Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Washington 2016

Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Washington 2016

Voici le corrigé du Sujet 1 de Philosophie du Bac L de Washington 2016.

"Une vérité scientifique peut-elle être approximative ?" est le premier sujet de dissertation de l'épreuve de Philosophie du Bac L de Washington 2016. La notion en jeu ici est-donc la vérité. Notre professeur de philosophie a rédigé pour vous l'intégralité de la correction, en présentant et analysant le sujet tout d'abord, puis en vous proposant un plan de développement rédigé.

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Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac L Washington 2016

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Le contenu du document


SUJET 1 : UNE VERITE SCIENTIFIQUE PEUT-ELLE ETRE APPROXIMATIVE ?

Notion en jeu : la vérité.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


Présentation du sujet

Ce sujet, « une vérité scientifique peut-elle être approximative ? », a trait à une notion classique du programme de terminale L, la vérité, faisant partie du grand domaine ‟La raison et le réel”. Il s’agit donc d’un sujet à portée épistémologique, c’est-à-dire qui concerne notre rapport à la connaissance, notre savoir, ses fondements et sa portée. Ici le sujet s’oriente vers la question de la science, qui à l’heure actuelle constitue le paradigme de la recherche rationnelle de la vérité. Or comment parler d’une vérité réelle si elle est approximative ? 


Analyse du sujet 

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


1. Définition des termes

• une vérité : vous repérez ici la notion du programme propre à ce sujet : la vérité. Mais attention à ne pas transformer le sujet ou à mal le comprendre, ici il est question de « vérité scientifique » et non de la vérité en général. Donc, il va falloir distinguer entre plusieurs types de vérités, et en aucun cas répondre à la question : « la vérité peut-elle être approximative ? ». 


• scientifique : la science est la connaissance relative à des phénomènes obéissant à des lois et vérifiés par des méthodes expérimentales. Elle s’oppose ainsi à des types de connaissance comme celles de la religion ou de l’innéisme. 


• peut-elle : le verbe “pouvoir” a trois sens : 1) la capacité, 2) la légalité / le droit, 3) la légitimité / la morale. Il s’agit donc de se demander ce que l’on peut faire à ces trois niveaux.


• être : le verbe “être” est sans doute l’un des plus simples de la langue française. Il marque un état, voire un constat. Ici le sujet nous demande si une vérité scientifique peut être approximative, ce qui signifie si elle peut s’avérer, se révéler, approximative. Le verbe ‟être” est ici assez neutre. Il ne désigne pas l’essence, la nature, mais un état des lieux. Il serait justement intéressant de s’interroger sur le passage du constat à la nature.


• approximative : l’approximation a un double sens, à la fois au niveau de la précision, c’est ce qui en manque, qui est flou, large, vague, et au niveau de la certitude, c’est ce qui n’est pas sûr ni certain. L’approximation semble dès lors par nature contraire aux ambitions de toute vérité. 


2. Mise en tension du sujet et problématisation

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.


Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

• sujet : faut-il des connaissances pour apprécier une œuvre d’art ? 

• réponse évidente : (la réponse évidente peut aussi être celle qui parle au sens commun, qui n’est pas d’emblée philosophique) non, de prime abord, il ne semble pas qu’une vérité scientifique puisse être approximative, car la science s’impose comme étant le paradigme d’une connaissance objective et la vérité comme supposant précision et certitude. Cela serait donc contradictoire et à la vérité et à la science.

• réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : et pourtant, si par ‟approximatif” on entend quelque chose qui manque un peu de précision au sens où il n’est pas encore finalisé à fond, ou de certitude au sens où il reste toujours à vérifier, il semble bien que la science se fonde précisément sur l’approximation, non pas à comprendre négativement, mais en un sens positif, donc.


La tension est ici sensible : soit une vérité scientifique peut effectivement être approximative, mais à quelles conditions ?, soit elle ne peut ni ne doit l’être sans enfreindre les critères mêmes de la vérité.

Cela amène alors la problématique : l’approximation est-elle vraiment à entendre en un sens négatif incompatible avec les exigences de la science et de la vérité ? N’est-elle pas au contraire ce qui ramènerait la vérité scientifique à une humilité fertile et fondatrice, anti-dogmatique et ouverte ? Ne ferait-elle pas alors de la vérité scientifique tout un processus méthodologique, un paradigme de la vérité ouverte et discutable, allant à l’envers des dangers d’une vérité figée dans ses prétentions universelles et définitives ? Ne placerait alors t-elle pas la vérité dans un champ réel et concret, la faisant descendre de l’idéal inaccessible qu’elle semblerait sinon constituer ?


Proposition de plan

I. NON, UNE VERITE SCIENTIFIQUE NE SEMBLE PAS POUVOIR ÊTRE APPROXIMATIVE

1. La vérité, ou le double critère de la certitude et de l’exactitude.

N’est-il pas tout à fait antinomique de parler d’une vérité approximative ? Ne serait-ce pas comment évoquer l’obscure clarté ? Des mots finalement poétiques mais qui n’ont aucun sens dans la réalité ? Et puis comment donc une vérité pourrait-elle bien être approximative, quand les deux principes constitutifs de la vérité semblent être la certitude, le fait qu’elle soit sûre et garantie, et l’exactitude, le fait qu’elle soit juste, aboutie, valable jusque dans d’infimes détails. Cf. Descartes et la vérité comme « idée claire et distincte » (Principes de la philosophie), et dont la véridicité est garantie par une transcendance divine... Exemple : si je ne suis pas certaine que 2 et 2 font 4, comment puis-je en faire une vérité ? Et si 2 et 2 = 4 est faux et non exact, en quoi cela reste-t-il une vérité ? L’approximation serait le contraire même de la vérité, donc.


2. La science ou le souci de la précision et de la vérification

Ce qui fonde la crédibilité de la science en matière de connaissance, c’est que la vérité à laquelle elle aboutit semble tout à fait précise d’une part, l’expérimentation poussant le détail très loin, et prouvée d’autre part, par les incessantes vérifications qui ont lieu. Une vérité scientifique n’est pas innée, elle ne vient pas d’une faveur métaphysique accordée à notre esprit, qui aurait des vérités en lui ex nihilo, valables en tout lieu et en tout temps. Non, le discours de la science c’est que la vérité est toujours induite à partir d’observations, elle est empirique et expérimentable, il faut toujours la prouver, l’éprouver, pour la valider. Oui, la science passe par la preuve, elle ne croit que ce qu’elle voit, et c’est en ce sens qu’elle semble bien aller à l’encontre de l’approximation. Cf. les revendications de la science pour une vérité ajustée et prouvée, à l’opposé des vérités de type religieux qui sont des dogmes provenant de nulle part, auquel on adhère sans raison ni vraiment de fondement.

↳ Tant au niveau de la nature de la vérité, qu’au niveau des revendications de la science, il apparaît qu’une vérité scientifique ne peut franchement pas être approximative, cela lui serait contre nature. Mais ne peut-on pas penser l’approximation d’une manière plus neutre, sans toujours lui accoler une dimension si négative ?


II.  ET POURTANT, L’APPROXIMATION, COMPRISE EN UN SENS PLUS POSITIF, SEMBLE BIEN, AU FOND, DEVOIR ÊTRE LE CRITÈRE MÊME DE LA VERITE SCIENTIFIQUE

1. L’approximation, ou l’humilité d’une vérité redescendue sur terre

L’approximation, ce n’est pas forcément à entendre comme un défaut de..., mais plutôt comme un aveu d’humilité. En effet, comment pourrions-nous connaître les choses telles qu’elles sont, alors que toujours nous sommes soumis à une grille de lecture particulière des événements et des choses qui nous entourent ? Alors même, donc, que le prisme de notre humanité intervient comme une limite radicale qui nous empêche d’accéder aux choses telles qu’elles sont, dans leur essence, dans leur pure vérité ? Cf. Kant (Critique de la raison pure) et la distinction choses en soi / phénomènes : l’homme ne voit les choses que par une perception particulière, qui donne une couleur aux choses qu’elles n’ont pas naturellement, de sorte qu’il perçoit des phénomènes, c’est-à-dire non pas des choses telles qu’elles sont en soi, mais des choses telles qu’elles nous apparaissent (cf. étymologie phainomenon, ce qui ‟apparaît”). Tout vérité humaine en tant précisément qu’elle est humaine ne doit-elle pas se reconnaître comme approximative pour être réaliste ? Ne doit-elle pas se défaire de ses oripeaux idéalistes pour être juste et viable ?


2. L’approximation comme principe méthodologique spécifique à la vérité scientifique

Une vérité scientifique, si elle est réaliste et humble, se doit de reconnaître qu’elle n’est jamais finie, jamais absolument certaine. En effet, on peut répéter à l’infini une série d’observations, on ne peut avoir la certitude absolue qu’un jour l’une d’entre elle ne dérivera pas et ne fera pas exception. De sorte que la vérité scientifique reste approximative, au sens où il s’agit d’une probabilité et non d’une certitude, qui plus le fait se répète, plus elle gagne en certitude sans jamais en être une vraiment. Cf. la connaissance probable chez Hume. 

Et même, cette approximation serait le critère de la scientificité d’une vérité. Comme l’explique Popper, la vérité scientifique est une vérité empirique qui doit sans cesse tenter d’être réfutée pour gagner en assise. La véridicité d’une théorie scientifique se gagnant dans la résistance d’une théorie au temps et aux possibles réfutations qu’on peut lui faire. L’approximation devient le critère même d’une vérité scientifique, son devoir-être, car si elle cesse d’être approximative elle devient dogmatique, et non plus scientifique. L’approximation fonde alors un véritable principe méthodologique que Popper appelle « falsifiabilité ».

↳ Finalement, l’approximation n’étant pas forcément à comprendre de manière péjorative, elle apparaît comme étant au fondement de la vérité scientifique. Une vérité expérimentale, non définitive, ouverte. Mais alors, l’approximation ne débouche-t-elle pas sur une définition tout à fait originale de la vérité ?


III. L’APPROXIMATION OU LE PARI D’UNE VERITE PLUS CONCRÈTE, PLUS REALISTE, QUI OUTREPASSE LE CHAMP DU THEORIQUE POUR S’OUVRIR À LA PRATIQUE

1. De l’idéalisme au réalisme

Est-il juste d’appeler encore ‟vérité” une ‟approximation” ? Si cela nous choque, n’est-ce pas parce que nous sommes encore empreints d’idéalisme, d’objectifs bien trop perfectionnés et inatteignables comme tels ? La vérité, de ce fait, ne doit-elle pas descendre du ciel des Idées platonicien et faire sienne la réalité terrestre dans laquelle tout homme, qui est un être incarné et non un pur esprit, vit et évolue ? En ce sens, est-ce vraiment important que la vérité ne soit qu’une approximation, tant qu’elle permet de vivre ?


2. La vérité pratique, la vérité technique

Cf. Russell, Science et religion, et l’idée de « vérité pratique », c’est-à-dire qu’une fois descendue de son piédestal idéaliste, ce qui définit le degré de vérité ce n’est plus son exactitude et sa certitude (critère théorique, donc) mais sa capacité pratique, les inventions techniques que ces vérités ont permises :

« Les vieilles théories restent inutilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité “technique”, qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité “technique” est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La “connaissance” cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière. »


L’approximation c’est alors un renouveau quant à la définition classique de la vérité : il s’agit d’œuvrer à une vérité plus concrète, plus réaliste, qui outrepasse le champ du théorique pour s’ouvrir à la pratique.

Toujours est-il qu’à l’issue de cette enquête, il paraît non seulement que la vérité peut-être approximative, mais qu’en plus l’approximation est le critère même de la vérité scientifique, qui en ce sens non seulement peut, mais doit toujours être approximative.

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

Cartermayhe24
20/20

parfait comme dissertation merci beaucoup. nous vous remercions infiniment pour votre disponibilité à nous aider à réussir. Bien à vous!!!

par - le 05/06/2016

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