Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Métropole 2016

Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Métropole 2016

Nous vous proposons le corrigé du sujet 1 de Philosophie du Bac L 2016.
"Nos convictions morales sont-elles fondées sur l'expérience ?" est le premier sujet de l'épreuve de Philo du Bac L 2016. Notre professeur a rédigé la correction de ce sujet en présentant et en analysant rapidement le sujet avant de vous proposer un plan détaillé.
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Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Métropole 2016

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Le contenu du document

 

NOS CONVICTIONS MORALES SONT-ELLES FONDEES SUR L’EXPERIENCE ?

Notion en jeu : la morale, l’expérience.

 

AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

PRESENTATION DU SUJET

Ce sujet, « Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? », a trait à deux notions classiques du programme de terminale L, le devoir, tout d’abord, qui a trait au grand domaine de ‟la morale”, et l’expérience, appartenant au domaine de ‟la raison et du réel”.  Se demander si nos convictions morales sont fondées sur l’expérience c’est se demander si l’expérience est la source de la morale, la source principale de nos convictions, si elle les justifie.

Ce sujet est donc à portée morale : il questionne quant à l’origine de nos convictions mais aussi quant à leur justification, c’est tout ce que recoupe la notion de ‟fondement”.

 

ANALYSE DU SUJET

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.

 

1. Définition des termes

• nos : pronom possessif personnel, signant l’appartenance, donc ici la subjectivité. Il ne s’agit pas de se demander si les convictions morales se fondent sur l’expérience mais si nos convictions morales se fondent sur l’expérience.

• convictions : une conviction, ce n’est pas une certitude, une connaissance ferme et établie, c’est une croyance.

• morales : la morale, c’est ce qui doit être, de l’ordre du droit. La morale est un ensemble de principes de jugement, de règles de conduite relatives au bien et au mal, de devoirs, de valeurs, parfois érigés en doctrine, qu'une société se donne et qui s'imposent autant à la conscience individuelle qu'à la conscience collective. Mais la morale n’est pas qu’impératif social, elle vient aussi de notre conscience morale subjective, et c’est là qu’on parle de convictions morales.

• être : le verbe “être” est sans doute l’un des plus simples de la langue française. Il marque un état, voire un constat. Ici toutefois on peut se demander si la dimension essentielle du verbe ‟être” n’est pas à retenir. En effet, si les convictions morales sont fondées sur l’expérience, cela peut vouloir dire que par nature elles découlent de celle-ci.

• fonder : ce verbe a deux dimensions, celle de l’origine tout d’abord : fonder, c’est être à l’origine de, causer, faire reposer sur, asseoir, établir quelque chose sur telle ou telle chose. Mais c’est aussi du coup une dimension de légitimation : en fondant quelque chose on l’établit de droit, on la légitime.

• l’expérience : au sens courant, l’expérience, c’est le vécu… cf. ‟avoir de l’expérience”, mais ici l’on voit tout de suite que ce n’est pas le sens à retenir. Il faut en effet chercher le sens philosophique de l’expérience, qui est ce qui s’oppose à la théorie, ce qui provient des sens, qui est empirique donc. Généralement, on oppose la morale, de l’ordre des idées, purement théorique, à l’expérience, qui est plutôt du domaine du corps et du sensible, et certaines morales se fondent même sur le refus de l’empirique !

 

2. Mise en tension du sujet et problématisation

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.

 

Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

• sujet : nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? 

• réponse évidente : non, a priori il semble impossible de fonder la morale sur l’expérience, puisqu’en effet la morale s’impose comme étant ce qui veut redresser l’ordre de l’empirique. Il y a en effet un écart entre ce qui est (l’empirique) et ce qui devrait être (la morale). Comment donc la morale pourrait-elle bien se fonder sur l’expérience ?

• réponse opposée, qui réfute la première réponse, ou en montre les limites : et pourtant, il n’est pas tant ici question de ‟morale” que de ‟convictions morales”, et même de ‟nos convictions morales”. Ce qui signifie que le sujet a tendance à rattacher la morale et l’expérience par le biais de la subjectivité d’une part (‟nos”) et de la croyance d’autre part (‟convictions”). N’est-il pas alors évident que nos convictions morales à nous se fondent d’abord et avant tout sur l’expérience plutôt que sur de la théorie pure ?

 

↳ La tension est ici sensible : soit nos convictions morales sont fondées sur l’expérience, soit elles ne le sont pas.

 

Cela amène alors la problématique : faut-il penser ce sujet sous la forme d’une alternative aussi radicale (oui, fondées sur l’expérience, non pas fondées sur l’expérience) ou ne faut-il pas être plus souple et penser une étroite collaboration de l’expérience et de la théorie pour que la sphère morale en ressorte plus juste ? En effet, que serait une conviction morale seulement fondée sur l’expérience ? Et a contrario que pourrait bien être une conviction morale détachée de tout souci empirique ?

 

PROPOSITION DE PLAN

I. La morale, par définition, ne peut pas se fonder sur l’expérience, puisqu’elle doit au contraire redresser l’expérience

1. Deux ordres distincts : l’être et le devoir être

La morale et l’expérience appartiennent à deux ordres totalement distincts, fort dualisme ici entre l’être, ce qui est, l’empirique, et le devoir être, la réflexion sur ce que l’empirique devrait être pour être juste, bon, bien, etc. Comment donc nos convictions morales pourraient-elles bien se fonder sur l’expérience alors même que sa finalité est de s’immiscer dans cette dernière pour la redresser ? À moins d’entendre par ‟se fonder sur” la simple idée d’un point de départ ou d’un réceptacle : en ce sens très restreint alors oui la morale se fonde sur l’expérience puisque cette dernière est son point de départ et son point de finalité.

 

2. La morale, souvent, contre l’expérience

La conséquence de cette fracture entre ‟être” et ‟devoir être” est souvent une véritable lutte entre la morale et l’expérience, la morale venant refuser ce qui est d’ordre empirique, et même penser contre ce dernier. Cf. Kant, avec la distinction entre Wille et Willkür (Critique de la raison pratique), la première étant une volonté sensible, déterminée par des penchants sensibles, qui doit sans cesse pratiquement / moralement être redressée par la Willkür, volonté au sens de libre-arbitre faisant intervenir des principes rationnels. Cf. Platon, l’idéalisme moral comme refus de l’empirisme, comme demande de mourir au corps (Phédon) pour être juste.

 

II.  Et pourtant, nos convictions morales n’équivalent pas à une morale à l’état pur. Elles sont en effet teintées de vécu et de subjectivité, donc se révèlent a posteriori fondées sur l’expérience

1. Une conviction, qu’elle soit morale ou non, est d’abord et avant tout empirique

Distinction entre conviction et connaissance, entre croyance et vérité ici. Une conviction, c’est quelque chose de subjectif, d’un peu personnel, qui n’a pas le critère du vrai et de l’universalité, de cette pureté donc requise par la morale. Une conviction morale est la conviction que moi, en tant qu’individu particulier, que personne avec une histoire et un vécu, je me fais de la morale. C’est une conviction empirique avant tout et non rationnelle. Cf. les discordes de convictions morales par exemple dans l’éducation des enfants : certains parents pensent y quand d’autres pensent x, et ne parviennent pas à se mettre d’accord parce qu’eux-mêmes n’ont pas reçu la même éducation, ne viennent pas du même milieu, parce qu’empiriquement ils diffèrent.

 

2. La moralité est induite et non posée d’avance

Parce que nous ne sommes pas des êtres de purs esprits, la moralité n’équivaut sans doute pas à une loi morale pure, détachée de tout lien sensible ou empirique, mais est induite par l’expérience. C’est la position que défendent les utilitaristes contre le formalisme kantien (la morale comme forme pure, idée pure). Cf. Mill, la morale provient toujours d’un calcul d’intérêts, intérêts qui sont le jeu de ce qui a cours au sein du monde au cœur des relations intersubjectives. Exemple : toujours agir de sorte à faire le bonheur du plus grand nombre, parce que là est l’intérêt le plus élevé, celui de la majorité. C’est donc au cours d’observations et de calculs induits par ces observations que nos convictions morales se fondent. ‟Convictions” parce qu’on le voit, pour Mill, la morale n’est pas détachée de l’individu empirique mais en provient tout à fait.

 

III. La conviction morale pour être légitime se doit de s’adapter à l’expérience, donc l’expérience apparaît comme un retour nécessaire et constitutif pour la morale

1. Dualisme entre formalisme et utilitarisme

Comment choisir entre formalisme, conception d’une morale tout à fait théorique, pure, qui doit imposer à l’expérience des normes universelles, pour la redresser et la rendre bonne, et l’utilitarisme, conception d’une morale assouplie, qui part de l’expérience exclusivement et refuse tout impératif rationnel indifférent au monde concret. Comment donc entre ces deux conceptions choisir ? Sur quelles bases ? Nos convictions morales sont-elles fondées de manière arbitraire ou bien sur l’expérience ou bien sur la théorie ?

 

2. La morale doit se faire éthique, ou le souci empirique que doit avoir nos convictions morales

Idée que nos convictions morales doivent se situer entre les deux termes de cette alternative, ni formelles, ni utilitaristes (car que serait, au fond, une morale du strict intérêt ?). Nos convictions morales doivent garder un fondement rationnel, une origine pure, un sens du devoir-être, mais doivent aussi savoir tenir compte de l’expérience quand elles se mettent en pratique, ce sans quoi elles pourraient en devenir totalement immorales. Cf. la querelle Kant et Benjamin Constant : Kant explique qu’il ne faut jamais mentir, même s’il y a des morts en conséquence, parce qu’il ne tient aucunement compte de l’expérience, Constant lui rétorque que l’on peut adapter notre devoir moral en fonction de la réalité empirique : si le devoir de vérité se fait à l’encontre d’une vie, du devoir d’humanité, il faut alors ne pas lui obéir. Idée d’une collaboration entre théorie et expérience, raison et empirique, dans la morale, qui pour être digne de ce nom doit toujours être praticable, doit toujours se faire éthique.

Fin de l'extrait

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