime de la pensée, et que la pensée ne se formule pas dans les mots (cf. Hegel, §412 Encyclopédie), cette dégradation est forcément réelle : comment pourrait-on traduire justement et précisément de la pensée dans des signes sans la dénaturer, l’empêcher, l’amputer ? Mais tout ceci n’est pas tant dû à la langue elle-même qu’à la nature propre de l’homme, duelle et double : un être fini par son corps mais infini par sa pensée, et qui pour ne faire qu’un est contraint de s’autolimiter. Raison pour laquelle il apparaît en effet qu’on est prisonnier de la langue dans laquelle on parle, tout comme cette langue, en nous permettant de parler, nous libère.

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